Le sport masculin s’ouvre aux femmes. Pas assez vite, certes, mais chaque année il franchit une nouvelle étape avec l’intégration dans les staffs de personnalités féminines.
Dans la nuit de mercredi à jeudi, Becky Hammon est entrée dans l’histoire.
Dans la nuit de mercredi à jeudi, Becky Hammon est entrée dans l’histoire. Lors de la rencontre entre San Antonio et les Los Angeles Lakers, elle est devenue la première femme coach en NBA.
Ainsi, voilà donc une nouvelle belle histoire autour d’une bonne gueulante de Popovich. Frustré par la performance des siens - qui ont couru après le score toute la rencontre - ainsi que par les arbitres, Pop s’est gentiment vu signaler le chemin des vestiaires dans les dernières minutes du second quart-temps.
Gregg exclu, place à l’adjoint pour prendre la relève sur le banc ou plutôt… l’adjointe. Montée en grade au sein du staff des Spurs depuis son arrivée en 2013 (elle a officiellement intégré le staff en 2014 mais côtoyait déjà les Spurs avant), Hammon - qui avait déjà mené San Antonio vers le titre en Summer League en 2015 - s’est vu désignée par le triple meilleur entraîneur de l’année pour finir le match comme head coach, une grande première pour une femme.
Une première historique
Ce 30 janvier, à l'occasion d'un match de saison régulière entre les San Antonio Spurs et les Los Angeles Lakers, Becky Hammon est devenue la première femme à coacher une équipe en rencontre officielle de NBA. L’entraîneur principal des Spurs Gregg Popovich a été exclu pour une deuxième faute technique, pour contestations arbitrales, dans le deuxième quart-temps de la rencontre.
Elle a ainsi pris la place de Gregg Popovich, expulsé, sur le banc des Texans, mais n'aura pas réussi à éviter une défaite de son équipe face aux champions en titre.
« Il (Gregg Popovich) m'a dit : ''ils sont à toi !'' » Hammon a donc pris les rênes, sans pouvoir inverser au final le destin d'un match dominé par les champions en titre.
En quittant le terrain, Popovich a désigné son assistante numéro 1 du doigt. « Il m'a dit : ''ils sont à toi'' », a souri Hammon après le match. « Je n'ai pas particulièrement pensé à ce que cela représentait car cela pouvait être perturbant. Je n'ai pas eu le temps de regarder mes messages », a souri l'ancienne meneuse de jeu, devenue première assistante de Popovich cette année après le départ du club de Tim Duncan qui occupait la fonction la saison passée pour prendre la suite d'Ettore Messina, revenu en Europe à l'Olimpia Milan.
« J'ai essayé de placer les joueurs aux bons endroits, de les motiver mais bien sûr, j'aurais préféré une victoire », a-t-elle indiqué à l'issue de cette première expérience.
« Elle reçoit les dividendes de son travail des dernières années, coach Popovich lui a offert cette occasion et c'est génial de l'entendre annoncer les systèmes de jeu.
Première femme à devenir assistant-coach en NBA en 2014, déjà chez les Spurs, Hammon a donc franchi une nouvelle étape avant, pourquoi pas, d’avoir sa chance à temps plein dans le costume d’entraîneur principal.
Becky Hammon: NBA & WNBA coach's stellar NCAA highlights
Un Parcours Remarquable
Becky Hammon ne vient pas de nulle part. A 43 ans, Becky Hammon n’est pas une inconnue dans le milieu du basket. Elle a disputé 16 saisons de WNBA - la ligue américaine professionnelle de basket féminin - en tant que joueuse, au Liberty de New York, et avec les Stars de San Antonio.
Ce serait un euphémisme de dire que Becky Hammon connaît bien le basket. Une carrière de quinze ans en tant que joueuse, sextuple All-Star WNBA avec le Liberty de New York et les San Antonio Silver Stars, elle fut l’une des meilleures joueuses de sa génération avant de se lancer dans le coaching suite à une grosse blessure au genou.
Elle a immédiatement commencé son initiation chez les Spurs, se faisant progressivement une place dans ce milieu d’hommes.
Cette Américaine de 43 ans naturalisée russe en 2008 a une longue carrière de joueuse derrière elle. Professionnelle en WNBA, le pendant féminin de la NBA, elle a également posé ses baskets sur les parquets européens au CSKA Moscou notamment.
Malgré tout, elle est restée très appréciée du côté de San Antonio, où elle a évolué pendant 7 saisons. Elle a intégré le staff des Spurs en 2014, devenant ainsi la première femme à occuper une position d'entraîneure adjoint au sein de la NBA.
Ainsi, après un an à travailler dans les coulisses avec Gregg Popovich, elle est nommée coach assistante des San Antonio Spurs en 2014. Nommée dans le staff des Spurs en 2014 après une carrière de joueuse en WNBA et en Euroligue de premier plan, elle fut la deuxième femme assistante en NBA, après Lisa Boyer (Cleveland) en 2001-2002 et la première à plein temps, tous sports professionnels US confondus.
Elle est la seconde femme à obtenir ce poste en NBA après Lisa Boyer à Cleveland, mais elle est la première à l'occuper à temps complet.
De plus en plus présente et importante au sein de l'organisation texane, Becky Hammon voit son rôle évoluer. En juillet 2020, alors que les Spurs jouent un match amical contre Milwaukee, Greg Popovich lui laisse la place de coach principal, une première qui a montré la voie pour le match contre les Lakers quelques mois plus tard.
Reconnaissance et Soutien
Sa carrière inspire le respect des joueurs qu’elle côtoie: "Becky était joueuse, et tout joueur qui connaît l’histoire du basket féminin sait ce qu’elle représente pour ce sport. […] Elle est l’une des nôtres.
« Becky était joueuse, et tout joueur qui connaît l’histoire du basket féminin sait ce qu’elle représente pour ce sport. […] Elle est l’une des nôtres. « Vous devez lui tirer votre chapeau. Je fais attention à tous les détails. Elle est présente depuis que je suis là. Je la regarde parler à tous les joueurs, qu’ils soient vétérans ou jeunes. Et ce juste en utilisant sa voix et sa connaissance du jeu. J’adore Becky à mort. Nous sommes vraiment, vraiment proches. […]. L’avenir est radieux pour elle. J’espère qu’elle s’y accrochera et ne lâchera pas. Un jour, cela peut arriver, ou non [devenir coach d’une équipe NBA, ndlr.]. Qui sait ? Mais elle est définitivement sur la bonne voie, et je pense que tout le monde ici l’apprécie. Elle donne l’exemple à toutes les femmes.
« Elle a bossé, et quand vous bossez vous obtenez des opportunités. Des propos éloquents pour une pionnière le temps d’une soirée en attendant la suite.
« Elle reçoit les dividendes de son travail des dernières années, coach Popovich lui a offert cette occasion et c'est génial de l'entendre annoncer les systèmes de jeu. Félicitations aux Spurs et à la Ligue », a réagi LeBron James à cette première.
« Elle reçoit les dividendes de son travail des dernières années, coach Popovich lui a offert cette occasion et c'est génial de l'entendre annoncer les systèmes de jeu. Félicitations aux Spurs et à la Ligue », a réagi LeBron James à cette première.
« Elle reçoit les dividendes de son travail des dernières années, a confié LeBron James, la star des Lakers. Coach Popovich lui a offert cette occasion et c’est génial de l’entendre annoncer les systèmes de jeu. Félicitations aux Spurs et à la Ligue.
«C’est tout à fait mérité, a salué le coach des Lakers Frank Vogel. Elle connait vraiment bien son boulot et elle n’est évidemment pas là par hasard. Elle a ce qu’il faut et les joueurs ont beaucoup de respect pour elle. Elle sera un grand coach un jour».
«Même quand Pop est là, elle est très présente lors des temps-morts, confie le joueur des Spurs DeMar DeRozan. Elle nous éclaire sur des systèmes défensifs et offensifs. Ça aurait cool de lui offrir une première victoire comme coach».
Le coach de l’équipe américaine est toujours très flatteur lorsqu’il s’exprime sur son assistante, comme en janvier dernier : « On voit que c’est très difficile pour les femmes d’avoir accès à certains postes. Alors que les femmes font aussi bien leur travail, voire mieux, que les hommes. C’est un fait. Il n’y a aucune raison pour que Becky ou une autre femme ne coache pas en NBA.
Au fur et à mesure, Becky Hammon a déconstruit les clichés sur la place des femmes dans un staff. Par sa compétence, son sens du travail, elle est devenue incontournable.
Amoureuse du jeu et à la bonne école, Becky Hammon a tout en main pour continuer son chemin et pourrait en inspirer d’autres.
Sa première fois en temps que coach principale d'une équipe de NBA marque l’histoire, même si Becky Hammon - qui n'est pas parvenue à empêcher la défaite des Spurs (107-121) face aux Lakers - ne semblait pas le réaliser mercredi soir. "Je n'ai pas particulièrement pensé à ce que cela représentait car cela pouvait être perturbant. Je n'ai pas eu le temps de regarder mes messages", avouait-elle, souriante, après le match.
Elle a reçu les félicitations des joueurs présents sur le parquet, dont LeBron James, adversaire d’un soir: "Elle reçoit les dividendes de son travail des dernières années, coach Popovich lui a offert cette occasion et c'est génial de l'entendre annoncer les systèmes de jeu.
Un futur au premier plan ?
Et si une femme devenait enfin entraîneuse principale d’une équipe de basket-ball dans un championnat majeur aux États-Unis ? L’histoire est en marche puisque Becky Hammon est en lice pour décrocher l’un des postes vacants en NBA.
Si c'est la première fois que l'ancienne joueuse prenait les commandes en match officiel, ses qualités sont remarquées dans beaucoup d'autres franchises. À tel point que son nom a même été cité pour des postes prestigieux ces dernières années.
En 2018, ESPN expliquait notamment que Becky Hammon était dans les petits papiers des Milwaukee Bucks, et un rendez-vous a même été organisé. Alors qu'une grande valse des entraineurs a eu lieu à l'intersaison 2020-2021, son nom a circulé à travers tout le pays. Les New York Knicks, les Indiana Pacers ou encore le Thunder d'Oklahoma City se sont intéressés à son profil. Cependant, son heure n'était pas encore venue.
Ce n’est pas la première fois que son nom est évoqué pour prendre la tête d’une équipe. Mais cette fois-ci, les nombreux postes libres (six) peuvent lui permettre d’accomplir son rêve.
Elle fait partie des candidats retenus pour un second entretien pour le poste de « head coach » des franchises de Portland et Orlando. Jamais une femme n’a été aussi près du but, c’est-à-dire être le boss d’une équipe, dans l’une des quatre ligues sportives majeures aux États-Unis.
Hammon : « Il va falloir que quelqu’un fasse ce pari » On en trouve à des postes d’assistantes, comme Cammi Granato en NHL (hockey sur glace), Alyssa Nakken en MLB (baseball) ou Katie Sowers en NFL (football américain). Mais aucune dans le costume du « big boss ».
Pour Becky Hammon, Rebecca Lynn de son prénom complet, l’heure est venue. Elle l’avait confié à nos confrères de NBC le 30 avril : « Bien sûr je suis prête. Sur ce point, le ballon ne bouge pas assez vite à mon sens. Les gens n’aiment pas faire quelque chose de nouveau et différent. C’est inconfortable. Ça demande de prendre un risque considérable. Il va falloir que quelqu’un fasse ce pari, même si je ne trouve pas que ça en soit un », avait-elle notamment expliqué.
Becky Hammon travaille avec les Spurs, en NBA, depuis 2014. Et de poursuivre : « J’ai l’impression que ça pourrait arriver dans un an, comme ça pourrait arriver dans dix ans. Je ne suis pas vraiment sûre. La seule chose dont je suis certaine, c’est que je serai prête. »
Popovich : « Son futur est très très brillant » Hammon, originaire de Rapid City, une petite ville du Dakota du Sud, a franchi toutes les étapes, commençant par du « scouting », c’est-à-dire la supervision des adversaires, jusqu’à une place sur le banc à côté de Popovich.
L’issue logique d’un parcours remarquable.

Becky Hammon aux côtés de Gregg Popovich.