France - Allemagne : L'histoire d'une rivalité historique en handball

Les rencontres entre la France et l'Allemagne en handball sont toujours chargées d'émotion et de suspense. Ces matchs, souvent décisifs, ont marqué l'histoire de ce sport, tant au niveau masculin que féminin.

Rencontre entre la France et l'Allemagne lors du Championnat du monde de handball masculin 2011.

Un quart de finale du Mondial 2023 chargé d'histoire

L’équipe de France jouera sa place dans le dernier carré du championnat du monde de handball contre l’Allemagne, ce mercredi 25 janvier (20 h 30). C’est cette même confrontation, lors du Mondial 2007, qui avait permis par la suite aux Bleus de devenir l’équipe dominante des années 2010. Il y a près de 20 ans, ils étaient 19 000 à garnir les tribunes de l’Arena de Cologne, lors des demi-finales du Mondial 2007, pour cette même affiche. La grande salle de Gdansk (Pologne) devrait sonner creux, ce mercredi 25 janvier, à l’occasion du quart de finale du Mondial entre la France et l’Allemagne.

Un souvenir qui reste à la fois traumatique et qui s’avère en même temps être la genèse de la période dorée de l’équipe de France. « C’est encore une cicatrice, lâche Jérôme Fernandez, meilleur marqueur de l’histoire des Bleus et homme fort de la base arrière tricolore à cette époque-là. Ce Mondial 2007 a été une souffrance. On nous a baladés de site en site, un peu comme ce qu’ils vivent en Pologne, et la demi-finale contre l’Allemagne était un traquenard. Mais cette défaite nous a permis de gagner tout ce que l’on a gagné par la suite. »

Mondial 2007 : Un tournant pour l'équipe de France

Forts de leur titre de champion d’Europe, en 2006, les Bleus débarquent en Allemagne avec la volonté d’aller chercher un titre mondial. Au coude à coude tout le match, les Tricolores emmènent les Allemands dans une double prolongation. Alors que les joueurs d’Outre-Rhin se dirigeaient vers une victoire à quelques secondes du terme, Michaël Guigou volait un ballon pour arracher une séance de tirs au but. Ce qui permettra aux Germaniques d’aller chercher leur troisième sacre planétaire, le premier depuis 1978.

« Nous ne sommes pas en finale à cause de décisions aberrantes et partisanes des arbitres qui ont fait basculer le résultat », écrira le lendemain, dans un communiqué, la Fédération française de handball. « On a vécu une injustice, se remémore Guigou. C’est toujours difficile de se remettre de ces choses-là. Mais c’est une douleur qui est restée quelques semaines, voire quelques mois. Non pas que je m’en voulais, car je fais une interception, je ne fais ni marcher, ni reprise de dribble, je fais tout ce qu’il faut. Mais j’ai eu besoin de vite passer à autre chose à mon retour en club. » Un retour en club où forcément les coéquipiers parlent de cette rencontre. Notamment pour les joueurs évoluant en Espagne à l’époque. Les Ibériques avaient vécu peu ou prou le même sort en quart de finale (25-27).

Cette défaite et ce Mondial vont être un élément déclencheur. À partir de ce revers injuste, les Bleus vont tout remettre à plat pour construire leur légende et devenir les Experts. « La question était de se dire : “Est-ce qu’on continue de dire que c’est de la faute des arbitres ou est-ce qu’on aurait pu mieux gérer certaines situations ?” On a décidé de tout remettre à plat. Que ce soit l’investissement ou la préparation psychologique et surtout d’être assez fort pour ne plus dépendre des décisions arbitrales. »

Claude Onesta, ancien sélectionneur de l’équipe de France de handball.

Dès la fin du Mondial, Claude Onesta, sélectionneur de l’époque, commence à retravailler les plans de jeu. Surtout, il décide de laisser plus d’autonomie aux joueurs pour préparer tactiquement les rencontres. « On a pris conscience qu’on avait une équipe pour tout gagner. On s’est transformé en robot de compétition. Et Claude nous a laissés prendre la main sur le jeu, avec son adjoint Sylvain Nouet. On leur avait demandé, à Vincent Griveau et Sylvain, de nous faire une étude sur ce qui fonctionnait bien en attaque et ce qui fonctionnait moins. Ce qui nous a permis de réduire le nombre de combinaisons qu’on avait, mais de les faire mieux, détaille Jérôme Fernandez. Derrière, Didier (Dinart) et quelques joueurs ont mis en place les pièges défensifs. Et Guillaume Gille (l’actuel sélectionneur), Daniel Narcisse, Nikola Karabatic (dernier joueur des Bleus en activité à avoir connu ce Mondial) et moi-même, nous avons travaillé les attaques. »

Si les joueurs avaient gagné plus de responsabilités dès l’Euro 2006, l’après Mondial a accéléré le processus. Les premiers effets se font sentir dès l’Euro 2008, où les Bleus tiennent leur revanche. Battus en demie par la Croatie (23-24), ils retrouvent l’Allemagne pour la médaille de bronze. « Savoir que c’était contre eux nous a donné un supplément d’âme », rigole Fernandez. « On a remis les pendules à l’heure en prenant une belle revanche », ironise Guigou.

Mais ils atteindront la pleine mesure du nouveau fonctionnement cet été-là. En préparation des Jeux olympiques de Pékin, les Français n’ont qu’un souhait en tête : décrocher le titre olympique, le seul qu’il manque dans leur histoire. « On souhaitait surprendre nos adversaires et arriver en étant les plus forts. Durant la préparation des JO, le préparateur physique devait nous freiner, car on voulait toujours en rajouter », se souvient Jérôme Fernandez. L’année suivante, ils iront gagner le Mondial 2009 en Croatie, en battant les Croates en finale (24-19). « On n’aurait pas pu faire ce match à Split, sans avoir connu l’échec de 2007. On a fait abstraction des 15 000 spectateurs. Il fallait juste faire le break, en sachant qu’il ne restait plus beaucoup pour leur permettre d’espérer revenir. On avait atteint un tel niveau de maîtrise, qu’on pouvait gérer ça. »

Surtout, ils enchaîneront avec un autre titre européen en 2010 et 2014, un doublé olympique en 2012 et trois autres sacres mondiaux (2011, 2015 et 2017). Sans jamais avoir (re)perdu une rencontre contre les Allemands en match couperet.

Euro 2026 : Une défaite amère

L'équipe de France de handball défie l'Allemagne ce mercredi 28 janvier (à 18h à Herning au Danemark) à l'occasion du dernier match du tour principal de l'Euro 2026. En cas de victoire, les joueurs de Guillaume Gille seront qualifiés pour les demi-finales et pourront toujours prétendre à un cinquième titre après 2006, 2010, 2014 et 2024. En cas de défaite, ce sera le retour à la maison avec sans doute beaucoup de regrets.

Mais face aux Allemands, la motivation est toute trouvée. Car un an et demi après la défaite en quarts de finale des JO de Paris face à cette même équipe (34-35 après prolongation), les Bleus auront l'occasion de prendre leur revanche et de tourner définitivement la page. Invaincus lors du tour préliminaire, les Bleus éprouvent plus de difficultés lors de ce tour principal. Battus par le Danemark le 22 janvier (29-32), en mode rouleau compresseur face au Portugal le 24 janvier (46-38), ils ont de nouveau chuté face à l'Espagne le 26 janvier (36-32), se compliquant la tâche. Un succès ce soir et ces petits accrocs seraient oubliés.

Méconnaissables face aux Ibères, les Bleus ont encore été brouillons face aux Allemands. Inefficaces, les joueurs de Guillaume Gilles ont multiplié pendant trop longtemps mauvaises passes, choix douteux et ballons perdus. La défense est aussi passée au travers. Les tirs surpuissants et la vitesse des vice-champions olympiques allemands ont fait mal. C’est comme si les Bleus avaient perdu leur mojo, leur confiance. Tout ce qui fait leur force en temps normal.

Dika Mem, qui avait une raison après les Jeux d’être impeccable face au pays qui l’accueillera en 2027, s’est retrouvé trop seul pour éviter le naufrage. Il a tout fait, presque tout réussi, ramenant un temps les Bleus à un but des Allemands.

La France quitte donc l’Euro, tête basse, tristement et sans panache. Elle ne finira même pas dans le top 6 du tournoi.

L'équipe de France affronte ce mercredi (19h) la Suède à Göteborg dans le cadre de l’EHF EURO CUP 2026. Victorieux des Suédois en ouverture de la compétition à Orléans, les Bleus visent de bien négocier ce premier rendez-vous avant la réception de la Norvège dimanche (18h) à Rouen.

Sept joueurs pourraient connaître leur première sélection dès ce mercredi : Valentin Kieffer, appelé en renfort pour le Mondial mais qui n’a pas encore été aligné, plus les six nouveaux joueurs appelés par le sélectionneur : Téo Jarry, Tom Pelayo, Wallem Peleka, Guéric Vincent, Mouhamadou Sidibé et Aymeric Zaepfel.

Avec 8 points, l’équipe de France est en ballotage favorable pour remporter l’EHF EURO CUP 2026.

Statistiques des confrontations France - Allemagne

Les handballeurs français et allemands se sont rencontrés à 58 reprises depuis le premier match en 1991. Le bilan est légèrement favorable aux Bleus (28 victoires, 7 nuls, 23 défaites), qui restent toutefois sur deux défaites consécutives dont une cuisante aux JO de Paris 2024.

Voici un tableau récapitulatif des confrontations :

Statistique Chiffre
Matchs joués 58
Victoires de la France 28
Matchs nuls 7
Victoires de l'Allemagne 23
Buts marqués par la France 920
Différentiel de buts +25
Buts encaissés par la France 895

Les 5 confrontations les plus mémorables entre la France et la Suède

La France et la Suède se sont souvent croisées dans les grandes compétitions. Voici le Top 5 des plus mémorables confrontations entre les deux équipes :

  1. Mondial 2001 : Un suspense insoutenable
  2. JO 2012 : La France d'un souffle
  3. JO 1992 : Les Bronzés bousculent la Suède
  4. Mondial 2017 : Match de folie, ambiance de feu
  5. Euro 2022 : La Suède peut remercier Palicka

Germany vs France | Highlights | Men's EHF EURO 2026

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