Le football australien, plus qu'un sport, est une institution culturelle. Partout dans le pays, l'AFL est un divertissement passionnant.
Dans cet article, plongeons au cœur de l'histoire du football australien en Coupe du Monde, en explorant ses moments marquants, ses joueurs emblématiques et son évolution au fil des décennies.

Terrain de football australien.
Les Débuts du Football en Australie
En Australie, le « soccer » a longtemps été considéré comme un sport d’immigrés. Il a fallu un demi-siècle pour qu’il devienne populaire, grâce à Johnny Warren, joueur, entraîneur et dirigeant surnommé « Captain Socceroo ».
L’aboutissement de son travail a été la création de l’A-League en 2005.
Qualifications et Premières Participations
L'Australie est devenue le premier pays à se qualifier pour une Coupe du Monde aux penalties. Chez les fans de soccer australiens, le 16 novembre 2005 est connu comme le « 16 Novembre ».
Ce soir-là, 83 000 spectateurs vêtus d’or étaient au Stade olympique de Sydney pour le barrage retour face à l’Uruguay de Recoba et Lugano. La défaite australienne à Montevideo (1-0) a été compensée par leur victoire en temps réglementaire ce soir-là (1-0, but de Bresciano). Les prolongations n'ont rien changé. Pour la première fois de l’histoire, la place au Mondial s'est jouée aux penalties.
Le tir raté de Mark Viduka a été suivi par deux arrêts du légendaire gardien Mark Schwarzer. L’Australie n’avait plus atteint le Mondial en trente-deux ans et son sort dépendait du cinquième tir et du pied de John Aloisi.
Avec le recul, l’attaquant d’Alavés dit n’avoir jamais douté de sa réussite. Il avait passé la veille à perfectionner un seul et même tir : à mi-hauteur, à gauche du gardien. Et c’est comme ça qu’il a battu Fabian Carini.
Rescapée de barrages intercontinentaux particulièrement accrochés (courte victoire contre les Émirats arabes unis puis qualification aux tirs au but contre le Pérou), l'Australie dispute cet automne la sixième Coupe du monde de son histoire.
Mieux, elle a validé son ticket pour le grand rendez-vous du gratin mondial pour la cinquième fois consécutive après 2006, 2010, 2014 et 2018.
L'élargissement de la compétition, de 16 à 32 pays, peut expliquer cette époque dorée des Socceroos après trois décennies de disette.
Coupe du Monde 2006 : L'Apogée
Les Socceroos peuvent rêver de rééditer l’exploit de 2006 en sortant de la poule C face à la France, au Pérou et au Danemark.
En 2006, Cahill marque le premier but des Socceroos en Coupe du monde, lors d’une remontée victorieuse face au Japon (3-1). Cahill marquera tellement en sélection - 50 buts - qu’il pèse à lui tout seul 45 % des buts de son pays dans l’histoire de la compétition.
Si l’Australie n’est pas une nation historique du football, les Socceroos ont longtemps pu compter sur leur cœur et leur esprit de combat pour rester compétitifs dans les grandes occasions. Ils ont connu leur apogée en 2006, lorsque l’Australie s’est qualifiée pour les huitièmes de finale de la Coupe du monde, grâce à une génération “dorée” composée notamment de Tim Cahill et Harry Kewell.
Leur effectif vieillissant devra s’inspirer de la campagne héroïque de 2006 qui avait conduit l’équipe en huitièmes de finale, ne perdant que sur un penalty tardif et contestable face aux futurs vainqueurs : l’Italie.
Le capitaine et roc défensif Mile Jedinak a les jambes lourdes après une saison prolongée par les barrages de D2 anglaise et je n’ai pas su renouveler mon attaque : on compte encore sur Tim Cahill, qui fait bien ses 38 ans.
Joueurs Emblématiques
Parmi les joueurs à suivre, on retrouve :
- Tim Cahill : Même s’il n’a plus ses jambes d’antan, ce milieu offensif devenu attaquant reste une pièce maîtresse du dispositif australien. C’est le meilleur buteur de l’histoire de la sélection (31 réalisations).
- Mile Jedinak : À 29 ans, le milieu de terrain réalise une superbe saison à Crystal Palace. Il est l’un des trois joueurs de champ à avoir joué chaque minute de la saison.
- Tommy Oar : Ce milieu offensif pourrait s’avérer décisif. Il est l’un des rares de la jeune génération à s’être imposé dans un club de première division en Europe (à Utrecht).
Entré au panthéon des Socceroos, la carrière de Tim Cahill l'a consacré comme la légende du ballon rond australien.
Le meilleur buteur de l'histoire de la sélection australienne avait inscrit le tout premier but des Socceroos lors d’un Mondial en 2006. Cette équipe qui était un savant mélange de dureté (Lucas Neill, Craig Moore, Kevin Muscat) et de finesse technique (Kewell, Viduka, Bresciano) avait atteint les huitièmes de finale, perdu contre la Squadra Azzurra.
Mais personne n'oubliera son chef-d'œuvre contre les Pays-Bas de Robin Van Persie lors du Mondial brésilien en 2014. Une reprise de volée surpuissante du gauche sur une belle ouverture qui vient frapper la barre avant de rentrer.

Sam Kerr, une figure emblématique du football australien.
L'Impact de l'Immigration sur le Football Australien
En Australie, l'immigration a toujours eu une place importante. Près de 30% de la population sont nés à l'étranger. Le football n'échappe pas à ce phénomène.
Dans un premier temps, ce sont les colons britanniques qui l'ont importé. Puis, après la Seconde Guerre mondiale, de nouvelles populations en provenance d'Europe arrivent. Des équipes sont créées, très souvent avec une dimension communautaire assumée.
En 1977, ce sont ces mêmes générations de migrants européens qui vont contribuer à la création du premier championnat national, la National Soccer League. Des équipes dites ethniques, composées d'Italiens, de Croates, de Serbes, d'Hongrois, de Grecs vont en affronter d'autres garnis de Macédoniens, d'Allemands, de Maltais, d'Anglais…
Aujourd'hui encore, le football doit lutter contre un certain snobisme, voire un mépris.
A l'image du pays, l'équipe nationale est un melting-pot. Ironie de l'histoire, en 2006, lors du match contre la Croatie au Mondial, trois joueurs de l'équipe adverse sont nés… en Australie.
Tout au long de cette périlleuse campagne pour le Mondial 2022, Graham Arnold a appelé des joueurs aux origines extrêmement diverses : Royaume-Uni, Serbie, Italie, Pays-Bas, Turquie, Bosnie, Nouvelle-Zélande, Malte, Irlande, Nigéria, Liban, Afghanistan…
L'influence africaine sur le football australien est déjà très visible. Trois joueurs issus de la communauté sud-soudanaise et de familles ayant fui la guerre, Awer Mabil, Thomas Deng et Garang Kuol, sont du voyage. Keanu Baccus est lui né en Afrique du Sud.
En réalité, à l'exception de l'Amérique du Nord, tous les continents ont été représentés lors de ces éliminatoires.
L'Évolution du Football en Australie
La A-League a été lancée en 2005 sur le modèle des franchises des championnats américains. Elle a été mise en place pour remplacer l’échec de la très impopulaire National Soccer League.
Et c’est aussi à ce moment-là qu’il a été décidé très officiellement d’appeler le football “football”, et non plus soccer. Cette A-League “se fraye aujourd’hui un chemin sur le marché encombré du sport australien”, notamment avec l’arrivée de stars européennes du ballon rond comme Alessandro Del Piero ou William Gallas.
Pour le magazine anglais When Saturday Comes, les raisons du succès grandissant du football en Australie sont à chercher dans l’organisation même de la A-League. Elle préserve le suspense car elle est imprévisible, grâce à la grande homogénéité des équipes, préservée par le salary cap.
“L’appétit pour le foot ne semble donner aucun signe d’essouflement”, ajoute When Saturday Comes, alors que l’arrivée de quelques stars attirent de plus en plus les projecteurs.
Bien que le football australien reste principalement populaire dans son pays d’origine, il commence à se développer dans d’autres régions du monde. Un intérêt croissant pour ce code a été observé en Europe, en Asie et en Amérique, avec la création de ligues amateurs et semi-professionnelles qui permettent aux joueurs de pratiquer le footy loin de l’Australie.
En France, le football australien gagne peu à peu en visibilité, notamment grâce à des clubs comme les Gabians de Palavas, basés en Occitanie. Cette équipe regroupe des passionnés de footy souhaitant promouvoir ce sport sur le sol français. Les Gabians participent à divers matchs et tournois en France et en Europe, affrontant d’autres équipes locales et internationales.
Dans des villes comme Paris, Toulouse ou Bayonne, des passionnés se rassemblent pour découvrir ce sport atypique. Certains clubs français s’inspirent des méthodes de formation des équipes de l’AFL.
Le footy est bien plus qu’un simple sport en Australie. C’est une véritable institution qui rassemble les gens et crée un fort sentiment d’appartenance. Sa popularité croissante à l’international témoigne de son potentiel à conquérir de nouveaux publics et à s’imposer comme un championnat de référence sur la scène mondiale.
Tableau des Participations de l'Australie en Coupe du Monde
| Année | Résultat |
|---|---|
| 1974 | Premier tour |
| 2006 | Huitièmes de finale |
| 2010 | Premier tour |
| 2014 | Premier tour |
| 2018 | Premier tour |
| 2022 | Huitièmes de finale |