Championnat du Pérou de Football : Histoire et Évolution

Le championnat du Pérou de football possède une histoire riche et complexe, marquée par des périodes de gloire, des défis financiers et des moments de transformation. Cet article explore les différentes facettes de cette ligue, de ses origines à son état actuel.

Estadio Nacional du Pérou à Lima

Les Débuts et l'Âge d'Or

Il faut remonter à 1982 pour trouver trace d'une présence péruvienne en phase finale de Coupe du monde. C'était la 4e participation pour ce pays, présent en 1930 en Uruguay. Après une longue éclipse, le Pérou a connu son âge d'or à partir du début des années 70, avec trois participations en quatre éditions : 1970, 1978 et 1982. C'est la grande époque du légendaire Teofilo Cubillas, le plus grand joueur péruvien de l'histoire, avec au passage une victoire en Copa America en 1975.

Lors du Mundial mexicain en 1970, les Péruviens sortent deuxièmes de leur groupe derrière l'Allemagne, mais devant la Bulgarie et le Maroc. Ils se hissent ainsi en quarts de finale, où ils ont le malheur de tomber sur le Brésil. Ils s'inclinent non sans démériter (4-2). Huit ans plus tard en Argentine, la Blanquirroja se hisse à nouveau parmi les huit meilleurs équipes en signant un premier tour mémorable : trois victoires contre les Pays-Bas, l'Ecosse et l'Iran.

La dernière participation péruvienne date donc de 1982. Là, une génération usée et en bout de course va décevoir dans les grandes largeurs. Malgré deux nuls contre le Cameroun et l'Italie, le Pérou boit la tasse face à la Pologne (5-1). Leur dernier match à ce jour au Mondial...

Teófilo Cubillas

Crise et Dissolution des Clubs

Malgré la très bonne Copa America des hommes de Sergio Markarian en 2011, le football péruvien traverse une tempête d'une rare ampleur. Lundi dernier, le Club Deportivo Universidad de San Martín de Porres, une des formations les plus brillantes de la dernière décennie, qui correspond aussi à sa courte histoire, a décidé son retrait du championnat et sa propre dissolution. Le club, quatrième du dernier championnat et qualifié pour la prochaine Copa Sudamericana, était pourtant dans une bonne situation financière. Revenons un peu en arrière.

Il y a un peu plus d’un an, les difficultés financières des clubs professionnels commencent à prendre de plus en plus d’importance. Premier club sanctionné, et non des moindres, l’Universitario de Deportes de Lima, club au vingt-cinq titres de champion et alors en course pour le titre, s’est vu perdre à plusieurs reprises des matches sur tapis vert à cause d’impayés. Puis ce fut le tour des Sports Boys de Callao (le port de Lima) et de Cobresol, club de Moquegua au sud du Pérou.

Sur les seize clubs de première division, dix ont des dettes importantes et ne paient plus leurs joueurs depuis des mois. L’intersaison est agitée, beaucoup de joueurs partent à l’étranger, libérés de contrats non payés ou bradés.

Le championnat suivant est tout de même programmé pour le 18 janvier, mais l’Agremiación, le syndicat des joueurs (aussi appelé SAFAP), appelle à la grève, refusant la disposition prise unilatéralement par les clubs de rembourser les impayés en vingt-quatre mois. Et effectivement, pour la première journée, la grève est totalement suivie par les joueurs, à tel point que même les clubs financièrement sains ne peuvent présenter d’équipe.

C’est le cas de la San Martin, qui annonce le lendemain son retrait définitif du football. De son coté, Rofilio Neyra, le président du club d’Ayacucho, qui a finalement réglé les dettes, licencie tout son effectif et son staff au motif que le refus de jouer un match est une condition suffisante. Le jour suivant, l’Unión Comercio et l’Universidad Cesar Vallejo remettent publiquement en cause leur participation au championnat et l’existence même de leur équipe.

Les clubs de football péruviens ont généralement le statut d’associations sans but lucratif. Depuis plus de vingt-cinq ans, les clubs sont très mal gérés par des présidents controversés et au passé parfois trouble, et les statuts ne permettent pas aux personnes extérieures de se plonger comme elles le souhaiteraient dans ces affaires.

Cette fois-ci, la FPF semble se ranger du coté des joueurs, comme le montre l’accord trouvé avec l’Agremiación de futbolistas pour un paiement en trois mois, accord refusé par les clubs représentés par l’Association sportive du football professionnel (Asociación deportiva de fútbol profesional - ADFP).

La solution? Elle serait de passer les clubs sous un statut de société anonyme, ce qui permettrait un meilleur contrôle des finances et des ressources des clubs.

Dans l’immédiat, il semble urgent de trouver un accord permettant une tenue rapide du championnat. Rien ne semble possible avant le retour de Manuel Burga, en espérant qu’aucun autre club ne quitte définitivement le football, laissant sur le carreau footballeurs, staff et employés.

Joueurs Emblématiques

Teófilo Cubillas

Grâce à un toucher de balle exceptionnel, il s'est imposé comme l'un des milieux de terrain les plus prolifiques de tous les temps en devançant dans ce domaine d'autres fameux numéros 10 comme Diego Maradona, Zinedine Zidane ou Michel Platini.Lors d'un match amical contre l'équipe de son cœur, Alianza Lima, il saisit l'occasion rêvée et rejoint le grand club de la capitale à l'âge de 17 ans.Dès sa première saison parmi l'élite, en 1966, il termine avec le titre de meilleur buteur du championnat avec 19 pions inscrits.Très vite surnommé "El Nene" (le "petit") pour des raisons morphologiques évidentes, le joueur très rapide et technique avait un toucher de balle exceptionnel.Personne n'est surpris quand à 19 ans, Cubillas obtient sa première sélection en équipe nationale. Il devient rapidement une star du football péruvien.En 1970, il s'offre à nouveau le titre de meilleur artificier du championnat avec 22 buts. Il inscrit un but lors du premier match de son équipe au premier tour contre la Bulgarie (3 buts à 2).Après s'être joué de trois défenseurs, il conclut son action par une frappe dans la lucarne. Les observateurs sont ébahis par sa technique, sa percussion et sa complicité en attaque avec Hugo Sotil.

Héctor Chumpitaz

C'était le capitaine et le grand bastion défensif de la sélection péruvienne qui s'est offert la Copa America en 1975. Même si il n'a jamais quitté son continent au cours de sa carrière, il reste l’un des plus grands représentants de l'âge d'or du football inca.Gueule taillée à la serpe, nez de fouine, regard noir et terriblement volontaire, cheveux crépus, physiquement, il rappelle assez le marathonien franco-algérien Alain Mimoun.Né à Cañete au Pérou, sa carrière commence dans les équipes de jeunes de l'Universitario, l'une des équipes réputé au Pérou pour sa formation. Non conservé, il effectue ses débuts en pro à l'âge de 19 ans dans une équipe de deuxième division, le Deportivo Municipal.Pendant près de dix ans, il défendra les couleurs du club de son coeur. Au total, il remporte cinq titres de champion du Pérou (1966, 1967, 1969, 1971 et 1974) et sera même finaliste de la Copa Libertadores en 1972.

Hugo Sotil

Dans les années 1970, ce joueur d'une habileté extraordinaire, est rapidement devenu un des meilleurs attaquants sud-américains grâce à ses dribbles déroutants , ses passes lumineuses et une technique hors du commun.Né en 1949 à Ica, il débute sa carrière professionnelle à l'âge de 19 ans en jouant au Deportivo Municipal, équipe de deuxième division péruvienne, alors qu'il n'avait plus chaussé de crampons ni joué au foot depuis sa plus jeune enfance.En effet, disparu de la fédération à l'âge de 13 ans, il part travailler dans une usine à café la semaine et monnaye ses talents le week-end dans des tournois de football entre commerçants.À l'époque, les dirigeants du club tout fraîchement relégué décident d'organiser une grande détection dans les quartiers populaires de la capitale afin de repartir de l'avant.Le joueur tape dans l'œil et signe le soir même un contrat avec l'équipe péruvienne. Bonne pioche. Hugo Sotil permet au Deportivo Municipal d'accéder en première division et devient à l'occasion une étoile montante du football péruvien.

France v Peru | 2018 FIFA World Cup | Match Highlights

La Qualification pour le Mondial 2018

Le Pérou a été la grande surprise de ces éliminatoires dans la zone Conmebol. En arrachant la cinquième place devant le Chili, le Paraguay ou l'Equateur, trois équipes beaucoup plus habituées au Mondial lors des dernières éditions, la Blanquirroja s'est offert le droit de disputer un barrage contre la Nouvelle-Zélande. Après un nul à l'aller aux Antipodes (0-0), le Pérou a assuré sa qualification en s'imposant 2-0 au retour à Lima.

L'équipe de Ricardo Gareca, le sélectionneur argentin, a signé ses plus belles performances en battant notamment l'Uruguay (2-1) à domicile, ou en accrochant l'Argentine à Buenos Aires (0-0).

La sélection du Pérou célèbre sa qualification au Mondial 2018 le 15 novembre 2017 à Lima

Statistiques et Anecdotes

Il fera peut-être bon croiser le Pérou en Russie. Et pour cause : en quatre participations, les Péruviens ont toujours affronté le futur vainqueur du tournoi. Un vrai porte-bonheur !

En 1930, ils s'étaient inclinés en poule contre l'Uruguay (1-0). 40 ans plus tard, au Mexique, c'est le Brésil, sur la route de son 3e sacre, qui leur avait barré la route en quarts de finale (4-2).

Le Pérou avait ensuite cédé contre l'Argentine (6-0) en 1978, une rencontre qui avait permis aux Argentins de se hisser en finale. Près de 40 ans après, elle fait toujours polémique... Enfin en 1982, c'est l'Italie qui avait croisé Los Incas, au premier tour, pour un match nul (1-1).

Année Adversaire Vainqueur Final
1930 Uruguay Uruguay
1970 Brésil Brésil
1978 Argentine Argentine
1982 Italie Italie

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