Youssoupha Fall: Un Parcours Exceptionnel du Sénégal aux Parquets Européens et l'Ambition NBA

Youssoupha Fall (2,21 m, né le 12/01/1995) est un joueur de basket originaire de France. Actuellement, il évolue avec le FC Barcelone en Liga Endesa et en EuroLeague.

Mesuré à 2m23 à l’Eurocamp de Trevise, Youssoupha Fall (21 ans, Le Mans) n’attendait qu’une chose : montrer son talent aux scouts NBA après avoir essentiellement joué en championnat espoir cette année. Malheureusement, le natif de Dakar a été contraint de stopper net son camp suite à un problème de chaussures.

Après trois derniers matches de playoffs dans la plus totale discrétion, Youssoupha Fall, le supergéant du Mans (2,21m) a repris du poil de la bête lors du Match 3 de la demi-finale face à Strasbourg: 7 points, 5 rebonds, 3 contres et une présence dans la raquette qui a servi d’épouvantails à Alsaciens.

Youssoupha Fall (2.21m) est le joueur le plus grand de Betclic ELITE. Né au Sénégal, le pivot est formé au MSB. Après une année à Strasbourg, il est parti à Baskonia en 2019 et a remporté en 2020 le titre de champion d'Espagne sous les ordres de Dusko Ivanovic.

Youssoupha Fall, troisième invité de #BasketLive

Les Débuts et la Formation au Sénégal et au Mans

« J’ai rejoint la SEED Academy (Sénégal) pendant un an et demi jusqu’en 2013 date à laquelle je suis arrivé au Mans. Là-bas, il y avait 24 joueurs et 4 coaches pour nous faire travailler. Cela ressemble à l’INSEP avec une alternance des cours et des entraînements. »

Pour Le Maine Libre, il revient sur son parcours et notamment son prêt la saison dernière à Poitiers, en Pro B:« Au début, sincèrement, je me suis dit, je peux jouer en Pro A, explique-t-il. Je ne comprenais pas vraiment pourquoi je devais aller là-bas alors que je dominais en Espoirs. Mon agent m’a dit que Poitiers ça serait une bonne chose mais que je devais décider moi- même. Je pouvais rester au Mans mais c’était un peu fermé avec Erman Kunter. Finalement, j’ai suivi le conseil et je ne l’ai pas regretté. J’ai eu du temps de jeu, le coach m’a fait confiance, j’ai démarré tous les matches. C’était très bénéfique à l’arrivée J’ai compris que parfois, il faut reculer pour mieux sauter. Beaucoup de jeunes ne le comprennent pas. On veut tout, tout de suite, mais ça ne marche pas comme ça »

Le MSB a monté un projet en fondant de gros espoirs sur son trio de grands (Cornelie-Jeanne-Fall). Avec Petr et Jonathan, on se motive et on travaille dur. On a la taille mais on se doit de travailler dur au quotidien à tous les niveaux : physique, technique et mental.

Au début j’avais du mal à terminer les séances d’entraînement. Physiquement les séances étaient très dures et j’avais du mal à défendre sur Mouphtaou Yarou. J’ai beaucoup appris cette saison. Je suis capable de résister au défi physique qu’il m’impose. Quand je suis arrivé en France, j’étais toujours à 5 fautes en espoirs.

Dorénavant, je maitrise mon physique car je me suis renforcé. Quand on est grand, on nous colle cette image du poste 5 qui doit défendre, prendre du rebond, mettre des contres mais je ne veux pas être cantonné à ça.

L'Expérience Européenne et l'Évolution du Jeu

Champion de France avec le MSB en 2018, Youssoupha Fall (2,21 m) découvre cette saison la crème du basket européen avec Vitoria.

Youssoupha Fall : « C’est une saison avec des hauts et des bas. C’est un peu une année d’apprentissage, de transition même si je ne l’avais pas prise comme ça au début. Ce n’est pas évident, c’est un nouveau niveau pour moi, j’apprends tous les jours. Disputer l’Euroligue la semaine et le championnat d’Espagne le week-end, qui est la ligue nationale la plus réputée, c’est encore différent que de jouer la Jeep Elite et la BCL. Vous disputez des compétitions bien différentes en termes de style de jeu que ce vous avez connu jusque-là.

« En Euroligue, je suis de plus en plus à l’aise. En Liga ACB, c’est un jeu très tactique aussi. Il y a une dimension physique mais la tactique est très poussée. Les coachs sont très forts dans ce secteur, ici. On a changé d’entraîneur en cours de saison mais que ce soit Velimir Perasovic avant que Dusko Ivanovic aujourd’hui, c’est un peu la même culture.

Justement, dans une équipe comme Vitoria, la concurrence est rude. « On a un gros effectif mais c’est plus une émulation qu’une concurrence. On est comme des frères. On doit d’abord penser à l’équipe, à ce qu’on peut apporter pour gagner.

« Vitoria, c’est le bon spot. La ville est vraiment adaptée pour être concentré sur le basket. Il n’y a pas grand-chose d’autres à faire d’autre (sourire). Surtout que les gens, ici, sont passionnés. Mais même si on se focalise toujours sur le Real Madrid ou Barcelone, il y a aussi une certaine pression à Vitoria. C’est un club prestigieux.

Même si on doit jouer 5 ou 10 minutes, l’idée c’est de les rentabiliser le plus possible. Faire une bonne défense, prendre des rebonds, scorer si l’on peut, sans forcer. On est trois poste 5 dans le groupe et il y a aussi des 4 qui peuvent se décaler en pivot.

« (Il coupe) Oui mais justement, il ne faut pas s’arrêter à ça et se croire arrivé. Le but c’est d’être constant. Le plus possible. Tout est important à ce niveau-là. J’ai déjà fait des gros matchs d’Euroleague et trois jours après, je ne rentrais que deux minutes en championnat. Ou inversement. Comme on joue beaucoup (près de 70 matchs hors playoffs), on ne reste jamais longtemps sur ce qui est passé, on doit tout de suite se replonger sur le match qui arrive.

Parti à Barcelone l’été dernier, Youssoupha Fall (2,21 m, 30 ans) occupe un rôle de rotation au poste 5. L’ancien pivot du Mans, Strasbourg et de l’ASVEL a signé sa deuxième meilleure performance à l’évaluation (12) ce mercredi 5 février lors de la victoire du club catalan face au Maccabi Tel-Aviv (100-71). En 17 minutes, le Franco-Sénégalais a cumulé 5 points à 2/2 aux tirs, 6 rebonds et 2 fautes provoquées. Cette saison en EuroLeague, le champion de France 2018 et 2022 tourne à 3,6 points à 74,3% de réussite aux tirs et 2,6 rebonds pour 4,5 d’évaluation en 8 minutes après 16 matches.

Ambitions et Perspectives d'Avenir

Même si la NBA est devenue peu gourmande de pivots sur dimensionnés, le Franco-Sénégalais l’a toujours en tête :« Ça reste un objectif, évidemment. Il ne faut pas brûler les étapes car je ne veux pas aller là-bas pour rester sur le banc, ça ne servirait à rien. Il faut le bon timing, le bon spot.

Pour la saison prochaine on n’a pas encore discuté de mon rôle avec Erman Kunter (coach du Mans).

« Bien sûr ! Je suis notamment les clubs où je suis passé Poitiers, Strasbourg et évidement, le MSB. Avec les gars du titre de 2018, on a un groupe de discussion, on échange souvent.

Et pour l’avenir, dans 4-5 ans ?Ça dépend de ma progression. Mais je suis déterminé. J’ai envie d’aller le plus haut possible bien sûr. La NBA c’est le but ultime et si je dois pour cela jouer dans des clubs européens je le ferai.

Tu as choisi de jouer pour l’équipe de France plutôt que le Sénégal, mais ça coince au niveau du dossier de naturalisation. Tu as des nouvelles ?Non, ça coince toujours. Après, je suis surtout focalisé sur Le Mans pour le moment : comment gagner les matchs et apporter plus.

Tu es encore un très jeune joueur, surtout pour ton poste. Qu’est-ce que tu dois améliorer en priorité ?Être plus actif : plus monter sur les écrans et redescendre ensuite vite pour gêner les tirs. Être plus rapide en course aussi. Être plus intense et être aussi un élément moteur pour l’équipe.

Les Statistiques de Youssoupha Fall (2025-2026)

Compétition Points % de réussite aux tirs Rebonds Passes décisives Minutes par rencontre Matchs disputés
Liga Endesa 6,8 66,7% 5,2 0,3 12 12
EuroLeague 2,8 68,4% 2,1 0,1 8 12

Anecdotes et Réflexions Personnelles

Je sais que tu n’aimes pas trop qu’on te le rappelle, mais tu es quand-même très grand, ce n’est pas gênant pour le cinéma où les places ne sont pas toujours très grandes ?Ça va, y’a pire, surtout dans les cinémas récents.

Comment est-ce que tu trouves l’organisation du club ?Carrée. Tout est très bien organisé. Tout le monde se connaît aussi. Les gens sont au club depuis plusieurs années, au moins des dizaines pour la plupart, et ça se ressent aussi.

Au niveau du coaching, quelles sont les différences entre Éric, Erman et Ruddy (Nelhomme, coach de Poitiers) ?Chaque coach est différent : ils n’ont pas les mêmes méthodes de travail. Ruddy, lui, fait plus confiance aux jeunes, il est connu pour ça. Lui, il ne fait pas confiance aux jeunes ?(Rires) Non, ce n’est pas vraiment ça… il a bien donné confiance à des jeunes par le passé. En fait, avec lui ça passe ou ça casse. Avec toi ça ne passait pas ?Non… c’est plus qu’il a fait ses choix et il n’a pas voulu me faire jouer. Et Éric ?Éric c’est quelqu’un qui laisse jouer et qui te fait confiance : il laisse les joueurs jouer quoi !

Dans l’équipe tu as plus d’affinités avec certains joueurs ?Franchement je m’entends hyper-bien avec tout le monde. Peut-être un peu plus avec Mykal… Will… Antoine… et Terry aussi. Mais tout le monde est sympa dans l’équipe, tout le monde me donne des conseils. J’ai la chance d’être dans une équipe avec des joueurs expérimentés. Romeo me donne beaucoup de conseils aussi.

Quelle est ton ambition pour la fin de saison ?Déjà se qualifier pour les play-offs, parce que ce n’est pas encore acquis. Ensuite c’est d’aller le plus loin possible. On n’a peur d’aucune équipe, après on verra bien ce que ça donnera.

Quel est ton meilleur souvenir sportif ?La finale de la coupe de France, même si je n’ai pas joué. Et le pire ?Le dernier match de la saison dernière avec Poitiers contre Denain. On était sixième avant le match, Denain n’avait plus rien à jouer, Jeff (Greer, ndlr) avait annoncé qu’il arrêtait sa carrière à la fin de la saison, mais nous on avait prévu que ça ne serait pas son dernier match, parce qu’on allait se qualifier pour les play-offs. Il y avait toute sa famille et tout… et on perd sur un tir au buzzer de Terry. Ça nous avait vraiment assommé, que Jeff finisse sa carrière comme ça. Par contre cette action fait partie des meilleurs souvenirs de Terry.Oui, c’est clair. En un sens je suis content pour lui, surtout que c’est un gros travailleur. Je pense qu’il ira loin… très loin.

Ta principale qualité ?Au basket, ma taille forcément. Et ton plus gros défaut ?Houlà, encore plus dur. Regarder Koh-Lanta aussi ?Ah oui, aussi, c’est vrai que j’aime bien cette émission. C’est ce soir en plus !

Tu as un film préféré ou un genre de films préféré ?Récemment, j’ai bien aimé Black Panther. Sinon j’aime surtout les comédies, parce que j’aime bien rire.

Si tu pouvais changer quelque chose chez toi, ce serait quoi ?J’aimerais que mes parents soient là pour me voir jouer. C’est vrai que tu as perdu ta mère quand tu étais tout petit, et ton père l’année dernière. Comment on fait pour grandir sans sa maman ?Ce n’est pas facile. Heureusement j’ai été bien entouré par la famille de mon père et de ma mère. Ils sont toujours au Sénégal ?Oui, sauf ma sœur que j’ai pu faire venir à Tours en début d’année. Mais j’appelle régulièrement ma famille. J’aimerais bien faire venir aussi mon autre petite sœur et mon petit frère pour qu’ils puissent faire leurs études ici.

Si tu étais un animal, ou quel est ton animal préféré ?Un lion ! Un livre préféré peut-être ?En fait, je n’ai pas lu tant de livres en entier que ça, je préfère lire des extraits. Un plat préféré ?Oh j’aime beaucoup de choses, je suis très ouvert et pas du tout difficile. Avant je n’aimais pas les légumes mais je me suis habitué parce que je le dois pour travailler mon corps. Si tu pouvais discuter avec qui tu voulais, vivant ou mort, qui choisirais-tu ?Ma mère. Je l’ai perdue à 11 ans et j’aimerais bien que le Youss mature puisse discuter avec elle. Mon père aussi, mais j’ai plus pu discuter avec lui, même en tant qu’adulte puisqu’il était avec moi.

Une équipe de basket préférée ?Pas vraiment d’équipe, mais j’aime bien Lebron James, donc n’importe quelle équipe dans laquelle il joue je suis fan.

Est-ce que tu as un message pour les fans du MSB ?Cette année on est bien. La salle est toujours bien remplie et on sent qu’ils sont derrière nous. Alors je voudrais qu’ils continuent à venir nous supporter. Cette année tout est possible et on a un coup à jouer, surtout si on récupère Pape pour les play-offs.

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