Le hockey sur glace, un sport rapide et stratégique, est de plus en plus analysé à travers les statistiques. Cet article explore comment les statistiques peuvent aider à comprendre la performance collective des équipes et l'efficacité individuelle des joueurs. Le hockey sur glace est le sport collectif le plus rapide du monde. À la différence d’autres sports, les changements s’effectuent généralement par « ligne ». Une ligne est l’ensemble des joueurs qui évoluent en même temps sur la glace.
Un match dure trois tiers temps de vingt minutes à temps réel. Une partie oppose deux équipes de six joueurs : trois attaquants, deux défenseurs et un gardien. L’équipe avec le plus de buts gagne la partie. S’il y a égalité à la fin du temps réglementaire, une prolongation est disputée. Afin d’ouvrir le jeu, les équipes évoluent à quatre contre quatre ou trois contre trois selon la compétition sous le signe du but en Or.
La durée de la prolongation est en général de dix minutes. Si aucun but n’est inscrit, une séance de pénalité est organisée jusqu’à ce qu’un vainqueur soit désigné. Chaque joueur est évalué selon ses prestations. Si le buteur est important, ceux qui permettent le but en créant des décalages sont à féliciter. On parle alors « d’assistance » et non de passe décisive. À chaque but, les arbitres indiquent le buteur et jusqu’à deux assistants qui ont permis la marque. On parle alors de « pointeurs ».
Ce classement prend en compte les buts et les assistances. La dernière statistique prise en compte concerne la présence sur le glaçon au moment d’un but. Pour les gardiens, le nombre de buts encaissés est évidemment important, mais il est utile de savoir quel est le pourcentage d’arrêts qu’il a effectué pour déterminer qui est le meilleur de la saison.
Pour de nombreux hockeyeurs, le Graal est de remporter la Coupe Stanley, qui récompense le vainqueur des séries éliminatoires nord-américaines de la fameuse Ligue nationale de hockey (LNH ou NHL, en anglais). 31 équipes (dont 7 Canadiennes), divisées en 2 conférences (Est et Ouest), s’affrontent durant 82 matchs de saison régulière. Les 8 meilleures équipes de chaque conférence se retrouvent en Play-Off pour des confrontations au meilleur des 7 matchs, avec minimum 2 matchs par équipe à domicile.
En Amérique du Nord, les équipes ne sont pas forcément affiliées à une ville. En effet, comme dans les autres « majeurs », il s’agit de franchises appartenant à de riches propriétaires. Ils peuvent à tout moment les vendre et les faire déménager ailleurs. Les raisons de ces départs peuvent être multiples, mais c’est souvent pour aller sur un marché plus intéressant en termes de retombées économiques. La dernière arrivée est basée dans le désert du Nevada, dans la ville de Las Vegas : les Golden Knights. Elle a été créée en 2017 sans déménagement.
Chaque franchise possède également une équipe filiale qui permet le développement des jeunes, mais aussi à des joueurs blessés de reprendre le rythme des compétitions professionnelles. Enfin, il y a des ligues juniors de bons niveaux. Au Québec, elle se nomme Ligue de Hockey Junior Majeur du Québec (LHJMQ) et beaucoup de joueurs finissent en NHL plus tard. Les plus titrés restent les Canadiens et les Russes dans ces deux compétitions, dont ils sont favoris à chaque édition.
Si vous ne savez pas quelle équipe joue à domicile, fiez-vous à la couleur des chandails. Aussi, durant les séries, les joueurs ne se rasent plus la barbe jusqu’à l’élimination de leur équipe, ce qui explique la pilosité de certains finalistes. Ainsi, certains numéros de chandails sont retirés et hissés au plafond de l’aréna en souvenir des vedettes d’hier. Ces numéros ne sont donc plus attribués dans l’équipe.
Analyse de la Performance Collective des Équipes
Dans un sport d'équipe comme le hockey, il est crucial de comprendre comment évaluer la performance collective. Grâce au plafond salarial et au repêchage universel, les équipes de la NHL ont des joueurs d’élite, des moyens et des moins bons. D’une année à l’autre, la même équipe peut être dominante ou médiocre en utilisant les mêmes joueurs sur la glace. La raison logique mais trop souvent ignorée est tout simplement que les entraineurs ne donnent pas tous les mêmes chances de succès à leurs équipes.
Un bon point de départ est donc de s’assurer de lancer au filet plus souvent que l’équipe en face. La possession du palet est ainsi mesurée en hockey non pas en minutes ou secondes mais plutôt en pourcentage des tirs tentés. Il existe pour cela deux moyens. Le premier consiste à ne regarder que les tentatives de tirs provenant de la zone dangereuse décrite ci-contre et d’où sont inscrits environ 70% des buts en NHL.
L'Indicateur Corsi
L’indicateur principal pour la possession est le « Corsi », qui comptabilise tous les tirs tentés ou accordés par une équipe (qu’ils soient marqués, arrêtés par le gardien, contrés et même non cadrés). Comme toutes les statistiques mentionnées dans notre série, le Corsi est principalement utilisé lorsque le jeu est à 5 contre 5, car il est évident que les supériorités numériques constituent des parenthèses dans le match où le jeu est à sens unique et qui ne reflètent pas la réalité de la confrontation entre les deux équipes.
Sur l’ensemble d’une saison, une très bonne équipe de possession aura un Corsi supérieur à 52-53%. Une équipe dominée sera, elle, en deçà de 48-47%. Si cela ne vous semble pas énorme comme écart, il faut prendre en compte le nombre très important de tentatives de tirs derrière ce chiffre. San Jose était à 52% de possession l’an dernier et cela représentait au total 187 tentatives de plus que ses adversaires. Les Rangers étaient, au contraire, à 48,1% de possession, ayant accordé à leurs adversaires 260 tentatives de plus qu’eux.
Nous avions expliqué dans le premier article à quel point les équipes gagnantes s’appuient sur la possession du palet : 78% des qualifiés en playoffs ces 10 dernières saisons étaient à plus de 50% de possession - ou « positives » - durant la saison régulière.
Les Buts Anticipés (Expected Goals)
L’idéal est ainsi de mixer quantité et qualité des chances en un seul indicateur. C’est le rôle que remplit le « Expected goal » ou « buts anticipés/espérés » en français. Les buts anticipés mettent surtout en évidence la qualité des systèmes de jeu. Minnesota l’an dernier n’avait qu’un Corsi moyen de 50,4%, le 16e de la ligue, mais son système défensif exceptionnel cantonnait ses adversaires à des tentatives de tirs lointaines.
La qualité des chances accordées à l’adversaire était ainsi très faible et le Wild était en plus assez chirurgical offensivement via ses contre-attaques. De 16e pour la possession, Minnesota devenait ainsi 1er de la ligue pour son taux de buts anticipés à 55,9%. Possession et buts anticipés traduisent donc la capacité d’une équipe à dominer ou non son adversaire, à se créer le plus de chances dangereuses qui lui permettraient, techniquement, de connaître du succès.
L'Indicateur PDO
La NHL est une ligue plus homogène qu’on ne l’imagine. Collectivement, les équipes ont une réussite aux tirs qui se tient dans un mouchoir de poche et la grande majorité des gardiens sont également très proches les uns des autres pour le taux d’arrêts. Au total, en 2016-17, plus de la moitié de la ligue, 17 équipes avaient un PDO entre 99 et 101. Six étaient plutôt chanceuses entre 101 et 102, Washington étant en surrégime à 102.9. Enfin, six étaient malchanceuses entre 98 et 99 (plus Colorado dans le trou à 97).
S’il est très rare qu’une réussite folle (souvent un gardien en état de grâce) tire une équipe médiocre en playoffs (Toronto en 2013, Colorado en 2014, Montréal en 2015 ou Florida en 2016), celle-ci constitue une élément indispensable pour définir les résultats d’une équipe. La grande majorité des qualifiés en playoffs proposaient un jeu efficace, au-delà des 50% de buts anticipés ET étaient en réussite avec un indice PDO supérieur à 100. Chicago et les Rangers ont utilisé leur PDO pour se joindre aux séries.
Malgré un Tuukka Rask au fond du trou et des tireurs en panne, le jeu des Bruins était simplement trop bon pour ne pas se se qualifier. Ces dernières années, la quantité des tirs tentés, le Corsi, demeure le meilleur indice pour prévoir le succès d’une équipe à long terme car il indique la volonté première de celle-ci de provoquer des chances sans en accorder trop.
Analyse Individuelle des Joueurs
Avec l’analyse des joueurs, nous entrons dans la portion la plus ardue et la plus débattue de l’utilisation des statistiques avancées. Certains diront qu’un humain ne peut être défini par des chiffres, mais les statistiques historiques (points, mises en échec, temps de glace, etc.) ont été utilisées depuis des décennies pour différencier les champions de la masse, alors pourquoi pas pousser plus en avant ? Loin de vouloir clore le débat, les statistiques utilisées pour les joueurs se concentrent à définir leur efficacité sur la glace, ce qui constitue tout de même la base de leur métier.
Pendant longtemps, les joueurs ont été jugés sur leur production offensive. Cependant, celle-ci dépend largement du temps de glace obtenu, de la présence en supériorité numérique, de la réussite momentanée du joueur et de ses coéquipiers, du rôle qui lui est attribué par l’entraineur et de la capacité du système de jeu collectif à maximiser l’attaque. Même avec l’utilisation douteuse des mises en échec et des tirs contrés (voir ci-dessous), il semblait également que la partie défensive du jeu était laissée de côté faute de métriques disponibles.
Par exemple, un joueur très offensif peut récolter beaucoup de points, mais si sa capacité à défendre est nulle, son équipe risque d’encaisser plus de buts qu’il n’en provoque au final. Les meilleurs joueurs de la ligue sont ainsi capables de monopoliser la possession, limitant de facto les chances de l’adversaire tout en maximisant les opportunités pour son équipe.
Pour des joueurs de 3e-4e trio dont il ne faut pas attendre qu’ils marquent 30 buts, assurer la possession du palet à leur équipe équivaut à bien remplir un rôle de soutien, une défense efficace et une capacité à terminer ses présences en zone offensive par exemple. En attendant que les gros canons finissent le travail.
Statistiques à Éviter
- Plus minus (+/-): Le +/- ne se limite pas au jeu à 5 contre 5, ce qui aurait été tout à fait recevable, mais inclut quelques situations spéciales comme les buts en infériorités numérique (+1 pour l’équipe en infériorité qui marque, -1 pour l’équipe en supériorité qui encaisse un but) et surtout les buts dans une cage vide.
- Mises en échec et tirs contrés : Ces stats reflètent des situations où l’équipe du joueur n’a PAS la rondelle car elle court après.
- Interceptions : Les interceptions sont utilisées la plupart du temps pour prouver qu’un joueur est « à risque », sans y mettre aucune autre forme de contexte.

Schéma d'un terrain de hockey sur glace
Principes de base de la zone neutre et de la stratégie offensive au hockey | NHL 101
Utilisation du Corsi pour les Joueurs
Comme pour les équipes, la possession du palet (indicateur « Corsi ») pour un joueur est calculée en pourcentage des tirs tentés (les buts, tirs arrêtés par le gardien, tirs contrés et non-cadrés) pendant qu’il est sur la glace. Comme à l’échelle des équipes, chaque joueur peut également être évalué sous l’angle des chances de marquer, qui utilisent le même principe que le Corsi mais uniquement pour les tirs tentés de la zone dangereuse allant des poteaux au haut des cercles de mise en jeu. Et les buts anticipés, qui mélangent quantité et qualité des chances, s’appliquent aussi aux joueurs.
Il est impératif de mettre en perspective taux de possession ou de buts anticipés d’un joueur avec les performances globales de son équipe. Concrètement, ces statistiques brutes dépendent parfois fortement des performances collectives.
Mesurer l’Efficacité Offensive et Défensive
Nous avons ainsi cherché sur Hockey Archives à mesurer l’efficacité offensive ou défensive des joueurs. Le principe pour les attaquants est simple : si une équipe parvient à décocher 10 tirs avec le joueur X sur la glace, et que 5 de ces 10 tirs sont des chances de marquer, l’efficacité offensive sera de 50%. Cette métrique met en valeur les joueurs ayant la capacité à placer leurs coéquipiers dans des conditions parfaites ainsi que les joueurs misant sur la contre-attaque, qui par définition permettent de s’approcher du but adverse.
Le principe est le même pour les défenseurs mais évidemment inversé. Si une équipe accorde 10 tirs avec le joueur Y sur la glace, et que 8 de ces tirs ne sont PAS des chances de marquer « dangereuses » (à proximité immédiate du but), l’efficacité défensive sera de 80%. Cette métrique met en valeur les défenseurs et les systèmes de jeu ainsi capables de garder l’adversaire loin du but et de faciliter le travail du gardien.
Autres Facteurs à Considérer
- Utiliser des mesures par 60mn : Que ce soit pour les chiffres bruts de la possession ou la production, le temps de jeu par match et le nombre de rencontres jouées influencent fortement les résultats.
- La position du joueur dans l’alignement : Il est facile de savoir qu’un joueur joue dans un top6 en attaque ou sur une 4e ligne, et qu’un défenseur est de top4 ou de 3e paire.
- Qualité des coéquipiers et de l’opposition : La QoC (qualité de l’opposition) mesure le Corsi moyen de tous les adversaires affrontés sur la glace par un joueur. La QoT (qualité des coéquipiers) est plus pertinent car la présence d’un bon/mauvais joueur sur son trio pendant 82 matchs influence logiquement bien plus la performance d’un joueur qu’une opposition dont la qualité va et vient.
- Zone starts - départs en zone offensive/défensive : Un coach assigne régulièrement des missions différentes à ses joueurs, compte tenu de leurs talents et de leurs faiblesses personnelles.
- La réussite - l’indicateur PDO : Le PDO peut pareillement être utilisé pour un joueur en additionnant la réussite aux tirs de ses coéquipiers et le taux d’arrêts des gardiens lorsqu’il est sur la glace.
Analyse des Gardiens
L’analyse des gardiens via les stats avancées est à la fois simple et complexe. Simple car il existe que très peu d’indicateurs à disposition du public. Complexe car si les équipes peuvent se payer des analyses différenciant les différents types de tirs, s’il y a eu une passe obligeant le gardien à se déplacer, etc. ces données ne sont pas disponibles pour le grand public.
- Taux d’arrêts : Le pourcentage des tirs cadrés arrêtés par un gardien.
- Buts sauvés : Observer la différence entre le nombre de buts anticipés pour les équipes adverses (donc encaissés par le gardien) et le nombre de buts réellement encaissés.
Tableau des Meilleurs Pointeurs NHL (Saison 2023-2024)
Voici un exemple de tableau des meilleurs pointeurs de la saison 2023-2024 de NHL :
| Joueur | Équipe | Points |
|---|---|---|
| Nikita Kucherov | Tampa Bay Lightning | [Nombre de points] |
| Nathan MacKinnon | [Équipe] | [Nombre de points] |
| Connor McDavid | [Équipe] | [Nombre de points] |

Action de jeu en NHL