Histoire du Bassin de Crussol Rugby: Des Racines Locales aux Défis Actuels

L'histoire du Bassin de Crussol Rugby est marquée par une évolution constante, des racines locales aux récents défis. Ce club, basé à Guilherand-Granges près de Valence, compte près de 500 joueurs.

L’idée de monter un club de rugby à Toulaud a germé, donnant naissance au Club de Soyons. L’enthousiasme est palpable et les jeunes du village adhèrent au projet. Marcel Dichamp succède à Me Ferrier et prend la présidence à l’orée de la 2ème année à Tournon.

Le rugby est-il devenu trop dangereux ?

Ascension Sportive et Engagement envers les Jeunes

Le club remporte le titre de champion des Alpes 4ème série à St Marcellin contre Monestier de Clermont (victoire 19 à 11). Il accède en 3ème série et perd en 16ème de finale du championnat de France. L'équipe réserve est entrainée par Gérard Demas. Mallet, Maurice Ranc et Thierry Brottes s'occupent de l'équipe première.

Le Bassin de Crussol Rugby monte en Fédérale 3 après sa victoire de ce dimanche 23 avril face à l’entente Vaulnaveys-Vizille. C'est une première dans l'histoire du club, le Bassin de Crussol Rugby Guilherand-Granges en Ardèche jouera la saison prochaine en Fédérale 3 après sa victoire ce dimanche 23 avril en demi finale de ligue Aura. Victoire 25 à 16 contre l'entente Vaulnaveys-Vizille sur la pelouse de Saint-Marcellin.

Mathieu Camberabero, petit-fils du célèbre Guy Cambérabéro est le capitaine du club. Il est forcément très fier de son équipe : "l'objectif c'était de faire une montée sur 5 ans mais là c'est arrivé dès la première année du projet donc c'est incroyable. Il y avait un nombre de spectateurs impressionnant aujourd'hui, c'était super. On voit des gens qui pleurent de joie au bord du stade. C'est super avec notre petit niveau de pouvoir faire ça."

Le club, récompensé par la Ligue Aura pour son action avec les jeunes, cultive avec soin son école de rugby. En 2018, les clubs de Guilherand-Granges et Toulaud fusionnaient leur équipe senior. Ils actaient un mariage déjà effectif depuis deux décennies en école de rugby, sous l’appellation de Bassin de Crussol. « Nous perdions beaucoup de jeunes joueurs, explique le vice-président, François Alibert. Maintenant, ils savent où rester.

Crussol ne connaît pas la crise dans son école de rugby. Et il aligne tous les ans deux équipes juniors en nom propre, en Régionale 1 et Régionale 2. « Nous n’existerons que si nous arrivons à former des jeunes, rappelle dirigeant. Cet accent mis sur les jeunes a été récompensé en fin de saison par le premier prix du Rugby Social Club, décerné par la Ligue Aura.

Accusations de Racisme et Enquête en Cours

Après un été tortueux, la Fédération française de rugby est une nouvelle fois touchée par une sombre affaire révélée par le Dauphiné Libéré fin septembre. Un jeune joueur du club ardéchois du Bassin du Crussol serait la cible de propos racistes de la part de son entraîneur et de ses coéquipiers.

Ce jeudi 3 octobre, Mediapart et sa journaliste Marie Turcan publient le témoignage édifiant de la mère du jeune. Ce jeudi 3 octobre, Mediapart publie les témoignages du jeune et de ses proches dont sa mère, Céline. Elle se dit profondément inquiète de l’état de santé psychologique de son fils.

Plusieurs invectives à caractère raciste auraient été lancées à son encontre par l’entraîneur et ses coéquipiers comme « vendeur de tapis », « trop bronzé ». Un sondage aurait même circulé sur Snapchat pour titre « Pour ou contre les Arabes ? » Sans parler de messages faisant l’apologie du terrorisme et même la photo d’un joueur avec une croix gammée.

L’entraîneur est avisé de ces messages par le jeune rugbyman au printemps 2024, sur les conseils de sa mère et de son grand-père. Rien ne bouge. Une lettre est alors envoyée au président du club en avril 2024. Selon Mediapart, un autre dirigeant aurait affirmé au grand-père que « l’affaire ne devait pas faire trop de vagues ».

Les proches du jeune affirment même qu’il était pris pour un harceleur et non plus la victime. Alors qu’un médecin écrit sur une attestation qu’il montre « des signes d’anxiété, des douleurs abdominales liées à l’angoisse et des troubles du sommeil ». La famille a alors déposé une main courante au commissariat de la commune et interpellé la cellule de prévention et de protection des populations rugby (C3PR) de la FFR.

Fin juin, Laëtitia Pachoud, vice-présidente de la fédération chargée de la C3PR, répond à Céline que « l’entraîneur était suspendu pour six mois » dans le cadre de la procédure engagée. Mais à la reprise des entraînements cet été, l’entraîneur est toujours là et coache l’équipe des U19, à laquelle appartient désormais la jeune cible des attaques. À Céline, Laëtitia Pachoud confirme pourtant que le courrier aurait « été signé de sa main ».

Le club, par la voix de son président Olivier Gatto, a tenu à « rappeler la présomption d’innocence ». Il ajoute qu’il « n’y a aucune preuve d’une éventuelle culpabilité de l’entraîneur. Il est parmi nous depuis quinze ans, et aucun autre cas n’a été remonté par d’autres familles ».

« Toute cette histoire me brise le cœur, lâche Céline à Mediapart. On parle quand même d’un enfant. Dans un communiqué envoyé à la suite de la parution de l’article du Dauphiné, le club indiquait pourtant que « le bureau directeur du club a pris attache auprès de la Fédération française de rugby, la Ligue Auvergne-Rhône-Alpes de rugby et du comité départemental. En aucun cas, le club ne cautionne, s’ils sont avérés, les propos et les actes.

Une plainte vise actuellement le club du Bassin du Crussol pour des propos racistes qu'auraient tenu de jeunes joueurs. L'entraîneur est déjà suspendu pour ces faits depuis fin novembre.

Le Témoignage de Khelis

À l'adolescence, Khelis se destine à une passion, le rugby. Il intègre le groupe U14 (moins de 14 ans) d'un club ardéchois important, le Bassin du Crussol Rugby. Pendant deux ans, Khelis vit sa passion à fond, pratique trois fois par semaine et sacrifie ses week-ends. Jusqu'au jour où il intègre les U16. L'enfant est le fruit d'un couple mixte, une mère d'origine européenne et un père d'origine maghrébine qu'il n'a pas revu depuis l'âge de deux ans.

Dans son nouveau groupe, il entend des remarques ou des insultes. T'es trop bronzé, sale Arabe, vendeur de tapis. Je me suis dit, quand j'entendais ça, que c'était pour rigoler au début. Quand ça continue pendant deux ans, on se rend compte que ces personnes sont méchantes.

Avec un autre joueur, Khelis est la cible de ces attaques dans les vestiaires, dans le bus et même sur le terrain. Certains refusent de lui serrer la main, de lui parler, "comme si j'étais différent". Les joueurs associent Khelis, qui se décrit comme respectueux, "à quelqu'un que je ne suis pas".

Au fil du temps, la passion lâche un temps Khelis, le dégoût s'installe. L'adolescent n'a plus envie de jouer, reste chez lui, se coupe de ses deux meilleurs amis qui l'ont accompagné dans ce club. Il décide de parler à son entraîneur, qui aurait lui aussi proféré des propos racistes à son encontre. "Je lui explique que j'en ai marre des remarques racistes des joueurs et de lui, et je lui explique que ce n'est pas normal qu'il y en ait qui ne me parlent pas, qui ne me disent pas bonjour".

La réponse de l'entraîneur déçoit Khelis. "Et là, l'entraîneur me dit que pour la cohésion de l'équipe et pour le bien de tout le monde, il faut que j'aille voir, et il cite les joueurs qu'on a dénoncés, que j'aille les voir, que je leur dise que je mange du porc, que je ne traîne pas avec les Arabes et que je ne suis pas dans la religion. Je le regarde dans les yeux et je lui dis, mais Nicolas, c'est du racisme. Il me regarde et il me fait", Khelis mime un haussement d'épaules.

L'entraîneur a été suspendu début décembre 2024 pour cet épisode qu'il reconnaît, parle de propos maladroits et nie les insultes. L'enquête devra établir son rôle dans un collectif où le racisme est décomplexé. Un sondage "Pour ou contre les Arabes" est relayé. Il y a des photos qui circulent parodiant Hitler pour le glorifier. Une autre, prise dans les vestiaires, montre le dos d'un joueur couvert d'une croix gammée.

La mère de Khelis a rencontré également l'entraîneur pour arrêter ce flot d'actes racistes. S'ils ont diminué en intensité un temps, ils auraient repris par la suite. "On a essayé de régler les choses en interne avec le club, et ils ont voulu se soutenir entre eux" déplore la mère en cherchant à contenir son émotion.

Du côté de la LICRA (Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme), qui a porté plainte, Patrick Kahn regrette que le club ait fait échouer une médiation avec la mairie de Guilherand-Granges.

Le directeur du Bassin du Crussol Rugby assure avoir considéré le problème au plus vite et se défend de diriger un club raciste. "J'apprends cela en avril 2024 un mardi, après un entretien entre la maman et l'entraîneur et le mercredi j'interviens. Je rédige un courrier que je fais lire par un joueur devant tout le monde, qui acquiesce. Je dis que c'est inadmissible, qu'on ne tolérera jamais cela dans le club".

S'il a été suspendu, la mère de Khelis regrette que l'entraîneur assiste toujours aux matches et soit toujours en contact avec les joueurs et le club. La direction du club rappelle la présomption d'innocence et relève qu'en vingt ans dans le club, aucune autre plainte contre son entraîneur ne lui a été remontée.

Propos, photos et insultes racistes, la Licra s'est portée partie civile face à ce climat. Patrick Kahn est président de la commission sport de l'ONG en Auvergne-Rhône-Alpes. Pour lui, sans aucun doute, le meurtre de Thomas à Crépol a délié les langues xénophobes. "Cette tragédie a fortement impacté toutes les populations locales, en Drôme-Ardèche jusqu'aux confins du Vaucluse, dans un climat où les actes racistes et antisémites ne cessent de monter".

L'association observe que Crépol a permis à des individus de s'autoriser à dire en toute liberté des propos racistes, faisant fi des cinq d'emprisonnement et 75.000 euros d'amende encourus. "Nous sommes confrontés collectivement à un vrai problème de violence et de libération d'une parole raciste et antisémite, où les gens pensent qu'ils peuvent tout se permettre et qu'il n'y aura pas de conséquences" note Patrick Kahn.

Aujourd'hui, Khelis joue dans un autre club et ne reviendra pas au Bassin du Crussol. "Ça m'a vraiment fait changer. Je suis en colère.

Chronologie des Événements Marquants

Date Événement
Avant 2018 Fusion des équipes de jeunes de Guilherand-Granges et Toulaud sous le nom "Bassin de Crussol".
23 avril Le Bassin de Crussol Rugby monte en Fédérale 3.
Avril 2024 La mère de Khelis rencontre l'entraîneur pour discuter des actes racistes.
Avril 2024 Une lettre est envoyée au président du club concernant les propos racistes.
Début Décembre 2024 L'entraîneur est suspendu suite aux accusations de racisme.

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