Vendredi soir a marqué la reprise de la Ligue 1, le championnat de France de football de première division. Le champion de France en titre, le PSG, a ouvert le bal en battant Le Havre à l’extérieur 4-1.
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Mécontentes du tarif jugé trop cher, pas moins de 200.000 personnes ont pu suivre la rencontre Le Havre-PSG, sans débourser le moindre centime d’euro, affirme L’Équipe. En toute illégalité. Parmi ces fraudeurs, des observateurs qui s’étaient toujours refusés à franchir le pas et qui l’ont fait pour la première fois vendredi soir. Ainsi, des milliers d’internautes se sont retrouvés sur Telegram vendredi soir.
L’Autorité indique que 80 000 personnes ont suivi la rencontre sur Telegram, où le match était disponible gratuitement et en intégralité. Additionnés à d’autres boucles Telegram, ils étaient entre 150 et 200 000 à regarder, en toute illégalité, la première rencontre de la saison de Ligue 1, sans compter les utilisateurs d’IPTV.
Depuis que DAZN a acheté pour 400 millions d’euros par an les droits TV de la Ligue 1, avec huit matchs sur les neuf diffusés sur ses antennes, ce fléau n’a eu de cesse de croître. Avec l’arrivée de DAZN dans le paysage de l’audiovisuel français, le piratage sportif a augmenté. Entre 2 et 2,5 millions de Français consommeraient illégalement des contenus par le biais de l’IPTV (“Internet Protocol Television”).
En proposant des tarifs allant de 14,99 euros par mois pour une rencontre par journée (pas au choix) à 39,99 euros mensuels sans engagement pour les huit matchs de chaque journée de Ligue 1, la plate-forme anglaise s’est attiré les foudres des supporters français, furieux de devoir dépenser autant pour suivre leur équipe favorite.
Critiquée pour ses tarifs élevés, la chaîne britannique assurait que ses "prix et le piratage n’ont rien à voir". "C’est avant tout du vol et c’est illégal" martelait Brice Daumin, le directeur général de DAZN France au micro de Franceinfo.
## Le Boycott de DAZN et l'essor du streaming illégalPour contrer cela, le #BoycottDAZN a vu le jour sur X, plusieurs comptes spécialisés invitant les internautes à se réfugier sur leur chaîne Telegram pour suivre la saison. Ces derniers jours, les personnes derrière ces comptes faisaient état de milliers d’abonnés supplémentaires, envieux de pouvoir regarder les rencontres sur la messagerie cryptée. Et si certains se refusaient depuis toujours de tomber dans l’illégalité, beaucoup ont franchi le pas.
Avant même le coup d’envoi, certaines chaînes regroupaient déjà plus de 45 000 viewers (téléspectateurs) en direct. Autant de personnes qui ont pu profiter de la rencontre gratuitement et illégalement, avec une qualité d’image correcte, mais un son légèrement décalé toutefois. En deuxième période, alors que le score était d’un partout entre Havrais et Parisiens, le nombre de téléspectateurs a même atteint les 90 000 sur certaines chaînes.
Comme lui, ils sont plusieurs à surfer sur le hashtag #BoycottDAZN, tendance numéro 1 sur X cette semaine et plus globalement depuis l'annonce des tarifs d'abonnement à la plateforme (29,99€ par mois avec engagement d'un an ou 39,99€ mensuels sans engagement) pour voir huit des neuf matches de Ligue 1 par journée (beIN Sports retransmet une affiche). Pour le match d'ouverture de la Ligue 1 Le Havre-PSG, premier retransmis par DAZN, plus de 200 000 personnes étaient ainsi connectées sur des flux illégaux de Telegram.
Sur les applications et boîtiers IPTV, ils étaient aussi très nombreux à regarder la rencontre en toute illégalité... et à l'assumer. Comme Nicolas (son prénom a été modifié), journaliste politique et abonné de la dernière heure à ce service pirate pour la première fois de sa vie, à 55 euros l'année : « Le tarif prohibitif de DAZN qui n'est pas du tout conforme à la qualité du produit m'a d'abord fait basculer. Ensuite, la couverture éditoriale low-cost annoncée (certains matches commentés en cabine, sans consultant, pas de multiplex et pour l'instant pas d'émissions) n'incite pas non plus à franchir le pas. Et enfin, au bout d'un moment, j'ai moins de scrupules lorsque je vois l'utilisation de l'argent reversé via nos abonnements. Il sert à surpayer des joueurs moyens, à goinfrer des agents et à autoriser les dirigeants à jongler avec les millions. Le spectacle du foot français serait le même, selon moi, si tout ce petit monde touchait deux fois moins. »
Le streameur Serious Charly, spécialiste de l'Olympique Lyonnais, a directement constaté l'ampleur du phénomène. « En tant que créateur de contenus spécialisés Ligue 1, on est dépendant du fait que les gens voient les matches pour en parler, les analyser, les débriefer. Donc, la communauté a réagi en se disant : « Je ne vais plus rien comprendre à ce qu'il raconte si je ne vois pas les matches ». Ça s'organise, ça se refile les bons plans Telegram, les IPTV. Il y a une espèce de mouvement "Tout sauf 40 balles par mois". Sur les réseaux, c'est criant. Moi, je n'en fais pas la promotion parce que c'est illégal. Mais je peux pas non plus leur dire "abonnez-vous à DAZN" parce que j'estime aussi que le prix est trop élevé pour une couverture minimale. »
Ce tohu-bohu numérique autour du « coût » de la Ligue 1 pour les fans n'a évidemment pas échappé à la Ligue. Contactée, elle assure que le piratage est « une préoccupation majeure » et salue la décision du Tribunal judiciaire de Paris du 2 août, ordonnant le blocage par les fournisseurs d'accès à internet français de l'accès à des sites de streaming en direct et à des services IPTV.
Une information que nous avait confirmée la Ligue professionnelle de football (LFP) : « Sur Telegram, toutes les diffusions illicites sont notifiées par notre prestataire antipiratage Athletia. Le problème à cet égard est que les délais de réponse de Telegram sont fluctuants (jusqu’à 24 heures) et sont incompatibles avec un retrait en temps utile de contenus diffusés en direct. » Si cette chaîne Telegram a reçu plusieurs signalements, son canal n'a pas cessé d'émettre pour autant.
Telegram et la lutte contre le piratage
En effet, les dirigeants de Telegram « refusent de jouer le jeu de la modération rapide », comme nous le confiait dans nos colonnes Hervé Lemaire, patron de LeakID (groupe Forward), une PME spécialisée dans la protection des ayants droit comme la Premier League.
« Ils avaient annoncé un renforcement de leur système (de régulation). Mais on n’a pas eu plus de liens bloqués que d’habitude. De toute façon, même si ça sautait, on avait prévu deux canaux de secours », nous confie un streamer qui a diffusé la rencontre sur sa chaîne Telegram. Ce dernier revendique d’ailleurs un pic à 80 000 viewers sur son canal. « Pour un simple match entre Le Havre et le PSG, c’est assez dingue. Je ne m’y attendais pas. Je n’ai jamais vu autant de gens se diriger vers le streaming. « Je reçois des demandes de partout depuis quelques jours ! Mais je ne veux pas parler, je n'ai pas envie de me faire choper ! ».
L'entrée en vigueur du dispositif de lutte contre le piratage sportif en 2022 leur a permis d'obtenir des injonctions judiciaires qui ont conduit au blocage systématique de milliers de sites de streaming auprès des fournisseurs d'accès à Internet. La lutte contre les boucles Telegram représente un défi plus important pour les ayants-droits contraints de composer avec des leviers moins efficaces. Les diffuseurs travaillent avec des prestataires technologiques, comme LeakID et Athletia, pour détecter et signaler les contenus illicites sur les plateformes.
Autre problème : "Quand vous notifiez Telegram, la plateforme ne ferme pas le lien mais alerte le propriétaire de la chaîne de la notification. Cela laisse le temps aux pirates de dupliquer les flux sur d'autres boucles", souligne Hervé Le Maire.
« Telegram, c'est le plus compliqué car ce sont les moins réactifs pour couper les flux, explique Xavier Spender, secrétaire général de l'APPS (Association pour la protection des programmes sportifs). Or l'efficacité vient de la réactivité. Pour l'IPTV, 2 à 2,5 millions de Français consommeraient illégalement des contenus par ce biais. Mais pour lutter, comme dans tout trafic, il faut surtout arriver à travailler sur les têtes de réseaux. Si on arrivait à couper en amont les fournisseurs de signaux, les petits distributeurs d'IPTV et liens Télégram ne pourraient plus les proposer. »
La LFP se dit prête à utiliser "tous les moyens à sa disposition" pour parer à l’explosion de ces nouveaux vecteurs de streaming illicite. Sur le plan médiatique, la ligue diffuse depuis l’Euro 2024 des campagnes de sensibilisation visant à souligner l'importance de l'offre légale dans le financement et la viabilité des filières sportives. Sur le plan judiciaire, elle promet "un accroissement des dépôts de plaintes contre des revendeurs d'abonnements IPTV et des internautes diffusant les matchs sur Telegram".
Au niveau institutionnel, l'instance veut croire que ses échanges avec les pouvoirs publics, au niveau français et européen, contribueront à améliorer le dispositif de lutte contre le piratage sportif et accoucheront d'une "législation qui permettra une cessation dans les délais les plus brefs des diffusions illicites". À cet égard, l’Association de protection des programmes sportifs (APPS), créée en 2018 à l'initiative des ayants-droits pour mobiliser les acteurs publics et privés au respect des droits des diffuseurs, indique à RTL qu'un des leviers pourrait consister à poursuivre les plateformes récalcitrantes au titre du DSA, le règlement européen sur les services numériques, qui leur impose des obligations en termes de coopération et de réactivité.
"Il est peut-être temps que les ayants-droits portent plainte et qu'il y ait une décision de justice. Soit Telegram joue le jeu rapidement, soit il faut bloquer Telegram. On ne peut pas rester comme ça. Il faut taper fort pour éviter une catastrophe industrielle", abonde Hervé Le Maire.
Conséquences et perspectives
En attendant, la menace planerait sur les clubs de Ligue 1 si les mesures et les campagnes antipiratage s'avéraient inefficaces, comme le rappelait Shay Segev, le DG de DAZN, dans L'Équipe ce jeudi : « Le consommateur doit comprendre qu'il ne paye pas DAZN, il paye la Ligue et les clubs. Si cela ne fonctionne pas, qu'est-ce que cela signifiera pour le football français ? » Une chute de ses revenus, de sa valeur et potentiellement de sa compétitivité européenne.
« C'est probable mais inévitable, estime Nicolas, le nouveau venu dans la piraterie. Il ne faut pas faire porter la responsabilité sur le consommateur mais sur les dirigeants qui n'évaluent pas la vraie valeur de leur Championnat. Si personne ne veut acheter votre produit entre 30 et 40 euros par mois, il ne faut pas le mettre à ce prix-là. Et du côté de la Ligue, il ne faut pas chercher à récupérer 500 millions par saison si aucun diffuseur ne peut être rentable à ce montant. Donc on passera peut-être malheureusement par des faillites de clubs et une dévaluation du foot français, mais c'est lié à la distorsion entre la vision des dirigeants de leur Ligue et la réalité. »
Sacha Mansouri reconnaît s'être aussi interrogé sur les conséquences pour les clubs français. « Mais malheureusement, il faut quelque chose de fort pour qu'ils se remettent en question, assène-t-il. Avec la catastrophe annoncée de ce nouveau cycle, on tire la sonnette d'alarme, et c'est nécessaire ! Par moments, il faut un peu détruire pour mieux reconstruire. »

Les diffuseurs souhaitent également muscler leur arsenal sur le plan technique, en obtenant l'autorisation de mettre en œuvre des mesures de blocage actualisées en temps réel sous le contrôle de l'Arcom et de pouvoir procéder au blocage des adresses IP des sites incriminés, et non seulement à celui de leurs noms de domaine afin de limiter les possibilités de contournement pour les internautes. Ces pistes doivent être discutées au niveau européen d'ici la fin d'année 2025. "Si demain Telegram est contraint de donner un accès direct pour faire retirer les liens, vous ne trouverez plus les matchs, promet Hervé Le Maire. On le fait déjà très bien sur les autres plateformes.
Un média brésilien CazéTV a également acquis les droits de diffusion de la Ligue 1 au Brésil. 800 000 personnes ont vu la rencontre entre Le Havre et Paris via ce canal. En France, la chaîne est accessible via un VPN, outil permettant de localiser sa connexion Internet dans un autre pays. En tenant compte des 200 000 spectateurs sur Telegram, plus d'un million de personnes auraient ainsi réussi à contourner DAZN, vendredi 16 août, et ce, sans compter les détenteurs d'une IPTV.
Oui, vous pouvez regarder la Ligue 1 sur Telegram gratuitement via des chaînes spécialisées dans le streaming football. Cependant, le paysage a radicalement changé en 2025. Depuis l’arrestation de Pavel Durov, les liens pirates ferment en 15 minutes au lieu des 24 à 48 heures habituelles. Le streaming telegram reste une alternative viable pour éviter les 25€ mensuels de DAZN.
Plusieurs critères permettent d’identifier une chaîne telegram foot fiable. Le nombre d’abonnés reste un indicateur clé : plus de 30 000 membres suggèrent une certaine pérennité. Vérifiez la fréquence de publication sur les 7 derniers jours. Une chaîne qui publie quotidiennement a plus de chances de survivre aux purges.
La situation du streaming illégal football sur Telegram a basculé après l’arrestation de Pavel Durov en France à l’été 2024. L’arrestation du fondateur de Telegram a provoqué un changement radical de politique. Désormais, Telegram coopère activement avec les autorités françaises et européennes. Les canaux Telegram football subissent une surveillance automatisée sophistiquée. Les fermetures de liens pirates interviennent maintenant en 10 à 20 minutes contre 24 à 48 heures auparavant. Vous devez adapter votre stratégie de visionnage en conséquence.
La qualité d’image fluctue énormément : de 360p pixelisé à 1080p parfait selon les sources et l’affluence. Un match PSG en Champions League risque davantage de subir des interruptions qu’un modeste Lens-Montpellier. Telegram partage maintenant les données utilisateurs avec les autorités sur demande officielle. Votre numéro de téléphone et votre adresse IP peuvent être transmis en cas d’enquête approfondie. Utilisez un VPN fiable pour masquer votre adresse IP réelle. NordVPN, Surfshark ou CyberGhost offrent une protection efficace contre le traçage. Ne cliquez jamais sur les liens suspects partagés dans les chaînes. Certains renvoient vers des sites malveillants ou des arnaques sophistiquées.