France-Norvège en Handball : Une Rivalité Historique

Depuis le début du XXIe siècle, la confrontation entre la France et la Norvège est devenue un classique du handball féminin, un incontournable.

France VS Norway Women's Friendly 2 Handball Match 2024

Ce dimanche 17 décembre, à Herning au Danemark, les joueuses françaises sont venues à bout de la Norvège en finale, 31-28, après un match irrespirable. C’est leur troisième titre de championnes du monde après ceux décrochés en 2003 et 2017.

À sept mois des Jeux olympiques de Paris, les Bleues installent un peu plus la France au sommet du handball, où trônaient jusqu’à présent les Norvégiennes. Doubles championnes d’Europe et championnes du monde en titre, les Scandinaves n’ont cette fois pas pu briser les rêves de gloire des Françaises, comme elles l’avaient fait en finale de l’Euro-2020 (22-20), du Mondial-2021 (29-22) et en demi-finales de l’Euro-2022 (28-20).

Les Bleues avaient déjà battu la Norvège dimanche dernier en conclusion du tour principal (24-23) à Trondheim, devant le public norvégien. Durant ce Mondial, cette équipe de France, qui n’a pas perdu un seul match de l’année 2023, s’est appuyée sur une défense féroce et organisée, malgré l’absence de sa patronne depuis dix ans, Béatrice Edwige, écartée pour laisser place à la jeunesse.

Cette arme a fini par user en finale les Norvégiennes de Henny Reistad (5 /6) au cours d’une seconde période beaucoup moins enlevée que la première (20-17 à la mi-temps), où la France a tenu bon après avoir senti revenir dans sa nuque le souffle de Katrine Lunde et de ses équipières (26-25, 49e).

Elle aurait pu par ailleurs s’éviter des sueurs froides en fin de match si Alicia Toublanc avait conclu sa contre-attaque dans les filets et non sur la barre à six minutes de la fin sur une balle de +5 (29-25). Les Bleues semblent encore plus efficaces sur contre-attaques, leur autre garantie décennale.

Comme celle conclue par la capitaine Estelle Nze Minko, après avoir elle-même intercepté la balle, pour créer un premier écart en fin de première période (17-14, 24e). Et elles ont progressé sur attaques placées, donc, à l’instar de cette action d’école pour décaler Chloé Valentini sur son aile gauche (24-21, 37e).

Ce troisième titre est aussi celui d’un groupe très homogène, où quasiment chaque joueuse a apporté sa pierre. Laura Glauser avait brillé depuis une semaine dans le but ? Dimanche, le flambeau a été repris par Hatadou Sako (4 arrêts sur 16 tirs dont un pénalty), entrée en seconde période et qui a fermé la boutique en détournant un tir de Skogrand à deux minutes de la fin. Sarah Bouktit, 21 ans, a elle parfaitement pris le relais dans l’exercice des penalties (2 /3), alors que Léna Grandveau (5 /6), un an de moins, a livré une fin de match étincelante.

Formée comme demie centre, la Nantaise a remplacé au pied levé Laura Flippes, qui a reçu un coup en première période, au poste d’arrière droite alors qu’elle est droitière - et dispose donc d’un angle de tir moindre. Avec l’insouciance de ses 20 ans, Grandveau a inscrit les quatre derniers buts des Bleues dans une « Boxen » de Herning tout de rouge vêtues aux couleurs du Danemark et de la Norvège voisine.

Leur rivalité est « le » feuilleton à la mode du handball féminin. La France et la Norvège ont de nouveau rendez-vous, vendredi 18 novembre, en demi-finale de l’Euro, à Ljubljana, en Slovénie. La revanche de la finale du Mondial espagnol, remportée onze mois plus tôt par les Scandinaves (29-22). La confrontation entre la France et la Norvège était plutôt attendue en finale, tant ces deux nations dominent la planète handball, mais la sélection du Danemark en a décidé autrement.

Les palmarès respectifs des Bleues et des Norge ne laissent toutefois pas de place au doute : c’est bien à une finale avant la lettre que vont assister les spectateurs de l’Arena Stozice. Depuis la victoire du Monténégro au championnat d’Europe organisé en Serbie en 2012, le titre continental n’a plus échappé à l’une de ces deux équipes. Vainqueures du dernier Euro et du dernier Mondial, les Norvégiennes comptent huit titres européens, un record. Championnes olympiques à Tokyo en 2021, les Françaises n’ont remporté qu’une seule fois cette compétition, en 2018, et ont perdu une fois en finale, en 2020, contre… la Norvège.

L’opposition de style entre la France et la Norvège promet un match spectaculaire. Comme les Suédoises et les Danoises, les Norvégiennes sont réputées pour leur jeu porté vers l’attaque. « Leur grande force est leur base arrière. Grâce à leur taille, elles sont très fortes au tir longue distance », expliquait au Monde Olivier Krumbholz avant le tournoi. La Norvège compte notamment dans ses rangs la star Henny Reistad (23 ans, 1,81 mètre) qui a déjà marqué dix-sept fois au-delà de la ligne des 9 mètres depuis le début de l’Euro.

L’arrière Nora Mork, la pivot Vilde Ingstad Mortensen et la demi-centre Stine Bredal Oftedal font également partie des meilleures marqueuses de la compétition. « Les Norvégiennes ont une équipe très complète, insiste l’ancienne internationale Blandine Dancette, retirée des parquets après le titre olympique à Tokyo, en 2021. Elles ont la culture de la passe : en attaque placée, le ballon circule vite, avec peu de déchet, mais elles sont également brillantes dans le jeu de transition car elles courent vite. Comme elles ont aussi des ailières précises et rapides, le danger peut venir de partout. »

L’équipe de France, elle, est d’abord réputée pour sa défense, « la meilleure au monde », selon les mots d’Olivier Krumbholz après la victoire sans appel (27-19) au tour principal contre le Monténégro, une équipe pourtant invaincue à l’issue de la phase préliminaire. « Les Scandinaves n’aiment pas jouer contre nous car notre agressivité finit par les user. A nous de les faire douter ! », soutient Estelle Nze Minko, la capitaine des Bleues. Cette priorité à la défense réclame une organisation sans faille et une débauche d’énergie, parfois au détriment de l’efficacité en attaque. Pour espérer remporter le tournoi, les Bleues devront se montrer plus régulières au tir que lors du dernier Mondial espagnol.

Devant à la pause en finale contre la Norvège, les Françaises s’étaient écroulées en seconde période. « Nous n’avions plus de pétrole dans le réservoir », glisse M. Krumbholz. Ce jour-là, la France était tombée sur un os. Autrice de onze arrêts, dont sept consécutifs dans le money time, la gardienne Silje Solberg avait écœuré les attaquantes tricolores. Béatrice Edwige s’en mord encore les doigts : « C’est elle qui a fait pencher la balance du côté norvégien ! »

Vendredi, le sort de la rencontre dépendra en grande partie du duel entre deux des meilleures gardiennes du monde. Depuis le début de l’Euro, Cléopâtre Darleux et Silje Solberg affichent des statistiques quasiment identiques : 42,4 % d’arrêts pour la Française contre 41 % pour la Norvégienne. Si la défense des Nordiques semble plus friable qu’en Espagne, le jeu de la France paraît, lui, plus équilibré.

Les connexions entre la meneuse Grâce Zaadi et la pivot Pauletta Foppa reste le socle du jeu de l’équipe de France, mais la machine bleue ne s’enraie plus lorsque ses adversaires parviennent à bloquer leur relation. Les ailières Pauline Coatanea, Chloé Valentini et Coralie Lassource répondent présent. Surtout, les Tricolores possèdent, avec Océane Sercien-Ugolin, Audrey Dembele et Orlane Kanor, un trio de shooteuses efficace à 9 mètres. Avec vingt buts, dont onze depuis la ligne des 9 mètres, la dernière nommée est l’attaquante française la plus prolifique.

Avec un taux de réussite de 65,4 % au tir depuis le début de la compétition, la France fait jeu égal avec son adversaire du jour (64,1 %). Les leçons du dernier Mondial apprises, Olivier Krumbholz - qui dispute face à la Norvège son 500e match à la tête des Bleues - a tout fait pour que ses cadres arrivent en phase finale sans trop puiser dans leurs réserves. Les jeunes joueuses sorties du banc se sont montrées à la hauteur des attentes, à l’image de Léna Grandveau (19 ans), la meneuse de Nantes, qui a réussi ses débuts contre l’Espagne.

Pas moins de douze joueurs français ont marqué, démontrant la profondeur de banc de l'équipe.

Les Finales de Championnat du Monde

Ainsi, les deux nations rivales se retrouveront pour la 5e fois en finale d'un Championnat du monde. Avec pour l'instant un avantage de trois victoires à une pour les joueuses scandinaves. À l'image de la balance totale de leurs confrontations, qui penche nettement en faveur des Norvégiennes avec 65 victoires en 94 confrontations (pour 24 succès français et 5 scores de parité).

En tête à la pause (10-8), les Bleues pouvaient croire en leur bonne étoile jusqu'au bout mais un missile à neuf mètres de l'arrière gauche nordique Kjersti Grini expédiait les deux équipes en prolongation (18-18). D'abord une, puis deux. Et si les Bleues parvenaient à s'accrocher malgré l'expulsion de leur artificière numéro 1 Nodjalem Myaro (6 buts lors de cette finale), elles finissaient par craquer sous les coups de boutoir de Grini (8 buts) et les parades de la légendaire gardienne Cecilie Leganger.

Douze ans après, les Bleues retrouvent la Norvège en finale d'un Championnat du monde. Paradoxalement, alors que désormais elles ont l'habitude d'évoluer à un tel niveau - elles qui ont décroché le premier titre de leur histoire en 2003 face aux Hongroises (32-29) au terme d'un scénario renversant achevé sur une nouvelle prolongation avant de buter six ans plus tard sur la Russie (22-25) -, les Bleues passent globalement à côté de l'événement.

Ajoutez à cela l'excellente tactique mise en place par le sélectionneur norvégien pour éteindre une Alexandra Lacrabère autrice de dix buts en demi-finales et… aucun en finale, et vous aurez une idée de l'impuissance française lors de cette finale, survolée par les Norvégiennes (24-32), emmenées par une excellente Kristine Lunde (6 buts). «On n'avait pas les armes aujourd'hui», admettra logiquement Olivier Krumbholz. «On a été trahi par notre défense. On a été battu par beaucoup plus fort que nous. Les cadres étaient fatiguées, elles ont été héroïques pendant ce tournoi. Il ne faut pas oublier la satisfaction du parcours.

Mais le dos au mur, les Bleues allaient parfaitement réagir pour dominer d'abord la Roumanie (26-17) et finir deuxièmes de leur poule. Puis en écartant successivement la Hongrie (29-26) en 8es, le Monténégro (25-22) en quarts et la Suède (24-22), déjà, en demies. Direction donc une troisième finale face à la Norvège. La bonne cette fois.

Portée par une Amandine Leynaud royale dans son but (10 arrêts) et un tandem Allison Pineau-Manon Houette (4 buts chacune) très efficace, la France prend le meilleur sur la Norvège (23-21), éteinte offensivement par la défense hexagonale alors même que les Scandinaves avaient toujours inscrit a minima 28 buts à chaque match de la compétition.

À Granollers, les Bleues disputent 28 minutes de rêve. À tel point qu'elles disposent même d'une opportunité en or de mener de sept buts, qu'Estelle Nze Minko avait le malheur de manquer avant de se faire exclure. Sans le savoir encore, il s'agissait du début de la fin pour l'équipe de France qui, certes, atteignait la pause avec une belle avance (16-12) mais avec aussi une certaine frustration de ne pas disposer d'un viatique plus important encore.

En trois minutes, dès la reprise, la Norvège revenait à hauteur de Françaises soudain extrêmement fébriles dans tous les secteurs du jeu. Incapables de se remettre la tête à l'endroit, elles allaient alors vivre trente minutes en enfer, avec un score quasi irréel de 17-6 sur cette seconde période, pour une victoire finalement très nette des Scandinaves (22-29). « C'est difficile parce que je pense qu'on avait les clés en première mi-temps», tentera d'expliquer après-coup la gardienne Laura Glauser. «Et malheureusement on s'est fait avoir dans la seconde, donc c'est d'autant plus dur. Le changement d'attitude de la Norvège, en attaque et en défense, nous a pris de court. Elles nous ont asphyxiées, on n'a pas trouvé de bulle d'air.

La France menait pourtant à la pause mais c'est finalement la Norvège qui a su trouver la faille pour prendre le contrôle du match face à des Français auteurs de grosses erreurs ! La France sombre et est déjà éliminée de l'Euro de handball 2020.

Statistiques des Confrontations

Voici un aperçu des statistiques générales des confrontations entre la France et la Norvège :

  • Matchs : 22
  • Victoires de la France : 13
  • Nuls : 0
  • Défaites de la France : 9
  • Buts marqués par la France : 567
  • Buts encaissés par la France : 552

La France n'avait pas d'autres choix que de gagner face à la Norvège pour son deuxième match à l'Euro 2020. Malheureusement, les Bleus n'ont pas su trouver la solution pour arriver à bout des Norvégiens.

Voici une table qui résume les confrontations entre la France et la Norvège dans différentes compétitions :

Compétition Date Résultat
EHF EURO Cup 11 mai 2025 France 35 - 34 Norvège
EHF EURO Cup 9 nov. 2024 Norvège 27 - 31 France
Jeux olympiques d'été 29 juil. 2024 France 22 - 27 Norvège
Jeux olympiques d'été 1 août 2021 Norvège 32 - 29 France
Championnat du monde 14 janv. 2021 Norvège 24 - 28 France
Championnat d'Europe 12 janv. 2020 France 26 - 28 Norvège
Championnat d'Europe 12 janv. 2018 France 32 - 31 Norvège
Qualifications au championnat d'Europe 6 mai 2017 France 28 - 24 Norvège
Qualifications au championnat d'Europe 3 mai 2017 Norvège 35 - 30 France
Championnat du monde 29 janv. 2017 Norvège 26 - 33 France

Les Bleus n'ont pas baissé de rythme par la suite, ne laissant aucun espoir aux Norvégiens de revenir (22-17, 29-21) pour finalement s'imposer par cinq buts d'avance (32-27). Caucheteux a brillé aux penaltys (6/7) et fini meilleur buteur, tandis que Gérard a dégoûté les attaquants adverses avec 50% d'arrêts.

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