Cet article explore les dimensions d'un terrain de rugby Cami Salié, tout en retraçant l'histoire riche et variée des sports à Pau. Des jeux traditionnels aux sports modernes, Pau a toujours été un centre d'activités physiques et de compétition.

Les installations sportives à Pau sont nombreuses et diversifiées, allant des terrains de football aux courts de tennis, en passant par les complexes de pelote basque. Chaque installation a sa propre histoire et contribue à la vitalité sportive de la ville.
Histoire du Sport à Pau
La première attestation d’une pratique sportive à Pau concerne un jeu de paume, situé dans le château. Très populaire dès la fin du Moyen Âge, ce jeu séduit l’aristocratie comme le peuple. En parallèle, une foule de pratiques traditionnelles coexistent, bien qu’elles ne soient pas considérées comme des sports. Ainsi, aux époques moderne et contemporaine, danses, jeux de quilles, combats, courses hippiques et taurines sont des divertissements prisés.
Dans son acception actuelle, le sport est compris comme une activité physique faisant l’objet de compétition, ou destinée à améliorer son bien-être, et n’existe que depuis la fin du 19e siècle. À cette époque, Pau attire une foule d’hivernants en villégiature. La colonie étrangère en séjour introduit un mode de vie qui fait la part belle aux loisirs : golf, chasse, équitation.
Cependant, dans une perspective hygiéniste et patriotique, le sport se démocratise. Des personnalités installées à Pau, à l’instar de Philippe Tissié, font de l’exercice physique une composante essentielle de l’éducation des jeunes. Au même moment, la Section Paloise est créée. Ce club propose une multitude de pratiques pour tous âges et tous niveaux. Ces activités connaissent un nouvel engouement dans la deuxième moitié du siècle, promues par des politiques publiques volontaristes.
À partir du milieu du 19e siècle, la villégiature introduit à Pau de nouvelles activités sociales, culturelles et sportives. La chasse, l’équitation et le golf sont des sports particulièrement prisés des hivernants aisés. À cette époque, la vie sportive paloise propose également d’autres loisirs : lawn-tennis, croquet, jeu de paume, tir aux pigeons, courses automobiles ou encore escrime.
Les Infrastructures Sportives à Pau
La municipalité est régulièrement sollicitée pour accompagner la construction d’équipements adaptés à ces pratiques sportives. L’hippodrome de Pau est établi sur la lande du Pont-Long en 1842 afin de satisfaire la demande de la société d’encouragement des Basses-Pyrénées pour l’élève du cheval et d’une élite en villégiature. Une première tribune en bois est construite afin de pouvoir regarder toute la piste.
Dès le début, les courses ont lieu en janvier et février afin de ne pas concurrencer d’autres stations touristiques. En 1885, la municipalité achète à M. Da Vega des terrains au nord-ouest de l’hippodrome, grâce au legs de Louis Alexandre Sers. Les infrastructures sont peu à peu modernisées et adaptées à la demande grandissante des spectateurs.
En 1875, l’architecte Lucien Cottet reconstruit des tribunes ouvragées en bois et en fer forgé, plus modernes et confortables. En 1912, un autre architecte, Jules Noutary, livre un restaurant, un tir aux pigeons et un salon, proches de la piste d’entraînement. Par la suite, le bâtiment principal subit d’autres campagnes de travaux. Les constructions de Cottet sont détruites en 1965. Rénovées en 1999 et 2006, les tribunes actuelles sont en béton et métal. Elles accueillent 2500 places sur quatre niveaux.
L’hippodrome abrite actuellement trois pôles : un dédié au soin des chevaux, un autre à la compétition, enfin un dernier à l’administration et à l’accueil du public. L’ensemble s’étend sur 40 hectares.

Vue aérienne de l'hippodrome.
En 1856, cinq Anglais créent le Pau Golf Club et établissent à Billère le plus ancien golf d’Europe continentale. Dessiné en 1860 par l’Écossais William Dunn Senior, le premier parcours suit la règle de Saint-Andrews. Le club est régi par des règles et une étiquette strictes qui le réservent à une élite anglo-saxonne.
En 1890, la société du Pau Golf Club fait construire un club-house confortable où accueillir tous les joueurs. Le bâtiment prend la forme d’un chalet orné de lambris et lambrequins verts. Selon l’hebdomadaire Pau Gazette, il comporte : « salon de lecture et de réunion, bibliothèque, cabinets de toilettes, vestiaires, séchoir, placard ».
Dans les premiers temps, les terres sont louées à la commune de Billère et à des fermiers locaux. Puis des contrats sont passés pour réglementer l’usage du sol. Durant la Seconde Guerre mondiale, le golf est transformé en potager puis réquisitionné pour y entreposer du matériel. Plus tard, il manque de disparaître quand la mairie envisage d’y implanter un complexe immobilier. Face à la pression publique, le projet est abandonné.
Aujourd’hui encore, seules les parcelles du club-house et du trou numéro 6 appartiennent à l’association Pau Golf Club 1856. Le golf occupe 37 hectares, sur 5306 mètres de long et comporte 18 trous. Le terrain est traversé par deux affluents du gave. Il est composé d’un sol de sable et galets, offrant des conditions intéressantes pour la pratique de ce sport. Sa pratique s’est démocratisée, si bien que le club compte, en avril 2024, 607 adultes et 78 enfants membres, en majorité français.

Green et golfeurs.
Tout le long de la chaîne des Pyrénées, en Béarn et autour, beaucoup de jeux traditionnels sont pratiqués par les populations locales. Les plus emblématiques sont les jeux de quilles et de pelote, dont existent de nombreuses variantes. Ces deux catégories dépassent d’ailleurs l’étape du jeu en étant reconnues comme de véritables sports.
D’autres expressions traditionnelles pyrénéennes, non sportives à proprement parler, se retrouvent à Pau. La danse, en particulier les sauts, tient une place importante dans le bal gascon. Les arènes de la Haute-Plante, actuelle place Verdun, et de la Croix du Prince accueillent régulièrement des courses landaises. Des spectacles taurins sont attestés à Pau jusque dans les années 1930. Enfin, beaucoup de travaux, en particulier agricoles, peuvent faire l’objet de compétitions et de défis lancés entre travailleurs.
Le Jeu de Paume et le Tennis
En 1886, le conseil municipal cède un terrain au parc Beaumont afin d’y construire un jeu de paume. Les architectes Henri Lalheugue et Melchior Viraut livrent le bâtiment et l’aménagement intérieur en moins de six mois, pour un montant de 56 400 francs. Les fenêtres, sur les murs et le toit, sont placées en hauteur pour éviter que les balles ne les brisent. Le jeu de paume connaît rapidement un grand succès, autant chez les hivernants que les locaux.
Au début du 20e siècle, le tennis est également en vogue. Ainsi, six courts de tennis accolés au jeu de paume sont mentionnés en 1925. Hélas, réquisitionné pendant le Seconde Guerre mondiale, le bâtiment se dégrade. Les joueurs sont mobilisés et le manque de matériaux empêche la fabrication des balles. Après la guerre, les joueurs de pelote du stadium de la gare n’ont plus d’endroit où s’entraîner. Le jeu de paume est alors transformé en trinquet.
Le bâtiment subit des réaménagements pour s’adapter à la pratique sportive. Dans la seconde moitié du 20e siècle, le jeu de paume commence à perdre du terrain à Pau. Les courts sont alors réhabilités pour accueillir les entraînements et matchs de pelote. Les terrains de tennis ont aujourd’hui tous disparu. Les pelotaris quittent eux aussi les lieux lors de la construction du complexe de pelote au nord de la ville en 2006.

Vue intérieure avec des joueurs.
Le Complexe de Pelote Cami Salié
Situé boulevard du Cami Salié, le complexe de pelote de Pau, dessiné en 2006 par l’architecte Philippe Pichot, est le seul de France à proposer la pratique des 22 variantes des sports de pelote reconnues par la Fédération française de pelote basque. Inauguré en 2006, il abrite un trinquet, un jaï-alaï, un mur à gauche et des tribunes de 2000 places. L’extérieur est doté d’un fronton.
Le nouveau trinquet de Pau reçoit en 2010 les 26e Championnats du Monde de pelote basque.
Le Jeu de Quilles
Le jeu de quilles est un sport traditionnel de Gascogne, avec plusieurs variantes. Largement pratiqué à Pau et en Béarn sous sa version de quilles de neuf, le jeu est codifié en 1832 et devient un sport à part entière. Jusqu’aux années 1950, le jeu est tellement populaire que chaque village possède au moins un plantier ou quillier, c’est-à-dire un terrain avec ses quilles.
Le jeu consiste à frapper les quilles avec une boule de manière à former des figures. Le jeu nécessite beaucoup d’adresse et une certaine force physique puisque la boule peut peser jusqu’à 6,2 kilos. Essentiellement réservé aux quilhos, autrement dit des hommes, il se déroulait principalement dans les auberges, cafés et granges où sont aménagés des terrains.
La transmission aux jeunes se fait par l’observation des aînés, puis en essayant de reproduire les figures lorsque les joueurs libèrent le terrain. Ce sport se structure peu à peu :
- 1923 : Pau accueille la finale du championnat de France de quilles de neuf
- 1928 : l’Association sportive paloise de quilles de neuf est créée
- 1948 : la fédération française de quilles de neuf, devenue fédération française de bowling et de sport de quilles, est créée à Orthez
Dans les années 1970 et 1980, les collectivités territoriales mènent une politique de création de plantiers municipaux.
Le Stadium de la Gare et le Stade Tissié
Plusieurs projets tendent à dynamiser la Basse-Ville dès le début du 20e siècle. Ainsi, la construction du stadium de la gare pour la Section paloise puis du vélodrome pour le Véloce-Club font du quartier une place forte du sport à Pau. En intégrant les Palois à leurs activités, ces clubs ouvrent le sport à tous. Plus tard, le stade Tissié et le stade nautique stimulent cette dynamique de démocratisation du sport.
Des personnalités, à l’image du docteur Philippe Tissié ou de Louis et Madeleine Péguilhan, promoteurs de la natation, contribuent également à l’éducation physique des jeunes. Ils considèrent que l’exercice sert à fortifier le corps et l’esprit des futurs citoyens.
À la fin du 19e siècle, le Véloce Club de Pau œuvre à la démocratisation du cyclisme à Pau avec un vélodrome installé au parc Beaumont. Quelques années plus tard, obligé de déménager, il demande à la municipalité la concession de terrains du parc de la gare. En effet, au même moment, plusieurs projets y sont entrepris afin de dynamiser la Basse-Ville.
Un chalet et un vélodrome y sont construits. Malgré le coût important des vélos, le cyclisme est un des premiers sports à attirer la classe populaire car il permet de se déplacer. Après la guerre, le parc de la gare est renommé Bois-Louis en 1937, puis devient finalement le stade Tissié, en hommage au médecin Philippe Tissié. Le stade est aménagé lors de plusieurs campagnes de travaux depuis les années 1960. Les terrains sont bétonnés et de nouveaux sports y émergent : basket, course automobile.
Construit selon les plans de l’architecte Jules Noutary en 1902, le chalet du Véloce-Club ne subit que peu de transformations au fil du temps. Les ailes latérales sont en galets roulés et en pierre de taille. Au sud, la travée centrale est en briques avec des imitations de pans de bois. Le toit est couvert d’ardoises et d’une flèche surmontée d’un épi de faîtage en forme de coq.
Pau et le Tour de France
Pau et le Tour de France, une histoire d’amour qui dure depuis 1947. En effet, l’année 2024 signe la 75e étape de la Grande Boucle dans la cité royale. Les lieux les plus fréquentés des cyclistes sont la place Verdun et la Basse-Ville. Chaque arrivée ou départ du tour en ville amène son lot de fêtes, d’animations mais aussi d’anecdotes.
Ainsi, arrivé à la place de la Monnaie, le Palois Raymond Mastrotto est si habitué au chemin qu’il prend lors de ses entraînements qu’il ne remarque pas le tracé de la course, qui passe en sens interdit, et fonce dans les barrières. Depuis 2015, le Tour des Géants, musée de plein air situé au stade Philippe Tissié, rend hommage aux vainqueurs de la course.
Le Stadium de la Gare
Inauguré en 1924 sous le Pavillon des Arts, le stadium de la gare est une salle consacrée principalement à la pratique de la pelote basque. Il est construit par la Section Paloise sur les plans de Jules Noutary afin de remplacer le fronton des Arènes de la Croix du Prince, détruit dans la même période. Plusieurs variantes de sports de pelote y sont jouées.
Initialement, le stadium est dédié à la pelote et à la préparation physique de tous les licenciés de la Section Paloise. La Seconde Guerre mondiale ne l’épargne pas non plus puisqu’il est réquisitionné et endommagé. Les juifs y sont rassemblés en transit avant d’être envoyés au camp de Gurs. Peu à peu, le stadium est ouvert à d’autres sports. Dès les années 1930, il abrite les entraînements de boxe.
En 1975, une salle de boxe, une salle d’armes, le trinquet et ses tribunes, un bar et un fronton extérieur sont mentionnés. Le site héberge ainsi les entraînements des autres sports pratiqués à la Section paloise : escrime, judo, karaté et même des compétitions d’envergure. Preuve de ce succès, en 1975, la femme de ménage, débordée par l’afflux soudain d’usagers au quotidien, demande un jour de congé par semaine et l’emploi d’un deuxième agent. Elle appuie ses dires en réalisant un tableau des entraînements, encore conservé aux Archives Communautaires.
Le stadium est finalement rasé en 2009, trois ans après l’inauguration du complexe de pelote au Cami Salié, afin d’y construire un parking.
Les Courses Automobiles
À sa création, la course automobile était un loisir réservé à une riche élite aventurière. Dès 1899, l’Automobile Club Béarnais organise une course Pau-Bayonne-Pau. Le vainqueur, M. Lemaître, remporte la course avec une vitesse moyenne de 52 km/h. Le succès est tel que l’année suivante, une semaine complète est dédiée à la course automobile à Pau, « La semaine de Pau ». Le moment fort en est le Grand Prix du Sud-Ouest, une course de 300km au départ de Pau.
Il faut attendre 1930 pour qu’une course automobile se tienne exclusivement dans les rues de la ville.
La Section Paloise et le Rugby
Importé du Royaume-Uni en France à la fin du 19e siècle, le rugby se diffuse dans le sud-ouest du pays. Quelques clubs le pratiquent à Pau : les lycéens des Coquelicots de Pau en 1890, le Stade palois créé en 1899, puis la Section paloise de ligue girondine dès 1902. Bien que club omnisports, cette dernière se concentre sur le rugby, dont la variante à XV est adoptée en 1905.
Dès le début, les matchs de rugby attirent la foule. 3000 personnes sont réunies au champ Bourda pour le match Pau-Bergerac en 1908, gagné par les Palois. Le club remporte plusieurs titres avec l’équipe première : le championnat de France en 1928, 1946 et 1964, la coupe de France en 1997.
Le stade de la Croix du Prince avec ses 600 places de tribunes, est investi par la jeune Section Paloise rugby dès son inauguration en 1910. Il a pour vocation d’accueillir les matchs du club local, voire de grandes compétitions. Depuis 1982, le stade s’appelle officiellement stade Albert-Cazenave, joueur et entraîneur emblématique du club.

Tribunes de la Croix du Prince avant démolition.
Dimensions d'un Terrain de Rugby
Un terrain de rugby réglementaire, tel que celui du Cami Salié, doit respecter les dimensions suivantes :
- Longueur : Entre 94 et 100 mètres (entre les lignes de but)
- Largeur : Entre 68 et 70 mètres
- Zone d'en-but : Entre 6 et 22 mètres de profondeur derrière chaque ligne de but
En plus de ces dimensions principales, il existe des marquages spécifiques sur le terrain, tels que les lignes des 22 mètres, la ligne médiane et les zones de transformation.
TOP 14 Saison 2025-2026 J04 - Résumé Section Paloise - LOU Rugby
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