La NBA, abréviation de National Basketball Association, est la principale ligue professionnelle de basketball en Amérique du Nord. Fondée en 1946, elle est composée de 30 équipes (29 aux États-Unis et 1 au Canada) regroupées en deux conférences: la Conférence Est et la Conférence Ouest. Dans un pays où le hockey sur glace règne en maître, le basketball a su trouver sa place, notamment grâce à l'ascension des Toronto Raptors.

Les Origines du Basketball au Canada
On l'oublie souvent, mais la relation entre le basket et le Canada remonte aux origines mêmes de ce sport. En effet, le Dr. James Naismith, l'inventeur du basket en 1891, est un citoyen de l'Ontario et il a fait ses études à Montréal avant de traverser la frontière pour devenir professeur dans un YMCA de Springfield dans l'état du Massachusetts. Pour tromper l'ennui de ses étudiants en hiver, le docteur James Naismith, né au Canada, prof de sport dans le Massachusetts, leur propose, en 1891, un jeu qui consiste à lancer un ballon dans un panier attaché à 3,05 m de haut.
Les Débuts de la NBA au Canada
Au lendemain de la fin de la Seconde Guerre mondiale, la population a soif de divertissement. S'il existe déjà plusieurs petites ligues de basket aux Etats-Unis, Walter Brown, propriétaire du Boston Garden, voit quant à lui les choses en grand. Pourquoi ne pas créer un championnat où les matchs se joueraient non plus dans des petites arènes ou gymnases mais dans les plus grandes salles de spectacle du pays ? Il convie donc un groupe d'une vingtaine de personnalités, dont un certain Frank Selke, propriétaire du Maple Leafs Garden de Toronto, une magnifique salle de 13 500 places.
Le consortium lance donc la “Basketball Association of America” (BAA), qui deviendra deux ans plus tard la “National Basketball Association” (NBA). Des équipes sont attribuées aux grandes villes de l'est du du Midwest des Etats-Unis, ainsi qu'à la capitale de l'Ontario, Toronto.
Les Toronto Huskies
A l'époque, chaque propriétaire se devait de débourser la somme de 150 000 dollars pour recevoir une franchise. Ce montant est versé par un groupe d'investisseurs de Bay Street, mené par Ben Newman. Les Toronto Huskies sont nés. Le 1er novembre 1946 a lieu le premier match de l'histoire de la ligue et c'est à Toronto que cette rencontre est organisée.
Les Huskies accueillent les New York Knickerbockers lors du match inaugural et l'affluence est très satisfaisante avec plus de 7 000 spectateurs dans les tribunes du Maple Leafs Garden. Pour l'anecdote, cette salle a fermé ses portes en 1999 après la construction de l'Air Canada Centre mais le bâtiment existe toujours et est aujourd'hui devenu… un supermarché.
Malheureusement, les résultats ne suivent pas et les Huskies terminent la saison 1946-1947 dans le bas de tableau avec un bilan de 22 victoires pour 38 défaites. Malgré Mike McCarron, meilleur marqueur de l'équipe avec 10,8 points et surtout Ed Sadowski (qui a joué dix matchs pour 19,1 points de moyenne), l'équipe ne parvient pas à être rentable. A la fin de la saison, le déficit opérationnel est de plus de 100 000 dollars.
Le public se désintéresse peu à peu du basket, préférant soutenir les Maple Leafs qui iront jusqu'à décrocher la Stanley Cup cette année là. Les équipes marketing essaient les stratégies les plus folles pour attirer un public varié, comme la distribution de bas à toutes les femmes présentes dans la salle mais rien n'y fait. Newman quitte la tête de la franchise pour prendre en main une usine sidérurgique de la ville de St. Catherine, près des chutes du Niagara et cède son bien à Eric Cradock, propriétaire des Montreal Alouettes (football américain) et Harold Shannon.
Cependant, le budget ne parvient pas à être ficelé pour la saison suivante et devant l'ampleur du challenge, les deux hommes préfèrent renoncer et mettent la clé sous la porte après une seule saison ! La NBA continue quant à elle son petit bonhomme de chemin et prendre petit à petit son envol, sous l'impulsion de joueurs tels que George Mikan, Bob Cousy, Bill Russell, Wilt Chamberlain ou Oscar Robertson.
TORONTO RAPTORS 🦖 - LA GRANDE LIGUE #4 - L'HISTOIRE DE LA PLUS GRANDE FRANCHISE DU CANADA !
Le Retour du Basketball au Canada dans les Années 1990
Les années 1980, et la prise de pouvoir de David Stern, marquent un tournant pour la NBA avec la volonté de s'étendre et de toucher de plus en plus de marchés. Les finances sont saines et le risque de voir une équipe disparaître est pratiquement nul. Plusieurs grandes villes envoient leur dossier de candidature à David Stern : Dallas, Orlando, Miami… et Vancouver. Un entrepreneur de la métropole de la Colombie Britannique, Nelson Skalbania, veut y implanter une franchise et relancer le basket au Canada.
C'est au milieu des années 1990 que le basket va faire son grand retour dans le Grand Nord Blanc. La NBA, qui compte alors vingt-sept franchises, veut en créer deux de plus. Le 30 septembre 1993, le basket fait officiellement son retour à Toronto avec l'attribution d'une franchise à la ville de Toronto et à l'homme d'affaires John Bitove. Le ticket d'entrée est plus élevé qu'en 1946 : 125 millions de dollars pour la création de l'équipe (contre 150 000 dollars à l'époque).
Reste à trouver un nom à cette nouvelle franchise… Un lobby nommé “Bring Back the Huskies” milite pour reprendre le nom original mais le logo des Minnesota Timberwolves est alors trop proche de celui des Huskies.
Toronto a son équipe mais le Canada ne compte pas en rester là. Arthur Griffiths, le propriétaire des Vancouver Canucks (NHL) veut lui aussi son équipe afin de rentabiliser sa nouvelle salle. Le 14 février 1994, cinq mois après Toronto, Vancouver obtient à son tour une franchise NBA. La ville était en concurrence avec Pitttsburgh et Tampa mais Stern donne son aval au projet canadien. La NBA fait un retour en force au Canada avec non pas une mais bien deux nouvelles franchises.
La Création des Toronto Raptors
Dernière-née des franchises canadiennes, l’équipe de Toronto a été fondée en 1995 et son nom a été choisi par le public lors d’un concours national très suivi. Le choix a surpris par son côté futuriste et ludique, tranchant avec les noms plus traditionnels. Mais il a conféré à la franchise une identité immédiatement reconnaissable et appréciée des jeunes fans.
Cette équipe basée à Toronto en Ontario est fondée en 1995 dans le cadre de l’expansion de la NBA au Canada avec les Grizzlies de Vancouver. Une fois que la relocalisation des Grizzlies en 2001 s’est produite, cette franchise a demeuré l’unique en NBA à être localisée en dehors des Etats-Unis, et dans le cas présent au Canada. Les Raptors évoluent en NBA au sein de la Conférence Est. Ils évoluent à la Scotiabank Arena qu’ils partagent avec les Maple Leafs de Toronto (hockey).
Les débuts sont très prometteurs, tout du moins sur le plan économique. En effet, les produits dérivés des Raptors font fureur et les matches font le plein. Sans salle, l'équipe de Toronto joue ses matchs au Skydome, le stade de baseball des Toronto Blue Jays, et terminent la saison avec plus de 23 000 spectateurs de moyenne. Le stade de 50 000 places fait même le plein lors de la visite des Chicago Bulls et inflige à Michael Jordan et sa bande l'une de ses dix défaites de la saison, sous l'impulsion de Damon Stoudamire, le meilleur rookie de l'année.
Les Difficultés Économiques et le Départ des Grizzlies
Les choses se passent moins bien à Vancouver. Comme Minnesota ou Orlando en leur temps, la franchise a eu un mal fou à vendre ses season tickets, à tel point que l'entreprise Shoppers Drug Mart a dû en acheter plus de 2 500 pour franchir la barre des 12 500 abonnés. Fragilisés par les difficultés économiques du Canada à la fin du millénaire et par le lock out de 1998, Arthur Griffiths annonce la vente des Grizzlies en septembre 1999 à Bill Laurie, un riche investisseur de St. Louis. David Stern s'oppose à cette vente, voulant à tout prix conserver la franchise à Vancouver.
Elle sera finalement vendue quatre mois plus tard à un industriel de Chicago, Michael Heisley. Celui-ci jure de ne pas toucher à la franchise mais il faut se rendre à l'évidence : les Grizzlies ne sont pas rentables en l'état. Deux villes font rapidement acte de candidature pour la relocalisation de la franchise : Louisville et Memphis.
La période 1995-2005 est noire pour le sport canadien avec la perte de quatre franchises. Outre les Grizzlies, les Québec Nordiques et Winnipeg Jets en NHL (en 1995 et 1996) et les Montreal Expos (en 2005) quittent elles aussi le pays pour se relocaliser aux Etats-Unis.
L'Ère Vince Carter et les Hauts et Bas des Raptors
Cependant, avec l’arrivée de Vince Carter en 1998, les résultats de la franchise s’améliorent rapidement. Cette équipe participe aux play-offs à partir de 2000. Vince Carter, alias « Air Canada », joue un rôle déterminant dans les résultats de sa formation.
Quant aux Raptors, l'histoire de l'équipe est tumultueuse. Incapables de garder leurs meilleurs joueurs (Damon Stoudamire, Vince Carter, Chris Bosh, sans compter le jeune mais talentueux Tracy McGrady), ils végètent le plus souvent dans le ventre mou du classement, n'atteignant le deuxième tour des playoffs qu'une seule voir en près de vingt ans. Le public suit de loin les résultats de son équipe, les Maple Leafs restant de très loin l'équipe de cœur des Torontois.
Quand Vince Carter a quitté Toronto pour les Nets, cela s’est fait dans des conditions très tumultueuses. Au point que les fans le lui ont longtemps reproché. Pour ce Floridien de naissance qui est entré au Hall of Fame, la cérémonie du 2 novembre en marge de la venue des Kings ne l’a pas laissé de marbre. Entre 1998 (l’année où il a été drafté) et 2004, « Half-Man Half Amazing »est passé par tous les états au sein de la franchise canadienne. L’ancien joueur de Dallas a beaucoup aidé son équipe à grandir, à la populariser, à la mettre sur la carte lors de son passage à Toronto, avant de prendre la direction de New Jersey.
Comme la ville, l'équipe est très internationale mais ne compte aucun joueur canadien, ce qui aurait pu relancer la machine commerciale. Superstar de la NBA, les venues de Steve Nash, double MVP et porte-drapeau du basket canadien, à Toronto frisent l'émeute à chaque apparition.
L'Ascension des Raptors et le Titre de 2019
A la fin des années 2000, la tendance économique s'inverse. Les Etats-Unis sont à leur tour frappés par la crise tandis que le Canada est florissant. En NHL, les Winnipeg Jets ont fait leur grand retour en 2011 et plus de 15 000 season tickets ont été vendus en moins d'un quart d'heure. Les Raptors remontent quant à eux la pente et viennent de battre le record de victoires en une saison avec 47 succès et un titre de champion de l'Atlantic Division, le deuxième de l'histoire de la franchise après 2007.
Cette année-là, les Raptors remportent leur premier titre de Conférence et accèdent à leur première finale. Ils remportent finalement leur premier titre (contre Golden State 4-2 en finale). Le premier titre pour une équipe en dehors des Etats-Unis ! Les Raptors, qui sont depuis cette nuit du 14 juin la première franchise canadienne NBA titrée. Cette finale 2019 contre Golden State était aussi la première jamais disputée hors du territoire des États-Unis.
Les Raptors célèbrent leur victoire historique en 2019.
« Cette franchise de Toronto a eu des hauts et des bas, note George Eddy. Ils ont gagné un titre (en 2019, Ndlr) un peu à la surprise générale. C’est déjà pas mal. Il y a beaucoup d’équipes qui n’ont jamais gagné de titre. Ils aimeraient donc bien être à la place de Toronto. Désormais, ils sont un peu au creux de la vague.«Ils ont peut-être besoin de bousculer les choses au niveau des dirigeants pour avoir du sang-neuf au niveau des joueurs. Cela semble patauger depuis quelques années. Ils donnent un peu cette impression de manquer d’ambition. L’époque de Vince Carter et de Tracy McGrady a été spécialement spectaculaire. Après, c’est toujours la même histoire. C’est en fonction des joueurs que l’on a. Quand ils ont eu de belles générations, cela a plutôt bien fonctionné ».
Kyle Lowry a tout vécu à Toronto, les belles régulières depuis son arrivée, les catastrophes collectives et individuelles en Playoffs, et le titre de l’an dernier en étant le parfait second de Kawhi. Grosses pensées à DeMar DeRozan et Jonas Valanciunas, piliers de l’équipe sur la décennie, mais échangés juste avant le sacre.
Avec un tel duo membre de l’équipe championne en 2019 et des paris sur l’avenir comme O.G. Anunoby ou Chris Boucher, les Raptors ont déjà une belle base sur laquelle construire un nouveau chapitre de la franchise canadienne.

L'Avenir du Basketball au Canada
Dès lors, peut-on imaginer la création d'une nouvelle franchise au Canada dans les années à venir ? Mais le plus excitant pour le basket canadien est l'arrivée une génération en or, emmenée par le prodige Andrew Wiggins.
Si la NBA a toujours eu une poignée de joueurs canadiens, leur nombre devrait exploser dans les années à venir. Tristan Thompson, Anthony Bennett, Kelly Olynyk, Cory Joseph ou encore Andrew Nicholson seront bientôt rejoints par Wiggins mais aussi le meneur Tyler Ennis ou encore le shooteur Nik Stauskas. Interrogé il y a quelques mois, Wiggins a révélé que son rêve serait de jouer pour les Toronto Raptors.
La grande réussite de l’expansion des Toronto Raptors aura été de transformer le Canada en un pays de basket. Le Canada est désormais le premier pays derrière les Etats-Unis en nombre de joueurs NBA ainsi que l’une des nations émergentes du basket FIBA. « C’est devenu un très bon marché de basketball. (NDLR en parlant du Canada) Je dirais que les Toronto Raptors ont fait du très bon boulot afin de devenir l’équipe du Canada. Je sais qu’il y a de l’intérêt à Montréal. Une réussite culturelle et sportive que l’on doit en grande partie aux talents de l’Ontario et plus particulièrement à l’aire urbaine de Toronto, mais aussi de plus en plus à Montréal.
Après avoir présenté le potentiel d’une expansion à Montréal, reste la réalité du terrain. La métropole francophone est-elle aujourd’hui en mesure d’accueillir une franchise NBA ? Le Canada n’a jamais semblé aussi prêt à accueillir une deuxième franchise NBA. Montréal, deuxième plus grande agglomération du pays semble être une suite logique dans la volonté d’internationalisation de la NBA. Niveau infrastructures, la ville dispose de la Bell Centre, salle de 21 900 places accueillant les Canadiens ainsi que des matchs de présaison NBA de manière régulière.
Les Champions Canadiens dans les Autres Sports
Bien que les Raptors soient la seule franchise canadienne à avoir remporté un titre NBA, le Canada a connu le succès dans d'autres sports :
| Sport | Équipe | Nombre de titres | Dernier titre |
|---|---|---|---|
| Hockey sur glace (NHL) | Canadiens de Montréal | 24 | 1993 |
| Hockey sur glace (NHL) | Toronto Maple Leafs | 13 | 1967 |
| Hockey sur glace (NHL) | Edmonton Oilers | 5 | 1990 |
| Hockey sur glace (NHL) | Calgary Flames | 1 | 1989 |
| Baseball (MLB) | Toronto Blue Jays | 2 | 1993 |
Il est intéressant de noter que, malgré le succès des Blue Jays dans les années 1990, aucune équipe canadienne n'a remporté de titre de baseball majeur depuis 26 ans.
Les Toronto Blue Jays, champions de la Série mondiale en 1992 et 1993.