Le Bayonne Handball Féminin, club de handball français basé à Bayonne, dans le Pays Basque, possède une histoire riche et complexe, marquée par des moments importants en termes de montées, de recrutements stratégiques et de fusions.

Les Débuts du Handball en France et à Bayonne
L'activité sportive du handball ne s’est structurée que tardivement, émanant d’une origine danoise en 1898, tchécoslovaque au début du XXème siècle, et germanique. Le handball à 11 joueurs fut inscrit au programme des Jeux Olympiques de Berlin en 1936. En France, le handball apparaît venant de Suisse et des milieux de la gymnastique par Mulhouse.
La région parisienne et les professeurs d’EPS l’accueillent et en 1937 ont lieu à Paris les 7° Jeux Universitaires Internationaux ; le handball à onze est inscrit au programme. La Fédération Française de Handball fut créée en 1941 et la saison 1941-1942 fut la première saison de compétition en France.
Il fallut attendre les années d’occupation 1941, 1942, 1943, pour voir la création des sections masculines et féminines de handball au sein du BEC (Bordeaux Étudiants Club). Comment peut-on expliquer ce retard par rapport à la date de création des autres sections ?
Nelson PAILLOU, dès 1941, demande au Dr Bahuet, président du BEC, de créer une section handball au sein du club. Nelson Paillou, né en 1924, avait alors 17 ans. Un soir, avec un groupe de « copains », joueurs de foot du collège Commandant Arnould, il rejoint le 24 Cours Pasteur au 2° étage de l’Union des Etudiants et se rend au bureau du Président du BEC, le Docteur Bahuet.
Il se présente et fermement dit au Président qu’il fallait créer une section de handball dans le club. « Eh bien, d’accord, et je te nomme président de la nouvelle section de handball du BEC ! » Tout le BEC connaît cette anecdote rapportée par des témoins les plus fiables. Notre futur Président du Comité Olympique Français n’a pas perdu de temps depuis l’introduction du handball en France et l’on connaît la carrière que Nelson a poursuivie depuis ce moment, au service du handball et du sport en général.
Création de la Section Féminine au BEC
Auprès de Nelson, des noms sont à retenir, « ceux qui ont créé la section », qui sont restés fidèles au club et que nous retrouverons impliqués en tant que joueurs à 11 et à 7. Carole LOMBARD, Professeur d’EPS, et Nelson PAILLOU, en compagnie de P. Petit- Jean, décédé en déportation en 1944 et frère de Micheline VESCHAMBRE, créèrent en 1943 la section féminine.
Un soir de cet automne 43, convoqués par le Président, Nelson Paillou et moi-même avons eu la joie d’apprendre que nous pouvions créer la nouvelle section de Hand-Ball féminine (qui ne se jouait qu’à 11). Nous étions accompagnés par le frère de Micheline Petit-Jean/Veschambre, qui fut déporté en 44 et mourut en déportation.
Nelson comme moi, pour constituer nos équipes, avons fait appel aux collègues, aux amis du basket et de l’athlétisme. Tout s’est vite mis en place. Pour les terrains, le Stadium Universitaire, l’annexe du terrain des footeux. Quelques ennuis : un petit troupeau de vaches nous concurrençait !
Le comité de Gironde de handball était le seul de la région à s’installer. Peu de clubs : le Stade Bordelais dit SBUC à cette époque, St-Bruno et un représentant du CA Béglais. Pour nous les filles, seul le Stade Bordelais présentait un adversaire. Les rencontres au début n’étaient pas nombreuses, peu importe, nous nous entraînions tout en participant dans les autres sections.
La compétition dès 44-45 s’est étoffée, il y a eu un championnat National où le BEC a brillé devant les équipes de Nantes, de Poitiers, de Limoges et bien sûr de Paris, Ivry, Stade-Français, de Normandie également : Vernon. Les Clubs Universitaires ont créé aussi leur compétition.
Jusqu’en 1952 le « 11 » a été roi, mais dès 1947 le Hand à « 7 » a pris sa place et des compétitions ont débuté. Le nombre de clubs a évolué, l’ASPOM a été un sérieux concurrent. Des jeunes sont arrivés. La section a grandi.
Elles s’appelaient : M.J. Lacoste EPS, Jeanine Toulouse EPS, Hélène Maumen E.Sup, Simone Simon IEP ( Institut d’Education Physique), Fernande Bourrec EPS (Basket), Denise Villenave (Laporte) EPS, Madeleine Villenave sœur de Denise, Barrientos, Loulette Barouillet EPS, Lisette Bidan élève IEP, Vialemaninge E.
En 1945, enfin, l’année de la consécration, le BEC parvient en ¼ de finale, après avoir éliminé des équipes déjà aguerries, comme l’U.A.Tarbaise, les Cheminots de Paris et le Stade Bordelais, pour ne s’incliner finalement que devant le Club Français, finaliste de la Coupe. Nous avons cette année 50 jeunes gens qui pratiquent effectivement le Hand-Ball.
L'Aviron Bayonnais Handball
Apparue officiellement en novembre 1968 , la section handball de l'Aviron Bayonnais est en plein essor à la fin des années 1980. Cependant, de 1944 à 1947, le handball vécu l'Aviron Bayonnais comme en témoigne cette demi-finale de Coupe de France qui porte une fausse nomination car c'est en réalité un Championnat de France non officiel féminin joué à élimination directe.
En 1946-47, les masculins participent au premier tour de la Coupe de France face au SBUC mais doivent déclarer forfait. Mr Nogues, est le dirigeant principal de la section affiliée à la Fédération Française. En 1983-84, l'Aviron Bayonnais est éliminé en 1/2 finale par Lormont (28-20).
En 1989, elles sont championnes d'Aquitaine et promues en Nationale 2. Les basques sont accompagnées par cinq équipes en championnat de Nationale 2 : Toulouse UC-Balma, Bordes Sports, Saint Jammes , Pessac et CAB-ASPOM Bègles. Elles y restent peu de temps et entre 1992 et 1995 jouent en championnat régional.
En 1995, elles accèdent a nouveau en Nationale 2 et même en Nationale 1 au terme de la saison 1999-2000. En 2001-02, elles jouent en Nationale 2 et terminent premières de leur groupe. En quart de finale, après un match aller (26-26) face à l'US Ivry elles sont battues au match retour le 1er juin. Il n'en reste que l'équipe est promue en Nationale 1 (Deuxième division).
Lors de la saison 2002-03, les féminines évoluent dans une poule composée de Nantes, Cergy-Pontoise, Conches, Lesneven le Folgoet, Lommé, Bordes Sports, Brest, Villemomble, Courbevoie et Bergerac. Malheureusement, l'équipe termine à la dernière place et redescend dans la nouvelle Nationale 1. (C'est devenue la troisième division avec la création de la D2 féminine).
En 2004-05, les féminines sont à nouveau rétrogradées en Nationale 2 jusqu'en 2006-07 elles sont reléguées en Nationale 3 en fin de saison. Promues à nouveau pour la saison 2013-14 en Nationale 2, elles retrouvent ainsi leur niveau d'antan.
En 2015-16, elles participent pour la troisième saison consécutive au championnat de Nationale 2 Féminines et terminent le championnat en seconde position de leur poule accédant pour la première fois de leur histoire la Nationale 1 (Troisième division).
Retour en N1F et recrutement stratégique (2016)
L'été 2016 a marqué un tournant pour l'Aviron Bayonnais avec sa promotion en Nationale 1 Féminine (N1F). Après avoir terminé dauphin de Bordes en poule 1, le collectif emmené par Jennifer Ducassou a validé son billet pour l'échelon supérieur. Ce retour en troisième division nationale s'est produit douze ans après l'avoir quittée en 2003/04.
Pour consolider sa position en N1F, l'Aviron Bayonnais a opéré un recrutement stratégique, avec cinq nouvelles têtes dont Stéphanie Ludwig, l'ancienne internationale tricolore, nommée entraîneure en chef.
Stéphanie Ludwig : Une recrue vedette
Stéphanie Ludwig est sans aucun doute la recrue vedette de l'Aviron Bayonnais. Bien qu'elle ne joue pas sur le terrain, sa connaissance du handball est indéniable. Championne du Monde 2003 et quadruple championne de France avec Metz, elle apporte une expérience précieuse au club.
- Margot Mayer-Drouot (Miossaise) : Renforce le poste de pivot et remplace Ana Ascery.
- Clémence Amadou (Mont-de-Marsan) : Rejoint les rangs Bayonnais.
- Emilie Delattre-Chevalier (Anglet-Biarritz) : Joueuse expérimentée ayant évolué en D1F avec Besançon et Dijon.
- Fanta Diallo (Internationale Guinéenne) : Possède déjà l'expérience de la N1.
Avec quatre arrivées pour un seul départ, l'effectif Bayonnais est plus étoffé. L'objectif principal est le maintien en N1, d'où le recrutement pour doubler tous les postes et répondre aux exigences de cette division, selon Stéphanie Ludwig.
Défis et ambitions
Le championnat de N1 est exigeant, notamment en raison des longs déplacements. Bayonne se retrouve en poule 3, ce qui implique des voyages dans le Sud-est, avec des adversaires comme Le Pouzin, Nice et Antibes. Ces déplacements représentent un défi logistique et énergétique pour l'équipe.
Malgré ces contraintes, l'objectif de l'Aviron Bayonnais est clair : se maintenir en N1 et structurer davantage le club. Stéphanie Ludwig souligne que la D1 ou la D2 ne sont pas envisageables dans l'immédiat. Pour elle, entraîner à ce niveau est un défi motivant.
La reprise de l'entraînement a débuté le 1er août, permettant à Stéphanie Ludwig de mieux connaître son équipe et de travailler ensemble. Le championnat a repris début septembre à domicile, face à la réserve de Nice.
Création de Côte Basque Handball et arrivée de Fernanda da Silva (2019)
En 2019, un nouveau chapitre s'ouvre pour le handball basque avec la création de Côte Basque Handball, un groupement des clubs de l'Aviron Bayonnais et d'Anglet-Biarritz.

Fernanda da Silva : Une recrue de calibre international
Pour sa promotion en N1 féminine, Côte Basque Handball a réalisé un coup de maître en recrutant l'internationale brésilienne Fernanda da Silva.
Les barrières entre anciennes rivales ne tiennent pas cinq minutes et l’amalgame se fait, sous la houlette du directeur sportif Mickaël Moreno. Parti de Nationale 2, CBHB conclut sa première saison d’existence par un sans-faute, dix-sept succès en autant de matchs joués, juste avant la coupure Covid-19. Première montée.
Pour attaquer le relevé championnat de N1, l’entente se densifie, avec notamment l’arrivée de deux internationales, l’arrière macédonienne Gabrielle Velichkovska et la polyvalente brésilienne Fernanda Da Silva, championne du monde en 2010.
Si ce recrutement obéit à des contraintes morphologiques (lire par ailleurs) et d’expérience, une bonne partie de l’équipe reste locale. Les Intza Altuna, Céline Uhart, Léa Ozcoïdi, Albane Frachon, Léa Iralde ou encore Maitena Carricart ont été façonnées ici.
Avec un vivier de quelque 600 licenciées en comptant les deux clubs - qui gardent leur autonomie chez les jeunes - et l’entente, déclinée en deux équipes seniors (la deuxième engagée en N3) et une en moins de 18 ans (élite nationale), CBHB ne lésine pas sur la formation. Deux joueuses prometteuses ont intégré l’effectif de la « Une » cette saison, Camille Higos et Clara Gobin-Foys.
Les coéquipières de la capitaine Céline Uhart ont très bien démarré leur saison de Nationale 1 : elles sont invaincues (deux victoires, un nul), et en tête de la poule 1.
Les Défis Financiers et l'Appel à la Mairie de Bayonne
À quatre journées de la fin du championnat, elles sont en tête de la poule 1. Il y en a quatre, pour trois accessions à l’échelon supérieur. « Les deux meilleures premières montent automatiquement, les deux moins bonnes s’affrontent dans un barrage. Le vainqueur monte en D2 », précise le président de CBHB Jean-Pierre Guesnet. Avec 47 points, les coéquipières de la capitaine Léa Iralde se trouvent actuellement en position de barragiste.
Ce sera néanmoins pour la beauté du geste, tant le cahier des charges pour être admis parmi le gratin pro est écrasant. « Il faut disposer d’un budget de 450 000 euros, avoir un coach salarié du club, quatre joueuses en contrat pro, soit une équipe réserve en N2, soit des jeunes en championnat de France moins de 17 ans, un community manager salarié et/ou un responsable communication-sponsoring », liste Jean-Pierre Guesnet.
Côte Basque Handball ne remplit, à ce jour, aucun de ces critères. « Mickaël Moreno n’est pas pleinement salarié de CBHB, précise le dirigeant. Il est salarié de l’Aviron omnisports, nous prenons en charge une partie de son salaire. Il travaille à la fois sur l’Aviron Bayonnais handball et pour CBHB. Nous n’avons aucune joueuse en contrat pro. On a une community manager en alternance, mais qu’on ne peut pas salarier. Notre réserve, en N3, va se maintenir mais ne montera pas en N2 cette année. Notre équipe moins de 18 ans joue en élite région et pas en championnat de France moins de 17 ans », soupire le patron de l’entente du BAB.
Malgré ce retard irrécupérable en quelques mois, Jean-Pierre Guesnet lance un appel à la mairie de Bayonne, qui ressemble à une balise de détresse. Il a sollicité un rendez-vous auprès de Jean-René Etchegaray.
Malgré la défection au printemps 2022 de l’un des deux clubs fondateurs, Anglet-Biarritz, l’appui de la commune de Biarritz dans son ensemble n’a jamais failli : « Le soutien est de 37 000 euros, entre la Ville (25 000) et le BO omnisports (12 000). » (1) Ce, alors que les matchs à domicile sont tous disputés au Palais des sports de Lauga. À l’inverse, « nous n’avons eu aucune subvention de la Ville de Bayonne en 2024 ».
Les Structures du Handball Aquitain
Le Handball aquitain est régi depuis 1960 par la Ligue d'Aquitaine fondée sous le nom de Ligue de Guyenne en 1942, au sein de laquelle des Comités départementaux (47, 40, 33 et 64 puis la Dordogne se rattache de la Ligue du Limousin à la Ligue de Guyenne en 1948 )se créent et se partagent le territoire géographique aquitain.
Le Comité des Pyrénées-Atlantiques existe depuis mai 1961. Mr Peyrou, Maire de Gélos étant le premier président. Le premier championnat est institué en 1962-63 avec cinq équipes dont le Zibéro Sports Tardets.
Lors de la création d'un premier championnat départemental, les clubs des départements des Landes et Pyrénées Atlantiques sont regroupés en un même et seul championnat au vu des faibles effectifs. En 1991, un championnat pour chaque département apparaît pour la catégorie féminines. En catégorie masculine, il faut attendre janvier 2002 pour que le Comité organise un premier championnat masculin avec le Vignau, Mimizan et Saint Pierre du Mont, qui continuent cette saison là à jouer dans le championnat de Gironde et 64 qu'ils ont débuté en début de saison.
Événements Marquants à Bayonne
À Bayonne, (pour l'inauguration du Palais des Sports Lauga) le 26 février 1970, une rencontre du Championnat du Monde de Handball en 1970 en France a eu lieu. La Tchécoslovaquie dominait le Japon 19-9. En 1981, c'est le Championnat du Monde B qui est organisé en France. Au palais des sports Lauga, devant 2800 spectateurs, le 21 février 1981, la Tchécoslovaquie était battue par la Norvège. Le jeudi 22 mars 2018, troisième rencontre internationale organisée à Bayonne.
Ces événements témoignent de l'importance de Bayonne dans l'histoire du handball français et international.
Les Clubs Pionniers et leur Évolution
- Zibéro Sports Tardets : Dès 1953, le Zibéro Tardets, en soule (Pays-Basque), débute dans ce sport. Les premières rencontres se jouèrent sur le terrain du fronton. En 1965, le club est champion Départemental. Il accède en championnat de Guyenne pour la saison 1964-65.
- Union Sportive Tyrossaise : En 1977, une section handball est créée au sein de de l'Union Sportive Tyrossaise, club omnisports par la volonté d'un groupe de copines motivées et l'appui de leurs éducateurs sportifs. Les féminines par la suite évoluera en Nationale 2 en 1985-86 (promue grâce a son titre de championne de Guyenne).
Ces clubs, parmi d'autres, ont contribué à l'essor du handball dans la région et ont permis à de nombreux joueurs et joueuses de s'épanouir dans ce sport.
Tableau Récapitulatif des Étapes Clés
| Année | Événement |
|---|---|
| 1943 | Création de la section féminine de handball au BEC |
| 1968 | Fondation de la section handball de l'Aviron Bayonnais |
| 2000 | Montée de l'Aviron Bayonnais en Nationale 1 Féminine |
| 2016 | Retour de l'Aviron Bayonnais en Nationale 1 Féminine |
| 2019 | Création de Côte Basque Handball |