Les joueurs internationaux ont pris une place prépondérante en NBA au cours de la dernière décennie, transformant la ligue en un véritable melting-pot de talents. Pendant de longues années, la NBA a été très américano-centrée, mais petit à petit, elle commença à être peuplée par des acteurs non-américains. Pour la saison 2018-2019, ce sont 111 joueurs internationaux qui foulaient les parquets de la NBA. En 2023, on trouve dans les effectifs 125 joueurs étrangers.
Pour la bonne compréhension de tout le monde, un joueur sera dit « international », ou « étranger », dès lors qu’il n’est pas américain. Il est intéressant d’analyser les différentes phases par lesquelles l’internationalisation de la Ligue s’est effectuée.
Les pionniers
Le premier joueur non-américain à avoir joué en NBA fut Ernie Vandeweghe, un Canadien, dès la saison 1950-1951. Au cours de la décennie 1950-1959, seuls deux autres joueurs non-américains ont eu la possibilité de confronter leur talent avec celui de George Mikan et autres Bob Pettit, stars de leur époque. Parmi ces joueurs se retrouve un second canadien, Robert J. Houbregs. Il faut attendre le milieu des années 1970 pour retrouver les premières traces de joueurs internationaux à quasiment chaque draft.
La première « star » internationale à avoir réellement joué en NBA fut Detlef Schrempf. La draft 1985 voit d’ailleurs huit joueurs internationaux être sélectionnés. Derrière Schrempf et Bol, les grands noms étrangers ont commencé à peupler les drafts de la seconde moitié des années 1980. Et pas n’importe quels noms.
La draft 1986 met sur le devant de la scène certains joueurs restés légendaires, et devenus membres du Hall-of-fame de Springfield, notamment Arvydas Sabonis et Drazen Petrovic. Ainsi, c’est à compter du milieu des années 1980 que les premières stars européennes et africaines ont débarqué en NBA. Ces stars vont constituer le terreau de la génération suivante, celle arrivée dans les années 1990.
Entre 1949 et 1989, seuls 37 joueurs internationaux ont évolué en NBA. L’accélération de l’internationalisation des joueurs NBA s’est donc clairement effectuée lors des années 1990. Les raisons sont d’abord géographiques, le Canada étant limitrophe avec les Etats-Unis. Elles sont aussi sportives, puisque la seule franchise NBA non américaine se situe à Toronto.
La fierté tricolore reste, bien entendu, Tony Parker, qui écume les parquets NBA depuis la saison 2001-2002. L’arrivée de Dirk Nowitzki, Steve Nash et Tony Parker marque l'aube des années 2000.

Les stars internationales
C’est à cette période que les premières véritables légendes internationales ont commencé à venir concurrencer leurs homologues américains. Dikembe Mutombo a essentiellement bâtie sa légende sur ses capacités au rebond et au contre. Il figure d’ailleurs en vingtième position de la liste des meilleurs rebondeurs de l’Histoire, avec une moyenne de 10,33 rebonds aspirés par rencontre.
Drafté en quinzième position en 1996 par les Phoenix Suns, Nash est tout bonnement le seul joueur international à avoir été élu deux fois MVP de saison régulière, en 2005 et en 2006. Au-delà de sa fabuleuse faculté de passe, Nash est également un shooteur d’une incroyable précision.
Nowitzki est par conséquent, pour moi, le meilleur joueur international de l’Histoire de la NBA. Au-delà de ses performances sur le parquet, l’aura de Nowtitzki sur le basketball européen est tout bonnement inimaginable.
Les joueurs étrangers de premier plan n'ont réussi à émerger qu'à l'aube des années 2000 avec Dirk Nowitzki, Steve Nash et Tony Parker.
Les San Antonio Spurs : Un exemple d'intégration internationale
Les San Antonio Spurs se distinguent par leur capacité à intégrer et à valoriser les joueurs internationaux. L'équipe a bâti une dynastie grâce à un noyau dur composé de joueurs tels que Tony Parker (France), Manu Ginobili (Argentine) et Tim Duncan (Îles Vierges).
L'HISTOIRE DE TONY PARKER - Celui qui n'a Jamais Abandonné ses Rêves !
Le 5 majeur international des Spurs
- Meneur : Tony Parker (France)
- Arrière : Manu Ginobili (Argentine)
- Ailier : Boris Diaw (France)
- Ailier fort : Tim Duncan (Iles Vierges)
- Pivot : Pau Gasol (Espagne)
Aux côtés de Parker et Diaw, il paraissait presque logique de mettre Pau Gasol, légende du basket FIBA à l’intérieur même s’il ne fait pas partie de la génération dorée des Spurs.
Le banc est composé de quelques bons joueurs internationaux, comme Patty Mills (Australie) et Marco Belinelli (Italie).
A leurs côtés, il n’y a pas d’autres ailiers significatifs mais des intérieurs, comme Fabricio Oberto (Argentine), Rasho Nesterovic (Slovène) et Jakob Poeltl (Autriche).
Focus sur les joueurs clés
- Tony Parker (France) : Le meneur de jeu est le porte-drapeau du basket français en NBA. Drafté en 28ème position en 2001 par les Spurs, il devient le meneur le plus jeune à être titulaire dans l’histoire de la NBA. Parker est le symbole de cette période bénie à San Antonio. 4 fois champion NBA, 6 fois All Star, Hall of Famer, sa carrière est légendaire.
- Manu Ginobili (Argentine) : Après avoir marché sur les compétitions européennes avec Bologne, Manu Ginobili, l’argentin, arrive chez les Spurs un an après Tony Parker : en 2002. Capable de gestes exceptionnels, il est ensuite ramené sur le banc par Popovich, devenant un des meilleurs sixième homme de l’histoire. Comme Parker et Duncan, il connaîtra les playoffs tous les ans avec cette franchise, décrochant 4 titres.
- Boris Diaw (France) : Joueur unique en son genre, Boris Diaw est arrivé chez les Spurs en cours de saison 2012, après avoir signé un buy-out avec les Hornets. Altruiste au possible, Boris colle parfaitement avec le style de jeu pratiqué par San Antonio à cette période. Sa défense sur LeBron James en Finales NBA en 2014 reste dans les mémoires.
- Tim Duncan (Iles Vierges) : Considéré comme le meilleur poste 4 de l’histoire, Tim Duncan est le membre iconique du Big Three. Marquant la transition entre la génération David Robinson et celle de Parker/Ginobili, l’intérieur est drafté en 1ère position par San Antonio en 1997. Vainqueur du titre dès sa deuxième saison, il remporte deux fois le titre de MVP (en 2002 et 2003).
- Pau Gasol (Espagne) : Arrivé en fin de carrière à San Antonio, à l’âge de 36 ans en 2016, il ne jouera pas énormément avec San Antonio et n’est pas un intérieur international ayant remporté un titre NBA avec les Spurs. Néanmoins, il livre deux saisons honorables pour un joueur de cet âge avec ses fondamentaux au poste et sa capacité à protéger les cercles.
Statistiques clés des joueurs étrangers des Spurs
Voici un aperçu des statistiques clés des joueurs étrangers qui ont marqué l'histoire des San Antonio Spurs :
| Joueur | Nationalité | Saisons aux Spurs | Matchs joués | Points par match | Rebonds par match | Passes décisives par match |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Tony Parker | France | 17 | 1198 | 15.8 | 2.8 | 5.7 |
| Manu Ginobili | Argentine | 16 | 1057 | 13.3 | 3.5 | 3.8 |
| Boris Diaw | France | 5 | 331 | 7.4 | 3.8 | 2.6 |
| Tim Duncan | Îles Vierges | 19 | 1392 | 19.0 | 10.8 | 3.0 |
| Pau Gasol | Espagne | 3 | 168 | 10.0 | 7.4 | 2.6 |
En 2023, ils sont 125 joueurs étrangers à figurer dans les rosters NBA pour l’ouverture de la saison 2023-24. Cela fait depuis 2018 que le trophée de MVP appartient à un joueur non-américain (Giannis Antetokounmpo, Nikola Jokic, Joel Embiid), et la All-NBA First Team était composée de quatre joueurs étrangers la saison dernière (Giannis, Embiid, Shai Gilgeous-Alexander et Luka Doncic). Nikola Jokic a également décroché le titre de MVP des Finales il y a quelques mois.