Commotion cérébrale dans le football américain : Définition, risques et prévention

Le football américain, célèbre pour son Super Bowl, n'est pas le seul sport exposant à des risques de commotion cérébrale. Les footballeurs, eux aussi, sont concernés. Une étude publiée dans Neurology révèle que ces risques ne se limitent pas aux chocs tête contre tête.

Action de jeu au football américain.

Qu'est-ce qu'une commotion cérébrale ?

Une commotion cérébrale peut se définir comme « un type de lésion cérébrale traumatique causée par une bosse, un coup ou une secousse à la tête ou par un coup au corps qui provoque un mouvement rapide de va-et-vient de la tête et du cerveau.

Le neurochirurgien Jean Chazal, ancien expert auprès de la Fédération Française de Rugby, donne une image assez claire de cette atteinte : « Le cerveau est mobile à l’intérieur d’une boîte rigide, un peu comme dû fromage blanc que l’on secouerait dans une boîte en plastique.

The Centers for Disease Control and Prevention gives a clear definition: “A concussion is a type of traumatic brain injury-or TBI-caused by a bump, blow, or jolt to the head or by a hit to the body that causes the head and brain to move rapidly back and forth.

Le diagnostic de commotion cérébrale repose, en l’absence de signe pathognomonique, sur un faisceau d’arguments traduisant à des degrés divers le dysfonctionnement cérébral. Il se fait d’abord par l’évaluation des symptômes présentés, puis par les signes cliniques vus et enfin par la réalisation de tests physiques et cognitifs.

Symptômes d'une commotion cérébrale

Les symptômes sont d’une grande variabilité, ce qui rend le diagnostic difficile. Mais celui-ci est indispensable devant l’importance des conséquences potentielles. Les symptômes les plus fréquents sont les céphalées, le vertige, le ralentissement psychomoteur, ainsi que l’asthénie. Relatifs au sommeil : difficulté à l’endormissement, temps de sommeil raccourci ou augmenté par rapport à l’habitude, somnolence.

Certains signes cliniques observés permettent à eux seuls d’établir le diagnostic de commotion cérébrale dans le contexte de l’application d’une force d’impulsion à l’extrémité céphalique. Ils traduisent immédiatement le dysfonctionnement cérébral.

Quelque 20% des participants ont signalé des gênes ou douleurs d'intensité variable (modérée à très sévère). Un grand nombre de ceux pratiquant souvent des têtes ont signalé des symptômes classiques de commotions cérébrales, notamment des céphalées, des étourdissements et de la confusion mentale, même en l'absence de diagnostic de traumatisme.

Les plus grands adeptes des têtes (jusqu'à 125 en deux semaines) ont trois fois plus de risques de présenter des symptômes de commotion que les moins fervents (4 sur les deux semaines). Ces symptômes peuvent aller de légers maux de tête à des étourdissements, voire à une perte de connaissance.

Infographie des symptômes d'une commotion cérébrale.

Les risques et conséquences des commotions cérébrales

Encéphalopathie traumatique chronique (ETC)

Au début des années 2000, des études menées sur le cerveau d’anciens joueurs de football américains ont permis de découvrir une atteinte cérébrale appelée « encéphalite traumatique » ou chronic traumatic encephalopathy en anglais, abrégée CTE. Il s’agit inflammation progressive du cerveau et d’une atteinte dégénérative, qui se développe plusieurs années après avoir subi une commotion cérébrale. Le diagnostic se fait post-mortem. Les conséquences d’une telle atteinte sont nombreuses et dramatiques pour les victimes.

Dans le même temps, les cas de suicides et de décès prématurés de joueurs de la ligue, qui ont donné lieu à la découverte d’une ETC lors de leur autopsie, ont continué d’embarrasser la NFL. Ils font constamment la une des journaux, comme celui de Terry Long, cité en exemple dans la lettre du tireur, mort à 45 ans avec un cerveau décrit comme « celui d’un nonagénaire atteint d’Alzheimer à un stade avancé ».

Les symptômes du syndrome de l’encéphalopathie traumatique seraient des signes avant-coureurs de l’ETC. Les chercheurs espèrent à terme qu’en identifiant les patients atteints de ce syndrome, ils pourront établir un diagnostic et soigner les personnes souffrant d’ETC.

Stephen Casper est un historien spécialisé dans l’histoire de la médecine. Selon lui, les dangers liés aux chocs subis à la tête sont connus de longues dates.

L’auteur de la fusillade de New York qui a fait quatre morts, Shane Tamura, ancien footballeur américain, affirme dans une lettre retrouvée sur lui être atteint de cette maladie. Il cherchait à s’en prendre à la NFL, le championnat de football américain.

Avant même le football américain, l’ETC avait été observée chez les boxeurs dès les années 1930, sous le nom de démence pugilistique. La science a ensuite fait des progrès sur le sujet, mais le lien entre les sports de contact et l’ETC n’a pas toujours été une évidence pour tout le monde.

Elle se déclarerait la plupart du temps vers la trentaine, même si des symptômes de stade 1 peuvent apparaître dès la vingtaine. Et elle est responsable de nombreux problèmes comportementaux : dépression, pensées suicidaires, idées violentes, agressivités, confusions, perte de mémoire…

En 2017, une étude de l’UNITE Brain Bank (section spécialisée de l’université de Boston) avait analysé les tissus cérébraux de 111 joueurs passés par la NFL et décédés souvent prématurément. L’ETC avait été détectée chez 110 d’entre eux. Même conclusion dans une étude plus récente du Boston University CTE Center. En 2023, il affirmait que sur 376 anciens joueurs, la maladie avait été identifiée dans 345 cas. Plus inquiétant encore, ces études montraient que pour 20 % des cas, aucune commotion cérébrale ne leur avait été diagnostiquée au cours de leur vie.

Le football américain face au problème des commotions cérébrales

Autres conséquences

Différentes études ont montré que le fait d’avoir subi une commotion augmente la probabilité de subir des commotions ultérieures. Beaucoup de choses peuvent être à l’origine d’un traumatise crânien et de l’apparition des symptômes d’une commotion cérébrale. Tout choc à la tête et aux cervicales, même considéré comme minime peut avoir des conséquences sur le fonctionnement du cerveau et du système nerveux.

Le cerveau, par définition très pauvre en réserve et très consommateur, se voit de plus doublement pénalisé par une diminution de son débit sanguin régional qui est sa seule source d’approvisionnement. Le rétablissement de ce déséquilibre ionique nécessite une activation massive des pompes Na+/K+, utilisant de l’énergie sous forme d’adénosine triphosphate (ATP). La demande énergétique cellulaire cérébrale est donc brusquement et fortement augmentée par ce processus, avec de surcroît une consommation importante de glutamate.

Chez l’Homme, la neuro-imagerie peut retrouver les stigmates indirects de la souffrance neuronale secondaire à une commotion cérébrale. Même si les imageries conventionnelles comme le scanner cérébral et l’IRM cérébrale sont normales, certaines séquences IRM réalisées le plus souvent dans le cadre de protocoles de recherche retrouvent des anomalies chez les sujets commotionnés.

Les principales séquences utilisées dans ce cadre sont les séquences de diffusion, la spectroscopie et l’IRM fonctionnelle. En IRM de diffusion, on peut observer dans certaines régions cérébrales une diminution de la fraction d’anisotropie et un appauvrissement apparent de certains faisceaux de fibres de substance blanche en tractographie. Une méta-analyse de Aoki et al. décrit les lésions les plus importantes au niveau du corps calleux. La spectroscopie permet, quant à elle, de suivre les modifications du pic de N-acétylaspartate (NAA). Les études en IRM fonctionnelle objectivent des modifications du signal lors de tâches cognitives, prédominant sur les tâches concernant la mémoire de travail et la mémoire épisodique ainsi que des modifications dans l’organisation des réseaux analysés en IRM fonctionnelle de repos.

Il faut noter néanmoins que les résultats sont inconstamment retrouvés dans les études, discordances expliquées par l’hétérogénéité d’un grand nombre de paramètres, par exemple les différences dans les techniques d’acquisition d’image ou le délai depuis la commotion.

Prévention et protocoles en cas de commotion cérébrale

Il est crucial de mettre en place des protocoles de commotion cérébrale. Les joueurs soupçonnés d’avoir subi une commotion cérébrale ne doivent pas reprendre le jeu sans avoir reçu l’approbation d’un professionnel de la santé.

Parlez aux joueurs des dangers des commotions cérébrales. Il est important que les joueurs aient conscience des séquelles à long terme qui pourraient persister si le joueur revient trop rapidement sur le terrain sans avoir récupéré de façon optimal au niveau fonctionnel (et encore une fois pas seulement au niveau des symptômes). Certains peuvent dire qu’ils vont bien et cachent les symptômes pour éviter d’être mis au banc.

Cette règle est tout autant applicable pendant un combat ou un match que pendant un entraînement. La sortie du sportif doit se faire avec les précautions médicales d’usage : dans la mesure où il s’agit d’un traumatisme de l’ensemble tête-cou, le sportif doit être considéré comme systématiquement porteur d’une lésion cervicale jusqu’à preuve du contraire.

Cette précaution est d’autant plus importante si la vigilance est altérée, toute manipulation intempestive du cou étant susceptible de faire courir un risque de lésion neurologique médullaire secondaire.

Protocole de retour au jeu après une commotion cérébrale.

NFL : Durcissement des règles sur les plaquages illégaux

Les propriétaires d'équipes de la NFL ont approuvé à l’unanimité un amendement aux règles visant à améliorer la sécurité des joueurs. Cette nouvelle règle renforce notamment l'interdiction pour un joueur de se ruer vers un adversaire sans défense. Il s’agit surtout de mieux définir les « chocs illégaux » comme ceux Helmet-to-Helmet qui ont tant fait couler d’encre l’an dernier.

La règle est maintenant la suivante (d’après NFL Network) : un défenseur qui saute dans les airs avant d'entrer en contact avec un adversaire, en se ruant vers l'avant et à la verticale, et qui fera contact avec le haut du torse ou le casque de son adversaire avec toute partie (même peu importante) de son propre casque entraînera automatiquement une pénalité de 15 yards et une amende.

Si une équipe est « régulièrement » impliqué dans ce type d’action elle subira une amende et se verra suspendre des joueurs ; d’après le porte parole de la NFL, 3 des 4 équipes ayant eu des joueurs sanctionnés l’an passé aurait été sanctionnés et des joueurs comme Harrison auraient eu des suspensions de match si on avait appliqué la nouvelle règle.

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