Le Canada est largement considéré comme le berceau du hockey. En effet, le premier match s’y déroula en 1855, mettant aux prises des soldats d’une garnison britannique à Kingston.

Action sur la glace lors d'un match de hockey.
Les Origines et l'Évolution du Hockey
Si les experts situent l'origine du hockey sur glace en Suède au début du 19ème siècle, trois villes canadiennes se disputent la paternité de ce sport hissé au rang de Sport National par le Parlement canadien en 1994 : Kingston en Ontario où se serait déroulé un match entre soldats britanniques du régiment de la Royal Canadian Rifle le jour de Noël 1855 et les deux villes néo-écossaises d'Halifax et Windsor. Dans ces trois cas, les historiens s'accordent à dire que ce sont les immigrants venus des iles britanniques qui ont amené ces pratiques dans leurs bagages.
C'est faire fi des récits des missionnaires de Nouvelle France qui décrivent par le menu les jeux de "crosse" pratiqués sur la glace par les Amérindiens que les premiers colons français imitent en poussant des pierres sur les étangs gelés dans des joutes fraternelles. Les livres d'histoire ne rendent pas toujours à César ce qui lui appartient...
Il est avéré qu'une distraction, rappelant le golf moderne mais se déroulant sur la glace, nommée kolf, était populaire aux Pays-Bas au xviie siècle, le jeu de bandy, qui, dans la Grande-Bretagne du début du xixe siècle, opposait sur des étendues gelées deux équipes frappant une balle en bois ou en liège avec des crosses taillées dans du bois de saule, est considéré comme l'ancêtre du hockey sur glace.
À partir de 1855, des soldats britanniques en garnison à Halifax (Nouvelle-Écosse, Canada) organisèrent des rencontres de hockey sur les lacs gelés et, durant les années 1870, les étudiants de l'université McGill de Montréal s'adonnèrent à leur tour à ce sport. La première ligue de hockey sur glace vit le jour en 1885 à Kingston (Ontario). Ce sport devint rapidement populaire au Canada, des rencontres régulières étant organisées entre les clubs de Montréal, Ottawa et Toronto.
En 1892, lord Stanley of Preston, gouverneur général du Canada, décida qu'une coupe en argent serait offerte chaque année à la meilleure formation. La Coupe Stanley était née. Le hockey sur glace commençait également à se développer en Europe - Pierre de Coubertin en encouragea la pratique dès 1891.
La Professionnalisation du Hockey
Professionnels et amateurs allaient dès lors créer séparément leurs propres structures. C'est ainsi qu'en 1904 la première ligue professionnelle (Pro Hockey League) voit le jour aux États-Unis, avant d'être remplacée en 1907 par la National Hockey Association (N.H.A.). Une ligue concurrente, la Pacific Coast League (P.C.L.), naît peu après.
En 1914, un championnat réunissant les deux ligues est organisé, le vainqueur se voyant attribuer la coupe offerte par lord Stanley. La N.H.A. va être supplantée par la National Hockey League (N.H.L.), qui organisa son premier match le 19 décembre 1917. Les Toronto Arenas remportèrent en 1918 le premier Championnat de la N.H.L. et enlevèrent la Coupe Stanley, en dominant les Vancouver Millionaires, lauréats de la compétition de la P.C.L. La P.C.L. disparut en 1926. Dès lors, la N.H.L. allait régner sans partage sur le hockey sur glace en Amérique du Nord.
Entre-temps, du côté des amateurs, la Ligue internationale de hockey sur glace avait été créée, le 16 mai 1908 à Paris, par la France, la Belgique, la Suisse et la Grande-Bretagne, avec pour président le Français Louis Magnus - champion de patinage artistique et journaliste. Un Championnat d'Europe fut organisé en 1910, tandis que le Championnat du monde allait voir le jour en 1930.
Le Hockey aux Jeux Olympiques
Dès 1914, le Comité international olympique accepte qu'un tournoi de hockey sur glace soit organisé à l'occasion des Jeux prévus à Berlin en 1916. Si ces Jeux sont annulés, le hockey sur glace fait bien partie du programme des VIes jeux Olympiques (d'été) qui se déroulent à Anvers en 1920. Le Canada (en fait l'équipe des Winnipeg Falcons) remporte le titre en battant les États-Unis par 2 buts à 0.
Même si les professionnels ne participent pas aux Jeux, les Canadiens dominent régulièrement le tournoi olympique, jusqu'à l'arrivée des Soviétiques qui, dès leur première participation en 1956, obtiennent la médaille d'or après avoir battu Américains (4-0) et Canadiens (2-0). Celle-ci s’est affirmée comme une puissance mondiale à partir de 1956, étant même très dominatrice aux Jeux olympiques, de 1964 jusqu’à la mémorable surprise des Jeux de Lake Placid, en 1980: victoire et médaille d’or pour les Etats-Unis.
Le hockey sur glace va réellement devenir un sport médiatique en Europe en 1968 à l'occasion des Jeux de Grenoble : les affrontements entre Tchécoslovaques et Soviétiques, retransmis en direct par la télévision, avec le Printemps de Prague en toile de fond, resteront dans les mémoires.
Le Hockey Moderne: Vitesse et Intensité
Avec le hockey, tout se déroule à un rythme sidérant et une vitesse affolante (près de 60 km/h) avec les raids incessants vers les buts, sans parler du full-contact permanent, toujours à la limite de l’agressivité, entre joueurs casqués (obligatoire depuis 1980), rembourrés, extrêmement déterminés, qui se ruent vers la cage… autant que sur l’adversaire.
Les bases du jeu :
- Un terrain de jeu de 60 mètres de long sur 30 mètres de large, ceinturé de balustrades et de parois en plexiglas.
- Trois tiers-temps de vingt minutes.
- Trois arbitres sur la glace et en chemise à rayures noires et blanches dont un arbitre en chef qui peut infliger des pénalités de deux, cinq ou dix minutes de prison, voire l’expulsion.
- Un palet en caoutchouc vulganisé de 7,62 cm de diamètre, 2,54 cm d’épaisseur, pesant 160 grammes.
- Des crosses en bois, fibre de verre ou carbone pour projeter le palet (appelé aussi puck ou rondelle) vers le but ou adresser des passes aux partenaires.
Chaque équipe comprend vingt joueurs: deux gardiens, trois lignes de deux défenseurs, quatre lignes de trois attaquants.
Le gardien de but est toujours la mascotte de son équipe mais aussi l’homme de base, voire l’homme providentiel. Chaque goal est littéralement « harnaché » avec un équipement qui ne pèse pas loin de 20 kilos. Il porte un casque à grille, pour des raisons de sécurité, un plastron, d’énormes jambières larges, un bouclier d’une main pour parer les tirs violents et un gant renforcé pour saisir ou repousser le palet. Souvent le sort du match repose sur son efficacité.
Présentation de l'équipement du gardien par Gaëtan Richard
Ainsi, lors de la victoire surprise (4-3) des Américains, aux Jeux de Lake Placid (1980), les statistiques - dont on est très friand en hockey - avaient permis d’établir que James Craig, sur les sept matches du tournoi olympique, avait arrêté ou repoussé 163 tirs sur 178, soit un pourcentage de réussite de 91,6% !
Héros Nationaux et Événements Marquants
Autre héros national: le Canadien Wayne Gretzky, considéré comme le joueur du siècle, le marqueur le plus prolifique, le coéquipier le plus généreux et l’équivalent en hockey de Michael Jordan au basket-ball. A Nagano, en 1998, Gretzky eut la malchance, pour sa première participation aux Jeux, à 37 ans, de ne pas connaître la réussite avec le Canada (4e).
Le Canada, lors de plusieurs J.O. précédant ceux de Nagano, n’avait jamais pu présenter sa dream-team car chaque fois se déroulait, en même temps, la Stanley Cup et de toute façon, les stars professionnelles n’étaient pas admises aux J.O.
A la fin du XXème siècle s’est développé le hockey sur glace féminin. Le premier titre olympique a été décerné à Nagano, en 1998, aux Etats-Unis.
Le Hockey et l'Identité Canadienne
Le hockey sur glace a toujours rassemblé les Canadiens. A l’heure où Donald Trump ne cesse de menacer le pays d’annexion, les matchs entre le Canada et les Etats-Unis prennent une dimension politique. Les fans sont venus par dizaines de milliers dans l’aréna située au cœur de Toronto. L’hymne national O Canada est entonné et applaudi avec vigueur, et le drapeau national, feuille d’érable rouge sur fond blanc, taille XXL, flotte fièrement sur une marée bleu et blanc, les couleurs officielles des Maple Leafs, l’équipe de hockey sur glace de la ville.
Origines controverséesSi les experts situent l'origine du hockey sur glace en Suède au début du 19ème siècle, trois villes canadiennes* se disputent la paternité de ce sport hissé au rang de Sport National par le Parlement canadien en 1994 : Kingston en Ontario où se serait déroulé un match entre soldats britanniques du régiment de la Royal Canadian Rifle le jour de Noël 1855 et les deux villes néo-écossaises d'Halifax et Windsor. Dans ces trois cas, les historiens s'accordent à dire que ce sont les immigrants venus des iles britanniques qui ont amené ces pratiques dans leurs bagages.
C'est faire fi des récits des missionnaires de Nouvelle France qui décrivent par le menu les jeux de "crosse" pratiqués sur la glace par les Amérindiens que les premiers colons français imitent en poussant des pierres sur les étangs gelés dans des joutes fraternelles. Les livres d'histoire ne rendent pas toujours à César ce qui lui appartient...
Reconnaissance tardive
C'est à l'heure où la ville de Montréal se positionne comme capitale économique du Québec que le 3 mars 1875 a lieu le premier match de hockey sur glace en patinoire couverte, le Victoria Skating Rink. En 1893, à la patinoire Victoria aujourd'hui disparue.
Cette démonstration publique est annoncée dans le media anglophone "The Gazette". Elle est organisée par James George Alwyn Creighton, jeune ingénieur employé à la construction du canal Lachine venant d'Halifax ville de garnison où les militaires pratiquent ce sport d'origine anglaise.
Pour garantir la sécurité des joueurs et du public, la balle de caoutchouc habituellement utilisée est remplacée par un palet en bois.
Dés lors, le nombre des matches de hockey sur glace ira en s'intensifiant à Montréal et d'autres équipes se forment. Mais ce sport reste l'apanage de l'élite protestante et anglophone de la ville.
Pour les francophones, la pratique du hockey est circonscrite à des patinoires locales, sans grande publicité.
Nettement plus forts en nombre, les joueurs canadiens-français commencent cependant à revendiquer le droit de participer d'autant qu'en 1892, le Gouverneur du Canada Lord Stanley dote la meilleure équipe canadienne d'un trophée, remis en jeu chaque année.
Quand la politique se joue sur la glace
Pour les joueurs francophones, la solution viendra de l'équipe catholique des Irlandais de Montréal, les Shamrocks qui, en leur ouvrant ses rangs, va leur permettre de se distinguer face à des rivaux communs.
Mais il leur faudra huit ans pour obtenir le droit de concourir et une dizaine d'années supplémentaires avant qu'un homme d'affaires catholique d'origine irlandaise tablant sur des querelles internes aux anglophones créée en 1909 son propre Club réunissant uniquement des joueurs francophones .**
Une équipe francophone menée par un certain Laviolette.
L'équipe des Canadiens de Montréal qui s'affiche aux couleurs bleu, blanc et rouge accèdera à la consécration suprême, la fameuse coupe Stanley en 1916 et deviendra dans la foulée membre de la Ligue Nationale de Hockey.
Au cours des années, l'équipe intégrera des joueurs anglophones mais la population montréalaise reste profondément marquée par le caractère historique francophone de la fondation son équipe.
En 1955, une sanction qui frappe le joueur vedette, le canadien-français Maurice Richard surnommé " la Comète", va se terminer en émeute, la population francophone s'en prenant directement au président de la LNH .
Le lendemain, le quotidien anglophone Montreal Star dénonce "l'instabilité émotionnelle et l'indiscipline " propres aux francophones, soulignant le schisme qui divise à cette époque la ville en deux blocs linguistiques distincts.
Cette "indiscipline" n'empêchera pas l'équipe de remporter la coupe Stanley durant les cinq années consécutives qui vont suivre, à l'heure où le sentiment nationaliste québécois se réveille.