Un titre qui n'a jamais été conquis n'est jamais facile à obtenir. Encore plus pour une équipe qui a toujours eu la réputation de sempiternelle perdante en Coupe du Monde. Mais le titre suprême est enfin arrivé.
La première Coupe du Monde en Afrique a vu la naissance du huitième champion de l'histoire du football. Désormais, l'Espagne peut afficher fièrement son étoile jaune sur la poitrine.
L'Espagne est devenue pour la première fois championne du monde en s'imposant 1-0 face aux Pays-Bas après prolongation. Ce sacre, elle le doit au but d'Andres Iniesta, pendant les prolongations - à la 116e minute de jeu, très précisément.
Pour les fans de l'Espagne qui croyaient qu'il ne viendrait jamais, il aura fallu 115 minutes à Iniesta et sa bande pour marqué le but de la délivrance.
Historique. N'ayons pas peur des mots... puisque c'est la première fois de son histoire que l'Espagne est sacrée championne du monde.

Coupe du Monde 2010 : Le Triomphe d'Iniesta et de la Roja
Un but d'Andres Iniesta à quatre minutes de la fin du match a permis à l'Espagne de remporter pour la première fois de son histoire le titre de championne du monde de football en battant (1-0) les Pays-Bas en finale de la Coupe du Monde 2010, dimanche soir à Johannesburg.
Alors que les Néerlandais jouaient à dix après l'expulsion de John Heitinga (110e), Iniesta, servi par Cesc Fabregas, a réussi à se démarquer au deuxième poteau avant de placer une frappe croisée qui a fini sa course dans le filet opposé.
Auparavant, les deux formations se neutralisaient, les défenses avaient le plus souvent pris le pas sur les attaques dans un match heurté au cours duquel l'arbitre, M.
La partie ne s'est vraiment emballée qu'en deuxième période. Puis, dans le sillage de Robben, les Néerlandais se sont mis à mordre dans le match au retour des vestiaires.
Un peu émoussée à ce moment-là, la Roja dut réagir avec les accélérations d'un Iniesta enfin réveillé. Les meilleures occasions néerlandaises vinrent de Robben, qui perdit deux face à face contre Casillas.
Parti dans le dos de la défense, son tir fut détourné du bout du pied droit par "San Iker" (62e). Puis Robben vit son cavalier seul encore annihilé par le gardien espagnol (83e). Le joueur du Bayern s'était déjà heurté au gardien du Real deux fois auparavant, mais sans que les occasions soient aussi limpides (45+1, 52e).
Robben, offensivement, fut le seul vraiment en vue côté Oranje.
Espagne ● En route vers la victoire en Coupe du monde - 2010
Coupe du Monde Féminine 2023 : L'Espagne au Sommet du Monde
L’Espagne est devenue pour la première fois championne du monde en s’imposant 1-0 face à l’Angleterre, championne d’Europe en titre, en finale du Mondial féminin de football, dimanche à Sydney.
Un but de la capitaine Olga Carmona (29e) a suffi au bonheur de la Roja dans ce match où Jennifer Hermoso a manqué un penalty (70e), sans conséquence.
Ce succès sonne comme une revanche pour le sélectionneur espagnol Jorge Vilda, visé l’an dernier par la fronde de quinze internationales dénonçant ses méthodes trop strictes.
Il n’aura fallu que trois éditions (2015, 2019, 2023) pour que la Roja s’envole sur le toit du monde.
Bousculées avant le Mondial par des tempêtes extra-sportives entre les joueuses et la fédération et surtout le sélectionneur Jorge Vilda, les Espagnoles ont battu les Anglaises, favorites, pour devenir championnes du monde pour la première fois de leur histoire.
La jeunesse, la créativité et le jeu de passes espagnols ont pris le pas sur l’expérience et le flegme des Anglaises, loin de leur sérénité habituelle.
Comme en 2019 avec les Pays-Bas, la sélectionneuse termine vice-championne du monde, après un titre européen.
Les coéquipières d’Olga Carmona ont, elles, suivi le chemin des plus plus jeunes, après le sacre mondial des U17 et des U20 en 2022.
Ces trois titres ont d’ailleurs été remportés par la pépite Salma Paralluelo, âgée de 19 ans, titularisée dimanche soir et toujours virevoltante sans avoir été décisive.

Le Match Décisif contre l'Angleterre
Dans une première période, perturbée par l’incursion d’un spectateur avec un tee-shirt « Free Ukraine » sur le terrain et où les espaces étaient souvent trouvés, les Espagnoles ont profité d’une erreur de la défenseure anglaise du FC Barcelone Lucy Bronze, qui a perdu le ballon dans le rond central.
Parfaitement décalée à gauche, la capitaine espagnole de 23 ans, Olga Carmona, a croisé directement sa frappe à ras de terre et a trompé Mary Earps (29e). C’est déjà elle qui avait marqué le but de la victoire en demi-finale contre la Suède (2-1)
Quelques minutes avant, Lauren Hemp, brillante côté britannique, avait trouvé la barre transversale de Cata Coll (16e) après un beau mouvement. En contre, les Espagnoles avaient été aussi toutes proches d’ouvrir le score, Paralluelo manquant sa reprise à bout portant (17e).
Même dans un nouveau système mis en place par Wiegman au retour des vestiaires, les Anglaises ont continué à être en difficulté, notamment à cause de la meneuse espagnole Aitana Bonmati (50e), et auteure d’une frappe puissante juste au dessus de la barre (62e).
Mary Earps a tenté de maintenir en vie ses coéquipières en arrêtant un penalty, sifflé pour une main de Keira Walsh dans la surface par le VAR et mal tiré par Jennifer Hermoso, qui a raté sa deuxième tentative dans cet exercice au Mondial, après un premier échec contre le Costa-Rica.
Bousculées par le jeu et la technique de la Roja, les Anglaises n’ont pas pu compter sur Lauren James, de retour de suspension après son mauvais geste contre le Nigeria, même si elle n’était pas loin de tromper Cata Coll (76e).
Vilda, Détesté et Sacré
Jusque-là, l’Espagne n’avait même jamais remporté de match à élimination directe lors d’une Coupe du monde et cet exploit est encore plus impressionnant vu le contexte extra-sportif de la sélection.
La Roja a vécu un séisme qui a menacé l’émergence de son équipe féminine, après que quinze internationales ont annoncé en septembre dernier ne plus vouloir rejouer pour la sélection.
Et il a conservé sa légitimité à travers une série de résultats exceptionnels, marqué par ce titre historique.
Depuis, trois des 15 « rebelles » sont revenues pour le Mondial et l’une d’elles, la milieu de terrain du Barça Aitana Bonmati, a d’ailleurs été parmi les meilleures joueuses du tournoi, faisant oublier la Ballon d’or Alexia Putellas, en dedans physiquement et rentrée en fin de match (90e).
Elle a montré du caractère, poussant ses coéquipières au calme, dans une fin de match tendue et hachée par les fautes.
Les Récompenses Individuelles
Plusieurs joueuses se sont distinguées lors de cette Coupe du Monde Féminine 2023 :
- Aitana Bonmati : Meilleure joueuse du tournoi
- Mary Earps : Meilleure gardienne
- Salma Paralluelo : Meilleure jeune joueuse
Une Génération Dorée
Dans la lignée des progrès enregistrés par le football au féminin espagnol - le FC Barcelone a remporté sa deuxième Ligue des champions en juin face à Wolfsburg (3-2) -, une génération dorée vient de naître.
La sélection espagnole, qui ne participait au tournoi que pour la troisième fois, n’avait jusqu’alors jamais dépassé les huitièmes de finale.
Séduisante tout au long de cette 9ᵉ édition de la compétition planétaire, meilleure attaque avec 18 buts inscrits, l’équipe d’Espagne finit de la plus belle des manières une aventure qu’elle a pourtant commencée sous de fâcheux auspices après des mois de doutes et de conflits internes au sein de la sélection.
La RFEF avait apporté son soutien au Madrilène, qui avait décidé d’écarter plusieurs cadres du groupe, comme Irene Paredes et Patricia Guijarro, et de renouveler son effectif.
« C’est difficile à réaliser. Nous avons montré que nous savions jouer, que nous savions souffrir, nous y avons cru et nous sommes champions du monde. Je suis tellement fier de cette équipe. Maintenant, on va célébrer et on ne sait pas quand ça va se terminer ! », s’est réjoui Jorge Vilda, après la rencontre.