Handball Masculin aux Jeux Olympiques : L'Histoire Glorieuse de la France

À quelques mois des Jeux de Paris 2024, explorons l'histoire du handball masculin aux Jeux Olympiques, un sport où la France a brillé de mille feux. Si on trouve trace de jeux de ballon similaires dans les sociétés paysannes d’Europe occidentale depuis le Moyen-Âge, le handball dans sa pratique moderne, serait né au XIXe siècle au Danemark sous le nom de handbold. Sa codification se met progressivement en place en Scandinavie et en Allemagne dans les dernières décennies de ce siècle.

Les historiens créditent Holger Nielsen, un professeur de gymnastique danois médaillé aux Jeux olympiques d’Athènes de 1896 d’avoir fixé en 1898 les premières règles de ce sport. Le handball à 11 est introduit aux Jeux olympiques de Berlin en 1936. L’Allemagne y remporte facilement le tournoi où ne s’affrontent que six équipes. Un premier championnat du monde est organisé en Allemagne deux ans plus tard.

La Fédération internationale de handball naît en 1946 avec l’objectif de promouvoir ce sport encore peu connu. Coup dur : le handball à 11 n’est pas réintroduit aux JO de Londres en 1948. Bien qu’il soit déclaré discipline olympique en 1957 par le Comité international olympique (CIO), le handball n’est pas au programme des olympiades d’été de la décennie suivante. Peu médiatisé et écarté des Jeux, ce sport est de surcroît l’objet d’une mutation de son cadre de jeu, le handball à 7 supplantant le handball à 11. La dernière compétition mondiale de cette variante est jouée en 1966.

Le handball à 7 en intérieur est finalement intégré par le CIO au programme masculin des Jeux de Munich en 1972. Un tournoi féminin est créé pour l’olympiade suivante, en 1976 à Montréal. Le sport devient au cours des années 1970 et 1980 très pratiqué en milieu scolaire et universitaire car il peut être joué à l’extérieur comme à l’intérieur sur une surface restreinte.

En France, une fédération sportive voit le jour en 1941, mais elle n’est officiellement reconnue par l’État qu’en 1952. Le nombre de licenciés reste cependant très en-dessous d’autres sports collectifs comme le football et le rugby à XV. Son essor dans l’Hexagone est concomitant à celui de la version à 7 et à son introduction à l’école grâce à l’action volontariste de la Fédération.

Comme le handball est un sport européen, le palmarès olympique est dominé par les nations de ce continent. La première compétition olympique masculine de handball en 1972 à Munich est remportée par la Yougoslavie. Chez les femmes, c’est l’équipe soviétique qui remporte le premier titre olympique en 1976.

Terrain de handball et positions des joueurs

La France n’est pas la moins pourvue en titres puisque l’équipe masculine est 6 fois championne du monde, mais aussi 3 fois championne olympique en 2008, 2012 et 2020. Elle est d’ailleurs la seule sélection masculine de handball à conserver son titre olympique, entre les jeux de Pékin en 2008 et de Londres en 2012. L’équipe de France féminine a un tableau de médailles moins fourni mais tout aussi prestigieux. Trois fois championne du monde en 2003, 2017 et 2023, elle décroche sa première médaille d’or olympique aux JO de Tokyo en 2020. La France est donc tenante des titres olympiques en handball tant chez les hommes que chez les femmes.

La France défendra ses titres olympiques chez elle à Paris du 25 juillet au 11 août 2024. Les matchs départageront 12 équipes tant chez les hommes que chez les femmes. La discipline n’ayant été « olympisée » qu’en 1972, le monnayage olympique honorant le handball est récent mais assez répandu avec quelques belles raretés. Ainsi, l’Égypte, qui a émis en 1992 une pièce de 50 pounds or tirée à 49 exemplaires pour la tenue des Jeux d’été de Barcelone. La France n’est pas en reste puisque la Monnaie de Paris a émis en 2010 une monnaie de 50 € or sur le handball annonçant les Jeux de Londres de 2012. Depuis 2021, plusieurs pièces dédiées aux JO de Paris 2024 sont sorties ses ateliers.

JEUX OLYMPIQUES - Le replay intégral de la finale France-Danemark en handball à Tokyo (2020)

Les Débuts et l'Ascension du Handball Français

En 1985, l'équipe de France est loin d’être aussi compétitive qu’aujourd’hui. Les Bleus évoluent au troisième échelon de la hiérarchie planétaire, et disputent le Mondial C. Daniel Costantini, champion de France 1975 et 1984 avec le Stade Marseillais Université Club, reprend les rênes de la sélection et change radicalement de méthodes.

La révolution est en marche : la France réintègre le groupe A mondial en 1990 et se qualifie cette même année pour le championnat du monde.

Les "Bronzés" à Barcelone 1992

Mais c’est en 1992 que les Bleus font leur entrée dans la cour des grands. Et elle est fracassante. Aux JO de Barcelone, les "Bronzés" - en référence au film du même nom et aux teintures blondes des joueurs - décrochent la médaille de bronze, et les mâchoires de beaucoup d’observateurs. Sèchement battus par la Russie en finale du Mondial, l’équipe doit se contenter d’une médaille d’argent.

Car deux ans plus tard, les Français se donnent un nouveau surnom : les "Barjots". Un peu fous, Stéphane Stoecklin, Jackson Richardson, Pascal Mahé (le père de Kentin, actuel joueur de l’équipe de France) et les autres ne rigolent pourtant pas sur le terrain.

Organisé depuis 1938, le championnat du monde de handball 1995 se déroule pour la première fois en Islande. Les francais inscrivent leur premier titre à leur palmarès en remportant les mondiaux d’Islande. Nouvelle médaille pour les Barjots, qui terminent à la troisième place des championnats du monde organisés pour la première fois sur les terres nippones.

L'ère Costantini et les "Costauds"

Il faut pourtant attendre six ans pour que le handball français les sommets. Daniel Costantini entraîne une dernière fois les Bleus au Mondial 2001, disputé à domicile. Ses joueurs renversent la Suède au terme d’une finale légendaire (28-25 après prolongation).

À l’issue de la rencontre, le sélectionneur dira de ses joueurs qu’ils ont été "costauds" : un nouveau surnom est né. Sur le parquet du vieux Palais Omnisports de Paris-Bercy, Didier Dinart et Guillaume Gille, actuels sélectionneurs des Bleus, font la fête. À leurs côtés, deux "jeunots" sont également présents : Thierry Omeyer et Daniel Narcisse, 24 et 21 ans (40 et 37 aujourd’hui). Luc Abalo, alors âgé de 16 ans, regarde le spectacle depuis les tribunes, tout comme Michaël Guigou, 19 ans à l’époque. Nikola Karabatic, 16 ans lui aussi, est devant sa télé.

La transmission et la continuité

"C'est grâce à la génération de 2001 qu'on peut faire ça aujourd'hui, ils nous ont fait rêver", a souligné l'aîné des frères Karabatic, sacré meilleur joueur du Mondial 2017 après la victoire finale, dimanche. Il n'est d'ailleurs pas le seul à évoqué cette continuité à travers les époques. "Les anciens nous ont montré la voie, ils ont montré que le handball français était capable de gagner. Tout est né grâce à eux", a également glissé Michaël Guigou.

Oui, cette victoire est aussi celle de Daniel Costantini, donc. Elle est aussi celle de Claude Onesta, qui prend la relève en 2001 à la tête de la sélection. C’est avec lui que, cinq ans plus tard, les Bleus deviennent une véritable machine à gagner.

Champions olympiques pour la première fois à Pékin, les "Experts" écrasent tout sur leur passage. Entre 2008 et 2017, ils glanent huit trophées sur les douze possibles, faisant de la France la nation la plus titrée du hand masculin mondial, avec onze titres internationaux .

Cette dernière victoire face à la Norvège dimanche est cette fois à mettre au crédit de Didier Dinart. La transmission s’est faite à merveille entre l’ancien et le nouveau coach des Bleus (le troisième seulement depuis 1985, donc). Cela faisait bientôt quatre ans que le Guadeloupéen, 40 ans et 379 sélections, œuvrait dans l'encadrement de l'équipe de France. Claude Onesta lui a laissé les clefs du camion, fin septembre, pour devenir manager général .

"On était dans la continuité d'un processus engagé par Claude Onesta. Je me suis rajouté à quelque chose qui fonctionnait déjà très bien », a d’ailleurs noté le co-sélectionneur Guillaume Gille, l’euphorie du sacre passée.

Un avenir prometteur

Un passage de relais parfaitement réussi, à l’image de l’effectif, où tauliers et jeunes pépites cohabitent à merveille. Grâce à la qualité de la formation française, la relève semble assurée. En témoigne la réussite de Nedim Remili, Ludovic Fabregas ou encore Dika Mem .

Quelques Dates Clés de l'Histoire du Handball

  • 1898: Naissance du handball au Danemark sous le nom de « Handbold ».
  • 1936: Le hand entre aux Jeux Olympiques, comme sport officiel, aux J.O. de Berlin.
  • 1992: L’équipe de France participe aux Jeux Olympiques de Barcelone. Après leur qualification pour les demi-finales, les joueurs se teignent les cheveux en blond et prennent le surnom des Bronzés.
  • 1995: Les francais inscrivent leur premier titre à leur palmarès en remportant les mondiaux d’Islande.
  • 2008: Premier titre olympique pour l'équipe de France masculine à Pékin.
  • 2020: L’équipe de France masculine décroche son troisième titre olympique à Tokyo.

L'équipe de France de Handball célébrant une victoire

Palmarès et Héritage

Aujourd’hui : l’équipe de France est la plus titrée dans l’histoire du handball. En France, avec plus de 500 000 licenciés et 2411 clubs, le handball est le troisième sport collectif pratiqué après le football et le basket-ball. Depuis 1992 et son premier podium international (médaille de bronze des Bleus aux JO de Barcelone), l'équipe de France est montée sur le podium des JO, d'un Mondial ou d'un Euro à 33 reprises sur 71 possibles, soit dans 46,5 % des cas. Depuis 1992, l'équipe de France a décroché 16 titres en grands championnats : 12 chez les hommes, 4 chez les femmes.

En remportant un troisième titre dans l’épreuve la plus relevée que le handball connaisse, l’équipe de France masculine a une nouvelle fois démontré toute sa force et son génie. L’équipe de France a remporté au Qatar le cinquième titre mondial de son histoire. Le couronnement d’une formidable montée en puissance tout au long de la compétition. Dans un Championnat du monde 2017 remarquablement organisé et bâti sur mesure pour l’équipe de France, les Handballeurs français ont atteint l’objectif souhaité par tous leurs supporters : décrocher une 6e couronne mondiale.

L’équipe de France féminine a exaucé son vœu le plus tenace : remporter les Jeux olympiques, la seule compétition qui lui résistait encore. Après un tour préliminaire complexe, les joueuses d’Olivier Krumbholz ont enchaîné des prestations qui ont renvoyé très loin la concurrence.

L’équipe de France masculine n’avait plus disputé - et donc remporté - de finale depuis 2017 et sa victoire phénoménale dans un Mondial taillé sur mesure. Quatre ans après, dans le glacial Yoyogi National Stadium de Tokyo, les Bleus ont décroché le 3e titre olympique et donné une ampleur phénoménale à leur palmarès inégalé.

De Nantes à Cologne, en passant par Düsseldorf et Berlin, les Bleus n’ont pas dérogé à leur objectif : gagner partout, tout le temps. Un nul et huit victoires plus tard, les hommes de Guillaume Gille ont décroché un 4e plateau d’argent et renforcé leur image de machine à gagner, en toutes circonstances.

En finale, les Français ont largement dominé les Islandais, battus 28-23. Les Bleus avaient déjà pris le large à la mi-temps (15-10) et n'ont cessé d'accroître leur avance. Il s'agit de la 7e médaille d'or pour la France qui termine les Jeux avec un total de 40 médailles.

Titré à Tokyo à la fois chez les hommes et chez les femmes, le handball français a étoffé au Japon un palmarès déjà exceptionnel sur la scène internationale. C'est la deuxième fois de son histoire que l'équipe de France réalise un doublé sur la scène internationale. En 2017, la France avait triomphé aux Mondiaux chez les hommes et chez les femmes. L'équipe de France masculine est montée sur un podium olympique pour la quatrième fois consécutive depuis son titre à Pékin en 2008.

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