Le football, plus qu'un simple sport, est souvent un symbole d'unité et d'espoir, surtout dans les nations confrontées à des défis majeurs. C'est le cas d'Haïti, dont l'équipe de football a offert une parenthèse enchantée à un pays en proie à de nombreuses difficultés, en se qualifiant pour la Coupe du Monde 2026.

La Qualification d'Haïti pour la Coupe du Monde 2026
La qualification d'Haïti pour la Coupe du Monde 2026 est un événement marquant, survenu dans un pays en plein chaos. Le pays, qui partage l'île d'Hispaniola avec la République Dominicaine, subit depuis plusieurs années la violence des bandes criminelles, qui commettent meurtres, viols, pillages et enlèvements, dans un contexte d'instabilité politique chronique. Quelque 5,7 millions de personnes souffrent de malnutrition, plus de 1,4 million d'habitants ont été déplacés en 2025, dont plus de la moitié de femmes et d'enfants.
Cette qualification est une source de joie immense pour le peuple haïtien. "J'ai vu quelques images sur les réseaux, c'était la folie à Haïti", s'emballe l'entraîneur Sébastien Migné. "Tous les gens étaient dehors. Mes joueurs vont être de formidables ambassadeurs d'un pays qui en manque cruellement. Haïti n'est pas une destination facile, avec un peuple qui souffre et qui n'a pas beaucoup d'occasions de faire la fête."
Au coup de sifflet final de leur victoire contre le Nicaragua (2-0), joueurs et staff se sont réunis au centre du terrain, les yeux sur les téléphones à attendre la fin de Costa Rica-Honduras (0-0). Il fallait un nul pour qualifier Haïti pour sa deuxième Coupe du monde, après celle de 1974 en Allemagne.
Puis, raconte Migné, "Alexandre Pierre (le gardien remplaçant) a lancé : 'C'est fini!', et là ça a explosé, c'est parti dans tous les sens". Face à toutes les difficultés du pays, le sélectionneur a dû bâtir une équipe qui jouait loin de ses bases. En un an et demi de travail, il a "pris (son) bâton de pèlerin pour convaincre des binationaux de rejoindre l'aventure".
Le sélectionneur a dû bâtir une équipe qui jouait loin de ses bases. En un an et demi de travail, il a "pris (son) bâton de pèlerin pour convaincre des binationaux de rejoindre l'aventure".
Football : Haïti se qualifie, pour la première fois depuis 52 ans, pour la Coupe du monde • RFI
Le Rôle du Sélectionneur et des Joueurs Binationaux
"Avant de signer, je les avais scoutés (supervisés, NDLR), j'avais établi le potentiel de garçons comme Ruben Providence ou Jean-Ricner Bellegarde, explique celui qui fut adjoint de Claude Le Roy. J'ai essayé de les convaincre, j'ai essayé aussi de bousculer les anciens, en les poussant dans leurs retranchements, j'en ai écarté certains. Je sentais qu'il y avait un truc à faire".
Pour embarquer tous ces binationaux, "j'ai parfois voyagé, parfois utilisé les communications modernes avec des visios, j'ai souvent eu les familles, parfois le frère qui fait office d'agent, ça a été un travail de longue haleine", raconte Migné.
D'autres pourraient rejoindre l'aventure, alléchés par la Coupe du monde, comme Wilson Isidor (Sunderland) ou Odsonne Edouard (Lens). Le coach a aussi séduit des anciens qui "n'étaient plus vraiment en sélection, comme Leverton Pierre (Vizela, POR) et Stéphane Lambese (Fleury, Nat.)"
"Il a fallu aussi convaincre ma fédération qu'il fallait améliorer certaines choses pour attirer certains garçons, notamment la qualité de voyage, la qualité du staff médical", ajoute-t-il.
Signe du caractère singulier de cette expérience dans un pays ravagé par la violence et la misère, le technicien n'a "malheureusement pas encore pu (se) rendre" en personne à Haïti, mais la découvrira en janvier lors de l'ouverture du championnat pour une détection des joueurs locaux. "Le peuple haïtien attend un signe, on va leur montrer qu'on est là", promet Migné.
La République Dominicaine et le Football
Dans les derniers matches du groupe D de la Gold Cup, la République dominicaine et le Suriname se sont quittés dos à dos (0-0). Dans un pays qui ne vit qu’à travers le baseball, l’arrivée de Mariano en sélection est surtout l’occasion pour les Dominicains de s’intéresser un peu plus au foot alors que l’équipe nationale patauge à la 163e place du classement FIFA.
À l’initiative de cette arrivée, Franklin Grullón, directeur de banque, et Joaquín Vázquez, rabatteur des joueurs d’origine dominicaine en Europe, comme il l’explique à Marca : « La Fédération dominicaine m’a confié le travail de recruter des joueurs en Europe d’origine dominicaine afin de renforcer la sélection. »
Un projet qui semble avoir fonctionné pour Carlos Julio Martínez (Marbella) ou encore Tano Bonnín (Osasuna), mais pas pour Mariano Diaz qui, au fur et à mesure qu’il grimpe les échelons au Real Madrid, déclare son amour pour la sélection espagnole : « La République dominicaine a tenté de me rappeler, mais mon désir et mon but sont de jouer avec l’Espagne, le pays où je suis né.
Pour tout dire, cette rencontre de mars 2013 ressemble plus à un cadeau pour sa maman dominicaine qu’à une réelle envie de jouer pour ce pays, dans lequel Mariano n’avait plus mis les pieds depuis ses huit mois. C’est donc logiquement accompagné de sa madre, Mariano Mejía, que l’attaquant qui évolue alors avec l’équipe C du Real Madrid traverse l’Atlantique pour affronter Haïti.
Tableau Récapitulatif des Qualifications pour les Quarts de Finale de la Gold Cup
| Groupe | Équipe Qualifiée | Notes |
|---|---|---|
| D | États-Unis | Première place du groupe |
| D | Arabie Saoudite | Deuxième place du groupe |
| A | Mexique | Déjà qualifié |
| A | Costa Rica | Déjà qualifié |
tags: #haiti #vs #republique #dominicaine #football