Aujourd'hui, Montréal se prend à nouveau à rêver, et ses 1 200 habitants s'apprêtent à chanter la gloire des « petits » en jaune et bleu, à s'égosiller dans les tribunes, en l'honneur du « clocher ».
Dans le Gers, entre les vignes d'Armagnac et les bâtisses de pierre, on ressent trop la passion de l'Ovale pour se moquer. Montréal prend la chose très au sérieux. Ce n'est pourtant pas du rugby pour rire.
Dimanche 8 juin à Lavaur (Tarn), huit jours après les « grands » de la première division, Montréal-du-Gers disputera à Saint-Jean-de-Védas, une banlieue de Montpellier, le titre de champion de France de quatrième série, la onzième et la plus modeste des divisions du rugby.
Bien sûr, les moyens sont modestes. A l'heure du professionnalisme naissant, les quinze joueurs ne toucheront pas un centime, vainqueurs ou vaincus. Le budget annuel du club s'élève péniblement à 200 000 francs, cent fois moins que celui de Toulouse et de Bourgoin.
Agriculteurs, employés de la municipalité, étudiants exilés à la ville, se retrouvent difficilement deux fois par semaine, histoire de s'entraîner un peu. Ni musculation, ni diététique au programme, les entraîneurs sont des joueurs et des copains plus que des experts en tactique ou en préparation.
A Montréal, les piliers font figure de poids plumes dont les quatre-vingts kilos semblent une gasconnade, un outrageant défi au quintal nécessaire pour occuper confortablement le poste. Alors, on joue « à la bayonnaise », tout pour l'attaque et le spectacle. Car les arrières sont des cavaliers, des « amateurs » éclairés de crochets et de sprints vers la ligne d'essai. Contre Saint-Jean-de-Védas, c'est promis, c'est juré : ils prouveront encore qu'ils ne sont pas « des manches ».
A Montréal, dans la liesse rituelle des après-matches, on ne dit jamais non à un bon armagnac, sous peine de passer pour un prétentieux. Les troisièmes mi-temps « Chez Simone », café des sports et siège du club, sont réputées dans tout le canton. Rires, beuveries et chansons grasses, au menu.
Naguère, c'était la place de l'Eglise. Parce qu'elle était en face de l'église, tout simplement. En 1978, elle fut rebaptisée, et sanctifiée. L'Union sportive montréalaise venait d'être sacrée champion de France de troisième série. Elle devint donc la place des Champions-de-France-de-Rugby, afin que nul n'en ignore dans tout l'Armagnac-Bigorre.
Dans les travées d’André-Riveiro, les jours de match ou les soirs d’entraînement, on croise aussi régulièrement Dominique Rivière, un autre bénévole passionné. Depuis 1996, il fait partie intégrante du paysage rugbystique de Mézin.
Ainsi, pendant les dernières années de sa carrière, il était à la fois sur le terrain en réserve et sur le banc en tant qu’entraîneur de cette même équipe. Puis, dans les années 2000, lorsque les anciens dirigeants ont laissé la place, il a pris ses responsabilités et a assuré la coprésidence du club pendant trois ans aux côtés d’un notaire fraîchement installé à Mézin.
Une période faste pour le club, marquée par un titre de champion du Périgord-Agenais et une finale de championnat de France. Rien que ça !
Après cette belle aventure, il s’est éloigné un temps des terrains avant d’être sollicité à nouveau. Toujours prêt à donner de son temps, il a repris du service pour entraîner et encadrer les jeunes cadets, les accompagnant jusqu’à leur passage en juniors.
Pour "Domi", être bénévole, c’est une question d’état d’esprit. L’amour du rugby, l’ambiance unique du club, la mentalité des joueurs, tout cela le motive à continuer son engagement.
Au cœur de chaque club de rugby, il y a des hommes et des femmes qui, loin des projecteurs, consacrent leur temps et leur énergie pour faire vivre la passion de ce sport. Dans l’ombre des projecteurs, mais au cœur du jeu. Yves Daste incarne ces figures discrètes et indispensables qui font battre le cœur des clubs amateurs. Pendant dix ans, il a tenu les rênes du club de rugby de Mézin aux côtés d’Alain Carpi.
Le rugby, pour lui, n’est pas seulement un sport. C’est un terrain de camaraderie, un engagement de chaque instant. Il participe à la gestion de l’intendance, assure l’entretien des vestiaires, et veille à la sécurité des joueurs et des supporters. Rien ne lui échappe, et tout porte son empreinte.Une passion qui jamais ne s’éteint
Originaire de Fourcès, dans le Gers, Yves Daste n’a pas toujours évolué dans le monde du rugby. A ses débuts, c’est un ballon de basket qu’il avait entre les mains. Mais son destin était ailleurs… Dans les années 1970, c’est avec l’envie de partager des instants forts avec ses amis qu’il a poussé les portes du club de Montréal-du-Gers.
Puis, toujours avide de nouveaux défis, Yves Daste devient président en 1988 en collaboration avec Alain Carpi. Clin d’œil du destin, c’est aujourd’hui l’un de ses fils, Mathieu, qui est coprésident du RCM.
Yves Daste est resté 10 à la tête du club, laissant ensuite la place à Bruno Rossi. Finalement, en 2008, à l’aube de sa retraite, il est revenu avec la même énergie aux côtés des nouveaux dirigeants, d’abord Robert Delouve, puis Thierry Airaudo.
Le rugby a toujours été bien plus qu’un sport pour le Mézinais. C’est une histoire d’amitié et d’engagement, une culture où chaque instant forge des relations inoubliables. La vie d’Yves Daste a été consacrée à cette passion. Non pas pour la célébrité, mais pour l’amour du jeu et de ceux qui en nourrissent l’esprit. Un ballon, des copains, et une vie entière rythmée par l’ovalie.Dévouement, rencontres et convivialité
À Eauze, il est de tradition d’honorer une génération de joueurs. La saison passée, le club avait honoré les acteurs des années 70. Eauze, un patelin du Gers Sud où le bonheur est dans la vigne.
Du sol fertile de la Ténarèze, un ballon ovale a vu le jour au siècle dernier. Très exactement en 1902, et depuis plus de cent-vingt années, les Eluzates envoient les balles à l’aile et tentent des drops.
Actuellement, le quotidien sportif de l’US Eauze Armagnac, c’est la compétition Régionale 2 de la Ligue Occitanie. L’USE est une structure saine qui présente une école de rugby, des U16 et U19 en entente avec les voisins de Vic-Fezensac, Condom, Castelnau-d’Auzan et Gondrin.
Au sein du groupe senior, ce dernier est suffisamment étoffé pour cocher chaque dimanche, deux équipes sur la feuille de match. Quant à l’équipe fanion, elle est dans le milieu du tableau d’une poule assez relevée comprenant la coalition du Val XV, des Haut-Garonnais de Montréjeau-Gourdan-Polignan, Auterive, Labarthe-sur-Lèze, Carbonne-Longages ainsi que les cousins du département de Masseube, Cœur de Lomagne et Montréal-du-Gers.
Au sein de la cellule, des anciens, on se fait un plaisir de rappeler que l’USE a évolué à un niveau largement supérieur à la Régionale 2. "En 1987, l’équipe fanion a disputé la finale de Troisième Division face à Elne sur la pelouse de Colomiers, précise Jean André Laffont, ancien joueur et président, toujours impliqué dans la vie du club. Nous avons même eu la balle de match. À la dernière seconde, on manque une pénalité bien placée. On perd 10-9.
Ensuite, nous avons vécu entre 1988 et 1996, neuf saisons en Fédérale 2. Des heures fastes que Jean-André Laffont et ses anciens coéquipiers souhaitent faire partager à la génération actuelle. "Dans un club, le devoir de mémoire est nécessaire, renchérit Jean-André Laffont.
L’an dernier, nous avons eu pour projet de rassembler la génération des années 70. Encouragés par le succès de la précédente édition, l’ancien président et son équipe se remettent de nouveau à l’ouvrage lors de la réception de Labarthe-sur-Lèze, le 16 mars. "Cette année, on recherche ceux des générations 1993, 94, 95, 96, 97. On espère rassembler le maximum d’acteurs de cette époque", conclut l’organisateur. À Eauze, on construit l’avenir avec le passé.
Le Brulhois et L'Isle de Noé se sont croisés lors du challenge des Trois Tours. Sans victoire depuis deux ans, l'équipe se cherche un nouveau président pour la saison prochaine, sauf si l'actuel rempile.
Deux ans. Cela fait désormais deux saisons que le RC du Brulhois, basé à Dunes (Tarn-et-Garonne), n'a pas remporté la moindre victoire. Deux ans de disette pour ce club de Régionale 3, le plus petit niveau amateur du rugby français.
Et pourtant, malgré les défaites, les longs déplacements, le club résiste et continue de se battre. l'histoire du RC du Brulhois, c'est un peu celle de la résilience, pour une équipe montée de bric et de broc et qui se retrouve toutes les semaines pour défendre ses couleurs. "On est une famille""Il faut beaucoup de courage" explique son président et joueur Mickaël Verdier, dans ICI c'est le Stade, l'émission rugby de la radio ICI Occitanie.
"Quand j'ai repris l'équipe il y a deux ans, je n'avais que deux joueurs. Les autres, ce sont des copains qui jouaient au ping-pong, au tennis, au foot,... et beaucoup de débutants." Ils retrouvent tous les week-ends, malgré les revers, dont celui, cinglant, face à Montréal-du-Gers (127-5) le 18 janvier dernier. "On n'est plus à ça près", rigole Mickaël Verdier.
"À Montréal, on y est allés pour ne pas déclarer forfait. Ils sont premiers de poule, ils mettent 50 points à tout le monde tous les week-ends. Quand on y est allé, j'ai dit à mes joueurs : surtout, je ne veux pas de blessé, vous faites un toucher, vous faites présence et puis voilà."
Malgré tout, depuis le début de la saison, le RC du Brulhois n'a été forfait qu'une seule fois, au match aller contre ces mêmes Montréalais. D'où la nécessité d'être là au match retour : en cas de double forfait contre une même équipe, les clubs doivent déclarer forfait pour le reste de la saison, ce que voulait à tout prix éviter les Tarn-et-Garonnais. "On arrive toujours à être 21 ou 22, même parfois certains sont en trop" décrit Mickaël Verdier.
"J'ai créé une famille il y a deux ans. On se voit en semaine, on fait des apéros et tout. Pour ça, on est forts" se marre le président.
À 50 ans, Mickaël Verdier a repris du service sur le terrain comme demi de mêlée, mais hésite à tirer sa révérence. "Normalement, à la fin de la saison, j'arrête. Mais le problème c'est qu'on n'a pas trop de noms qui circulent pou reprendre. Mais ils me cassent les pieds pour que je continue. Par contre, il faudra une grosse discussion avec ma femme. On ne dirait pas, mais président c'est un sacré boulot. Mais je me suis cassé deux côtes, et ma femme n'était pas trop contente. Ma fille est secrétaire, quelques rumeurs courent qu'elle voudrait reprendre la présidence."
En espérant survivre au plus bas échelon du rugby français, le RC du Brulhois poursuit sa saison, même si le match de ce dimanche 15 février à Seilh (Haute-Garonne) est reporté pour intempéries. Le RCB a ensuite rendez-vous à Saint-Nicolas-de-la-Grave le 25 février, avant un match à la maison avec la réception du XV de la Save le 1er mars.
Force est de constater qu'il y a un (nouveau) monde entre les deux Montréal. Difficile de comparer notre petit village gersois à une agglomération de plus de quatre millions d'habitants. Multiculturelle, jeune, dynamique, la deuxième ville du Canada, bâtie sur une île au cœur du Saint-Laurent, semble toujours en mouvement, notamment l'été.
En l'espace de quelques semaines se succèdent un Grand Prix de Formule 1, le plus grand festival de jazz et le plus grand festival comique du monde, ou encore les Francofolies, histoire de patienter avant la reprise de la saison de hockey sur glace.
Fort de 24 Coupe Stanley, le Canadien de Montréal est d'ailleurs le club le plus titré du championnat nord-américain. Avec son bouclier de champion de France de 4e Série (2009), l'US Montréal a donc du mal à rivaliser, même si on mettrait bien une pièce sur l'USM si un match contre le Rugby Club de Montréal était organisé.
Malgré ces différences, les deux Montréal partagent un peu plus qu'un nom aux origines identiques (de « mont royal » à « Montréal »). Histoire L'ancienne bastide gersoise, fondée en 1255, regorge évidemment d'un patrimoine inaccessible pour une ville qui a vu le jour près de quatre siècles plus tard (1642). On relèvera notamment l'église fortifiée Notre-Dame-de-Montréal, de style gothique, et qui servait aussi d'ouvrage de défense.
Montréal-du-Gers se situe sur le chemin vers Saint-Jacques-de-Compostelle. « Cela attire d'ailleurs de nombreux Québécois, explique Gérard Bézerra, le maire de la commune. Il y a une grosse promotion qui est faite là-bas à ce sujet. Tous les ans, des équipes de télévision viennent dans la commune. Généralement, les Québécois sont très sympathiques, ils se signalent auprès de la mairie ou de l'office de tourisme pour faire une photo avec le maire de Montréal.
Mickaël Pujolle s’est replacé dans le jeu, tout simplement, et s’est… luxé la cheville, tout aussi simplement. Suffisamment douloureux pour emmener le Gersois à l’hôpital pour passer des premiers examens de circonstance. Jusque là, rien d’extra-ordinaire direz-vous, sauf que…Pendant ce temps-là, l’équipe féminine de Montréal (toujours du Gers bien sûr) était également sur le pré. Maulaurie n’allait pas terminer le match puisque victime d’un KO sur un plaquage. La demoiselle était emmenée à l’hôpital, elle aussi.
Ainsi, à quelques minutes d’intervalle, les urgences accueillaient le frère et la soeur, qui malgré leurs mésaventures du jour, conservaient le sourire. Il faut dire qu’il s’agit là d’une grande première dans l’histoire des maffrés, que nous mettons à l’honneur aujourd’hui, et fort logiquement, sous le nom de « Maffrè…re et soeur »…Quand le frère rejoint la soeur, c’est… tout sourire biens sûr.
Comme elles l’avaient fait en 2021 pour les archives du rugby gersois, les Archives départementales du Gers lancent aujourd’hui une Grande Collecte des archives du sport. La Grande Collecte s'adresse au « monde du sport » entendu dans sa plus grande acception. Il s'agit tout d'abord des archives produites par les comités départementaux et les clubs sportifs, quelle que soit la discipline concernée ; ces archives peuvent se trouver dans la structure elle-même ou avoir été conservées par un ancien dirigeant.
Voici une table qui récapitule les moments clés de l'histoire du club de rugby de Montréal-du-Gers :
| Année | Événement |
|---|---|
| 1978 | L'Union sportive montréalaise est sacrée championne de France de troisième série. La place de l'Eglise est rebaptisée place des Champions-de-France-de-Rugby. |
| 1988 | Yves Daste devient président du club en collaboration avec Alain Carpi. |
| 2008 | Yves Daste revient aux côtés des nouveaux dirigeants après sa retraite. |
| 2009 | L'US Montréal remporte le bouclier de champion de France de 4e Série. |

