Le football a officiellement fait son apparition au Kazakhstan en 1914, à une époque où le pays faisait partie de l'immense Empire russe. Le ballon rond, introduit en Russie à la fin du XXe siècle par des marins anglais en escale à Saint-Pétersbourg, a fini par atteindre les steppes kazakhes.

Carte du Kazakhstan.
Les Débuts du Football Organisé
Le Kazakhstan a vu la naissance de clubs de football dans les années 30. Cependant, lors de la création du premier championnat national d'URSS en 1936, les équipes kazakhes n'ont pas été invitées à participer. Elles ont donc évolué dans des divisions inférieures, en attendant une éventuelle promotion dans l'élite, comme pour les autres républiques soumises aux règles établies à Moscou.
L'Ascension du FK Kaïrat Almaty
Le passage de la Première division soviétique de 16 à 22 clubs a permis en 1960 au premier club kazakh de participer enfin au plus haut niveau. C'est le FK Kaïrat Almaty qui a eu cet honneur, un club fondé seulement six ans auparavant, mais sur les fondations du Dynamo Almaty puis du Lokomotiv Almaty. Pour les joueurs Kazakhs, le championnat est une aventure.
Même s’il ne se dispute alors que d’avril à octobre, évitant ainsi la longue période d’hiver, les distances sont énormes et les déplacements harassants, surtout effectués en train. « Cela posait aussi un problème aux autres équipes pour venir jusqu’à Almaty (ville jumelée avec Rennes depuis 30 ans) , raconte Oleg Ansquerskyi, observateur avisé du football caucasien et eurasien.
Mais le Kaïrat Almaty malgré cinq relégations en D2, en 1964, 69, 74, 82 et 88, parvient à disputer 24 saisons dans le championnat d’URSS, jusqu’à sa fin en 1992, et à faire ainsi partie du paysage, en deuxième partie de tableau. Si son meilleur classement est une 7e place acquise en 1986, il remporte la Coupe de la Fédération (équivalent de la Coupe de la Ligue) en 1988, à Chisinau, en Moldavie, face aux Azerbaidjanais du Neftichi Bakou (4-1).
« Mais Almaty a aussi participé à une Coupe européenne, révèle Ansquerskyi, pas une de celles des grands clubs européens, mais la très peu connue « Coupe des chemins de fer » ! Une compétition opposant, sur un ou deux ans, parfois trois, des clubs de pays communistes liés aux trains, comme les Lokomotiv de Moscou ou de Sofia, de 1958 jusqu’en 1991. Et la finale de 1971 a été remportée par les Kazakhs, face au Rapid Bucarest (1-1, 1-0). »
Pourquoi le Kazakhstan fait partie de l'UEFA ?
L'Indépendance et l'Affiliation à l'Asie
Avec la dissolution de l'URSS en 1991, le Kazakhstan récupère peu à peu son autonomie. L'indépendance proclamée en 1992 permet un premier match de la sélection kazakhe, le 1er juin 1992, contre le Turkménistan, lui aussi fraîchement indépendant.
La fédération kazakhe est reconnue par la Fifa en 1994, mais les dirigeants choisissent alors, de par la situation géographique du pays, de rejoindre la confédération d’Asie. « Avec ses joueurs formés à l’école soviétique, le Kazakhstan imaginait pouvoir jouer un rôle majeur en Asie, notamment pour les qualifications à la Coupe du monde… Et c’était aussi une façon de tourner le dos à la Russie éternelle, si dominatrice. »
Mais après avoir échoué à se qualifier pour la Coupe d’Asie 1996, le Kazakhstan se heurte au Japon et à la Corée du Sud dans les éliminatoires du Mondial 98. Il ne passe pas le 3e tour éliminatoire.
Le Passage à l'UEFA
Pour espérer grimper les échelons, le Kazakhstan a fait appel à des sélectionneurs étrangers depuis 20 ans, hollandais, allemand, russe, tchèque, bulgare se sont succédé à la tête de la sélection, sans grand résultat. Le dernier en date est le Praguois Michal Bilek, ancien international tchécoslovaque, puis tchèque, des années 80-90, et ancien sélectionneur de son pays (2009-13).
Arrivé l’année dernière, après avoir entraîné pendant un an le FK Astana, Bilek n’a pas encore eu le temps de faire décoller la sélection kazakhe qui ne peut toujours s’appuyer que sur des joueurs évoluant au pays. Les clubs d’Astana, Almaty, Pavlodar, Karaganda, Ordabasy et Koustanaï fournissant les internationaux.
« Le problème c’est que s’il y a quelques grands talents sur le territoire de l’ex-URSS, il y en a très peu au Kazakhstan. Et si les meilleurs joueurs du Kairat des années soviétiques auraient pu jouer dans des clubs russes de premier plan, ce n’est pas le cas aujourd’hui.
« Le football kazakh a vraiment baissé en qualité, le niveau est tombé avec la fin de l’URSS, constate Oleg Ansquerski. C’est un peu partout pareil dans les autres républiques, mais au moment de l’indépendance, l’État kazakh n’avait vraiment plus un sou. Les fonctionnaires n’étaient pas payés, le football n’était évidemment pas une priorité.
La formation, qui existait sous le régime soviétique, a disparu faute de moyens. Aujourd’hui, l’argent est revenu par endroits. Le football est devenu important pour faire exister le pays dans le monde, comme le cyclisme l’a été au début des années 2000 avec Vinokourov et d’autres coureurs qui ont brillé un peu partout. Les investisseurs locaux se sont de nouveau intéressés au ballon rond.
Les Clubs Kazakhs en Europe
Si la sélection peine, les clubs aussi. Désormais régulièrement engagés dans les compétitions européennes officielles, ils ont été longtemps rapidement éliminés. Mais à partir de 2013, ils ont commencé à se faire remarquer. Aqtöbe Lento a passé trois tours préliminaires de C3, avant de tomber face au Dynamo Kiev (2-3, 1-5). La même saison, le Shaktar Karaganda a été jusqu’au 3e tour préliminaire de la C1, éliminé de justesse par le Celtic Glasgow (2-0, 0-3). Ce qui lui a permis de participer au tour de poule de la C3 ensuite.
Mais la meilleure équipe de ces dernières années est le FK Astana qui est parvenu en 2016 à se qualifier pour le tour de poule de la Ligue des champions après avoir éliminé Maribor (0-1, 3-1), Reykjavik HJK (0-0, 4-3) et Apoel Nicosie (1-0, 1-1). Astana est loin d’être ridicule ensuite. S’il ne gagne pas de match, il n’en perd que deux, pour quatre nuls, le tout face au Benfica Lisbonne, à Galatasaray et à l’Atlético de Madrid.
Les clubs, et principalement celui d’Astana, sont financés par l’État désormais, ce qui leur permet ainsi d’élargir leurs effectifs. Pour fêter les 70 ans du club, le Kairat Almaty a organisé un match entre anciens grands joueurs et anciennes stars européennes (Djorkaeff, Rivaldo, Shevchenko, Figo, Cannavaro…) et il a vu se construire un centre de formation ultra moderne.

Le FK Astana a participé à la phase de groupes de la Ligue des Champions en 2015.
Performances de la Sélection Nationale
Son premier match a lieu le 8 septembre, à Almaty, tout au sud du pays, face à l’Ukraine. Les Kazakhs s’inclinent de peu (2-1). Mais la suite du parcours est moins réussie. Dans un groupe où se trouvent également la Turquie, l’Albanie, la Grèce, le Danemark et la Géorgie, le Kazakhstan perd tous ses matches, sauf un : à Tbilissi, contre les Géorgiens (0-0).
Les Kazakhs attaquent ensuite les éliminatoires de l’Euro 2008. Cette fois dans un groupe de huit équipes, ils obtiennent leurs premières victoires : en battant la Serbie 2-1 à domicile le 24 mars 2007, puis en s’imposant en Arménie le 21 novembre, 1-0. Ajoutés avec quatre matches nuls, dont deux contre la Belgique (0-0 à Bruxelles et 2-2 à Almaty), ils terminent 6es sur 8 avec l’impression d’avoir nettement progressé.
Mais la campagne suivante est plus délicate. Pour le Mondial 2010, le Kazakhstan remporte bien deux matches, contre Andorre (3-0, 3-1), mais perdent tous les autres, contre l’Ukraine (1-3, 1-2), la Biélorussie (1-5, 0-4), la Croatie (0-3, 1-2) et l’Angleterre (1-5, 0-4). Ils ont beau voir deux nouveaux buteurs, Sergueï Ostapenko (qui sera engagé par Anvers, mais ou il ne parviendra pas à s’imposer) et Sergueï Khizhnichenko, cela ne suffit pas.
Ce recul est confirmé par la campagne qui suit. Le Kazakhstan termine dernier de la course à l’Euro 2012. Une victoire à domicile sur l’Azerbaïdjan (2-1) et un nul face à l’Autriche (0-0), ne suffisent pas à effacer huit défaites en dix matches. Ce ne sont pas les éliminatoires du Mondial 2014 qui remontent le moral des Kazakhs. À nouveau en dix matches, ils n’obtiennent qu’une seule victoire, à Astana, contre les Iles Féroe (2-1).
Cette avant-dernière place est encore la leur pour l’Euro 2016 qui se disputera en France. Les Kazakhs ne prennent des points que contre la Lettonie (1-0, 0-0) et en Islande (0-0). La course au Mondial russe de 2018 confirme la stagnation du Kazakhstan.
Pourtant cela démarre bien avec un match nul contre la Pologne, le 4 septembre 2016 à Astana (2-2) : les Polonais menaient 2-0 à la pause, mais Sergueï Khizhnichenko a marqué deux fois en sept minutes (51e, 58e) pour égaliser.
La Ligue des Nations et les Qualifications pour l'Euro 2020
Arrive alors à l’automne 2018, la Ligue des Nations, cette compétition aux allures d’usine à gaz, qui remplace les matches amicaux. Une aubaine pour le Kazakhstan qui a tant de mal à progresser. Placés dans la Ligue « C », le troisième des quatre niveaux de la compétition, les Kazakhs ont six matches contre des adversaires supposés à leur portée : Lettonie, Géorgie et Andorre.
Viennent ensuite les qualifications pour l’Euro 2020 : le 21 mars 2019, le Kazakhstan démarre par un coup de tonnerre : une victoire 3-0 sur l’Ecosse à Astana (Pertsukh 6e, Vorogovskyi 19e, Zaynutdinov 51e). Hélas, trois jours plus tard, la Russie vient doucher les espoirs en s’imposant 4-0 à Astana.
Le Kazakhstan évite juste la dernière place, en battant deux fois San Marin (4-0, 3-1) et une fois chypre (2-1, 1-1). La deuxième Ligue des nations, à l’automne dernier, hélas ne confirme pas cette embellie : le Kazakhstan en effet termine dernier de son groupe où se trouvent la Lituanie, la Biélorussie et l’Albanie.
Cela commence pourtant bien avec un succès à Vilnius face aux Lituaniens 2-0 (Zaiutdinov 3e, Kuat 86e), mais une défaite à domicile face à la Biélorussie gâche tout, une nouvelle fois, trois jours plus tard (1-2).
Kaïrat Almaty en Ligue des Champions
Comme le Pafos FC et Bodo/Glimt, le Kaïrat Almaty, champion en titre du Kazakhstan, s'est invité à la table des qualifiés pour la compétition reine en Europe, après avoir sorti le Celtic Glasgow aux tirs au but (0-0, 3-2 aux t.a.b.).
Dans cette course à une première qualification historique commencée en juillet, les Kazakhstanais avaient d'abord écarté les Slovènes de Ljubljana (1-1, 2-0), les Finlandais de KuPS (0-2, 3-0) puis les Slovaques du Slovan Bratislava (0-1, 1-1).
Le Kaïrat Almaty avait acquis sa place pour les phases qualificatives de la Ligue des champions grâce à son titre national remporté la saison dernière. Ancien club historique du football soviétique notamment vainqueur de la Coupe de la Fédération d'URSS en 1988, le club kazakhstanais a manqué de régularité au début des années 2000. En concurrence avec Astana, il est redevenu un prétendant sérieux aux titres nationaux après son rachat par KazRosGaz en 2012. Régulièrement récompensé en Coupe (5 titres entre 2014 et 2021), il a glané deux titres de champions en 2020 et 2024.
Vainqueur de la Coupe d'Europe des cheminots en 1971
À son palmarès, le Kaïrat Almary compte une Coupe d'Europe. Il a même été le premier club soviétique titré au niveau continental. En 1971, il battait le Rapid Bucarest en finale pour s'offrir la Coupe d'Europe des chemins de fer, une compétition alors réservée aux clubs des pays communistes et archidominée par le Lokomotiv Moscou.
Dans les compétitions de l'UEFA, en 71 ans d'existence, le Kaïrat n'a pas fait mieux qu'un deuxième tour de qualification en Ligue des champions, lors de la saison 2021-2022. Les phases de groupes de la Ligue Europa lui sont aussi plusieurs fois passées sous le nez. En 2015, les Girondins de Bordeaux l'avaient privé de leur première qualification lors des barrages (2-1, 0-1), mais seulement grâce à la règle des buts à l'extérieur. Sa meilleure performance continentale restait jusqu'ici une participation à la phase de groupes de la Ligue Conférence en 2022, terminée à la quatrième place.
Une pépite en attaque déjà signée à Chelsea
Pour conquérir sa place parmi les grands noms du football européen, Almaty a pu compter sur la solidité de sa ligne défensive, essentiellement constituée de joueurs locaux et d'Europe de l'Est, et cela encore plus à domicile. Lors de cette campagne de qualifications, les joueurs de Rafael Urazbakhtin, ancien international kazakhstanais désormais entraîneur, n'ont pas encaissé un seul but au Stade Central, leur antre pouvant accueillir près de 24 000 spectateurs. Lors du match retour face au Celtic Glasgow, ils n'ont jamais craqué malgré la domination des Écossais (67 %, 11 tirs dont trois occasions franches).
L'autre atout du champion en titre du Kazakhstan se cache devant, en attaque. Outre ses attaquants portugais et brésiliens, Rafael Urazbakhtin détient la nouvelle pépite du football national : Dastan Satpaev, auteur de 8 buts en 20 matches de Championnat. Suspendu à cause d'une accumulation de cartons jaunes lors de cet ultime match de barrage, l'attaquant de tout juste 17 ans a tout de même pu briller en Europe.
Trois fois buteur en sept rencontres, il est devenu à 16 ans, 10 mois et 26 jours, lors du match face à l'Olimpija Ljubljana, l'un des plus jeunes buteurs de la Ligue des champions, toutes phases confondues, devant Ansu Fati ou Lamine Yamal. International depuis mars 2025, il a tapé dans l'oeil de Chelsea, qu'il rejoindra à sa majorité, en août 2026.
Au pied des montagnes, à 66 km du Kirghizistan
Après le FK Astana en 2015, le Kaïrat, situé à 300 kilomètres de la frontière chinoise et à 66 km du Kirghizistan, devient le deuxième club kazakhstanais de l'histoire à se qualifier en Ligue des champions. Capitale du pays jusqu'en 2017, Almaty repousse un peu plus à l'Est le territoire parcouru par les équipes engagées dans la plus grande compétition européenne. Si les clubs français (PSG, OM et Monaco) venaient à affronter cette équipe, ils devront parcourir environ 13 000 kilomètres pour jouer la rencontre.
Classement des équipes
Sur la page d'accueil de la compétition, les équipes participantes d'une saison (sélectionnables dans le menu déroulant) sont d'abord classées en fonction de leur valeur marchande totale. Outre les actualités, un aperçu des journées de match et la liste des buteurs, le tableau fournit des informations supplémentaires.
| Équipe | Valeur marchande totale |
|---|---|
| Kairat Almaty | 11,95 mio. € |
| Tobol Kostanay | 8,70 mio. € |
| FK Aktobe | 8,35 mio. € |
| Yelimay Semey | 6,88 mio. € |
| Ordabasy Shymkent | 6,58 mio. € |
| FC Astana | 6,53 mio. € |
| Kaysar Kyzylorda | 4,63 mio. € |
| Zhenis Astana | 4,14 mio. € |
| Qyzyljar Petropavlovsk | 3,83 mio. € |
| Irtysh Pavlodar | 3,55 mio. € |
| FK Atyrau | 2,93 mio. € |
| Okzhetpes Kokshetau | 2,83 mio. € |
| Zhetysu Taldykorgan | 2,48 mio. € |
| FK Ulytau Zhezkazgan | 2,33 mio. € |
| Kaspiy Aktau | 2,05 mio. € |
| Altay Oskemen | 2,00 mio. € |
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