L'ASVEL, club emblématique du basket français, a vu passer dans ses rangs de nombreux joueurs qui ont ensuite marqué l'histoire de la NBA. De figures légendaires à de jeunes talents prometteurs, l'influence de l'ASVEL se fait sentir outre-Atlantique.

Tony Parker : L'icône de l'ASVEL et de la NBA
À l’occasion de son 38ème anniversaire, nous retraçons aujourd’hui la magnifique carrière du meilleur français à n’avoir jamais joué au basket-ball, Tony Parker. TP était d’ailleurs déjà actionnaire de ce club avant d’en devenir président en 2014. Après avoir rappelé à l’Europe, quelques mois plus tôt, ses talents au panier-ballon en emmenant la France en finale de l’EuroBasket et en finissant meilleur marqueur de la compétition, il avait l’opportunité de le rappeler à la France et plus spécifiquement aux spectateurs de l’Astroballe.
« Je ne retiendrai que des bons souvenirs de ces six semaines sous les couleurs de l’ASVEL, j’estime laisser le basket français sur la bonne voie. C’est vraiment une expérience que je n’oublierai jamais. Jouer pour mon coach Pierre Vincent avec qui j’étais en junior c’était vraiment génial, jouer avec Ronny Turiaf en France aussi, c’est une opportunité qui ne se reproduira jamais, et puis aider mon club, faire avancer le projet au quotidien, aider les jeunes… c’était vraiment un truc de malade. On était un peu les Beatles, partout où on allait, c’était la folie. A Cholet c’était n’importe quoi, au Havre aussi, et à Strasbourg aussi car les gens savaient que c’était notre dernier match.
Mais revenons encore plus en détail sur cette expérience et sur ce qu’a produit l’interprète de Premier Love sur les parquets. Il n’a eu le temps de disputer que sept rencontres en championnat pour des moyennes de 20,3 points, 4,9 rebonds et 6,3 passes décisives par match en restant 30,6 minutes sur le terrain. Il a été très propre dans ses pourcentages avec plus de 46% de réussite au tir et plus de 41% de loin. Ce qui frappe le plus quand on se plonge dans les feuilles de match de l’époque ? La régularité au scoring dont il a fait preuve puisque il n’a jamais marqué moins de 18 points et qu’il n’en a jamais marqué plus que 23. Cerise sur le gâteau, il a été élu joueur du mois d’Octobre de la Pro A, dominant on vous dit.
Mais Tony est un winner et l’on est sûr que la statistique qu’il aimerait le plus qu’on partage est la suivante : pendant son passage, l’ASVEL a remporté quatre de ses sept matchs en championnat alors que l’équipe a fini ce dernier avec un bilan de 13 victoires pour 17 défaites cette année-là. En Eurocup ? Il a tout simplement été élu meilleur joueur de la première journée de la compétition en inscrivant 34 points à 11/19 au shoot, à 3/4 de derrière l’arc et à 9/10 aux lancers-francs, le tout accompagné de 5 rebonds et de 5 assists. Tony, les grandes scènes, il aime ça.
A la fin de ce bail, il retourna en NBA pour une saison moins marquante puisque les Spurs se feront sortir en Playoffs par une jeune et offensive équipe du Thunder.

Nicolas Batum : L'expérimenté
Doyen des français de NBA, Nicolas Batum a été transféré à mi-saison des Los Angeles Clippers aux Philadelphie Sixers. Capitaine de l’équipe de France, l’ailier de 35 ans a tiré sa révérence avec les bleus, mais il a rempilé pour une 17e saison (et dernière ?) en NBA. Joueur d’équipe ultime, il s’est fait une place de choix dans le coeur des fans des Clippers. Pour preuve, il a même un fan club : le Batum Battalion.
A l’été 2022, il a paraphé un contrat supplémentaire de deux ans. Pour autant, l’international français garde une proximité avec l’ASVEL. Il est actionnaire du club et très proche de TP. Les deux hommes ont déjà abordé le sujet. Et Batum d’en dire plus récemment sur ce potentiel rapprochement dans les colonnes du Mundo Deportivo : « La NBA me va bien donc je ne sais pas. Peut-être. J’adore cette Ligue. Tant que j’aurai la chance d’y rester, je le ferai. Je me trouve dans la meilleure ligue du monde. Je vais essayer de tirer profit de ce cadeau aussi longtemps que possible ».
Tant que l’ancien joueur de Portland a une carte à jouer en NBA il paraît peu concevable de le voir revenir en France.
Les Talents Émergents
Victor Wembanyama aura déjà conquis toute la NBA en seulement une saison aux San Antonio Spurs, où il devrait être nommé meilleur débutant de l'année. Son ancien coéquipier à Boulogne-Levallois, Bilal Coulibaly, a également montré de belles choses à Washington, tandis que Rayan Rupert profite de la fin de saison de Portland pour se montrer.
Parmi les joueurs français les plus prometteurs, déjà réputé en NBA pour sa défense, il aspire à prendre une nouvelle dimension cette saison. En plus, il ne sera pas le seul Français aux Wizards puisqu’Alexandre Sarr l’a rejoint récemment. C’est la french connection à Washington avec deux jeunes espoirs puisqu’Alex Sarr a été drafté en seconde position en juin dernier par les Wizards. C’est un pivot au parcours atypique puisqu’il a quitté Toulouse très jeune pour se former au Real Madrid. Puis il a pris la direction des Etats-Unis en Overtime Elite avant de rejoindre l’Australie.
On continue avec les rookies français qui vont intégrer la NBA. Drafté en 6e position par les Charlotte Hornets, l’ailier formé à Cholet représente lui aussi la brillante nouvelle génération de joueurs Français en NBA. Dans une équipe très jeune, il aura l’opportunité de tirer son épingle du jeu. Il pourra peut-être compter sur les anciens frenchies de la franchise : Nico Batum, Tony Parker et Boris Diaw pour le conseiller.
Autres Joueurs Français en NBA
Difficile de se faire une place dans les rotations de NBA pour les autres joueurs français de NBA. Pourtant drafté 7e en 2020, Killian Hayes s'est fait couper par les Detroit Pistons juste avant la trade deadline. Même sort pour Frank Ntilikina (coupé par Charlotte) et Malcolm Cazalon (coupé par Détroit).
Ousmane Dieng a une nouvelle fois enchaîné les aller-retours entre la NBA avec Oklahoma City (une trentaine de match avec 11 minutes de temps de jeu) et la G-League avec le OKC Blue. De son côté, Théo Maledon a vécu une saison compliquée.
Trois joueurs français ont bénéficié des contrats "two-way" permettant de jouer à la fois en G-League et en NBA : Malcolm Cazalon (Motor City Cruise), Moussa Diabate (Ontario Clippers), Olivier Sarr (Oklahoma City Blue).
Les Vétérans en Europe
Vainqueurs de l'Euroleague 2023 et toujours au Real Madrid, Guerschon Yabusele, Vincent Poirier et Fabien Causeur effectuent une superbe saison 2023-2024. Auteur de superbes Jeux Olympiques, l’ailier Guerschon Yabusele a attiré l’œil des Philadelphia Sixers et il a décidé de quitter le Real Madrid pour tenter de nouveau l’aventure NBA. Après avoir tout gagné en Europe avec le Real, il veut saisir cette seconde chance après un passage difficile aux Boston Celtics entre 2017 et 2019, où il avait très peu joué.
Si Kemba Walker, frais retraité, a intégré le staff des Hornets, du nouveau venu le Turc Furkan Korkmaz, ex-joueur des Sixers drafté en 26ème position par Philadelphie en 2016, Monaco en attend beaucoup : « Il a très envie de frapper un grand coup sur la scène européenne. Malheureusement, il a été blessé en ce début de saison. Mais une fois qu’il aura mis ses pépins physiques derrière lui, il montrera qu’il sera redoutable ».
L'ASVEL : Un Tremplin Vers la NBA
Cette saison, ils sont légion les joueurs de Betclic Elite à avoir déjà foulé un parquet NBA. Et plus de 10 l’ont fait à plus de 100 reprises ! Monaco et l’ASVEL étant les clubs qui attirent le plus de joueurs NBA. Monaco est 9ème avec 956 matches : Furkan Korkmaz (328), Donatas Motiejunas (251), Nick Calathes (129), Elie Okobo (108), Mike James (49), Georgios Papagiannis (39), Jaron Blossomgame (27), Petr Cornelie (13) et Jordan Loyd (12).
Seuls trois joueurs de Betclic Elite à plus de 100 matches NBA ne jouent pas à l’ASVEL ou Monaco : Andre Roberson (333 matches, Cholet), Frank Jackson (214, Nanterre) et Jerome Robinson (140, Saint-Quentin).
A l’ASVEL, Théo Maledon de retour au bercail, fait sensation en ce début de saison. Son aventure américaine ne tournait pas dans le bon sens dans l’anonymat de la G-League (Skyforce). En rentrant chez lui (il a joué à l’ASVEL de 2017 à 2020), Maledon (177 matches avec OKC, Charlotte et Phoenix entre 2020 et 2024) a fait un choix fort. Il a été étincelant en Euroligue contre Vitoria (25 points en 28 minutes) : “C’est pour ça que je suis revenu.
L’arrière américain Frank Jackson, qui a disputé cinq saisons en NBA (212 matches), s’est engagé en faveur de Villeurbanne pour la saison prochaine, a annoncé vendredi l’Asvel. Passé par l’Université de Duke (Caroline du Nord), il avait été drafté en 31e position en 2017 par les Charlotte Hornets et transféré vers les Pélicans de la Nouvelle-Orléans (2017-2020). Après un très court passage à Oklahoma, il a disputé deux saisons avec les Pistons de Detroit (10,3 points en moyenne). L’ASVEL de Tony Parker version 2023/2024 est estampillée NBA.
Il n’y a qu’à regarder dans le détail certains CV pour comprendre dans quelle sphère ces joueurs se trouvent : Timothé Luwawu-Cabarrot : 343 matches NBA, Frank Jackson : 214, Joffrey Lauvergne : 212, Nando De Colo : 125, Mike Scott : 612 ! « TJ a eu un super contact avec Frank Jackson. C’est un joueur qu’on suivait depuis longtemps. Il a eu une grosse carrière universitaire à Duke et une belle carrière en NBA (Pelicans, Pistons, Jazz, Ndlr). L’an dernier, il a préféré y rester une année de plus (1 seul match avec Utah, Ndlr). Quand TJ a appris qu’il était sur le marché, cela ne faisait plus l’ombre d’un doute. C’était le sniper, poste 2, shooteur qu’il recherchait. Quant à Timothé, il est beaucoup venu à l’ASVEL pour le coach. Depuis trois ou quatre saisons, TJ a l’habitude de relancer souvent des joueurs français qui arrivent de NBA. Cela a été le cas avec Elie Okobo, mais aussi avec Guerschon Yabusele.
Mais avoir des joueurs qui ont eu une grosse expérience en NBA n’est pas forcément gage de réussite. « Ils ont aussi réalisé une très grosse carrière européenne. Nando est en passe de devenir cette année le meilleur marqueur de l’Euroligue. Sa carrière est double. Il y a eu évidemment la NBA (San Antonio, Toronto, Ndlr), mais aussi son vécu européen incroyable (Valence, CSKA Moscou, Fenerbahçe, Ndlr). Il nous apporte énormément. Joffrey a fait aussi une grosse carrière en NBA (Denver, OKC, Chicago, San Antonio, Ndlr), mais aussi en Europe ». Il est passé notamment par le Fenerbahçe, Kaunas, le Partizan Belgrade (et Valence, Ndlr). Timothé vient lui de Milan. Ce sont des joueurs qui nous apportent l’expérience du plus haut niveau et qui nous permettront d’ici peu de peut-être appréhender l’enchaînement des matches qui s’annonce intense ».
Avec de tels profils, de tels vécus, des joueurs qui se sont frottés à ce qui se fait de mieux dans le monde du basket, cela n’offre-til pas au moins des garanties en Betclic Elite ? « Si cela garantissait à coup sûr un titre de champion de France, ce serait des mathématiques, ironise le coach assistant de l’ASVEL. On ne prendrait alors que des joueurs comme ceux-là et on serait certains de ramener un titre à la fin. Des garanties, on n’en a pas énormément dans le sport de haut niveau. Cela en fait la beauté. La seule garantie qu’on ait vraiment, c’est que ce sont des gens bien, avec une éthique de travail incroyable. Quand il y aura des périodes de creux, ces joueurs chercheront plutôt à trouver des solutions plutôt que des excuses. Au-delà des basketteurs, ce sont des hommes sur lesquels on peut compter ».
Depuis quelques années, le Championnat de France est devenu le terrain de jeu privilégié des scouts NBA. Victor Wembanyama et Bilal Coulibaly en 2023, puis Zaccharie Risacher, Tidjane Salaün, et Melvin Ajinça en 2024, ont tous été draftés outre-Atlantique après avoir brillé en Betclic Élite. Une visibilité accrue qui profite à l'Hexagone, puisque dans le sens inverse, de plus en plus de joueurs passés par la ligue américaine viennent découvrir la France. Cette saison, ils seront dix (9 joueurs, 1 entraîneur) à faire leurs premiers pas en Betclic Élite.
Sélectionné en 13e position de la draft 2018, Jerome Robinson ne s'est jamais imposé en NBA. Treizième choix de la draft 2018, Jerome Robinson n'a pas connu un début de carrière aussi flamboyant que prévu. Sélectionné par les Clippers de Los Angeles après trois belles années en NCAA, l'arrière a peiné à montrer ses qualités offensives (4 points de moyenne en NBA). Ni son transfert aux Washington Wizards (2020), ni sa signature aux Golden State Warriors (2023) ne lui ont permis de rebondir. Ce sera peut-être le cas à Saint-Quentin, où l'américain pourrait profiter de l'attention particulière portée à son coéquipier Nolan Traoré pour se montrer.
Après Shaquille Harrison, un autre ex-joueur NBA est arrivé l'Asvel. Les connexions américaines de Tony Parker ont certainement été utiles pour enrôler Admiral Schofield. L'ancien joueur du Magic et ses 131 matches NBA viennent renforcer un poste 4 amputé de Mike Scott, de retour à Porto Rico. Réputé pour son leadership et son éthique de travail, l'ancien joueur des Wizards sera également un renfort en dehors des parquets.
Troisième renfort américain de l'Asvel, Tarik Black a connu mille et une vies dans le monde du basket. Quatre saisons NBA, d'abord, passées entre les Rockets de Houston et les Lakers de Los Angeles, puis une tournée des plus grands clubs européens, ensuite. Le Maccabi Tel-Aviv, le Zénith Saint-Pétersbourg, ou encore l'Olympiakos ont été des terres d'accueil pour lui entre 2018 et 2023. Après une saison en Italie (Pallacanestro Reggiana), le pivot devra régner sur une raquette lyonnaise orpheline de Youssoupha Fall, parti au Barça.
Si Nick Calathes est un des joueurs les plus connus de cette liste, il ne le doit pas à sa carrière NBA. Seulement deux saisons passées sur le banc de Memphis, avant de retourner en Grèce, le pays de son père. La suite : une magnifique carrière en Europe pour un des meneurs les plus en vue des quinze dernières années en Euroligue.
Lui aussi est davantage connu pour ses performances européennes qu'américaines. Le géant Georgios Papagiannis (2,20 m), pourtant drafté très haut (13e en 2016), ne s'est jamais imposé en NBA. Sélectionné par les Kings de Sacramento, dont la fibre avec les géants européens n'est plus à décrire, le grec a multiplié les allers-retours entre la NBA et la G-League. Revenu au Panathinaïkos en 2018, Papagiannis est depuis un des pivots les plus fiables d'Europe. Il a d'ailleurs été élu dans le deuxième cinq de l'année en 2021-2022.
En proie à de gros soucis d'anxiété, Tyrell Terry s'apprête à rejouer au basket, après deux ans loin des parquets. Drafté en 31e position par les Dallas Mavericks en 2020, le meneur a connu une carrière aussi triste qu'éphémère. De belles promesses en NCAA, treize petits matches en NBA, puis une longue dépression, qui lui retirera complètement le goût du basket. Après deux ans loin du monde professionnel, l'Américain, qui fêtera ses 24 ans le 28 septembre, sort de sa retraite et tentera de se relancer à Limoges.
Tiago Splitter va, lui, découvrir la Betclic Élite depuis le banc. Après cinq années en tant que coach adjoint à Brooklyn et Houston, le Brésilien de 2,11 m vivra sa première expérience en tant qu'entraîneur principal à Paris. Joueur NBA entre 2010 et 2017, Splitter a notamment été champion en 2014 avec les Spurs. Il aura la lourde tâche de remplacer le finlandais Tumoas Iisalo, devenu assistant de Tyler Jenkins aux Grizzlies de Memphis.