Jade Le Guilly : Un talent prometteur freiné par une blessure, espoir du PSG

Fauchée en pleine ascension, Jade Le Guilly devra faire preuve de patience et revenir plus forte. La défenseuse internationale française Jade Le Guilly a été opérée d'une rupture des ligaments croisés. La joueuse du PSG va être absente de longs mois.

La large victoire du Paris Saint-Germain contre l'Ajax (6-0), il y a un peu plus d'une semaine, avait été très largement entachée par la grave blessure de Jade Le Guilly, victime d'une rupture du ligament croisé antérieur droit du genou. Le club de la capitale annonce qu'elle a été "opérée avec succès" : "Elle va désormais entamer les soins et sa rééducation avec le staff médical du club. L'ensemble de la famille du Paris Saint-Germain tient à lui apporter son soutien et lui souhaite le meilleur rétablissement possible."

Même son de cloche du côté de l'équipe de France, même si c'est plus sobre avec un simple "bon rétablissement". Surtout quand on voit la place que prenait petit à petit la latérale droite de 22 ans devenue une titulaire de plus en plus régulière au PSG. Si elle n'avait pas été sélectionnée pour l'Euro 2025, Jade Le Guilly allait clairement être à nouveau dans la réflexion de Laurent Bonadei pour le Final Four de Ligue des nations de la fin d'année (la demie France - Allemagne des 24 et 28 octobre, puis la finale ou match pour la troisième place des 28 novembre et 2 décembre, contre l'Espagne ou la Suède).

Elle a disputé 20 matches d'Arkéma Première Ligue la saison dernière et a honoré ses deux seules sélections avec les Bleues à l'automne 2024, contre la Suisse (1-2) le 29 octobre puis le Nigeria (2-1) le 30 novembre. Sans elle, ses coéquipières ont concédé un nul décevant sur la pelouse de Lens, promu, lors de la première journée de Championnat ce samedi soir (1-1).

Très gros coup dur pour Jade Le Guilly et pour le PSG. La défenseuse internationale (2 capes) a été opérée en fin de semaine dernière d'une rupture des ligaments croisés, a annoncé lundi le club de la capitale. La joueuse de 23 ans avait été durement touchée au cours d'un match amical contre l'Ajax le 30 août dernier et sera absente des terrains durant plusieurs mois.

Un pur produit parisien

Après un prêt d'une saison à la Real Sociedad, Jade Le Guilly s'est imposée au PSG, son club formateur, son club de coeur. Portrait d'une obstinée.

Titi se conjugue aussi au féminin, Jade Le Guilly en est l’éclatant exemple. «Je suis née en région parisienne, rappelle la native de Nogent-sur-Marne. À la télé, petite, je regardais en priorité les matches du PSG. Je suis arrivée au club à l'âge de 12 ans. C'est une fierté qui ne te quitte jamais, même quand tu te rends en sélection. J'ai grandi avec ce rêve de pouvoir intégrer un jour l'équipe professionnelle du Paris Saint-Germain. Cette équipe m'a toujours mis des étoiles dans les yeux. »

Elle a retrouvé la capitale française un an plus tard. Plus solide. Plus sûre. Aguerrie. « J’ai beaucoup apprécié cette saison en Espagne, dit-elle. Je n’oublierai jamais la Real Sociedad. Mais dans mon esprit, je voulais revenir au PSG, où j’ai fait toute ma formation, qui fait partie des meilleurs clubs européens. Et qui est mon club de cœur. C’est ici que j’avais envie de jouer.

En concurrence avec Viola Calligaris et Nicole Payne, elle s’impose dans le couloir droit. Les performances convaincantes de Jade Le Guilly incitent Hervé Renard à l’appeler dans le groupe France en avril. Elle est revenue en octobre puis en novembre, avec Laurent Bonadei.

Originaire du Vexin, dans le Val-d'Oise, le PSG l'avait prêtée à la Real Sociedad en 2022, ce qui est devenu une petite tradition familiale puisque sa soeur Eden (plus jeune de trois ans) vient elle d'être prêtée à Levante.

Capitaine des championnes de France U19 en 2019, Jade Le Guilly est professionnelle depuis 2021 et avait réintégré temporairement les Espoirs au printemps, une sélection où elle est inévitablement une cadre au vu de ses états de service, forte de ces deux premières sélections en octobre et novembre 2024 (dont une titularisation).

C’est un cliché comme on en voit souvent. Jade Le Guilly vit pourtant un moment qui n’a rien de banal, ce 19 février 2024. « C’est un super souvenir, se remémore celle qui a signé sa première licence au PSG à l’âge de 12 ans. Ce contrat, c’est un signe de confiance du club. De mon club. Un objectif aussi que j’avais en tête depuis la signature de mon premier contrat pro, celui de m’inscrire dans la durée au PSG et de m’imposer petit à petit. C'est une fierté qui ne te quitte jamais, même quand tu te rends en sélection.

Quand on évoque les Titis du PSG, ces mômes sortis du centre de formation parisien, on pense à Adrien Rabiot, Presnel Kimpembe, Kingsley Coman, Mike Maignan, Alphonse Areola, Christopher Nkunku.

Pas facile, cependant, de se faire une place dans une équipe qui, ces quinze dernières saisons, a toujours terminé au minimum sur le podium hormis en 2012 (4e). À l’été 2022, alors qu’elle vient de disputer la Coupe du monde U20 au Costa Rica, Jade Le Guilly a le courage d’aller à l’assaut d’une nouvelle culture, celle de la Real Sociedad. L’idée, c’est un peu partir pour grandir : « Au Costa Rica, même si l'aventure s’était arrêtée prématurément pour l'équipe, mon bilan personnel était plutôt positif, se souvient-elle. En rentrant, j'ai compris que ma progression passait par un temps de jeu plus régulier le week-end. J'étais jeune, la concurrence était très forte au PSG, la solution d'un prêt était sans doute la meilleure. Le PSG m’a accompagnée dans ce choix. La Real Sociedad cochait beaucoup de cases. Je pouvais jouer trois compétitions dont la Ligue des champions dans un nouveau pays pas trop éloigné de la France. »

Jade Le Guilly (PSG) réagit après la finale du Trophée des Championnes 2023

Ambitions et avenir

Titulaire au PSG, le club dans lequel elle a grandi, appelée en Équipe de France A après être passée par les sélections de jeunes… Quel rêve peut bien nourrir Jade Le Guilly, désormais ? Ils sont multiples. Parmi eux, celui de jouer dans la même équipe qu’Eden, sa cadette de trois ans. Elle aussi a fait sa formation au PSG. Elle aussi a choisi le prêt pour progresser. Le 4 octobre dernier, à Poissy, elles ont joué l’une contre l’autre. Jade avec le PSG, Eden avec Le Havre. « Mais pourquoi ne nous retrouvrions nous pas dans la même équipe prochainement, se demande Jade, en forme de vœu. Ma sœur joue depuis qu'elle est toute petite et il m'est arrivé de me dire, quand je voyais Delphine et Estelle Cascarino jouer, que ce serait magnifique si ça nous arrivait à nous aussi. Ce rêve est en train de prendre forme. »

« A quel moment avez-vous pensé faire du football votre métier, que vous pourriez en vivre ? Le football a d’abord été une passion. C'est en grandissant que je me suis dit que ça pouvait devenir mon métier. Quand j'ai commencé à y penser, je n'avais aucune notion de l'argent. Je ne savais pas du tout combien les filles gagnaient en D1. Au PSG, nous avons la chance de pouvoir vivre du football. Ce n'est pas le cas dans tous les clubs même si la professionnalisation est en marche, ce qui est une très bonne chose. De mon côté, je termine mes études. Je suis en dernière année de STAPS à Saclay. C'est important de poursuivre ses études quand on en a l'âge car ça peut devenir un plan B ou nourrir l'après-carrière. Une certitude : j'aimerais vraiment rester dans le monde du sport.

La notoriété des joueuses est plus forte. Concrètement, cela se traduit comment, pour vous ? Il y a 10 ans, seules les meilleures joueuses pouvaient atteindre 20 000 abonnés sur Instagram. Désormais, toutes les joueuses ou presque ont plusieurs milliers d'abonnés. Tout est beaucoup plus diffusé, partagé. Je fais très attention à mon image. C'est important de montrer une image sportive et de ne pas forcément s’éparpiller dans des domaines qui ne correspondent pas à la carrière que je veux mener.

Le PSG est un immense club et il met beaucoup de moyens dans le développement de sa section féminine. En tant que Parisienne, vous êtes très attachée au PSG et à ce qu’il dégage. Il est vrai qu'il y a plusieurs Parisiennes dans l'équipe. Nous savons d’où nous venons, nous avons, pour certaines, grandi ensemble. On a ce petit truc en plus qu’on doit faire partager. Quand des étrangères arrivent au club, on essaie de les intégrer le plus possible. C’est notre rôle de faire en sorte qu'elles se sentent bien. Chaque club a son identité et il me semble important qu'il la cultive. C'est important d'avoir des joueuses formées au PSG.

Le PSG est un immense club et il met beaucoup de moyens dans le développement de sa section féminine. Il suffit de regarder les infrastructures pour s'en rendre compte. À Bougival, il y avait un terrain et une petite salle de musculation. Puis nous sommes passées au Camp des Loges, dans l'ancien centre d'entraînement des garçons, qui était déjà top. Là, à Poissy, il y a cette gigantesque infrastructure, et tout ce qu’il y a à l’intérieur dédie à la performance… C’est fantastique.

L’élimination prématurée en Ligue des champions a-t-elle été difficile à encaisser ? Oui car nous ne nous y attendions pas. Nous sommes passées à côté sur les deux matches et le foot ne pardonne pas. C'est pour ça qu'on l'aime d'ailleurs. On se projette sur les compétitions nationales avec l’ambition d'aller chercher les deux trophées. Nous voulons vraiment nous affirmer. Aller décrocher le titre de championnes de France, c'est un objectif commun. Et cette ambition est une force, ce qui doit nous faire oublier la frustration de ne pas disputer la Ligue des champions. »

Pur produit de l'As Vexin Marines (Val-d'Oise), Jade Le Guilly fait partie des artisans de la qualification parisienne pour les demi-finales de la Ligue des Champions. Engagée avec le Paris-Saint-Germain jusqu'en 2027, Jade Le Guilly est restée sur le banc des Bleues lors des deux matchs de qualification à l'Euro 2025 contre l'Irlande et la Suède.

Auteure de ses trois premiers buts en D1 Arkema au cours du mois de mars, la polyvalente défenseure Jade Le Guilly crève l’écran cette saison sous les couleurs du Paris Saint-Germain. Prêtée à la Real Sociedad lors de l’exercice précédent, l’ancienne sociétaire de l’As Vexin Marines (2010-2014) enchaîne les titularisations depuis le début de la saison et a notamment pris part à toutes les rencontres de la Ligue des Champions disputées par les Rouge et Bleu.

Alignée sur la pelouse du Parc des Princes lors du quart de finale retour contre le Bk Häcken (3-0, le 28 mars dernier), Jade Le Guilly s’était montrée sérieuse et appliquée sous les yeux de sa sœur cadette Eden (18 ans) présente sur le banc parisien face aux Suédoises.

« Ça serait un rêve pour toutes les deux de jouer ensemble. On l’a déjà fait à l’entraînement cette saison et c’est vrai que lors d’un match, ça serait exceptionnel », avait récemment confié la Valdoisienne sur les ondes de France Bleu Paris.

Une passion du ballon rond transmise de génération en génération au sein d’un foyer familial qui s’était installé à Marines lorsque Jade avait huit ans. « J’allais voir mon père jouer le dimanche matin au stade en bas de chez moi. C’est là que j’ai commencé à prendre le ballon et à faire des jongles. Mes parents m’ont ensuite demandé si je voulais m’inscrire dans le club de l’As Vexin avec les garçons.

Voici un tableau récapitulatif de la carrière de Jade Le Guilly :

Période Club/Équipe Faits marquants
2010-2014 AS Vexin Marines Début de carrière
Jusqu'en 2022 PSG Formation et progression
2019 Championnes de France U19 Capitaine
2022-2023 Real Sociedad (prêt) Expérience à l'étranger
2024 Equipe de France A 2 sélections
Depuis 2023 PSG Titulaire, qualification en Ligue des Champions

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