L'équipe de France de volley-ball, auréolée de ses titres olympiques, nourrissait de grandes ambitions pour le Championnat du Monde. Venus aux Philippines pour conquérir le seul titre qui manque à leur palmarès, les Français ont subi un brutal coup d’arrêt deux jours après leur entrée en matière facile réussie face aux Sud-Coréens.
Cependant, leur parcours a été abruptement interrompu dès la phase de groupes, marquant une sortie précoce et inattendue pour l'une des équipes favorites. Cette élimination est d'autant plus surprenante qu'elle est la première de ce genre depuis les Jeux olympiques de 2016 et qu'il faut remonter à 1982 pour trouver trace d’une sortie de route aussi précoce de la France dans un Mondial.
Pour plusieurs tricolores, ces championnats du monde seront, sans doute, leur dernière compétition avec l’équipe de France. Un an après les Jeux olympiques, l’équipe de France revient sur la scène internationale, cette fois pour le championnat du monde.
France vs Argentina | The Most Dramatic & Emotional Volleyball Match of 2025 !!!
Un Début Prometteur Face à la Corée du Sud
Sérieux, les Bleus mènent logiquement 1-0 face à la Corée du Sud. Les Bleus remportent les trois premiers points du premier set. En balade dans la première manche, les Français ont été un peu plus accrochés dans les deux suivantes, sans forcer leur talent pour autant.
Une formalité en soit, tant les joueurs d’Andrea Giani ont dominé tous les secteurs de jeu. Jean Patry lève les poings, car la Corée envoie son attaque dans le filet. Le dernier du match ? Toniutti la donne à Ngapeth, qui n'a plus qu'à smasher.
Clévenot met le ballon, de peu, dans la bonne zone et donne un nouveau point aux Bleus. Andrea Giani demande un challenge, car le sélectionneur italien de la France pense qu'un Coréen touche le filet. Jean Patry fait du bien aux Bleus, comme sur ce service, les Français sont très efficaces au bloc.
Absent aussi lors de l’élimination des Bleus en Ligue des nations, Jean Patry a montré qu’il était bien l’un des patrons en attaque. Le pointu montpelliérain a vu 73 % de ses attaques être converties en point. La victoire contre la Corée lance idéalement le Mondial, à confirmer contre la Finlande et l’Argentine, en poules.
Voici un résumé des statistiques clés du match contre la Corée du Sud :
| Statistique | Équipe de France | Corée du Sud |
|---|---|---|
| Attaque convertie en points (Jean Patry) | 73% | N/A |
| Domination | Tous les secteurs de jeu | N/A |
Malgré ce bon départ, des difficultés allaient rapidement se présenter.

La Défaite Surprenante Face à la Finlande
Mais la Finlande jouait sa survie et avait inquiété l’Argentine en ouverture (2-3 après avoir mené 2 sets à 0). L’équipe de France s’est inclinée face à la Finlande (19-25, 25-17, 27-29, 25-21, 9-15). Ils ont chaque fois couru après le score, parvenant à arracher un tie-break mal embarqué (3-10).
Les Bleus ont été notamment en difficulté face au contre adverse (14 blocks à 10 pour la Finlande), et ont commis d’inhabituelles erreurs de jugement et de placement, sur le service finlandais (2-3 dans le 4e set) ou au soutien (14-16 dans le 3e set). Ils se sont aussi parfois agacés, surtout Brizard, par certaines décisions arbitrales, et ont commis beaucoup de fautes de filet, ou même de pied. Comme Yacine Louati dans le tie-break: 5-1 pour la Finlande.
Les absences sur blessure de deux cadres, Nicolas Le Goff (élongation aux adducteurs) et Trévor Clevenot (inflammation d’un genou), remplacés dans l’équipe de départ par Quentin Jouffroy et Yacine Louati, ont représenté a posteriori un signe annonciateur de leur soirée compliquée face à la 20e nation mondiale. Les rotations effectuées par Andrea Giani, qui a utilisé tout son effectif valide (à part le deuxième libéro Benjamin Diez) et a remplacé, dès le milieu du troisième set, Earvin Ngapeth, toujours pas en pleine possessions de ses moyens physiques, par le jeune Mathis Henno, n’y ont rien fait.
Cette défaite a mis en évidence des faiblesses cruciales dans le jeu de l'équipe de France, notamment en termes de blocage et de gestion des erreurs.
L'Élimination Cruelle Face à l'Argentine
Pour leur dernier match de poules, les doubles champions olympiques ont cédé au tie-break face à l’Argentine. Une page de se tourne pour la « génération dorée » du volley tricolore, dont le rêve d’un premier titre mondial s’envole. Le ciel leur est tombé sur la tête.
Lors de leur troisième et dernier match de poules, les hommes d’Andrea Giani ont été battus, jeudi 18 septembre, à Quezon City, par l’Argentine au tie-break (26-28, 23-25, 25-21, 25-20, 12-15). Un peu plus tôt dans la journée, la Finlande a dominé la Corée du Sud en quatre sets (25-18 25-23 17-25 25-21) et termine première du groupe. Finlandais et Argentins sont donc qualifiés.
L’équipe de France de volley-ball est désormais dans l’obligation, après la victoire de la Finlande contre la Corée du Sud (3-1), de battre l’Argentine ce jeudi (12 heures, en France) à Quezon City (Philippines) pour accéder aux 8e de finale du Mondial. Un succès, peu importe le score, assurerait même aux Bleus la première place de leur poule.
Placés dans le groupe C, les Bleus croiseront avec le groupe F lors de la phase finale. Une première place les placerait ainsi contre la Belgique ou l’Ukraine. Earvin Ngapeth et ses coéquipiers savent donc ce qu’il leur reste à faire face à leur solide adversaire argentin, invité régulier du top 8 mondial.
Comme les Français, les Argentins misent sur une défense agressive pour faire déjouer leurs adversaires. L’équipe de France est beaucoup mieux entrée dans le match qu’elle ne l’avait fait deux jours plus tôt contre la Finlande. Les retours de blessure du central Nicolas Le Goff et du réceptionneur-attaquant Trévor Clévenot, ainsi que la réaction d’orgueil de leur leader Earvin Ngapeth, passé à travers face aux Finlandais, ont permis aux Bleus de hisser leur niveau de jeu.
Face à eux, l’équipe d’Argentine, en feu, a récité ses gammes. Luciano De Cecco (37 ans), le passeur vétéran aux mains de fée, et ses smasheurs Luciano Palovsky, Loser Agustin et Pablo Kukartsev, ont dicté le tempo. Souvent dépassés au contre, les Français ont bien obtenu trois balles de set dans la première manche, mais ont laissé passer leur chance, et ce sont les Argentins qui ont conclu sur leur première occasion.
Dans le deuxième set, Andrea Giani a tenté de brouiller les cartes en faisant entrer Théo Faure à la place de Jean Patry au poste de pointu et Benjamin Toniutti à la place d’Antoine Brizard à la passe. Des changements qui n’ont pas porté leurs fruits en raison de la faiblesse persistante du contre tricolore.
Plus que jamais au pied du mur, les Bleus ont enfin réagi dans le troisième set. Enervés à la suite d’une erreur d’arbitrage, Barthélémy Chinenyeze et Théo Faure ont sonné la révolte. La fin de la manche a été houleuse, car les Argentins ont été sanctionnés pour ne pas avoir respecté leurs positions sur le terrain, offrant une balle de set aux Français.
Une passe à une main dans le dos réalisée par Luciano De Cecco, adepte du volley-ball champagne, a fait lever les spectateurs de l’Araneta Coliseum, mais la France a profité d’une faute argentine au service pour revenir à deux sets à un. Dans le quatrième set, Barthélémy Chinenyeze, blessé, a dû quitter ses partenaires, mais Antoine Brizard a enfin retrouvé son service. Fatigués, les Argentins ont raté quelques engagements, ce qui a permis la France de se détacher, portée par la grinta de Yacine Louati, de Théo Faure et de Nicolas Le Goff.
Dans le tie-break, la tension a atteint son paroxysme. Les attaques tricolores se sont brisées sur le mur argentin. Trévor Clévenot a retardé l’échéance, mais un smash dans la figure de Théo Faure a laissé à terre le pointu de l’équipe de France et a donné deux points d’avance aux Argentins, qui ont conclu sur leur seconde balle de match. Au sol, Antoine Brizard a laissé échapper quelques sanglots.
Cette élimination de la France, l’un des favoris du tournoi, avant les huitièmes de finale, est une nouvelle surprise dans un Mondial qui n’en manque pas. L’Italie, l’un des grands favoris, a été battu par la Belgique, 17e mondial, tandis que le Japon, autre favori, a été éliminé dès la phase de poules après avoir perdu contre la Turquie et le Canada.

Analyse des Facteurs Clés de l'Échec
Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette contre-performance de l'équipe de France :
- Préparation physique : Bien que l'équipe ait travaillé dur pour se remettre à niveau physiquement, des pépins physiques ont affecté des joueurs clés comme Earvin Ngapeth, Nicolas Le Goff et Trévor Clévenot.
- Charge émotionnelle : L'équipe n'a pas réussi à maintenir une dynamique positive et a semblé crispée, peut-être en raison de la pression de faire plaisir aux anciens et de la volonté de bien faire pour Benjamin Toniutti.
- Coaching : Andrea Giani a parfois manqué de lucidité dans ses choix et ses changements, gaspillant des challenges trop tôt.
Perspectives d'Avenir et Renouvellement de l'Équipe
Alors que les Bleus ont pris la porte du Mondial de volley, jeudi, l'heure est à la gueule de bois mais surtout au bilan, sans omettre l'idée d'une potentielle fin de cycle. Le seul qui manque à son immense palmarès, le plus garni du volley français : deux médailles d'or olympiques, un Euro et quatre Ligues des nations ou mondiales avec l'équipe de France ; une Ligue des champions et six championnats nationaux en clubs.
Si Ngapeth (34 ans) avait lui indiqué se projeter vers 2028 pour tenter de décrocher un troisième sacre olympique, Nicolas Le Goff (33 ans) n'ira "pas jusqu'à Los Angeles". Mais il n'avait lundi "pas de réponse définitive" à donner sur l'après-Mondial, comme Jenia Grebennikov (35 ans) après l'élimination : "Ce n'est même pas une question que je me pose aujourd'hui, je ne peux pas prédire ce qui va se passer l'année prochaine."
Une interrogation entoure également l'avenir de Kevin Tillie (34 ans), qui a renoncé au Mondial pour pouvoir rester en famille, usé comme beaucoup par les interminables années des internationaux, sur le pont plus de 11 mois sur 12 en enchaînant saisons en club puis en sélection. "De toute façon, je ne suis pas le seul décisionnaire, il y a aussi le staff. Je pense que c'est dans l'intérêt de l'équipe de commencer à construire l'équipe pour L.A. le plus rapidement possible" disait aussi Le Goff.
Lors de celle-ci, retraites internationales ou non, l'encadrement devrait continuer à incorporer les nouvelles générations : Mathis Henno et François Huetz présents au Mondial, Antoine Pothron, Joris Seddik, Amir Tizi-Oualou, Noa Duflos-Rossi, Anatole Chaboissant, Nathan Feral, Alexandre Strehlau, Lucas Ramon...
Les champions du monde U19 en 2023 puis d'Europe U20 et U22 en 2024 (Henno, Seddik, Tizi-Oualou, Duflos-Rossi...) apparaissent comme la nouvelle génération dorée amenée à prendre de plus en plus de poids dans les années à venir.