Après une saison sans titre de champion de France, le PSG a renforcé son équipe avec l'arrivée d'Achraf Hakimi. QSI a déboursé 60 M€ pour s'offrir le meilleur latéral du marché, en provenance de l'Inter. Cet article explore les forces et faiblesses de Hakimi en se basant sur ses statistiques des trois dernières saisons, comparées à celles des latéraux du PSG de la saison précédente.
Avant d'analyser les statistiques d'Achraf Hakimi, il est important de souligner qu'il s'agit d'un jeune joueur (22 ans) avec une expérience en Champions League. Les statistiques permettent de mettre en évidence les qualités et les défauts du joueur originaire de Madrid.
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Qualités Physiques et Techniques
Achraf Hakimi possède un gros moteur, ce qui signifie qu'il peut répéter les efforts à haute intensité sans difficulté. Ses statistiques de ballons joués et de passes effectuées en témoignent. Une fois servi, Hakimi a une utilisation active du ballon.
Dans l’histoire récente du PSG, c’est Bernat qui s’est le plus essayé aux dribbles (2.6/90 minutes en 2019-2020) en tant que latéral. Ce sont Serge Aurier et Daniel Alves qui ont la meilleure moyenne (1.8/90 minutes) lors de leur passage au PSG. L’Ivoirien partage avec le Belge Thomas Meunier la meilleure moyenne sur une saison : 2.1, en 2016-2017 pour Meunier, en 2014-2015 pour Aurier.
Même si sa moyenne de fautes subies baisse à l’Inter (1.2 contre 1.7 et 1.9 à Dortmund), elle reste nettement supérieure à celles des latéraux actuels du PSG (0.5 de moyenne la saison dernière). En s’appuyant notamment sur sa rapidité, il a donc cette capacité à faire avancer le ballon par le dribble, mais il ne faut pas le réduire à cela. On remarque quand même au passage qu’avec l’Inter, qui effectuait 527 passes par match contre 646 pour le PSG la saison dernière, sa moyenne était beaucoup plus basse.
Il sait jouer long : en Allemagne, il réussissait en moyenne 2.2 passes longues par 90 minutes. En revanche, en Allemagne, il était l’un des joueurs qui faisait le plus progresser le ballon de tout le championnat. Cette saison-là, il a quatre matches à son actif avec plus de 300 mètres gagnés par la conduite de balle à lui seul.
Si ses stats italiennes sont déjà fort correctes, on voit que c’est en 2019-2020 avec Dortmund qu’il a atteint des sommets dans ce type de passes (6.5/90 minutes). Dans l’équipe de Fabre, il en a même effectué 18 au cours d’un match.
Mais l’ancien Intériste ne se contente pas d’amener le ballon dans les zones dangereuses. Il est lui-même très présent offensivement, malgré son poste initial d’arrière droit. Avec l’Inter, il touchait en moyenne 4.6 ballons dans la surface par 90 minutes la saison dernière en série A. C’est plus que Di Maria avec le PSG en Ligue 1 ! Au total sur sa saison, cela représentait 137 ballons, soit le 21ème total de toute la série A.
Lors des trois dernières saisons, il a cadré 41 des 97 tirs pris, soit 42 %. Ses 6.4 expected assists sur la saison le positionnent au 2ème rang du club champion d’Italie (derrière les 8.4 de Lukaku). Et bien, c’est encore mieux que le modèle. Lors des trois dernières saisons, il est donc l’auteur de 26 passes décisives.
Gros volume de jeu, super contre-attaquant, efficace devant le but adverse, Achraf Hakimi n’est pas loin du portrait-robot du parfait latéral moderne.

Points Faibles
Via les stats, on en a repéré de trois types. La plus surprenante concerne son niveau technique. La principale (mauvaise) surprise vient de son taux de réussite dans les centres. Sa plus haute moyenne date de la saison dernière avec 0.9. Côté parisien, Florenzi faisait mieux avec 1.3.
Le style de jeu du Borussia n’est pas la seule explication de ces faibles niveaux de centres réussis. Le joueur lui-même ne présente pas des taux de réussite très satisfaisants dans cet exercice. Ses 24 % de réussite avec l’Inter sont corrects, mais pas exceptionnels (Florenzi était à 29 % au PSG).
Un peu surpris par cette donnée, on a cherché à savoir comment se positionnait Hakimi par rapport aux « meilleurs » latéraux des championnats européens. La moyenne de cet échantillon, en championnat, en 2020-2021, est de 1 centre réussi avec 23 % de succès. Le Hakimi de l’Inter est extrêmement proche de cette moyenne (0.9 à 24 %). On constate qu’il y a beaucoup d’écart, que ce soit en % de réussite ou en volume de centres, entre les joueurs. Florenzi est finalement dans le haut du panier avec ses 28 % de réussite.

Ses manques éventuels au niveau défensif sont souvent exprimés quand il s’agit de décrire le profil d’Achraf Hakimi. On a donc cherché à vérifier par les stats ces hypothèses. En volume d’interventions défensives, il présente des stats inférieures à tous les latéraux du PSG la saison dernière. C’est d’autant plus surprenant que, compte tenu des taux de possession respectifs du PSG (60 %) et de l’Inter (52 %), l’arrière-garde parisienne est censée être moins sollicitée.
Si les supporters parisiens ont probablement oublié que l’ancien Madrilène avait disputé un match amical face au PSG avec le Real à l’été 2016, ils ont en revanche parfaitement en mémoire sa passivité sur le corner de Di Maria où Neymar lui passe tranquillement devant pour glisser sa tête victorieuse en 1/8èmes de finale retour de Champions League en mars 2020.
Au-delà du volume d’interventions, très fortement dépendant de l’organisation défensive de l’équipe, c’est le taux de réussite dans ses actes défensifs qu’il faudra surveiller. Les stats à caractère défensif ne sont donc pas en sa faveur. Pourtant, il apparaît clairement qu’il a fait des progrès dans ce secteur à l’Inter sous la houlette d’Antonio Conte. Son équipe a d’ailleurs fini meilleure défense de Série A (35 buts encaissés).
Adaptation et Intégration au PSG
Hormis les deux limites évoquées précédemment (centreur assez moyen et faible impact défensif), le principal écueil qui guette Hakimi et le PSG est le « choc des cultures ». Le nouveau numéro 2 du PSG est à l’opposé de ces schémas. C’est un joueur qui va de l’avant, qui ose des passes compliquées ou des chevauchées balle au pied. Au global, sa moyenne de ballons perdus sur les trois dernières saisons est de 16.2. Il est même monté jusqu’à 18.6 en 2019-2020. C’est plus que Mbappé la saison dernière (17.9).
L’apport offensif est indéniable, on l’a vu, mais il va aussi falloir penser « équilibre » et « organisation à la perte ». Car les pertes de balle vont être bien plus nombreuses côté droit qu’elles ne l’étaient jusqu’à présent. Le natif de Madrid dribble beaucoup et bien mais il a forcément du déchet. Sur sa saison milanaise (la moins prolifique en termes de dribbles), il réussit 1.1 dribble sur 2.2 en moyenne. Cela signifie qu’il perd la balle environ une fois par match en dribblant. Cela ne paraît pas forcément énorme mais c’est le double des niveaux de la saison passée au PSG.
Ces dernières années, l’équipe de la capitale a pris l’habitude de construire ses attaques sur le côté gauche, avec généralement Verratti, Neymar et Mbappé. Les attaques parisiennes risquent d’être beaucoup plus compliquées à contenir si c’est Hakimi qui se trouve à la réception des passes de Neymar qui aura fixé la moitié de la défense adverse à gauche ou dans l’axe.
Et les défenses adverses devront par conséquent réajuster leur organisation et certainement anticiper davantage ces renversements vers Hakimi, quitte à laisser plus de liberté dans l’axe ou à gauche. Di Maria (positionné dans le demi-espace pour laisser le champ libre au Marocain) aussi probablement puisqu’il aura enfin un joueur avec qui réellement combiner dans le couloir.
Néanmoins, on l’a évoqué précédemment, ces nouveaux déséquilibres provoqués dans la défense adverse auront pour contrepartie de découvrir partiellement la défense parisienne. Il faudra nécessairement pratiquer des ajustements. Autre ajustement possible, le retour d’une défense à cinq, là aussi essayée par Tuchel avant de se faire débarquer fin 2020.
En tous les cas, l’optimisme règne largement. Surtout que l’on a pu constater que c’est surtout lors de ses saisons avec Dortmund, au style de jeu plus proche de celui du PSG que l’Inter, qu’Hakimi avait des statistiques les plus impressionnantes.
| Statistique | Dortmund (2019-2020) | Inter Milan | PSG (Moyenne des latéraux) |
|---|---|---|---|
| Passes vers la surface / 90 minutes | 6.5 | 1.7 | 1.2 |
| Centres réussis | - | 0.9 (24% de réussite) | Florenzi : 1.3 (29% de réussite) |
| Ballons touchés dans la surface / 90 minutes | - | 4.6 | - |
| Ballons perdus | 18.6 | - | - |