Nouvelle force montante de la Synerglace Ligue Magnus, les Jokers de Cergy-Pontoise (officiellement l’Aren’Ice Hockey Club) représentent l’ambition et la modernité du hockey français contemporain. L’histoire du hockey à Cergy-Pontoise débute officiellement en 1981 avec la création du Hockey Club de Cergy-Pontoise (HCCP).
Le choix du Joker, personnage à la fois imprévisible, malin et redoutable, symbolise l’esprit de l’équipe : un « outsider » capable de renverser n’importe quel cador du championnat. Visuellement, le logo arborant le chapeau à grelots et un regard déterminé a permis au club de créer une identité forte, facilement identifiable par le jeune public francilien.
Le véritable tournant s’opère dans les années 2010. Sous l’impulsion d’une nouvelle gouvernance et porté par le projet de construction du nouveau siège de la Fédération Française de Hockey sur Glace (FFHG) sur son territoire, le club change de dimension.

Jonathan Paredes : L’entraîneur architecte de la montée
L'entraîneur Jonathan Paredes a pu établir son jeu de possession, assez énergivore car demandant aux joueurs de créer beaucoup de mouvement. La clé de la réussite a été le powerplay, le meilleur de la ligue (26,6%). La cinquième place était en soi une performance exceptionnelle pour les promus, même si elle est passée un peu inaperçue parce que l'enjeu sportif de la saison avait diminué.
Paredes a fait avec les circonstances : "On a utilisé les trois mois de latence pour travailler différemment. Le contexte était différent, on a essayé d'en tirer profit plutôt que de se lamenter. Oui, on n'a joué qu'une moitié de saison, mais aurait-on fait moins bien ou aurait-on fait mieux - hypothèse qu'on oublie un peu - sur 44 matches ?
Cergy s'est donc séparé de certains joueurs en choisissant des orientations différentes pour un budget à peu près similaire (en légère augmentation). Deux adieux n'étaient néanmoins pas du tout souhaités : Max Kalter et Philippe Bureau-Blais étaient les deux seuls joueurs au +/- positif, deux joueurs importants dans l'évolution du club, deux hommes dont le jeu et l'état d'esprit avaient tout de suite plu à l'entraîneur.
Attaquant technique très utile dans la finition, Kalter a raccroché les patins pour suivre le voeu de sa compagne. La retraite de Bureau-Blais, meilleur défenseur de D1 qui s'était déjà imposé parmi les meilleurs arrières de la Ligue Magnus, a encore plus pris les Jokers de court, car il l'a annoncé en juillet. "Je suis déçu parce que l'objectif était de l'amener vers un club plus huppé. C'est dommage qu'il arrête le hockey si jeune alors qu'il avait encore une marge de progression. J'ai rarement vu un coup de patin comme ça", regrette Jonathan Paredes.
Il n'y a pas eu de rupture avec le club, mais un choix de vie du Québécois qui est un homme qui se laisse guider par ses envies. Les Jokers ont réagi au départ de Bureau-Blais en recruant Matic Podlipnik. Lors de son passage à Lyon en 2016/17, il avait vite démontré ses capacités défensives mais aussi offensives. Il amène de la valeur ajoutée dans sa zone mais aussi en jeu de puissance.
Capable de mouvements qui peuvent désarçonner les défenseurs grâce à son aisance crosse en main, Podlipnik a aussi un lancer ravageur. Le plan initial prévoyait des défenseurs étrangers plus offensifs (à l'instar de Brien Diffley toujours présent, et en photo à droite) et des Français plutôt défensifs (à l'instar d'Aurélien Dorey) mais cette option a été un peu revue à cause d'un autre désistement, pour raisons de santé cette fois.
Les défis et les ajustements de l'équipe
Le patinage de la recrue Alexandre Perron-Fontaine, l'un des meilleurs défenseurs de D1 depuis quatre ans, ne laissait pas la même impression visuelle à son arrivée. Le staff l'a observé et a fait réaliser une IRM qui a identifié le problème : un conflit de hanche répétitif. Le Canadien, qui avait envie de jouer et de se tester au niveau supérieur, est en fait arrivé en traînant cette blessure.
Continuer ainsi l'exposerait à de petites indisponibilités récurrentes d'une dizaine de jours, difficiles à gérer pour les Jokers. Pour en finir avec le problème, une seule solution : l'opération. Le Canadien craignait de s'exposer à une saison blanche après trois et quatre mois de convalescence, et pour le convaincre de se soigner, le club a convenu qu'on le reprendrait dans un an.
Faisant le constat que son équipe manquait de présence défensive pendant les matches amicaux, Jonathan Paredes a choisi de rééquilibrer sa défense en remplaçant Perron-Fontaine par un profil plus physique, Brayden Sherbinin, un arrière résolument défensif qui a amené sa robustesse à Gap en octobre dernier. Cette volonté pour lutter avec les attaquants adverses, les Jokers l'obtiendront aussi de Vincent Melin.
Mulhouse aurait bien voulu le conserver, mais il rejoint Paredes qui l'avait fait débuter en Magnus à Dijon, et avec qui il est toujours resté en contact. À 23 ans, Melin ne sera pas le benjamin de la défense cergypontaine, assez jeune : Jules Lefebvre a en effet un an de moins.
Il a créé la surprise la saison dernière en ayant la meilleure fiche de tous les joueurs bordelais (+10) alors que les autres arrières étaient négatifs... sauf son partenaire direct Simon Bourque (+4) qui a bien sûr joué un rôle dans cette statistique flatteuse. Une stat qui n'a pas échappé à Paredes, pas plus que le contexte dans lequel elle a été obtenue : "Cela veut dire qu'il peut jouer avec des gros et qu'il ne fait pas tache.
Alors que les clubs de Ligue Magnus rognent sur leur profondeur de banc dans un contexte économique incertain, Cergy continue de faire le choix de conserver deux titulaires potentiels dans les cages. Paredes assume : "L'an dernier m'a donné raison. Sans les performances des trois gardiens, on n'aurait pas été classé comme ça. Et je dis bien les trois, car Trystan Tricoche a obtenu deux victoires à 18 ans. On n'a pas pris de risque, on a la volonté de blinder. On a besoin de pouvoir reposer un gardien, et d'avoir une doublure capable de jouer, pas juste d'être sur le banc."
Sebastian Ylönen, dans une année qui s'annonce peut-être décisive pour sa carrière car l'équipe de France doit ouvrir un nouveau cycle après l'élimination olympique, sera donc de nouveau en concurrence avec un gardien américain au style plus agressif, Patrick Munson, arrivé de Briançon.
Dans un contexte sanitaire qui reste incertain, les Jokers ont en effet voulu minimiser les risques d'adaptation en prenant des joueurs qui connaissaient déjà la France. Deux attaquants venus d'outre-Atlantique sont donc les seules nouvelles têtes dans les championnats français. Ils sont tous deux centres et tous deux droitiers. Né à Edmonton, Steven Owre (photo de gauche) a étonnamment surtout appris le hockey sur glace en Californie.
Il a vécu huit ans à Rocklin avant de revenir dans son Alberta natal pour y faire son junior majeur. Il a fréquenté l'université de l'Alberta, qui fut une source de recrutement privilégiée de Luciano Basile à Gap, avant de passer sa première saison professionnelle en ECHL. Charles Levesque était quant à lui le capitaine de l'université de Mass-Lowell avec le meilleur +/- de son équipe.
Il y a obtenu un diplôme de chimie - comme ses parents vétérinaires - et vise à terme la profession de chriropracteur après l'aventure du hockey professionnel. Annoncé comme capable de jouer partout, il a très vite démontré sa grande capacité d'adaptation, mais c'est surtout sa force aux mises au jeu qui a épaté Cergy : il a tourné à 67% de réussite pendant les matches de préparation.
Reste à déterminer leurs ailiers, sachant que Paredes assure qu'il ne gardera probablement pas les mêmes lignes sur 44 matches. Après avoir finalement misé sur la complémentarité du trio finlandais l'an passé, il devrait avoir plus de solutions cette année. Un autre Finlandais arrive.
On se souvient de Tuukka Rajamäki pour sa participation à la meilleure saison de l'histoire de Nice, la seule que les Aigles ont fini en play-offs. Sur la Côte d'Azur, il avait bénéficié de circonstances idéales et immuables pendant une année de rêve avec des compatriotes sur sa ligne et avait fini septième marqueur de la Ligue Magnus.
Cette alchimie ne se répète pas toujours, mais Rajamäki est un organisateur de jeu très propre avec de la vitesse d'exécution. Pour que les supériorités numériques restent une arme forte de Cergy, il faut aussi des finisseurs. Gros pointeur toute sa carrière, Danny Kearney reste sur une saison plus difficile à Grenoble, ce qui a pu faire dire à ses détracteurs qu'il aurait perdu de sa fougue.
Jonathan Paredes ne s'en inquiète guère : "Déjà, c'est une super personne, il est content d'être là. Il est très positif dans le vestiaire. Il va jouer à côté de la cage en powerplay, c'est vraiment ce qui nous manquait. Dans les cinq recrues offensives étrangères, l'ailier droitier Ryan Tait, venant "seulement" de Cholet, dépare un peu car il ne dispose pas du même CV que les autres.
Dans un marché qu'il juge "bizarre" cette saison, comme si les repères avaient volé en éclats par la pandémie, Jonathan Paredes doit trouver des compromis dans le budget alloué et ne néglige pas un championnat qu'il connaît bien : "On avait réussi à monter des joueurs de D1 en tant que promu, je ne voulais négliger cette source de recrutement. J'ai regardé des matches sur Fanseat pour voir, j'ai bien aimé Tait et j'ai échangé avec son entraîneur Julien Pihant. Au téléphone, il transmet une énergie incroyable. Vocalement, il voulait vraiment venir !"
Patineur très vif, il n'a pas une grande vision du jeu mais a su démontrer des qualités de finisseur en D1. Les attaquants français majeurs Pierre-Charles Hordelalay et Norbert Abramov continueront d'avoir un rôle offensif, mais pas forcément ensemble.
Ils ont joué sur la même ligne l'an passé autour de Kalter, ils ont été séparés pendant la pré-saison. La situation pourrait devenir plus concurrentielle pour les autres attaquants tricolores, ceux qui n'ont pas un talent aussi spectaculaire mais qui remplissent bien leur rôle.
Il ne reste logiquement plus qu'une place à l'aile de la troisième ligne, alors que le capitaine Kevin Da Costa - en photo à droite - et Louis Petit y évoluaient tous deux l'an passé (après le départ de McCormick qui avait libéré une place). Cette densité se traduit par le repositionnement d'Atu Kestilä au centre de la troisième ligne.
Le Finlandais correspond à la qualité essentielle que Paredes attend de ses centres, "des joueurs capables de sortir les palets de la zone défensive". Le quatrième centre sera Timothée Franck. Si son rendement à Cergy, en D1 comme en Magnus, a été supérieur à ceux connus dans ses clubs précédents, c'est que ses qualités techniques ont été pleinement utilisées, y compris en supériorité numérique.
Le treizième attaquant sera Paul Schmitt, le principal jeune talent du HCCP. Après l'arrêt des championnats juniors et amateurs, il a bénéficié de temps de jeu en Ligue Magnus, sans doute plus vite que prévu, et a débuté dans une situation moins stressante lors de championnat sans relégation.
Paredes reste prudent quand on lui de demande de prédire le destin de son jeune joueur : "C'est toujours compliqué, on ne sait pas ce qui va se passer et on a vu tellement de talents arrêter le hockey. Il ne faut pas qu'on lui mâche tout, mais il a tous les outils pour réussir. D'abord, c'est un compétiteur. Ensuite, il y a sa qualité de patinage. On veut encore travailler sa vélocité. Il est encore trop tôt pour le spécialiser dans un rôle, mais il pourrait faire un bon ailier de débordement.
C'est plus difficile de le développer en playmaker, et je pense que ce sera un problème général en France dans les années à venir, car les championnats sont trop faibles pour en former. Schmitt est le premier exemple de cette nouvelle génération qui est sans doute la meilleure à avoir été issue des rangs de Cergy, mais que cela ne rend pas automatiquement prête pour autant aux exigences du hockey professionnel.
Paredes pondère les attentes : "On est très loin d'où on doit être en matière de formation". Il s'appuiera néanmoins sur le système des licences bleues pour faire progresser ces joueurs à Neuilly-sur-Marne (D1) et Évry/Viry (D2). Jonathan Paredes a en effet moins de solutions de rechange en défense après s'être séparé de Lacheny et Kluuskeri.
Le seul profil polyvalent qui soit resté est Da Costa qui peut dépanner à l'arrière. Pour éviter de perdre les éléments, les Jokers ont renforcé leur staff médical et comptent suivre les joueurs de près pour prévenir les blessures. Le club reste prudent et l'objectif officiel du manager général Christophe Cuzin reste le maintien.
Décès de Miika Elomo : Une perte pour les Jokers
Les Jokers de Cergy-Pontoise, qui évoluent en Ligue Magnus, ont annoncé dimanche soir la mort de Miika Elomo, leur entraîneur finlandais. Il était âgé de 47 ans. Les Jokers de Cergy-Pontoise, actuellement neuvièmes de Ligue Magnus, ont annoncé dimanche la mort de leur entraîneur, le Finlandais Miika Elomo, dans un bref communiqué. Il était âgé de 47 ans. Les circonstances de sa disparition n'ont pas été dévoilées.
Elomo entraînait les Jokers depuis deux saisons. L'année dernière, il avait permis à l'équipe de se qualifier pour les demi-finales de la Ligue Magnus, comme lors des deux Championnats précédents. Avant de signer à Cergy-Pontoise, il avait entraîné le club polonais de Sanok et avait été assistant-coach de la sélection U20 de Finlande.
Joueur, Miika Elomo avait fait carrière en Finlande, mais il avait aussi évolué aux États-Unis de 1996 à 2001, surtout en AHL, l'antichambre de la prestigieuse NHL. En octobre 1999, il avait été appelé par les Washington Capitals et avait disputé deux rencontres de saison régulière de NHL avec eux.
« C’est avec une profonde tristesse et dans un état de choc que nous venons d’apprendre le décès de Miika Elomo, notre coach principal », indique le club du Val-d’Oise sur ses réseaux sociaux.
Ambitions et perspectives d'avenir
Fort de leur installation à l’Aren’Ice, entraîneur et manager mettent la barre très haute et n’hésitent pas à afficher une grande ambition pour le club : monter d’ici 5 ans en Elite Ligue Magnus, le plus haut niveau de compétition de hockey sur glace en France ! Le recrutement de Jonathan Paredes va permettre de passer un cap en inscrivant le club dans une démarche sportive centrée sur la formation et le haut niveau.
L’objectif étant de pouvoir présenter sous deux-trois ans une équipe U17 (moins de 17 ans) et une équipe U20 (moins de 20 ans) en catégorie « Élite » afin d’obtenir le label « Parcours d’Excellence Sportive » (PES). Autre perspective, assurer et accompagner la montée en puissance de l’équipe première et, outre le renforcement du staff, Jonathan fait part de sa volonté « d’augmenter progressivement le nombre de joueurs professionnels de l’équipe pour le faire passer de huit à dix voire plus … ».
», voici les mots et expressions qui vont prochainement habiller les murs des vestiaires du club. Une façon de rappeler à tous les joueurs, des plus jeunes aux professionnels, que les Jokers ont des valeurs. À travers une pratique encadrée, entraîneur et manager souhaitent défendre ce sport collectif comme un moyen d’éducation populaire et même comme une « école de vie ».
Nous sommes ravis de vous présenter notre nouveau staff technique qui dirigera les différentes catégories du club cette saison. Antoine rejoint notre équipe en tant que nouveau Manager/Coordinateur. Passionné de hockey (glace et roller) depuis son enfance, il a joué dans divers clubs et est vice-président du club de roller hockey de Gennevilliers.
Originaire d’Argentueil, Ken 35 ans, titulaire du DEJEPS , est arrivé à Cergy en 2021 après avoir entrainé à Argenteuil pendant 4 ans. Arrivée la saison dernière Alisson, ancienne internationale (127 sélections, 6 championnat du monde, 2TQO), championne du Monde lors des mondiaux D1B de 2013. Elle a ensuite débuté sa carrière d’entraineur à Evry-Viry puis à Cergy.
Tarik notre nouvelle recrue, ancien joueur de ligue Magnus (Epinal, Mulhouse, Strasbourg), il a ensuite embrassé une carrière d’entraîneur à Strasbourg et Colmar. 3ème saison chez les Jokers, 27 ans, préparateur physique : détenteur d’un BPJEPS (anciennement AGFF) depuis 2017 et d’une licence STAPS depuis 2020.
Alexis a fait ses armes dans le crossfit et le rugby avant de bifurquer aux Drakkars de Caen, chez les jeunes. Arrivé la saison dernière, Maxime 23 ans, titulaire d’un Master STAPS, est arrivé à Cergy après avoir travaillé dans la natation, le handball et le rugby.
Nous sommes convaincus que ce nouveau staff technique contribuera à l’épanouissement de nos joueurs et à la réussite de notre club.
Les Jokers de Cergy-Pontoise, lors d'un match contre les Gothiques d'Amiens, le 24 septembre 2024. Le club a fait l'annonce dimanche, via une publication sur ses réseaux sociaux. Avant d'arriver à Cergy-Pontoise, le coach finlandais avait construit sa carrière chez lui, avec un passage en tant qu'assistant-coach de l’équipe nationale U20, mais aussi entraîneur pour le club polonais de Sanok.
Il avait également joué dans le championnat AHL aux Etats-Unis, l'antichambre de la célèbre ligue NHL), et avait disputé deux matchs avec le club de Washington.
Cergy-Pontoise a fait son entrée dans l'élite du hockey français pendant une saison pas comme les autres. Ils ont été mis à l'isolement juste avant le début du championnat... puis de nouveau deux semaines plus tard alors qu'ils avaient bien débuté par deux victoires puis une défaite. Ils avaient tout juste repris que la seconde vague de Covid-19 a ensuite provoqué l'arrêt complet du championnat pendant un mois avant une reprise limitée.
Après ces deux "faux départs", il y a deux "vrais départs", car deux étrangers n'ont pas eu la patience d'attendre. Magnus Eikrem Haugen est rentré en Norvège... où la saison s'est définitivement arrêtée en janvier au moment où on reprenait en France !
Lorsque la saison a enfin été lancée, les Jokers se sont pleinement établis dans la ligue.

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