Stéphanie Frappart : L'ascension d'une arbitre d'exception

2019 aura été l'année de la consécration pour Stéphanie Frappart, propulsée sur le devant de la scène en quelques mois. Le 28 avril, la jeune femme arbitrait le match de Ligue 1 de football opposant Amiens à Strasbourg en tant qu'arbitre centrale, devenant ainsi la première femme à arbitrer un match de l'élite. Une prestation passée au crible par les observateurs et saluée.

Quelque temps après, la licenciée du Football Club du Parisis (Herblay-sur-Seine) était nommée par la fédération internationale comme arbitre de la Coupe du monde féminine. Une compétition où elle a brillé et s'est imposée comme une référence, puisqu'elle a même officié durant la finale remportée par les Etats-Unis.

Stéphanie Frappart lors d'un match de football.

Un parcours marqué par la passion et la détermination

Du haut de son 1,64 m, la jeune femme qui a commencé le football durant l'enfance et découvert les joies du sifflet à l'âge de 13 ans, « pour découvrir les règles », a définitivement su imposer le respect.

Pascale Livenais, arbitre mayennaise, l'a fréquentée quelques années et raconte : "Tout de suite j'ai vu qu'elle avait un sacré niveau. Elle mettait déjà tout en œuvre pour y arriver et mettre toutes les chances de son côté. C'était déjà une arbitre très perfectionniste dans la façon de préparer ses matchs, de les aborder".

Ses prestations auront convaincu tous les experts, permettant à l'ancienne numéro 10 du CS Pierrelaye d'être désignée meilleure arbitre du monde et de devenir « le porte-drapeau de l'arbitrage féminin », selon Pascal Garibian, le directeur technique de l'arbitrage à la fédération française.

Stéphanie Frappart a été nommée Chevalier de l'ordre national du Mérite par décret du Président de la République en date du 30 novembre 2019.

Les défis de l'arbitrage féminin

Au début des années 90, l'arrivée des femmes dans l'arbitrage n'était pas forcément bien vue. "Certains étaient surpris de me voir arriver et j'entendais des choses comme "oh, là, là, c'est une gonzesse qui nous arbitre !". Donc je faisais abstraction de ce paramètre-là, et j'allais faire mes matchs comme n'importe quelle arbitre, sans me poser de question parce que j'étais une fille" explique Pascale Livenais.

Quelques années plus tard les comportements ont évolué dans le bon sens d'après Pascale Livenais. Les footballeurs se montrent de plus en plus respectueux à l'égard d'une femme arbitre, mais il reste en revanche des efforts à faire chez les supporters dans les tribunes.

Elle a officié en D1 Féminine par exemple, où elle arbitra Marinette Pichon, Corinne Diacre et Sandrine Soubeyrand notamment.

Aujourd'hui Pascale Livenais est arbitre de touche en Mayenne. Sa carrière a commencé en 1993.

Pascale Livenais ne sait pas si elle pourra regarder Amiens-Strasbourg ce dimanche, elle qui est agricultrice avec son mari. Mais la désignation d'une femme comme arbitre principale d'un match de Ligue 1 est une sacrée reconnaissance d'après elle. "Tout cela évolue dans le bon sens. On nous reconnaît [les femmes, ndlr] pour notre fonction. Stéphanie Frappart est aujourd'hui mise en avant et cela profite aussi aux arbitres féminines des districts et des ligues" estime la Mayennaise.

Cette dernière ne sait pas si elle pourra regarder la prestation de sa collègue à la télévision mais Pascale Livenais aura une pensée pour elle. "Tout ce que je lui souhaite c'est de continuer dans ce sens" ajoute-t-elle.

Qui est Stéphanie Frappart, première femme à arbitrer en Coupe du monde masculine

Crise dans l'arbitrage français

L'arbitrage français est plongé dans une profonde crise de gouvernance qui aboutit aujourd'hui à un probable départ de Stéphane Lannoy dans les prochaines semaines. Comment en est-on arrivé là?

En janvier 2023, l’arbitrage français devait démarrer une nouvelle ère après le départ de la Direction technique de l'arbitrage (DTA) du très rigide Pascal Garibian. La FFF avait trouvé une nouvelle structure avec à sa tête Antony Gautier, nouveau Directeur technique de l’arbitrage en chef, secondé par trois délégués: Stéphane Lannoy au foot pro, Stéphanie Frappart au foot féminin et Alain Sars au foot amateur. Toutes les parties prenantes du foot trouvaient alors leur compte dans cette organisation de compromis.

Les choses se dégradent en fin d’année 2023. Stéphane Lannoy, sorte d'entraîneur en chef des arbitres de l’élite, juge ses pouvoirs et son autonomie remis en cause.

Cette tension au sommet de l’arbitrage se diffuse alors chez les acteurs principaux: les arbitres. Certains envoient même une lettre à leurs patrons, regrettant ces tensions naissantes. Plusieurs arbitres lâchent Stéphane Lannoy à qui ils reprochent un manque de cohérence, des changements de lignes techniques et dénoncent le contenu indigent des stages à Clairefontaine.

Lors du match Montpellier-Lille du 28 janvier dernier, il est même "pris au piège" par Olivier Létang. Le président lillois n’hésite pas à lui envoyer un SMS en plein match pour se plaindre de l’arbitrage de Hakim Ben El Hadj. Naïf, Lannoy lui donnera raison. Létang se servira de cette trace écrite pour aller voir l’arbitre à la mi-temps en lui expliquant que même son supérieur est d’accord avec lui.

Cet épisode est sans doute la goutte de trop pour la FFF qui a donc décidé de convoquer Stéphane Lannoy. L’ancien arbitre a reçu ce mardi 27 février un courrier recommandé le convoquant à un entretien préalable pouvant aller jusqu’au licenciement. Il sera reçu dans les prochains jours à la FFF. La tendance lourde est à une séparation entre Lannoy et la FFF.

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