Le hockey sur glace est l'un des sports phares des Jeux olympiques d'hiver. Les tournois de qualification pour les Jeux Olympiques de Milan et Cortina d'Ampezzo pourraient être bouleversés, selon le maintien ou la suspension de l'équipe de Russie.

Les enjeux des TQO pour les équipes
Pour l'instant, l'équipe de France a rendez-vous à Riga (Lettonie) à partir du 29 août prochain pour disputer un Tournoi de qualification olympique (TQO) pour tenter de décrocher sa place pour les Jeux 2026 qui seront organisés à Milan et à Cortina d'Ampezzo (Italie). Les Bleus auront face à eux la Lettonie, médaillée de bronze au Mondial 2023, l'Autriche et un adversaire qui reste à déterminer. Ils n'ont plus participé aux JO depuis 2002.
Mais ce schéma de qualification prend en compte la présence de la Russie, qui est pour le moment inscrite au programme du tournoi de hockey sur glace des JO 2026. Le Comité international olympique (CIO) doit encore se prononcer sur la présence ou la suspension des Russes, suite à la guerre que leur pays mène depuis près de deux ans en Ukraine.
Si la Russie était suspendue, les cartes seraient rebattues dans les TQO. Pierre-Yves Gerveau, le président de la Fédération française (FFHG) a expliqué les modifications possibles, dimanche lors d'un point presse en marge de la finale de la Coupe de France, qui se déroule à Paris : « La Slovaquie serait directement qualifiée et, nous, on glisserait vers un tournoi à Oslo (Norvège) ».
Mais « la fédération norvégienne a de gros soucis financiers, a enchaîné le dirigeant français. On se tient prêt au cas où. Ce sera la première semaine des Jeux Paralympiques (de Paris, 28 août - 8 septembre) et les forces de l'ordre seront mobilisées. Mais, si un Préfet donne son accord, on pourrait organiser ça un week-end dans une ville de hockey. » Gerbeau a cité les villes d'Amiens, Angers, Grenoble et Marseille.
Comprendre le hockey sur glace aux JO
Deux équipes s'opposent sur une patinoire avec un but de chaque côté, protégé par un gardien. Les joueurs de chaque camp, munis d'une crosse, doivent expédier un palet dans le but adverse. Une tâche difficile dans un sport où les contacts rugueux sont des plus ordinaires.
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Impact de la suspension de la Russie
À deux ans des Jeux d’hiver de Milan-Cortina 2026, la Russie peut déjà se faire une raison : sa participation au rendez-vous olympique et paralympique s’annonce incertaine. La Fédération internationale de hockey sur glace (IIHF) a annoncé dans un communiqué, lundi 12 février, avoir prolongé la suspension des équipes russes et biélorusses des compétitions internationales.
Le Conseil de l’instance présidée par le Français Luc Tardif a pris de l’avance en prolongeant la suspension des deux pays pour la saison 2024-25, la dernière avant les prochains Jeux d’hiver. « Le Conseil de l’IIHF a examiné les risques de sécurité actuels associés à une réintégration des équipes nationales et des club russes et biélorusses dans les compétitions de l’IIHF, précise le communiqué de presse.
L’IIHF explique qu’elle décidera juste avant son congrès annuel en mai 2025, au terme de la prochaine saison internationale, si les deux pays en conflit avec l’Ukraine peuvent retrouver leur place sur la glace pour l’exercice suivant, 2025-26.
Suspendue au moins jusqu’au printemps 2025, elle est écartée du dernier tour des qualifications olympiques masculines, prévu l’été prochain. Mais la Biélorussie n’a jamais compté parmi les nations majeures du hockey sur glace mondial. Sa sélection masculine n’a plus gagné sa place pour un tournoi olympique depuis les Jeux de Vancouver en 2010.
Chez les hommes, sa dernière participation à une compétition internationale estampillée IIHF remonte aux Jeux de Pékin 2022. Son équipe portait alors les couleurs du Comité olympique de Russie (ROC). Mais son absence des tournois depuis deux ans n’y change rien : la Russie occupe toujours le 3ème rang du classement mondial de l’IIHF, derrière le Canada et la Finlande, une place plus haut que les Etats-Unis.
La Russie pointe actuellement au 6ème rang du classement mondial, une position qui pourrait lui assurer un billet pour les Jeux d’hiver en 2026. Mais les six places attribuées selon le classement planétaire seront décidées après le Mondial 2024, organisé du 4 au 14 avril à Utica, aux Etats-Unis.
Les trois dernières places pour Milan-Cortina 2026 - l’Italie est qualifiée en qualité de pays-hôte - seront distribuées lors des tournois de qualification olympique. Ils se dérouleront entre novembre 2024 et février 2025.
Conséquences pour l'équipe de France
Pas qualifiée pour les prochains JO après sa défaite face à la Lettonie dimanche (5-2), la France, meilleure deuxième des trois TQO disputés ce week-end, a tout de même une chance d'aller à Milan. Tout simplement car, dans le tableau final des JO, figure encore la Russie. Or, en raison du conflit en Ukraine, il n'est pas du tout acquis qu'elle puisse participer aux Jeux.
La règle établie par la Fédération internationale (IIHF) place le meilleur deuxième des trois TQO sur liste d'attente et, à la différence de buts, c'est bien la France (6 points, + 6) qui prend cette place, devant la Norvège et le Kazakhstan (6 points aussi mais + 3 et + 2).
« La décision sera prise en février 2025 », assure-t-on à l'IIHF.
Absence des joueurs de la NHL
Vingt ans après les premiers Jeux olympiques en présence des joueurs de NHL, à Nagano, le tournoi olympique se déroulera donc sans eux. La ligue professionnelle nord-américaine a choisi de ne pas interrompre son calendrier malgré les nombreuses concessions effectuées au fil du temps : formule alambiquée destinée à réduire la durée du tournoi à sa demande (depuis 2010), engagement de l'IIHF de payer les assurances et le voyage, etc.
La demande de pouvoir utiliser la marque olympique - les fameux cinq anneaux réservés aux partenaires qui paient 120 millions par an - était évidemment vouée à l'échec. Le Comité International Olympique (CIO) ne peut décemment accorder aucun traitement prioritaire à un sport ou à un autre, à une ligue plutôt qu'une autre, au risque de créer un précédent inextricable.
La NHL n'avait guère l'intention de venir à ces Jeux en Asie avec un décalage horaire défavorable, et la Corée du Sud n'est pas un marché assez alléchant pour elle, au contraire de la Chine dans quatre ans.
Si le président de l'IIHF René Fasel a dénoncé un "manque de respect" (envers les fédérations où les joueurs de NHL ont été formés), ce qui est déjà une phrase forte dans son discours très policé, il n'avait pas de quoi engager le bras de fer.
La fédération internationale s'est inclinée pour ne pas compromettre l'avenir, en indiquant qu'elle respecterait les contrats des joueurs de NHL et n'en admettrait donc pas. Cela empêche donc même les plus volontaires - tel Aleksandr Ovechkin - qui étaient prêts à venir sans autorisation.
Avant la participation des joueurs de NHL, le Canada envoyait une équipe de jeunes hockeyeurs, rassemblés toute l'année dans la perspective olympique.
Focus sur l'équipe féminine de France
Du 6 au 9 février, l’équipe de France féminine, sous la houlette du coach Grégory Tarlé, disputera à Tomakomai, au Japon, le Tournoi de Qualification Olympique (TQO). Emmenées par leur capitaine emblématique Lore Baudrit et ses assistantes Chloé Aurard, Estelle Duvin et Clara Rozier, les Bleues incarnent une parfaite alchimie entre expérience et vitalité.
Pour appuyer ces cadres incontournables, la jeune génération incarne également l’avenir de l’équipe. Des talents comme Violette Pianel Couriaut (17 ans), Sehana Galbrun (19 ans) et Lucie Quarto (21 ans) apportent énergie, fraîcheur et audace. Ces jeunes joueuses, formées en France et ensuite dans des universités nord-américaines ou dans des championnats étrangers compétitifs, incarnent la relève et témoignent du développement positif du hockey féminin français.
Leur capacité à collaborer avec des leaders expérimentées constitue un atout majeur pour former une équipe équilibrée.
Les Smile Japan, véritables icônes du hockey asiatique, figurent parmi les favorites du tournoi. Avec plusieurs participations olympiques à leur actif, elles bénéficient d’une expérience solide. Boostées par le développement du hockey depuis les Jeux de Pékin 2022, les Chinoises montent progressivement en puissance. Elles constituent un adversaire redoutable malgré leur relative jeunesse sur la scène internationale.
Les Polonaises, outsiders du tournoi, arrivent en pleine confiance après un parcours impressionnant au tour précédent.
Ce sont donc des adversaires variés et coriaces, chacune avec des forces différentes qui attendent les Bleues. Mais une fois encore, la force des Françaises repose sur cette alchimie entre des cadres expérimentées, capables de gérer les matchs, la pression, et une jeune génération audacieuse apportant vitesse, insouciance et technique.
Il reste désormais trois places qualificatives, qui seront disputées dans trois groupes (Groupes G, H et I). Dans une semaine (28 janvier), les Bleues s’envoleront pour Kushiro et Tomakomai afin d’effectuer leur dernier stage de préparation. Pendant une semaine, elles travailleront sans relâche pour peaufiner leurs automatismes et s’acclimater aux conditions locales.
Tableau récapitulatif des équipes et de leur statut
| Équipe | Statut | Dernière participation aux JO |
|---|---|---|
| France (Hommes) | En attente (meilleur 2ème des TQO) | 2002 |
| Russie | Suspension potentielle | 2022 (sous ROC) |
| Italie | Qualifiée (pays hôte) | 2006 |
| Canada | Habituellement qualifié | - |
| États-Unis | Habituellement qualifié | - |
| France (Femmes) | TQO à Tomakomai, Japon | - |

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