L'ère des "big men" en NBA a mis en lumière des spécialistes défensifs, excellant dans l'art de contrer leurs adversaires. Pendant longtemps, les pivots étaient responsables de la prise de rebonds et de la protection de la raquette. Cette description correspond à certains membres du top 10 des meilleurs contreurs de l'histoire de la NBA.
Quand on parle de contre, on a en tête le "chase down block" de LeBron James lors des Finales NBA de 2016, revenant comme une furie pour mettre en échec Andre Iguodala. On pense à Dikembe Mutombo agitant son index pour dire à sa victime non, pas chez moi. On n’oublie pas non plus Tayshaun Prince qui scotche Reggie Miller sur la planche pour sceller la victoire des Pistons en 2004. On a une pensée émue pour le pauvre Charles Smith qui se voit contré à tour de rôle par Scottie Pippen et Horace Grant en 1993.
Victor Wembanyama : 6 raisons pour lesquelles il va réussir en NBA
La prise en compte tardive de cette statistique par la NBA fausse forcément les records historiques. En effet, les monstres comme Wilt Chamberlain et Bill Russell - partis à la retraite avant que les blocs ne soient officiellement répertoriés - ont probablement écœuré leurs adversaires à plus d’une reprise. Parce qu’il n’existe pas de statistiques pour quantifier les qualités de contreur de Bill Russell, légende NBA qui reste considéré comme l’un des meilleurs défenseurs de l’Histoire du basket. Les blocks n’étaient effectivement pas comptabilisés à son époque.
En carrière, c’est Hakeem Olajuwon qui détient le record du nombre de contres avec 3830 crêpes en saison régulière. Sur un seul exercice, la palme revient à Mark Eaton et ses 456 contres lors de la saison 1984-85.
Le top 10 des meilleurs contreurs de l'histoire de la NBA
Voici le classement des meilleurs contreurs de la NBA :
- Hakeem Olajuwon : 3830 blocks en carrière. Premier. 2000 de plus que le prochain joueur classé encore en activité (Brook Lopez). 3 titres de meilleur contreur, 2 DPOY, un quadruple-double. Hakeem Olajuwon a écœuré ses adversaires avec son mix de taille, force, agilité, rapidité… et pas seulement en attaque mais bien des deux côtés du terrain. Il était vif, ce qui explique aussi son grand nombre d’interceptions. Il jaillissait pour contrer tout le monde.
- Dikembe Mutombo : 3289 blocks en carrière. Le Congolais a eu 3289 occasions de toiser ses vis-à-vis durant sa carrière, du moins en saison régulière. Il a affronté la majorité des meilleurs pivots de l’Histoire et il les a tous rejetés. 3 fois premiers aux contres, il a surtout décroché 4 trophées de DPOY. "No, no, no." La marque de fabrique de Mutombo, avec son index pointé à la caméra (après que la NBA l’ait sanctionné quand il le faisait en direction de son adversaire).
- Kareem Abdul-Jabbar : 3189 blocks en carrière… alors que les contres n’ont pas été comptabilisés avant sa quatrième saison dans la ligue !!!! Bon, il a joué pendant vingt ans donc ça aide. L'un des hommes à qui le mot record colle à la peau, tant il a dominé la ligue lors des vingt saisons qu'il y a passé et a cimenté sa place dans les livres d'histoire de la NBA. Excellant dans cet aspect du jeu, il a terminé quatre fois meilleur contreur de la ligue, avec notamment deux saisons à plus de 4 contres par match de moyenne.
- Mark Eaton : 3064 blocks. Assurément le roi du contre dans les années 80. Joueur à la carrière relativement courte (11 saisons), Mark Eaton était une référence défensive avec le Jazz d'Utah et enchainait les saisons de haute volée au contre. Excellant dans l'art du contre, Mark Eaton s'est affirmé comme l'un des meilleurs défenseurs de la ligue à son époque. Tirant profit de sa très grande taille (2,24 m), il faisait régner sa loi dans sa propre raquette. Sur un seul exercice, la palme revient à Mark Eaton et ses 456 contres lors de la saison 1984-85. Une marque qui semblait jusqu'ici inatteignable. S’il faudra compter sur une régularité à toute épreuve pour aller chercher Olajuwon, le N°1 de la dernière draft peut d’ores et déjà se fixer un objectif à court ou moyen terme: le record de contres sur une seule et même saison. Pour l’instant, la plus grande saison de toute l’histoire dans cet exercice est la propriété de Marc Eaton, qui a tourné à 5,6 contres par match lors de la saison 1984-1985 avec le Utah Jazz, soit la bagatelle de 456 contres en 82 matchs.
- Tim Duncan : 3020 blocks. Le digne successeur de David Robinson dans la raquette des San Antonio Spurs, c'est lui. Joueur all-around, capable d'apporter dans tous les secteurs de jeu, Tim Duncan n'a jamais été le contreur le plus réputé de la NBA mais a su briller dans ce domaine pendant presque toute sa carrière, flirtant toujours avec les 2 contres/match de moyenne.
- David Robinson : 2954 blocks. Indissociable des San Antonio Spurs, David Robinson a porté la franchise durant toutes les années 90, jusqu'à ce que la génération Tim Duncan prenne le relais. Dix fois All-Star, David Robinson a connu ses meilleures saisons au contre à son arrivée dans la ligue, où il flirtait avec les 4 contres de moyenne par saison (pic à 4,5 contres/match en 1991-1992). Son arrivée dans la ligue après qu’il ait terminé son service militaire a marqué les esprits avec ses qualités athlétiques exceptionnelles. 3,9 blocks de moyenne pour sa première saison. Idem pour la seconde. Puis carrément 4,5 pour la troisième. Il est l’un des quatre joueurs à avoir compilé un quadruple-double dans l’Histoire de la NBA.
- Patrick Ewing : 2894 blocks. Brillant par son énergie, son impact global dans le jeu et son dévouement pour sa franchise, Patrick Ewing reste l'un des joueurs les plus emblématiques étant passé par la Grande Pomme.
- Shaquille O'Neal : Résumer Shaquille O'Neal à un très bon contreur serait excessivement réducteur, tant il a dominé la ligue dans bien des aspects au cours de sa carrière. Malgré son impact au contre, Shaquille O'Neal n'a jamais vraiment été réputé comme un pivot défensif, en atteste ses trois “petites” sélections dans une All-Defensive Team.
- Robert Parish : Pivot émérite, qui ne rechignait pas aux tâches dites ingrates, Robert Parish était l'une des clés de voûte défensives des Boston Celtics dans les années 80. Légende de la franchise du Massachussetts, Robert Parish l'a aidée à remporter quatre titres NBA, dans une équipe où figurait notamment Larry Bird.
- Tree Rollins : Comment ne pas classer un type surnommé « Tree » (arbre, pour les Anglais LV8) ? Difficile de ne pas évoquer Tree Rollins lorsqu'on parle des pivots ayant fait du contre leur spécialité en NBA. Pivot de grande taille (2,16 m), il a tiré un surnom de sa qualité de contre, “Tree”, qui remplace aussi son prénom (Wayne) dans l'imaginaire collectif. Un métronome défensif. Toujours présent dans la peinture, du début jusqu’à la fin de sa carrière. Parce que toujours bien placé et très intelligent, en plus d’être un roc. 1,5 block de moyenne minimum chaque saison, à l’exception de la toute dernière.
D'autres joueurs méritent d'être mentionnés, comme Elmore Smith, surnommé « Elmore The Rejector » parce qu’il contrait tout ce qu’il bouge. Il détient 3 des 6 plus grosses performances de l’Histoire aux blocks dont un match épique à 17 contres. Un record NBA qui n’a encore jamais été battu.
Victor Wembanyama : Le futur meilleur contreur de l'histoire ?
Pour sa première année sur les parquets NBA, Victor Wembanyama affiche déjà la meilleure moyenne de contres par match de la ligue. Dans ce domaine, le phénomène tricolore est parti sur des bases extrêmement élevées. Au point de l’imaginer un jour rattraper Hakeem Olajuwon, actuel meilleur contreur de l’histoire de la ligue ? Voici ce que disent les chiffres.
Avec 3,3 blocks par match en moyenne depuis le début de la saison, l’ancien joueur de Boulogne-Levallois est tout simplement le meilleur contreur de toute la NBA, devant Brook Lopez (2,7 contres), Walker Kessler (2,7), Chet Holmgren (2,7), Anthony Davis (2,7) ou encore Rudy Gobert (2,1). Sauf improbable retournement de situation, personne ne devrait le détrôner d’ici la fin de l'exercice 2023-2024, ce qui ferait de lui le premier rookie à terminer meilleur contreur d’une saison depuis Manute Bol en 1986.
En restant sur ce rythme de 3,3 contres par match, il faudrait un peu plus de 14 saisons complètes à Wembanyama pour dépasser Olajuwon. Largement dans les cordes du Français. S'il continue sur ces standards, même sans progresser, il sera le meilleur contreur de l’histoire.
Parmi les 10 meilleurs contreurs de l’histoire, un seul affiche une moyenne de contres par saison supérieure à celle de Victor Wembanyama: Mark Eaton (3,5 contres par saison sur l’ensemble de sa carrière). À titre de comparaison, Olajuwon a tourné à 3,1 contres par match en moyenne sur sa carrière. S’il a fait des pointes à 4,6 contres de moyenne par saison (voir plus bas), l’ancien pivot des Rockets a faibli sur la fin de sa carrière (1,8 contre en moyenne sur ses 6 dernières saisons) et a démarré un peu plus doucement que "Wemby" en étant à 2,7 contres lors de sa saison rookie en 1984-1985.
Wembanyama est donc clairement parti sur des bases historiques. Dans toute l’histoire, seuls cinq joueurs affichent une meilleure moyenne de contres sur leur saison rookie: Mark Eaton (3,4 contres), Alonzo Mourning (3,5 contres), Shaquille O’Neal (3,5 contres), David Robinson (3,9 contres) et Manute Bol (5 contres). Quatre d’entre eux (Mourning, Eaton, O’Neal, Robinson) ont terminé dans les 11 meilleurs contreurs de l’histoire. Le cinquième (Manute Bol) a vu sa carrière écourtée par les blessures.
Le Tricolore est en effet dans le top 10 des meilleurs contreurs sur 82 matchs depuis 2000, pas loin de la marque référence de Theo Ratliff (3,7 contres sur la saison 2000-2001). Atteindre la saison de Mark Eaton, ça me paraît plus compliqué. Mais aller chercher les 4,6 contres de moyenne d'Olajuwon, c'est possible. Cinq contres, ça peut même devenir un standard.
NBA - Victor Wembanyama a fini meilleur contreur de la saison 2024/25 avec une considérable avance sur Brook Lopez et Myles Turner. En attendant, le Français a tout de même fini meilleur contreur de la campagne 2024/25, avec 176 “blocks”.
Classement des 50 meilleurs joueurs de NBA dans la catégorie "Contres" pour la saison NBA 2025-2026

Pleins d’ambition, les Spurs font pour l’instant un sans faute sur cette première semaine de la saison. San Antonio a décroché un quatrième succès de suite en battant Toronto la nuit dernière (121-103) avec un nouveau double-double de Victor Wembanyama. Dominateur sans avoir à forcer son talent, le Français a converti 7 de ses 8 tentatives tout en marquant ses 10 lancers-francs. Il n’y avait encore une fois personne pour l’arrêter dans la raquette adverse. Il termine donc avec 24 points et 15 rebonds mais aussi 4 passes et 1 contre.
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