Biographies d'Entraîneurs Russes de Football: Parcours, Succès et Défis

Cet article explore les biographies de plusieurs entraîneurs russes de football, mettant en lumière leurs parcours, leurs succès et les défis qu'ils ont rencontrés. De figures emblématiques comme Vsevolod Bobrov à des entraîneurs contemporains comme Aleksandr Golovine, nous plongeons dans leurs carrières et leurs contributions au monde du football.

Aleksandr Golovine: L'Étoile Montante de l'AS Monaco

Aleksandr Golovine fait les beaux jours de l’AS Monaco. Né le 30 mai 1996 à Kaltan, une ville de l’oblast de Kemerovo en Sibérie occidentale, il a commencé à jouer au football dès l'âge de six ans dans le club local. Malgré un refus initial du Spartak Moscou en raison de son éloignement géographique, il rejoint l’équipe jeunes du FK Novokouznetsk en 2009.

Best of Aleksandr Golovin - Meilleurs buts et actions

En 2009, une opportunité s’ouvre à lui : il rejoint l’équipe jeunes du FK Novokouznetsk. Ce petit club, en troisième division russe, possède tout de même le statut professionnel. Golovine intègre aussi l’école de la réserve olympique de Leninsk-Kouznetski, une ville de 100 000 habitants, toujours située dans l’oblast de Kemerovo. Grâce à de très belles performances, il est retenu pour un tournoi près de Krasnodar, au sein de la sélection sibérienne. Le CSKA Moscou envoie des observateurs au tournoi de Krymsk auquel participe Golovine.

À seulement seize ans, ses prouesses convainquent le club de le faire signer chez les jeunes. Au sein du plus grand club de Russie, le petit Aleksandr réalise des performances exceptionnelles dans la ligue de la jeunesse. Il participe à la coupe du monde des moins de 17 ans avec sa sélection. En septembre 2014, le CSKA Moscou fait pour la première fois confiance à Golovine en l’intégrant à l’équipe première lors d’un match de coupe, face au Khimik Dzerjinsk.

La saison 2015-2016 est pleine de surprises pour Aleksandr Golovine. Marquant plusieurs buts et devenant un élément clé au sein de l’effectif, il joue 17 rencontres de championnat, permettant à son équipe de se battre pour le titre. Finalement, c’est chose faite ! En novembre 2016, Golovine est désigné meilleur espoir de Russie. Il s’avère décisif par des buts et des passes parfaites. Aligné plusieurs fois en Ligue des Champions, il commence à être convoité par des clubs étrangers, et notamment anglais. Chelsea et Arsenal manifestent leur intérêt, ce dernier club formulant même une offre de 10 millions de livres, que le CSKA refusera.

Aleksandr Golovine réalise un tournoi remarquable, notamment contre l’Arabie Saoudite où il signe un but et deux passes décisives. Lors des autres matchs également, il se montre entreprenant, un vrai meneur de jeu. Vladimir Poutine appelle le sélectionneur pour faire part de ses félicitations aux joueurs russes. Cette Coupe du Monde 2018 attire les convoitises de l’AS Monaco, en déclin depuis son titre de 2017. Le club du championnat de France l’accueille en héros, même si la première saison est catastrophique. Golovine est blessé en début de saison et le groupe, miné par les blessures et accablé par les contre-performances, frôle la relégation. Le Russe inscrit tout de même trois buts.

Guus Hiddink: Un Entraîneur de Renommée Internationale

Guus Hiddink a commencé en tant que manager du PSV Eindhoven en 1987, le club remportant la Coupe d'Europe un an plus tard. Ses contributions ont vu Real Madrid gagner la Coupe Intercontinentale en 1998. Cela a été suivi par la victoire de Chelsea de la FA Cup (2009). Sa renommée en tant qu'entraîneur de l'équipe nationale s'est solidifiée en 1998 lorsqu'il a pris la Hollande et en 2002 en emmenant la Corée en demi-finale de la Coupe du Monde de la FIFA.

En février 2009, alors qu'il dirigeait toujours la Russie, Hiddink a été nommé manager par intérim du club anglais de Premier League Chelsea. Ils ont remporté la FA Cup et ont terminé plus haut dans la ligue. La Russie n'a pas réussi à se qualifier pour la Coupe du monde 2010 et Hiddink a démissionné de son poste de manager. Il est retourné en Turquie en tant que manager de l'équipe nationale turque pour préparer l'Euro 2012.

Après la Coupe du Monde de la FIFA 2014, Hiddink a succédé à Louis van Gaal en tant que manager de l'équipe nationale néerlandaise, sa deuxième fois à la tête de son pays d'origine pour se qualifier pour l'Euro 2016. Hiddink a profité d'un retour réussi à Chelsea et est parti à la fin de la saison.

Outre ses entraînements et ses allocutions, Guus Hiddink est également ambassadeur honoraire de la World Football Academy, où il conseille sur diverses questions liées au football concernant le contenu et la qualité des méthodes d'entraînement contemporaines.

En 2012, Guus Hiddink a signé un contrat de 18 mois avec Anzhi Makhachkala, devenant l'un des techniciens les mieux payés au monde. Outre sa fonction d'entraîneur, Hiddink occupait aussi le poste de vice-président chargé de développer le club.

Vsevolod Bobrov: Une Légende du Football et du Hockey

Dans l'histoire des Jeux olympiques, un seul homme a été capitaine de son équipe dans deux sports différents : Vsevolod Bobrov. Si les footballeurs-hockeyeurs étaient nombreux dans les années cinquante, nul n'était aussi doué que lui. Bobrov a ainsi participé aux premiers pas internationaux des Russes dans leurs deux sports collectifs majeurs, le football et le hockey sur glace. Cela lui a permis d'accéder au statut de mythe. Et quand les Soviétiques ont ouvert une nouvelle frontière en affrontant les professionnels de NHL, leur entraîneur était aussi Bobrov.

À l'élection du plus grand sportif russe du vingtième siècle, Bobrov s'est classé troisième derrière Lev Yachine (meilleur gardien de but de football du vingtième siècle qui a aussi remporté la Coupe d'URSS de hockey en 1953) et le lutteur Alexandre Karéline. Bobrov lui-même était une pure individualité, qui considérait naturel que les autres jouent pour lui et les houspillait dans le cas contraire. Il se distinguait par ses qualités techniques supérieures. Il n'était pas le joueur le plus complet, pas le plus aimé de ses entraîneurs.

C'est à Morshansh, dans cette province de Tambov, que naît Vsevolod Mikhaïlovich Bobrov le 1er décembre 1922. Le bébé est, déjà, un survivant. Alors que sa mère Lydia était enceinte, sa maison a été incendiée par des pillards. "Seva" (diminutif de Vsevolod) a moins de 3 ans quand la famille part s'installer à Sestroretsk, où l'usine métallurgique Voskov recrute des ouvriers. C'est dans cette ville, au bord du golfe de Finlande et alors à deux kilomètres de la frontière, qu'il fait ses premiers pas sur la glace, dès l'âge de 5 ans, avec une crosse taillée à la main.

Le jeune miraculé ne tarde pas à être remarqué pour ses qualités athlétiques, et à 16 ans il intègre le Dynamo Leningrad. Il joue dans l'équipe première de bandy et dans l'équipe junior de football. En la regardant jouer, Mikhaïl Butusov, qui fut le premier capitaine de l'équipe de Russie de football, détecte en lui un grand talent et recommande son incorporation en équipe première. Celle-ci est décidée en mai 1941... mais la guerre éclate un mois plus tard.

Quand la guerre s'achève, il est recruté par le CDKA Moscou (futur CSKA), le club sportif central de l'armée. Dès sa première saison, il est le meilleur buteur du championnat soviétique de football. L'Union soviétique, repliée et méfiante avant-guerre, est en pleine redéfinition de sa politique sportive. Elle s'ouvre aux compétitions internationales, vues comme un élément de son nouveau prestige acquis par sa contribution à la victoire des Alliés. Elle est prête à participer à une condition, être en position de gagner.

La saison de football se termine en octobre en Russie et le hockey occupe ensuite la saison hivernale, ce qui explique que les mêmes joueurs pratiquent les deux sports. Comme Vassili Trofimov est blessé au genou, Bobrov est ajouté en complément au dernier moment. Celui-ci n'est pas toujours bien vu au sein d'une équipe collective comme le Dynamo à cause de sa tendance à trop garder la balle, mais il est le meilleur buteur (6 buts) et le joueur le plus remarqué d'une tournée qui rentrera dans la légende : deux nuls face à Chelsea et aux Glasgow Rangers, deux victoires contre Cardiff City et contre Arsenal dans un match mythique joué en plein brouillard.

C'est aussi à Londres que Bobrov connaît son premier contact avec le hockey sur glace, tel qu'on l'entend de nos jours. À la fin de leur tournée, les Russes s'entraînent à Wembley, où se situe également l'Empire Pool, la principale patinoire anglaise. Quand ils entendent qu'on y joue au hockey, ils se montrent très curieux. Ils sont d'abord fascinés par la glace artificielle, qu'ils n'ont jamais vue. Ils assistent à l'entraînement de l'équipe de Wembley, truffée de Canadiens, et après la session, Bobrov fait demander par un interprète s'il est possible de leur prêter crosses et patins pour qu'ils essaient.

Bobrov écrit le compte-rendu du premier match dans les journaux ! L'été 1946, sur la pelouse du Dynamo Kiev, Bobrov s'est en effet rompu les ligaments croisés et endommagé le ménisque dans un choc violent. Il est opéré et les médecins lui conseillent d'arrêter le football. Il redevient pourtant meilleur buteur du championnat l'année suivante et remporte trois titres consécutifs avec le CDKA.

En 1954, l'URSS fait enfin ses débuts en championnat du monde. Elle bat ses premiers adversaires européens mais concède un nul face à la Suède : si elle perd contre le Canada, il faudra donc rejouer un match pour le titre de champion d'Europe, à cette époque plus disputé que celui de champion du monde, considéré "attribué d'office". Mais Bobrov n'est pas de cet avis. Si les entraîneurs pensent à se réserver pour la revanche face aux Scandinaves, le capitaine insiste pour jouer à fond et est persuadé que la victoire est possible. Sa détermination et sa force de conviction renforcent ses équipiers, qui écrasent les Canadiens 7-2. L'URSS est championne du monde à sa première tentative et l'histoire du hockey sur glace en est à jamais changée.

Les championnats du monde 1957 à Moscou doivent être l'ultime consécration de l'idole sportive de tout un peuple, devant son public. Le logo de la compétition est une silhouette de hockeyeur, dessinée à partir de l'image de Vsevolod Bobrov. Mais il est le théâtre d'adieux douloureux : il se blesse contre la Tchécoslovaquie. C'est la blessure de trop pour Bobrov, qui raccrochera définitivement les patins.

Marcus Kaufmann: Un Écrivain et Entraîneur Passionné

Malgré son nom, Markus Kaufmann n'est pas germanophone. Il est un peu suédois, un peu russe, et pas mal français. Il a vécu en Russie et en Italie, voyagé en Amérique latine et vit désormais à Londres. Partout, ou presque, il y a eu du foot. Il a même joué au PSG, de neuf à onze ans.

En Argentine, en reportage pour So Foot sur l'école d'entraîneurs de Vicente Lopez, à Buenos Aires, il assiste aux cours, reste et repart diplômé. À Londres, il continue ses formations d'éducateur tout en travaillant dans le marketing pour des clubs de foot. Entraîneur des moins de 14 ans d'une filiale d'Arsenal, ce supporter du PSG a trouvé le temps d'écrire "Thomas Tuchel, faire grandir Paris".

Kaufmann a mené une série d'entretiens informels avec des joueurs et agents qui ont travaillé avec Tuchel, lu toutes les archives de la presse allemande sur lui et son staff, et analysé son travail à Mayence et Dortmund pour comprendre les dynamiques de progression de ses équipes et de ses joueurs.

Il a croisé Tuchel brièvement à Londres dans le cadre de sa formation d'entraîneur. Lorsqu'il s'est lancé dans le projet du livre, il a mis au courant l'agent de Tuchel pour discuter d'une éventuelle collaboration, mais cela ne s'est pas fait. Il l'a revu en février à Paris lorsque le livre est sorti pour lui dédicacer des exemplaires et échanger rapidement.

Tableau Récapitulatif des Entraîneurs Russes

Entraîneur Principaux Clubs/Équipes Réalisations Majeures
Aleksandr Golovine AS Monaco, CSKA Moscou Meilleur espoir de Russie (2016), Coupe du Monde 2018
Guus Hiddink PSV Eindhoven, Real Madrid, Chelsea, Équipe de Russie Coupe d'Europe (1988), Coupe Intercontinentale (1998), FA Cup (2009)
Vsevolod Bobrov CDKA Moscou, VVS Moscou Champion du monde de hockey sur glace (1954), Médaille d'or aux Jeux olympiques (1956)

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