Le Sporting Union Agen Lot-et-Garonne (SUA LG) est un club de rugby emblématique avec une histoire riche et passionnante. De sa création à aujourd'hui, le club a connu de nombreux moments clés qui ont façonné son identité.

Les Débuts du Club
Tout a commencé en 1908 lorsque l’Union Sportive Agenaise, axée sur le cyclisme, a fusionné avec le Sporting Club Agenais, une organisation de rugby dirigée par Alfred Armandie. Cette fusion a donné naissance au Sporting Union Agenais, adoptant les couleurs bleue et blanche, grâce à André Piquemal.
Cela a conduit à la dissolution des rivalités entre les deux organisations et a permis la pratique de plusieurs sports sous une même entité.
La Construction du Stade Armandie
En 1921, après de longues démarches, le président Monties a obtenu la location du terrain de Genevois et a fait construire le stade Alfred Armandie, grâce à des subventions et une souscription auprès des habitants d’Agen. Une tribune couverte de 65 mètres de long, pouvant abriter 1500 personnes, a été érigée.
Le 21 avril 1957, Agen a été choisi pour accueillir un match international France-Italie. Le quinze de France a surclassé l’Italie (38-6) devant plus de 9 000 spectateurs. Le S.U. Agenais a reçu les félicitations unanimes pour son organisation et son accueil chaleureux.

L'Expansion des Installations
Au fil des années, les installations du club se sont développées pour répondre aux besoins croissants des joueurs et des supporters.
- La Tribune Basquet: En 1972, la tribune Basquet a été construite, accueillant la corbeille présidentielle et devenant un espace supporter majeur avec une capacité de 4500 places.
- Le Centre de Formation: Le centre de formation a été inauguré le 6 mai 1988 par le Premier Ministre Jacques Chirac, le Maire Georges Ricci et le président de la F.F.R. Albert Ferrasse. Ce centre visait à faire d’Agen un Centre National de Formation Sportive et rugbystique.
- La Tribune Lacroix: La tribune Lacroix, opérationnelle depuis 2007, offre une vue imprenable sur le terrain et est animée par les fidèles supporters d’Armandie.
La nouvelle tribune Ferrasse a été inaugurée le 7 octobre 2022, offrant une vue imprenable et permettant d’accueillir un nombre record de spectateurs. Elle symbolise un investissement considérable dans le club et marque un tournant dans le renouveau du SUA LG.
Au sein de la tribune se trouve la rue des Légendes, mettant à l’honneur tous les Brennus gagnés par le club ainsi que les événements historiques importants du SUA LG.
Le président Robert Guignard a réalisé le rêve de nombreux dirigeants en installant le S.U.Agenais dans ses meubles, à l’ancien « Restaurant Aquitain ». Au fil des saisons, le club a enfin construit sa « Maison » avec une magnifique salle des Trophées.
Philippe Sella : Une Légende
Philippe Sella, célèbre trois-quarts centre, a été élu meilleur joueur du monde en 1986. Il a été le premier joueur de l’histoire de l’équipe de France à dépasser les 100 sélections.
La Gouvernance Actuelle
Sous la direction de Jean-François Fonteneau et avec le soutien du vice-président Frédéric Pechavy, le club de rugby du SUA LG est dirigé avec passion et engagement.
Changements dans le Staff d'Entraîneurs
Le retour de Mauricio Reggiardo, dans un rôle qu’il a déjà occupé avec succès entre 2017 et 2019, n’est pas le seul changement dans le staff agenais. Guillaume Jan arrive de Nevers pour prendre la succession de Barry Maddocks comme entraîneur des trois-quarts et il prendra aussi en charge l’attaque.
Après sa défaite contre Toulon en Top 14, le SU Agen a officialisé le nom de son nouvel entraîneur. Agen a officialisé l’arrivée comme manager de Régis Sonnes, qui sera assisté dans sa mission par deux anciens joueurs du SUA, Jalil Narjissi en charge des avants et Sylvain Mirande qui s’occupera des lignes arrières. Ils ont tous les trois un lien et un attachement particulier avec le club.
Sonnes, 48 ans, ancien 3e ligne d’Agen (1998-2001), avait débuté sa carrière d’entraîneur à Armandie (2005-2006) comme adjoint du duo Christian Lanta - Christophe Deylaud.
Les Défis et l'Avenir
En retombant du Top 14 en Pro D2, le SU Agen pensait mettre fin à son calvaire. La saison dernière, le club agenais avait déjà réussi "l’exploit" de perdre la totalité de ses 26 rencontres dans l’élite. En deuxième division, l’histoire semble se répéter. Les "Bleu et Blanc" se sont inclinés lors de leurs sept premiers matchs. Vendredi 22 octobre, ils espèrent casser cette spirale infernale en recevant Aurrillac.
À Agen, il faut avoir une bonne mémoire pour se souvenir de la dernière victoire du club. Elle remonte au 22 février 2020, avant la crise sanitaire, face au CA Brive (30-16). Depuis, le SUA n’y arrive plus. Le calvaire agenais a débuté dès la rencontre suivante, face à Clermont (15-32), pour le dernier match de la saison 2019-2020, interrompue en raison du Covid-19.
Dès le mois de novembre 2020, après sept revers dans l'élite, la direction du club avait écarté le manager Christophe Laussucq et l’entraîneur des avants Rémi Vaquin. Un duo composé de Régis Sonnes et Sylvain Mirande les avait remplacés quelques semaines plus tard, sans plus de succès.
Voyant l’histoire se répéter en Pro D2, le club avait fait appel, le 1er octobre, à Christophe Deylaud, ancien du club, arrivé comme consultant au sein du staff. Lors de la dernière journée, face à Vannes, les "Bleu et Blanc" étaient donc menés par David Ortiz, l’entraîneur des avants, et Sylvain Mirande, qui a ensuite quitté le club par soutien avec Régis Sonnes. Face aux Bretons, qui avaient aussi perdu toutes leurs rencontres depuis le début de saison, les Agenais ont reçu une gifle (46-3).
Joint par franceinfo: sport, Jean-François Fonteneau accuse le coup : "C’est compliqué, on est tous très tristes. Je suis triste pour les joueurs, mais également pour les supporters et nos partenaires. Cette situation est très lourde, usante. On sent bien que quelque chose ne fonctionne pas, mais en même temps ça repose parfois sur des faits de jeu. Les joueurs n'ont plus confiance et finalement, ils lâchent un peu le match".
Le président appelle son effectif à une remise en question : "Je sens qu'ils sont très affectés, mais ce sont eux qui sont sur le terrain. Ce sont des professionnels qui ne doivent pas lâcher".
Jean-François Fonteneau explique cette série noire par l’environnement du club : "Dans le secteur agenais, tout ça est très anxiogène, la relation avec le rugby est complètement schizophrène, on est dans l’irrationnel. Il y a une pression autour du club qui est très négative".
Selon lui, les sources du problème remontent au début de la saison 2019, où le club a perdu plusieurs joueurs formés au club, ce qui a fragilisé l’équipe : "Julien Hériteau est parti à Toulon, Antoine Miquel est parti à Toulouse, Denis Marchois est parti à Pau… Ces jeunes étaient une forme de colonne vertébrale, ils représentaient l’identité du club mais on ne pouvait pas les garder, c’était des choix de carrière". Les recrutements pour pallier ses départs n’ont pas permis à Agen d’être plus performant en Top 14.
Président du club pendant onze ans, avant de passer la main à Jean-François Fonteneau, Alain Tingaud désespère de voir le SUA lanterne rouge de deuxième division : "C’est catastrophique. Comme des milliers de personnes, je suis extrêmement triste que ce club historique du rugby français soit dans cette situation". Il appelle son successeur à la tête du club à admettre sa responsabilité : "Dans une entreprise, quand les performances ne sont plus là, on peut toujours critiquer ses collaborateurs. Mais quand ça dure, que c’est long et qu’il y a une perte de confiance totale, il faut comprendre que celui qui a organisé le club en est responsable.
Décrié par les supporters, Jean-François Fonteneau accepte sa part de responsabilité : "Quand on gère un club de sport, il faut avoir le cuir tanné. Parce que quand un club gagne, c’est grâce aux joueurs, mais quand il perd c’est la faute des joueurs, quand il perd un peu plus c’est la faute du manager, et quand il perd encore plus c’est la faute des dirigeants.
Alain Tingaud a tout de même proposé une rencontre à son successeur et au maire d’Agen, sans recevoir de réponse positive : "Je voulais faire des propositions concrètes sur l’organisation, la structuration du club, avec un projet pour le sauver. Mais c’est une fin de non-recevoir et tant pis, je reste en dehors maintenant".
Même si Alain Tingaud assure ne faire aucun procès d’intention à Jean-François Fonteneau et souhaite simplement sortir le club de l’ornière dans laquelle il est, l’actuel président perçoit ces déclarations comme un moyen de pression : "Ce comportement n’est pas celui de quelqu’un qui veut aider, c’est un règlement de comptes. Quand on commence à tirer à boulets rouges dans la presse, je ne pense pas que ce soit une solution.
Le malaise existant entre les entraîneurs et les joueurs agenais n'était plus un secret pour personne depuis de longues semaines. Un compromis qui n'a pas permis de relancer le quinze agenais. Les dernières contre performances (défaite à domicile face à Narbonne, match nul samedi dernier face à Bayonne) contraint aujourd'hui le club lot-et-garonnais à jouer le maintien.
A trois journées du baisser de rideau, les dirigeants du SUALG ont donc poussé leurs entraîneurs vers la sortie pour que la chute agenaise ne soit pas catastrophique. Avec seulement trois victoires et un nul depuis le début de la phase retour (seule l'équipe de Narbonne a fait moins bien), la menace d'une descente en Pro D2 est bien réelle compte tenu du calendrier difficile qui attend les Agenais (déplacements à Perpignan et Toulouse avant de recevoir le Stade français).
Nombreux sont ceux qui louent la qualité de l’effectif agenais. S’il est durement concevable pour le microcosme agenais d’imaginer le SUA descendre en Nationale, qu’en est-il des différents entraîneurs de Pro D2 ? Le dernier en date est le manager dacquois Jean-Frédéric Dubois qui, avant la rencontre de vendredi dernier, se voulait confiant pour l’avenir du SUA en Pro D2 : "Je pense que ça sera Aurillac qui finira barragiste. Ils reçoivent Montauban qui s’apprête à jouer les play-offs alors qu’Agen, de son côté, va affronter Mont-de-Marsan qui n’a plus rien à jouer. Mais bon, il faut s’attendre à tout dans ce championnat".
Même son de cloche du côté du manager briviste, Pierre-Henry Broncan : "Ce club n’est pas à sa place. On connaît la qualité de leur effectif et de leurs infrastructures. Sur le papier, je pensais sincèrement qu’ils allaient être bien plus haut".
"On peut avoir peur de certaines choses, mais voir Agen descendre en Nationale ce n’est pas possible"Nombreux sont ceux, en effet, à avoir loué la qualité de l’effectif agenais : "Cette équipe d’Agen a du potentiel" abondait l’entraîneur biterrois Pierre Caillet il y a quelques semaines. "Mais elle n’arrive pas encore à l’affirmer de façon pérenne. C’est une formation qui se construit avec un nouveau projet. Ça va aboutir, mais forcément dans tout projet il y a des étapes à franchir. Il manque cette confiance et cette régularité qui vont arriver". Inconcevable pour lui également de voir le club lot-et-garonnais descendre en troisième division : "On peut avoir peur de certaines choses, mais voir Agen descendre en Nationale ce n’est pas possible.
Voici un tableau récapitulatif des entraîneurs récents du SU Agen :
| Période | Entraîneur(s) |
|---|---|
| Avant novembre 2020 | Christophe Laussucq et Rémi Vaquin |
| Novembre 2020 | Régis Sonnes et Sylvain Mirande |
| Octobre 2021 | David Ortiz et Sylvain Mirande (puis départ de Mirande) |
| Après la défaite contre Toulon | Régis Sonnes, Jalil Narjissi, Sylvain Mirande |
L'histoire du SU Agen est riche en rebondissements, marquée par des périodes de gloire et des moments difficiles. Les défis actuels nécessitent une remise en question profonde et une mobilisation de toutes les forces vives du club. L'avenir du SUA dépendra de sa capacité à se réinventer tout en restant fidèle à ses valeurs et à son identité.
1981-1982 Résumé Finale SU Agen - Bayonne
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