Morteza Mehrzad : La Star Iranienne du Volley-Ball Assis Prête à Briller aux Jeux Paralympiques de Paris

La star iranienne du volley-ball assis, Morteza Mehrzad, a relevé d'innombrables défis en raison de sa taille imposante, mais il est désormais prêt à aider son équipe à remporter une nouvelle victoire aux Jeux paralympiques de Paris.

Un Géant sur le Terrain

Avec une taille imposante de 2,46 mètres, Morteza Mehrzad est estimé le deuxième homme vivant le plus grand du monde et l'athlète le plus grand à avoir jamais participé aux Jeux paralympiques, selon le site du Comité international paralympique (IPC).

Il l’est l’une des stars des Jeux paralympiques de Paris 2024. Le volleyeur iranien Morteza Mehrzad, 2,46 mètres, “n’a pas d’égal”, observe le quotidien américain The Washington Post.

Peu de personnes peuvent s'asseoir à sa table et dire "je suis plus grand que toi". Il n'y en aurait même qu'une seule. Deuxième homme le plus grand de la planète, derrière le Turc Sultan Kösen (2,51m), Morteza Mehrzad, 36 ans, est le plus grand athlète paralympique de l'Histoire.

Le joueur iranien de 36 ans a rejoint l'équipe nationale iranienne de volley-ball assis en 2015 après que l'entraîneur l'ait repéré dans une émission de télé-réalité sur des individus en difficultés.

Après avoir intégré un centre de formation, il fait ses débuts avec l'équipe nationale d'Iran en mars 2016, quelques mois avant les Jeux paralympiques de Rio, retrace le site Olympics.com.

Car, malgré sa taille, Morteza Mehrzad, 36 ans, est longtemps resté inaperçu. Jusqu’à ses 22 ans il a vécu complètement reclus chez lui, sans sortir.

Les Débuts et les Défis

"On m'a toujours appelé le 'grand garçon' avant même de rejoindre l'équipe nationale ou (de participer aux) Jeux paralympiques", confie-t-il à l'AFP après une séance d'entraînement à Téhéran.

Bien avant d’être vu comme une star au pays, le « géant » en situation de handicap a souffert du regard des gens.

Jeune, le natif de Roudsar, ville bordant la mer Caspienne, reçoit le diagnostic d’une acromégalie, une maladie due à un excès d’hormones de croissance, qui explique sa très grande taille : 2,46 mètres.

A sa naissance en 1987, il est diagnostiqué d'une acromégalie ou gigantisme, une maladie due à un excès d'hormone de croissance.

Il a été diagnostiqué à un jeune âge d'une acromégalie, une maladie due à un excès d'hormones de croissance.

“À l’école, j’étais beaucoup plus grand que mes camarades de classe et, à cause de cela, j’étais toujours insulté et humilié”, confiait-il en 2022 lors d’une interview au site sportif Varzesh 3.

Au cours de son adolescence, il a eu un accident de vélo, se blessant au bassin et retardant la croissance de sa jambe droite, qui est maintenant environ 15 centimètres plus courte que sa jambe gauche.

Au cours de son adolescence, il a un accident de vélo et se blesse au bassin.

“À l’âge de 12 ans, je me suis cassé la jambe et, malheureusement, faute de traitement approprié et par manque de connaissance de ma maladie, ma jambe droite a cessé de grandir et est devenue plus courte que l’autre de 15 centimètres.”

Aujourd’hui, elle est environ 15 centimètres plus courte que la gauche.

Longtemps, Morteza Mehrzadselakjani a vécu reclus. Caché. Comme prisonnier de son corps de géant de 2,46 m et de sa condition d'infirme, l'impression de n'être pour les autres qu'une bête de foire.

Sa vie prend un tournant après une coïncidence : l'entraîneur de l'équipe de volley-ball assis iranienne le repère, alors qu'il a 24 ans, dans une émission de téléréalité sur des individus en difficulté.

Ce jour de 2011, on y revient, l'animateur de Mah-e Asal appelle Hadi Rezaeigarkani, un ami proche, pour s'assurer qu'il sera devant son poste le soir venu.

« Quand j'ai vu Morteza, j'ai tout de suite pensé qu'il avait le potentiel pour nous être utile, se souvient-il, nous aider à nous améliorer et gagner des titres. »

Morteza allait devoir mettre de côté sa passion pour le foot, un crève-coeur pour lui, l'amoureux de Manchester United et du Real Madrid, mais un « miracle » l'attendait quelques années plus tard.

L’Iranien voit alors le sport comme un exutoire. « Jouer au volley-ball assis m'a beaucoup aidé, livrait Mehrzad. J’ai transformé mes limites en opportunités. »

"J'ai transformé mes limites en opportunités", a déclaré Mehrzad.

"Jouer au volley-ball assis m'a beaucoup aidé", se réjouit-il.

"Le physique que je considérais autrefois comme très mauvais m’a aidé dans ce jeu et j’ai pu en faire bon usage », confiait-il à l’Agence France-Presse (AFP) avant les Jeux.

Etre membre de cette équipe iranienne l'a aussi aidé à surmonter certaines crises personnelles, notamment la mort de sa mère en 2019. Le drame "a été et est toujours douloureux...

Un Palmarès Impressionnant

Le joueur se souvient encore combien il a été à la fois "difficile" et "intéressant" d'assister à ses premiers matchs internationaux en Chine en 2016 puis aux Jeux paralympiques de Rio, où son équipe a terminé championne.

Ses débuts aux JO de Rio 2016 ont été "difficiles" et "intéressants", retrace Morteza Mehrzad. "L'ambiance là-bas et l'attente de notre part de remporter l'or étaient très difficiles pour moi", raconte-t-il.

Il a décroché des médailles d'or aux Jeux paralympiques d'été de 2016 puis de 2020 et a reçu le Ballon d'or du meilleur joueur du monde en 2019, 2021 et 2022.

Il est considéré comme le meilleur joueur du monde et a décroché des médailles d'or aux Jeux paralympiques d'été de 2016 puis de 2020 et a reçu le Ballon d'or du meilleur joueur du monde en 2019, 2021 et 2022.

En résulte un palmarès inégalé : deux titres olympiques (2016 et 2021) et trois Ballons d’or du meilleur joueur du monde (2019, 2021 et 2022).

Les médias locaux ont salué Mehrzad comme "arme mortelle" de l'Iran et un "gentil géant".

« Gentil géant », « arme mortelle », la presse locale ne tarit pas d’éloges à son sujet.

Humble, il semble gêné par cette lumière. « J’apprécie qu’on me considère comme le meilleur du jeu, mais ce n’est pas le cas, a-t-il déclaré avant les Jeux. Chacun de nos gars est le meilleur… Ensemble, nous formons la meilleure équipe du monde. »

"J'apprécie qu'on me considère comme le meilleur du jeu mais ce n'est pas le cas", a-t-il déclaré. "Chacun de nos gars est le meilleur... et ensemble, nous formons la meilleure équipe du monde."

Mehrzad affirme que rejoindre l'équipe nationale de volleyball assis l'a aidé à surmonter certaines crises personnelles, notamment la mort de sa mère en 2019.

Le drame, dit-il, "a été et est toujours douloureux...".

Le Volley-Ball Assis : Un Sport en Développement

Le volley assis est actuellement dans une phase de développement.

Tous handicaps éligibles à la pratique de ce sport. On y retrouve majoritairement des joueur(se)s amputés de membres inférieurs.

On peut également trouver des joueurs amputés d’un avant-bras. Ce type de handicap n’étant pas particulièrement favorable à cette pratique, ces joueurs seront souvent ou très grands ou très bons techniquement.

Et ils joueront tous avec une prothèse afin de faciliter leur déplacement au sol et la réalisation des passes en “manchette”.

Les joueurs ont principalement des limitations d’amplitude articulaire au niveau de la cheville ou des pertes de force musculaire dans un ou les membres inférieurs.

Version handisport du volley-ball, le volley-ball assis est un jeu rapide et intense !

L’objectif, comme au volley, est de faire tomber la balle dans le terrain adverse, grâce à une attaque bien placée par exemple !

Les joueurs sont assis à même le sol et « glissent » pour se déplacer, avec l’aide de tous leurs membres.

Une règle à retenir : les fesses des joueurs ne doivent à aucun moment quitter le terrain de jeu.

Le volley assis se joue à deux équipes de six joueurs.

Quand on est assis, avoir un grand buste et de grands bras est un avantage.

Résultat, même assis, il peut frapper le ballon jusqu’à 1,95 m du sol !

Ce sport requiert également souplesse et cardio.

Les matchs se déroulent en 3 sets gagnants (5 sets maximum).

Quasiment toutes les balles sont jouées avec les mains hautes, du fait de la hauteur du filet à hauteur de buste.

L’objectif premier est d’accélérer le jeu pour ne pas laisser le temps au contre adverse de s’organiser pour venir contrer l’attaquant qui recevra la passe.

Malgré tout, il sera très rare pour un attaquant de ne pas avoir de contre en face de lui.

Née, selon les sources, en 1943 ou en 1956, cette pratique a d’abord été une activité de rééducation pour les soldats amputés.

C’est le Comité des sports néerlandais qui a organisé la première manifestation le 5 mai 1956 à Amsterdam devant 25 000 spectateurs.

L’entrée du volley assis aux Jeux paralympiques intervient quelques années plus tard, en 1980 pour les hommes.

Discipline récente en France, le volley assis est encore en phase de développement.

Mais que vous ayez un handicap ou pas, si vous souhaitez développer votre précision tout en travaillant votre cardio, que votre sangle abdominale a besoin d’être développée… laissez-vous tenter par l’aventure !

L'Iran participe aux Jeux paralympiques de volleyball assis depuis 1988 à Séoul et a fini champion dans sept des neuf compétitions.

Depuis plusieurs années, l’Iran rafle tout chez les hommes et fait une fois de plus figure de grande favorite à Paris.

En attendant, l'équipe intensifie son entraînement avant le tournoi, où elle affrontera des rivaux d'Ukraine, du Brésil et d'Allemagne.

Les Rivaux

"Notre principal rival est la Bosnie... même si nous ne devons pas sous-estimer le Brésil, l'Allemagne et l'Egypte", indique Mehrzad.

Son principal rival : la Bosnie, et notamment Ermin Jusufovic, l'un des piliers de l'équipe bosniaque, qui espère détrôner les Iraniens aux Jeux paralympiques de Paris en 2024.

Portée par le meilleur joueur du monde, Morteza Mehrzad, l’équipe devra dompter la Bosnie-Herzégovine : c’est la seule équipe à les avoir privés de l’or, à deux reprises, lors des neuf dernières éditions des Jeux.

Les deux nations se sont affrontées en finale lors de toutes les éditions des Jeux depuis Sydney 2000, à l'exception de ceux de Tokyo il y a trois ans.

"Le moral de l'équipe est très bon", a déclaré Mehrzad. "Les gars sont très bons et préparés", faisant référence à ses coéquipiers.

“Il peut être considéré comme le meilleur joueur de notre équipe”, a indiqué l’entraîneur de la sélection iranienne de volleyball assis, Hadi Rezaei.

Mehrzad affirme qu'il n'a reçu aucune offre jusqu'à présent pour rejoindre d'autres ligues et qu'il "ne serait pas intéressant de partir dans une ligue étrangère".

Cinq ans plus tard, sélectionné pour ses premiers Jeux Paralympiques à Rio, Mehrzadselakjani découvre à plus de 10 000 km de Tchalous l'Amérique du Sud.

Certains des adversaires de l'Iran protestent, se remémore son entraîneur, parlent d'un avantage « inéquitable », mais la Fédération internationale tue dans l'oeuf la polémique : aussi grand soit-il, Mehrzadselakjani est à sa place au Brésil, handicapé comme les autres (il entre dans la catégorie VS2, celle des joueurs connaissant des pertes de force musculaire dans un ou les membres inférieurs).

Il n'empêche, la concurrence sera contrainte de s'adapter : avec ses longs bras, le géant iranien peut smasher la balle à 1,95 m du sol, soit 80 cm au-dessus du filet, et son arrivée ne fera qu'accélérer la course aux gabarits hors norme.

« Affronter un joueur comme Morteza t'oblige à redoubler d'attention : tu sais que s'il a un ballon, il risque de te passer au-dessus. Et quand tu es obnubilé par un adversaire, tu laisses des trous pour les autres, décrypte Dominique Duvivier, le sélectionneur de l'équipe de France. Et puis, en plus d'être un attaquant qui tape les balles très haut et fort, qui peut les piquer sur la ligne des deux mètres, il prend tellement d'espace avec son envergure qu'il couvre au moins un tiers du filet s'il en a envie. Ça devient ingérable de passer, vous êtes enfermé dans les mains du bloqueur. »

Parce qu'il y a quand même des inconvénients à être aussi grand (il manque de mobilité, se fatigue rapidement...) et que les Iraniens ont posé les bases de leur légende sans lui, « tout ne tourne pas autour de Morteza », insiste son sélectionneur.

Être aussi grand n'a pas que des avantages : l'Iranien manque de mobilité et se fatigue rapidement. (Étienne Garnier/L' Équipe)

« Si on est si dominants, c'est aussi lié à la nature même de ce sport, reprend le pointu. Je me souviens avoir un jour entendu Monsieur Hadi expliquer que nous, les Iraniens, étions toujours par terre. Même pour manger. On a des tables, mais on préfère être par terre. (Rires.) Je suis moi-même bien plus à l'aise étendu sur le sol que sur un canapé ou dans un lit. »

À bientôt 37 ans, Mehrzadselakjani est aussi désormais beaucoup mieux dans sa peau. Parce que le volley assis lui a permis « d'affirmer [s]a personnalité », dit-il.

Parce qu'il a donné un sens à sa vie, aujourd'hui rythmée par ses trois entraînements hebdomadaires et ses allers-retours à la salle de muscu (quand il n'est pas en stage avec sa sélection).

Mais surtout parce que les regards sur lui ont changé. Au moins en partie. « Aujourd'hui, je lis aussi de la fierté dans les yeux des gens. Certains ignorent que je suis handicapé, dit l'Iranien, qui vit à Tchalous avec sa soeur et son frère.

Avant de découvrir le volley assis, j'étais une personne ordinaire. On ne me connaissait que pour ma taille. Tout a changé pour moi depuis : financièrement, socialement aussi. On sait que je fais partie de l'équipe nationale, que j'ai participé aux Mondiaux, aux Jeux Paralympiques. Ça représente beaucoup pour moi et je ne remercierai jamais assez Monsieur Hadi. S'il n'avait pas cru en moi, je ne serais pas là aujourd'hui, et vous non plus. »

À Paris comme partout ailleurs, l'Iran ne se satisfera que de l'or, et Mehrzadselakjani se voit bien pousser ensuite jusqu'à Los Angeles, peut-être même plus loin.

Avant de se reconvertir dans le management ou le coaching. « Le volley assis a tellement changé ma vie que je ne l'imagine plus sans. Je me dois de lui rendre ce qu'il m'a apporté. »

Quelque chose nous dit que la star du pays devrait, à nouveau, mettre tout le monde d’accord.

Porté par les 2,46m de sa star Morteza Mehrzad, l'Iran a décroché un deuxième titre paralympique en volleyball assis en battant la Bosnie 3 sets à 1.

L'Iran de la star du volley-ball assis Morteza Mehrzad a remporté le tournoi des Jeux paralympiques pour la troisième fois d'affilée en dominant la Bosnie 3 sets à 1 vendredi soir.

Tableau des médailles de l'Iran aux Jeux paralympiques de volley-ball assis :

JeuxMédaille
Séoul 1988Or
Barcelone 1992Argent
Atlanta 1996Or
Sydney 2000Or
Athènes 2004Bronze
Pékin 2008Argent
Londres 2012Or
Rio 2016Or
Tokyo 2020Or

Morteza Mehrzad, le « gentil géant » de l’équipe iranienne de volley-ball assis

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