La finale du Championnat de France entre deux équipes landaises, Dax et Mont-de-Marsan, est l'emblème du rôle de premier plan que joue ce vivier du rugby pendant la période 1953-1966. Bien sûr ce match fut le point d'orgue de la rivalité entre ces deux villes, autant qu'il fut la consécration du rugby landais.
Imaginez un Bayonne-Biarritz à Bordeaux ou un Narbonne-Béziers à Carcassonne. Difficile d’y penser, n’est-ce pas ? Pourtant, le derby historique entre les deux clubs landais, Dax et Mont-de-Marsan, se jouera à Bayonne... dans le Pays basque.
Dans l'historique de ce derby des Landes, la quasi-égalité du bilan montre que ce match est âprement disputé. Quarante-et-un affrontements, 19 victoires pour Dax, 21 pour les Montois.
A travers le rugby, cette rivalité se cristallise autour d’autres arènes que sont les stades de rugby. Si ce n’est évoquer cette finale si symbolique de 1963, il est intéressant de sonder des acteurs qui ont vécu la période la plus faste de ces derbys landais.
USD VS SMR, vieille histoire, souvent sous la flotte! Le derby retrouvé, Mont-de-Marsan va défier l’US Dax à Maurice Boyau. Match en direct sur France Bleu Gascogne à 21h.
Un peu d'histoire
Première opposition le 25 octobre 1908, l’USD existe depuis quatre ans, le stade montois sera créé en fin de cette année de premier derby. Les deux clubs ensuite vont peu se rencontrer dans la mesure où ils n’appartiennent pas au même comité, Côte d’Argent pour les montois, Côte Basque pour les dacquois. La première nouvelle rencontre a lieu fin décembre 1942.
En bord d’Adour Dax l’emporte 6-0. Retour au Loustau. Nouvelle victoire des rouges 3-0.
La suite ce sont au gré des saisons des matchs gagnés des matchs perdus, avec un léger avantage pour Mont-de-Marsan 26 victoires à 21. Et un seul nul, en 1990, 3-3 à Barbe d’Or. Et des déroutes aussi. 41 à 8 pour Dax en 93. 40 zéro pour les préfectoraux en mai 2014.
Cependant, en 1963, aucune d'entre elles n'a encore gagné le titre suprême :
- Mont-de-Marsan a été finaliste 3 fois : en 1949 contre Castres, en 1953 contre Lourdes, en 1959 contre le Racing club de France;
- Dax a été finaliste 2 fois : en 1956 contre Lourdes et en 1961 contre Béziers.
Au cours de la saison 1962-1963, Dax a gagné les deux rencontres contre Mont-de-Marsan : "6-0 sur les bords de l'Adour, et 3-0 au Loustau, le stade mythique des Jaune et Noir".
À l'initiative du journal Sud-Ouest, se rencontrent amicalement, quelques jours avant à Tartas, les deux capitaines (Pierre Albaladejo et André Boniface), habillés en berger et en échassier, et les deux entraîneurs. L'article paraît le dimanche, jour de la finale.
Mais l'évocation de cette rencontre est aussi l'occasion de replonger dans une époque où le jeu de rugby joignait une certaine élégance à la créativité, tout en restant bien sûr « viril mais correct ». C'était le rugby d'antan, tel qu'il fut magnifiquement incarné par les frères Boniface et Pierre Albaladejo. Ce match et ces joueurs méritaient bien un hommage.
Les éditions Atlantica, à l'occasion du cinquantième anniversaire du match, publie un livre tout entier consacré à cet événement. On y retrouve les analyses de joueurs, supporters, dirigeants de l'époque et d'aujourd'hui.
Montois, Dacquois et hybrides…Depuis plus de 20 ans, ces rencontres se sont multipliées et de fait, les histoires qui vont avec. Pour être exhaustif, il faut interroger également des « hybrides », ayant joué pour les deux clubs. Le premier est un monument du rugby landais, Rudolph Bérek (18 saisons en première à Dax de 1990 à 2008 et trois au Stade Montois de 2008 à 2011). Le second est un récidiviste, Antoine Vignau-Tuquet (au Stade de 2003-2003 puis 2004-2006 et 2010-2013 et à Dax de 2006 à 2010).
« Ça évoque quoi, ce derby ? »Cette histoire est faite de l’empreinte de ceux qui l’ont vécue, acteurs comme spectateurs. Coté Montois, l’ancien talonneur Laurent Dehez a un avis tranché : « Le derby ? C’est la suprématie landaise, non ? Depuis tout petit, je considère que c’est un match à ne pas perdre !
Finale Narbonne Béziers 1974 en couleur (presque intégralité)+avant match +après match.
L’ancien demi de mêlée Julien Lesgourgues rappelle que « le derby était dans les têtes dès la sortie du calendrier, on ne pensait qu’à ça. » Sentiment complété par l’ancien flanker Christophe Tournier : « Un match à l’état d’esprit particulier, inculqués par les anciens.
La réponse à la question posée aux « hybrides » ne diffère pas trop. Pour l’iconique Rudolphe Berek, « ce derby, on le voyait surtout dans les yeux des gens. Pour un natif de Mont-de-Marsan comme moi, c’était un mélange de plein de choses. Au début de ma carrière, ils étaient beaucoup plus engagés qu’à la fin, c’est sûr ! »
À l'évocation des souvenirs, Laurent Dehez en isole deux : « Notre victoire lors du match d’ouverture des fêtes de Dax en 1999. Je n’ai pas joué longtemps car j’ai pris un rouge au bout de 13 minutes ! Le deuxième est notre victoire d’un point à Dax, après un match tendu, joué à 14 contre 15… encore un ! »
Julien Cabannes évoque, lui, « un match de mon frère Romain, en cadet, sur ce fameux terrain du Gond. Je crois qu’ils se sont battu tout le match, c’est dire. L’autre, c’est la demi-finale d’accession gagnée en 2012 contre Dax à Boniface ».
Pour les deux Dacquois, Christophe Tournier et Julien Lesgourgues, solidaires et unanimes sur la question, « c’est ce match perdu à Dax d’un point, en 2004, sur une ultime pénalité d’Antoine Vignau-Tuquet et avec un David Darricarrère des grands jours, malgré son âge (rires).
Du côté des « hybrides », l’ancien ouvreur Antoine Vignau-Tuquet de citer « mon premier derby, en 2004. Je mets la pénalité de la gagne pour un match à l’ancienne qui a relancé, à mon avis, la légende. Pour le vétéran de la bande, Rudolph Berek, c’est le souvenir de son premier match contre Dax avec le club de sa ville natale, comme une boucle qui se bouclait : « Ceux qui me connaissent savent que je m’engageais à fond. Mais avec les circonstances de mon départ de Dax, je voulais montrer que je n’étais pas pourri.
Finale du championnat de France 1963
Le 2 juin 1963, à Bordeaux, Parc de Lescure, 39 000 spectateurs sont massés derrière des barrières mobiles jusque sur le long de la ligne de touche. On saura plus tard que 10 000 places ont été vendues en deçà des capacités du stade.
Le temps chaud est orageux. Le terrain est évacué sans aucun problème.
Le coup d'envoi a lieu à 15h30, après un peu plus de 13 minutes d'antenne. La longueur de cet "avant-match", rare pour l'époque, correspond aux attentes de la chaîne concernant l'aspect festif exceptionnel de cet événement.
Selon André Boniface, "[le match] se déroula dans de mauvaises conditions : trente mille places avaient été vendues pour un stade qui en contenait vingt mille. Une grande partie des spectateurs ne pouvait voir le terrain et, lorsqu'on tapait en touche, des supporters gardaient le ballon, souvent plus d'une minute. C'était fâcheux pour le jeu mais compréhensible. Il y eut aussi à la 60ème minute : une cravate de Jean-Baptiste Amestoy (n°18) sur Pierre Albaladejo.
D'autres blessures dues à l'engagement : Gilbert Hilcock, Raymond Albaladejo ; ou à l'inaction : à la 30ème minute, l'ailier Christian Darrouy est victime d'un claquage. Le remplacement d'un joueur blessé étant interdit, le Stade Montois est de fait réduit à 14 joueurs.
On peut noter que les entrées en mêlée sont brouillonnes, les lancers en touche confus. Les mouvements d'attaque sont rares. Une contre-attaque de Raymond Albaladejo efface quatre adversaires. Une attaque grand champ de Dax, à la 60ème minute, échoue de peu. Une passe croisée d'André à Guy Boniface, à la 69ème minute, aboutit à un essai d'Alain Caillau refusé pour en-avant. Un autre essai montois avait été refusé deux minutes auparavant.
Dès l'égalisation, à la 65ème minute, par un drop d'André Boniface, un orage de grêlons s'abat sur le stade, compromettant tout jeu à la main.
Derrière ses avants, sur une passe de Gilbert Hilcock (blessé à cette occasion), le demi de mêlée Pierre Lestage tape un drop à la 76ème minute."Soudain, le petit Lestage, dont la mêlée a obtenu la balle à vingt mètres face aux poteaux, se sent inspiré par le drop-goal, il botte, il le passe. Neuf à six en faveur des Montois. Dacquoise par 9 à 6.
Le 2 juin finale à Lescure…historique. Les guêpes battement les thermalistes 9-6.
Chez les supporters, certains derbys restent pour toujours dans les mémoires, dans les annales, dans l'Histoire. Pour les Montois, le summum fût sans doute atteint lors de la finale du championnat de France 1962/63. Au Parc Lescure de Bordeaux, au terme d'un match très tendu, engagé et qui dégénéra souvent (voir la vidéo ci-dessous), Mont-de-Marsan est sacré champion de France.
Plus proche de nous, en 2012, les mêmes Montois battent Dax 24 à 20 en demi-finale d'accession de Pro D2, remportent ensuite la finale et intègrent le Top 14. Et puis, chaque équipe à sa victoire référence. Pour Dax, c'est en 1993, lorsque les Montois étaient venus s'incliner lourdement au Parc Municipal des Sports (41-18).

Composition des équipes pour la finale de 1963
Dax : Pierre Barbe ; Claude Darbos ; Henri Wilhems ; Jacques Bénédé ; Raymond Albaladejo ; Pierre Albaladejo (capitaine) ; Jean-Claude Lasserre; Bernard Dutin ; Claude Contis ; Gaston Dubois ; Jean-Claude Labadie ; Marcel Cassiède ; André Bérilhe ; Léon Bérho ; Christian Lasserre.
Le match est entre autres caractérisé par une affluence record de plus de 30 000 spectateurs obligeant les organisateurs à installer des chaises de fortune sur la piste du vélodrome, la disparition des ballons en début de rencontre, un essai litigieux accordé aux Dacquois ainsi qu'un refusé pour les Montois, la blessure de Darrouy et le KO de Berilhe sur coup de poing de Cazalsf, le drop final de Lestage et la météo capricieuse, passant d'une chaleur estivale étouffante à un orage accompagné d'averses et de grâle.
Les rencontres récentes
Dax versus Mont-de-Marsan, une vieille recette qui fait les beaux jours du rugby gaulois et tout autant gascon.
Après huit journées disputées il est peu d’enseignements à tirer sauf à se perdre en conjectures. Le championnat est long, les écarts de nivaux entre les seize équipes qui le composent sont de plus en plus resserrés. Pour ses retrouvailles Dax sans être confortable au classement a prouvé sa large capacité à rivaliser. 25 pour cent de succès, quatre matchs disputés dans Boyau, deux victoires devant Grenoble et Colomiers, deux défaites face à Provence et Vannes. Dax légitime en Pro D 2 sait devoir emmagasiner le plus de points sur son pré pour ne pas se mettre la rate au court bouillon en fin de temporada. L’USD à égalité avec Grenoble, trois longueurs devant Soyaux Angoulême, avant dernier virtuel.
Les montois sont eux sur cinq succès consécutifs. Poussifs parfois, chaotiques par moments, mais sur une trajectoire qui les place pour l’heure sur un podium dont ils ont l’habitude. Mont-de-Marsan est une équipe à réaction et à géométrie variable. Au niveau statistique, cinq victoires pour trois défaites, deux succès en quatre sorties, à Angoulême et Biarritz, troisième meilleure attaque, mais des défaillances parfois criardes. Et un triangle offensif moins opérant pour l’instant que les saisons passées.
D’un côté l’habitude montoise des grands rendez-vous, de l’autre une grosse envie dacquoise d’en découdre. Un invité qui régule les différences éventuelles, la météo, pluie et vent sur Boyau ce soir.
Sur le même thème Rugby, Pro D 2, Dax tue le chat noir dans Boniface 28è journée de Pro D 2. Le Stade Montois recevait Dax, à trois journées du terme ordinaire du championnat. Victoire sous la pluie dans des conditions difficiles de Dax, 18-13. Première victoire dacquoise à Mont-de-Marsan depuis dix-huit ans.
Le calendrier de Pro D2 pour la saison prochaine est connu. Les deux clubs de rugby landais jouent leur premier match le 30 août. Le premier derby Dax / Mont-de-Marsan aura lieu le 15 novembre à Dax.
Ce vendredi soir en direct sur France Bleu Gascogne à 21h, le Stade Montois reçoit Dax pour la 28e journée de Pro D2. L'heure est aux dernières répétitions pour les Montois.
Dax et Mont de Marsan vainqueurs, les clubs landais offrent un 100% de victoires lors de la 10e journée de Pro D2. L'USD s'impose à Biarritz à la sirène (22-21) alors que le Stade Montois se défait aisément de Montauban (30-13), une semaine après sa défaite dans le derby.
Après une excellente première partie en poules de 8 en 1960, l'USD est considérée comme l'une des favorites au titre. Après avoir écarté le Stade toulousain et l'US Tyrosse en début de phases finales, elle retrouve le FC Lourdes en demi-finale. Malgré l'absence de plusieurs cadres, elle prend le large au score et comporte une avance confortable.

Menés par leur pilier Berilhe lors de la saison 1960-1961, les rouge et blanc atteignent facilement le stade des quarts de finale, pour lesquels ils battront difficilement le Stade rochelais d'Arnaud Elissalde. En finale, ils affrontent l'AS Béziers au stade de Gerland. Les avants se neutralisent pendant la première mi-temps, le score restera longtemps réduit à 3 partout. Si les Dacquois sont à l'initiative de plusieurs actions dangereuses en deuxième mi-temps par l'intermédiaire d'Othats, Bénédé, P. Albaladejo et Carrère, c'est le drop converti par Pierre Danos, pourtant défavorablement placé cinq mètres derrière la ligne d'en-but et quasiment sur celle de la touche, qui clôt l'issue du match à l'avantage des Bitterois sur le score de 6 à 3.
L'US Dax rencontre le SU Agen en demi-finale la saison suivante, après avoir successivement éliminé l'USA Perpignan, le CA Lannemezan et le Stade rochelais. Au stade municipal de Bordeaux, les deux équipes restent à égalité Ã l'issue du temps de jeu réglementaire avec un essai inscrit pour chacune. Les Landais prennent la tête pendant la majeure partie des prolongations, avant de voir les Lot-et-Garonnais égaliser à quinze secondes du terme de la rencontre ; ces derniers se qualifient pour la finale au bénéfice du nombre d'essais inscrits.
Les phases finales de 1963 sont marquées de la confrontation la plus célèbre entre l'US Dax et le Stade montois, accèdant ensemble à la finale du championnat de France. Au lendemain de leurs victoires respectives en demi-finale contre le FC Grenoble et le FC Lourdes, le journal régional Sud Ouest qui couvre l'événement titre sur son édition sport du 20 mai « Le rugby landais est champion de France ».
Cette affiche oppose deux équipes du même département, un cas de figure ayant alors lieu pour la 2e fois de l'histoire du championnat. Hasard du calendrier, alors que la finale est organisée à tour de rôle entre les villes de Bordeaux, Lyon et Toulouse, c'est dans la capitale aquitaine voisine qu'elle se déroule cette année.
La saison suivante, après avoir écarté le Stade rochelais puis le SC Graulhet, l'US Dax se présente en quart de finale devant l'AS Béziers mais s'inclinent en l'absence de Berilhe blessé lors de la rencontre précédente.
Après y avoir disputé une première finale de championnat en 1956 puis de Challenge en 1957, l'US Dax retrouve le stadium municipal de Toulouse (ci-contre en 1961) pour la finale de championnat de 1966. Alors que l'équipe est fortement remaniée, entre retraites, blessures et disparitions, le XV rouge et blanc assure tout de même son rang en 1966. Après avoir éliminé l'USA Limoges puis le CA bèglais, ils l'emportent contre le Stado tarbais en prolongation des quarts de finale, puis assurent leur place en finale en renversant le cours du jeu dans les dernières minutes des prolongations aux dépens du SC Graulhets. L'US Dax affronte ainsi le tenant du titre, le SU Agen, dans une ultime rencontre qui sera retenue comme la « finale la plus violente de l'histoire ».