Boxe Féminine aux Jeux Olympiques : Règles, Polémiques et Enjeux

La boxe, sport de combat ancien et prestigieux, fait partie des Jeux Olympiques depuis 1904. Avec une riche histoire marquée par l’émergence de grands champions, la boxe olympique est un événement attendu par les amateurs de sport. La boxe est inscrite au programme olympique à partir de 1904 et des JO de Saint-Louis (USA). Depuis, ce sport n’a manqué qu’une seule olympiade : en 1912 à Stockholm, car la loi suédoise interdisait alors la pratique de ce sport.

Cet article vous propose de découvrir les règles spécifiques de la boxe aux Jeux Olympiques de Paris 2024, l'historique de la boxe olympique, les règles générales, la durée et la structure des combats, la sécurité et l'équipement, les catégories de poids, le format des compétitions et le jugement des combats.

Historique de la Boxe Olympique

La boxe a été intégrée au programme olympique lors des Jeux de Saint-Louis en 1904. Depuis, elle a été présente à chaque édition, sauf en 1912 à Stockholm, où la loi suédoise interdisait ce sport. La boxe féminine a été introduite en 2012 à Londres, et depuis, le nombre de catégories féminines est passé de trois à six.

Dans l’histoire des Jeux olympiques, deux pays dominent assez largement le tableau des médailles en boxe : les USA et Cuba. La délégation américaine est la seule à compter plus de cent médailles et au moins cinquante médailles d’or. Les Cubains sont les seuls à rivaliser en termes de médailles d’or, tandis que la Russie rivalise au total de médailles. À noter que la boxe féminine n’a fait son apparition qu’en 2012, aux Jeux olympiques de Londres (Royaume-Uni).

Katie Taylor vs. Sofya Ochigava aux Jeux Olympiques de Londres 2012, marquant l'introduction de la boxe féminine. (Source: Wikimedia Commons)

Règles Générales de la Boxe Olympique

La boxe olympique, aussi appelée boxe anglaise, oppose deux combattants de même sexe et de même catégorie de poids sur un ring. Les boxeurs portent des gants rembourrés et ne peuvent frapper qu'avec leurs poings, visant le visage et le buste de leur adversaire.

Les combats opposent deux adversaires de même catégorie de poids et de même sexe. Lorsqu’un coup est considéré comme net, puissant et précis, il donne des points au boxeur qui l’a porté. Le combat peut être arrêté avant la fin si l’un des deux combattants est KO, c’est-à-dire s’il est au sol et dans l’incapacité de se relever pour reprendre le combat après un compte de dix secondes de l’arbitre.

Durée et Structure des Combats

Les combats de boxe aux Jeux Olympiques se déroulent en trois rounds de trois minutes chacun pour les hommes et les femmes. L’objectif est de marquer des points en portant des coups nets et précis. Le boxeur ayant le plus de points à la fin des trois rounds est déclaré vainqueur. Le combat peut également se terminer par un KO (Knockout) ou un KO technique si un boxeur est incapable de continuer après un compte de dix secondes de l'arbitre.

Sécurité et Équipement

Depuis 2016, les boxeurs professionnels sont autorisés à participer aux Jeux Olympiques. Avant les Jeux Olympiques de Rio en 2016, les participants devaient obligatoirement être amateurs. Cela permettrait l’éclosion de jeunes talents aux yeux du monde entier. C’est aux Jeux Olympiques que Cassius Clay qui deviendra Mohamed Ali s’est révélé.

En 1982, à la suite d'un combat, le combattant professionnel sud-coréen Kim Duk-Koo meurt. Dès lors, les hommes ont été obligés de porter un casque en boxe aux Jeux Olympiques afin de se protéger des commotions cérébrales.

En 2016 à partir des Jeux Olympiques de Rio, cette règle a été abandonnée mettant fin au port des casques pour les hommes. Mais plusieurs études ont montré que les boxeurs sans casque étaient paradoxalement moins susceptibles de subir des commotions cérébrales que ceux avec un casque. Comment ? Les casques peuvent donner un semblant de sentiment de sécurité et ainsi encourager des comportements à risque.

Par conséquent, les hommes ne portent plus de casque de protection, une règle restée valable pour les femmes. De 1984 à 2012, les participants avaient l’obligation de porter un casque de protection. Une règle spécifique aux amateurs. Cependant, depuis que les professionnels ont le droit de participer aux Jeux Olympiques, cette règle a été abandonnée. À noter que cette règle est valable uniquement chez les hommes, puisque les femmes doivent toujours porter un casque de protection. Cependant, les hommes doivent porter un débardeur. Les boxeurs doivent également porter un débardeur.

Étonnamment, depuis l'apparition de la boxe féminine au programme des Jeux de Londres en 2012, les femmes ont toujours été obligées de porter un casque. Les études de référence ayant été uniquement réalisées sur des échantillons masculins. Cette décision est en tout cas jugée sexiste par plusieurs boxeuses, qui estiment que le casque les invisibilise et nuit à la médiatisation de la boxe féminine.

Catégories de Poids

Aux JO de Paris 2024, treize catégories de poids sont présentes : sept chez les hommes et six chez les femmes. Aux Jeux Olympiques de Paris 2024, il y aura treize catégories de poids : sept pour les hommes et six pour les femmes. Les catégories masculines vont des moins de 51 kg aux plus de 92 kg, tandis que les catégories féminines vont des moins de 50 kg aux moins de 75 kg.

Voici un tableau récapitulatif des catégories de poids pour les hommes et les femmes aux JO de Paris 2024 :

Catégories Masculines Catégories Féminines
Moins de 51 kg Moins de 50 kg
Moins de 57 kg Moins de 54 kg
Moins de 63.5 kg Moins de 57 kg
Moins de 71 kg Moins de 60 kg
Moins de 80 kg Moins de 92 kg
Moins de 92 kg Moins de 66 kg
Plus de 92 kg Moins de 75 kg

Format des Compétitions

Le format du tournoi olympique de la boxe prend la forme d’un tournoi à élimination directe. Chaque boxeur dispute un combat par jour. S’il gagne, il avance dans le tournoi jusqu’à atteindre la finale. Aux Jeux Olympiques, les compétitions de boxe suivent un format à élimination directe. Chaque boxeur doit remporter son combat pour avancer dans le tournoi, jusqu'à la finale. À noter qu’une demi-finale garantit à l’athlète de remporter une médaille puisqu’il n’y a pas de match pour la troisième place, il y a donc deux médailles de bronze qui sont décernées. Les demi-finalistes sont assurés de recevoir une médaille, car il n'y a pas de combat pour la troisième place : deux médailles de bronze sont décernées.

Jugement des Combats

Le jugement se fait round par round. Ainsi, à la fin de chaque round, les juges déterminent un vainqueur qui remporte dix points, alors que le perdant en remporte entre sept et neuf en fonction de sa performance. Le jugement se fait round par round. À la fin de chaque round, les juges attribuent des points au vainqueur et au perdant en fonction de leur performance. Les règles de la boxe changent aux Jeux Olympiques. Lorsqu’un coup est considéré comme net, puissant et précis, il donne des points au boxeur qui l’a porté.

JO PARIS 2024 - Imane Khelif sacrée championne olympique : les temps forts de la finale

Polémiques et Controverses

Sur les réseaux sociaux, des posts dénoncent la participation de deux « hommes boxeurs » dans la catégorie femme aux JO de Paris. Sauf que les personnes visées, Imane Khelif et Lin Yu-Ting, sont des femmes. Elles avaient été exclues du championnat du monde 2023 après avoir échoué à des « tests de féminité ».

« Deux hommes qui se disent femmes boxeront dans la catégorie féminine durant #Paris2024. Imane Khelif et Lin Yu-Ting. Cautionner cela, c’est faire un doigt d’honneur aux femmes qui devront les affronter. Ces mots, ce sont ceux de Marguerite Stern sur X, ancienne Femen désormais engagée dans la lutte contre ce qu’elle qualifie de « transactivisme ». Régulièrement, elle poste du contenu pour critiquer la participation de femmes transgenres à des compétitions de sport féminines. Sauf que cette fois-ci, Marguerite Stern s’est trompée. Elle reconnait, au moins partiellement, avoir fait une erreur : « MEA CULPA. Ce qui n’a pas empêché un compte Instagram de publier la fausse information telle quelle, le 29 juillet. Sauf que les deux athlètes concernées, l’une algérienne et l’autre taïwanaise, sont bien des femmes reconnues comme telles juridiquement.

Tout part de l’exclusion des deux sportives lors du championnat du monde de boxe de New Delhi, en mars 2023. Suite à des analyses, la décision est prise par l’International boxing association (IBA) de ne pas les faire concourir. À l’époque, le président de l’IBA, le russe Umar Kremlev, avait été plus prolixe, quitte à rompre le secret médical. Il avait déclaré, auprès de l’agence de presse russe, TASS, que les deux athlètes ont des « chromosomes XY », une particularité génétique qui les rapprocheraient plus de la biologie d’un homme.

Seulement voilà, quelques mois après, l’IBA est exclue du cercle des fédérations affiliées au CIO pour mauvaise gouvernance. Avec l’exclusion de l’IBA ce ne sont plus les mêmes critères de sélection qui s’appliquent pour participer aux Jeux Olympiques. Aujourd’hui, face aux polémiques, le CIO choisit de soutenir les athlètes et d’assumer son choix de les autoriser à concourir.

Le 1ᵉʳ août, le même jour où l’Italienne Angela Carini abandonne son combat face à Imane Khelif et où la polémique redouble d’intensité, le CIO réaffirme sa position dans un communiqué. « Tous les athlètes participant au tournoi de boxe des Jeux olympiques de Paris 2024 respectent les règles d’admissibilité et d’inscription à la compétition, ainsi que toutes les règles médicales applicables fixées par l’Unité en charge de la boxe pour Paris 2024 [organisation ad hoc remplaçant l’IBA pour l’organisation des épreuves de boxe aux JO, ndlr] », écrit l’instance.

Si le CIO se positionne ici assez clairement pour trancher la question, ce n’est pas toujours le cas. Le 16 novembre 2021, le CIO choisit de ne pas prendre position et laisse aux fédérations le choix de trancher qui pourra concourir dans la catégorie « femme » et dans la catégorie « homme ». À la fédération de natation par exemple, la règle est celle du taux de testostérone. Pour concourir dans la catégorie femme, la personne doit se situer en dessous de la barrière des 2,5 nmol/litre de sang.

Mais ces critères sont-ils pertinents pour déterminer si, in fine, une femme est plus forte qu’une autre ? Même au sein de la communauté scientifique, les avis divergent. Rappelons que les hommes produisent de la testostérone en plus grande quantité. Mais Joëlle Wiels, directrice de recherche au CNRS, le souligne : « tout le monde produit de la testostérone ». Et il existe même plusieurs types de cas où une personne non reconnue comme un homme peut produire un taux élevé de testostérone.

Mais on le rappelle, ce n’est pas un critère qui fait consensus auprès des scientifiques pour mesurer la force ou la performance. « Il est tout à fait possible d’avoir un fort taux de testostérone tout en ayant un caryotype XX [celui du sexe féminin, ndlr], nous indique la biologiste Joëlle Wiels. Concernant le critère chromosomique aussi, la question de la pertinence se pose. En théorie, la paire de chromosomes sexuels entraîne le développement des organes génitaux (XX pour les femmes, XY pour les hommes).

Une boxeuse en action lors d'un match. (Source: L'Express)

Preuve que même la testostérone ou un caryotype pas dans les normes ne peuvent pas tout faire, Imane Khelif n’a pas toujours été victorieuse. On apprend dans un article de Marianne que la boxeuse algérienne a déjà été battue à neuf reprises par d’autres femmes.

Du côté des hommes, la question de savoir si l’athlète a plus ou moins de force, ou de connaître son taux de testostérone, ne se pose pas, soulève les deux expertes que nous avons contactées. « Une femme dont les performances étonnent est facilement suspecte alors que ce n’est pas le cas pour les hommes. Quant à elle, Julie Mattiussi note que « le problème de la catégorisation hommes - femmes est historique. Pour permettre aux femmes de concourir, on a créé une catégorie spécifique pour les protéger et leur permettre de gagner.

Tests de Féminité : Un Imbroglio International

Les boxeuses françaises ont appris qu'elles étaient privées des Championnats du monde en raison d'un imbroglio sur les tests de genre, désormais obligatoires, mais illégaux en France. Les Mondiaux de boxe commencent à peine que l'équipe de France féminine est déjà rentrée à la maison, sans avoir pu combattre. La raison ? Les résultats des tests de féminité, désormais imposés par la nouvelle fédération internationale, World Boxing, ne sont pas arrivés à temps, mercredi soir, pour permettre la participation des cinq boxeuses tricolores, a annoncé jeudi 4 août l'instance nationale (FF Boxe).

Pour répondre aux polémiques survenues aux Jeux olympiques de Paris 2024 avec les boxeuses Imane Khelif et Lin Yu-ting, World Boxing a rendu obligatoires en mai les tests de féminité pour les premiers Championnats du monde qu'elle organise, du 4 au 14 septembre à Liverpool (Angleterre). Imane Khelif et Lin Yu-ting, qui ont toujours concouru chez les femmes, avaient déjà été exclues des Mondiaux 2023 organisées jusque-là par l'International Boxing Association. L'ex-fédération internationale les accuse d'être porteuses de chromosomes XY, une preuve de masculinité, au point de porter plainte devant un tribunal suisse en février 2025.

Dans un communiqué publié jeudi 4 septembre, la FF Boxe explique avoir réalisé les tests génétiques de féminité lundi en Grande-Bretagne, dans un laboratoire recommandé par World Boxing, avec"l'assurance d'obtenir des résultats dans les délais impartis". Ce qui n'a pas été le cas puisqu'aucune Française ne figurait dans les tableaux de la compétition mercredi soir, de même que les boxeuses des délégations étrangères qui ont passé le fameux test au même endroit.

Des Tests Interdits en France

Quand la FF Boxe a officiellement appris que des tests de féminité seraient obligatoires pour participer aux Mondiaux, "seulement le 21 juillet dernier", l'instance a sollicité le ministère des Sports quant à leur faisabilité en France. Voici sa réponse, intransigeante : "Les examens des caractéristiques génétiques constitutionnelles d’une personne ne peuvent être entrepris qu’à des fins médicales, de recherche scientifique ou, de manière très encadrée, dans la lutte contre le dopage. Le cas d’espèce visant à vérifier l’éligibilité des athlètes en application d’un critère de sexe génétique ne relève, a priori, d’aucune de ces finalités. Sa réalisation serait donc interdite en droit français."

L'Athlétisme Également Concerné

Quelques semaines plus tôt, c'est la Fédération française d'athlétisme (FFA), une autre discipline concernée par les tests de féminité depuis peu, qui a reçu également du ministère des Sports "une fin de non-recevoir, les tests étant interdits par la loi de bioéthique promulguée en 1994". La FFA voulait profiter des Championnats de France début août pour faire passer à ses athlètes le test génétique désormais requis par World Athletics pour pouvoir concourir dans les épreuves féminines internationales, dont les Mondiaux de Tokyo (du 13 au 21 septembre).

Pour la fédération internationale d'athlétisme, la mise en place d'un test de dépistage du gène SRY, déterminant le sexe sur le chromosome Y, "afin de protéger l'intégrité du sport féminin". "Nous affirmons qu'au niveau élite, pour concourir dans la catégorie féminine, il faut être biologiquement une femme", a déclaré Sebastien Coe, le président de World Athletics, dans un communiqué publié fin juillet. L'instance internationale a d'ailleurs précisé que les prélèvements buccaux indispensables peuvent être passés à l'étranger, anticipant tout blocage avec certaines législations nationales.

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