Le volley-ball assis est actuellement dans une phase de développement.
Il s'agit d'une variante handisport du volley-ball.
Tous handicaps sont éligibles à la pratique de ce sport, mais on y retrouve majoritairement des joueur(se)s amputés de membres inférieurs.
On peut également trouver des joueurs amputés d’un avant-bras. Ce type de handicap n’étant pas particulièrement favorable à cette pratique, ces joueurs seront souvent ou très grands ou très bons techniquement et ils joueront tous avec une prothèse afin de faciliter leur déplacement au sol et la réalisation des passes en “manchette”.
Les joueurs ont principalement des limitations d’amplitude articulaire au niveau de la cheville ou des pertes de force musculaire dans un ou les membres inférieurs.
Le volley assis se joue à deux équipes de six joueurs.
Les matchs se déroulent en 3 sets gagnants (5 sets maximum).
Quasiment toutes les balles sont jouées avec les mains hautes, du fait de la hauteur du filet à hauteur de buste.
Il est possible de contrer le service.
L’objectif premier est d’accélérer le jeu pour ne pas laisser le temps au contre adverse de s’organiser pour venir contrer l’attaquant qui recevra la passe.
Malgré tout, il sera très rare pour un attaquant de ne pas avoir de contre en face de lui.
Avoir un grand buste et de grands bras est un avantage quand on est assis.
Ce sport requiert également souplesse et cardio.
Née, selon les sources, en 1943 ou en 1956, cette pratique a d’abord été une activité de rééducation pour les soldats amputés.
C’est le Comité des sports néerlandais qui a organisé la première manifestation le 5 mai 1956 à Amsterdam devant 25 000 spectateurs.
L’entrée du volley assis aux Jeux paralympiques intervient quelques années plus tard, en 1980 pour les hommes.
L'Équipe Iranienne : Une Force Dominante
L'Iran participe aux Jeux paralympiques de volleyball assis depuis 1988 à Séoul et a fini champion dans sept des neuf compétitions.
L'Iran a tout simplement remporté 7 médailles d'or et 2 médailles d'argent paralympiques en neuf participations, de quoi faire de la République islamique le grandissime favori pour Paris 2024.
Depuis 1988, l'Iran a raflé sept des neuf compétitions paralympiques.
L'équipe intensifie son entraînement avant le tournoi, où elle affrontera des rivaux d'Ukraine, du Brésil et d'Allemagne.
La dernière confrontation entre les deux nations remonte au championnat du monde de Sarajevo, en 2022.
L'Iran, sur le toit du monde pour la huitième fois, l'avait emporté 3-0.
« Notre principal rival est la Bosnie... même si nous ne devons pas sous-estimer le Brésil, l'Allemagne et l'Egypte », indique Mehrzad.
« Le moral de l’équipe est très bon », a déclaré Mehrzad.
« Les gars sont très bons et préparés », faisant référence à ses coéquipiers.
Au-delà de l'argent investi depuis trente ans pour développer la discipline (une cinquantaine d'équipes réparties dans trois divisions en Iran), c'est d'ailleurs plutôt « leur vitesse de jeu qui fait la différence », selon l'international français Gildas Guiheneuf, « et les relations entre le passeur, leur point fort, et les attaquants, qui viennent toujours dans l'espace libre ».
« Chacun de nos gars est le meilleur... Reversée dans la poule B avec l'Ukraine, l'Allemagne et le Brésil, son équipe s'attend surtout à être embêtée par la Bosnie, son principal rival.
« Ce n'est pas une honte de perdre face à l'Iran, mais nous ferons tout ce que nous pouvons. Avec une dose de chance et de courage, nous essayerons de les surprendre », espère de son côté Ismet Godinjak, 51 ans et en charge de la défense.
Pour gagner, il faudra nécessairement contenir la puissance et la précision de Morteza Mehrzad.
Paralympiques: le champion iranien "géant" de volley-ball assis prêt à affronter la Bosnie | AFP
Morteza Mehrzad : L'Icône du Volley-ball Assis Iranien

Morteza Mehrzad est sans nul doute l’une des plus grandes stars présentes à Paris pour les Jeux paralympiques.
Le joueur de 36 ans, qui mesure 2,46 mètres, a été le meilleur marqueur de la finale de volley assis remportée par sa sélection (3-1), vendredi, contre la Bosnie-Herzégovine.
Un huitième titre pour l’Iran dans cette discipline.
C’est ce qui s’appelle rencontrer sa vocation.
Sans le volley assis, variante handisport de ce sport de ballon, quel aurait été le destin de Morteza Mehrzadselakjani ?
Tragique, car l’Iranien, aujourd’hui vedette nationale, est atteint d’acromégalie - un excès d’hormone de croissance -, mesure 2,46 mètres et vivait reclus jusqu’à ses 22 ans à Roudsar, au bord de la mer Caspienne.
Sur le terrain, impossible de passer inaperçu pour le deuxième homme le plus grand au monde.
Assis et lorsqu’il lève les bras, il est capable de jouer le ballon à près de 2 mètres.
Sa hauteur de jeu a été mesurée à 1,96 mètres pendant ces Jeux.
Pratique quand le filet est situé à une hauteur de 1,15 mètre et pour inspirer la peur aux hardis adversaires qui essaient de le bloquer.
Vendredi 6 septembre, il a été le meilleur marqueur de la finale (27 points) disputée devant les 4 000 spectateurs enthousiastes de l’Arena Paris Nord, à Villepinte (Seine-Saint-Denis).
L’Iran a battu la Bosnie-Herzégovine trois sets à un (22-25, 30-28, 25-16, 25-14), devenant pour la huitième fois champion paralympique, en treize éditions du tournoi masculin.
Elu meilleur joueur du monde en 2019, 2021 et 2022, Morteza Mehrzad - son diminutif - compte désormais trois médailles d’or.
Son « gigantisme » n’est pas son seul handicap.
A 15 ans, à la suite d’un accident de vélo, il se fracture le bassin et sa jambe gauche ne grandit plus, causant un écart de 15 centimètres avec la droite.
Contraint parfois d’utiliser un fauteuil roulant, il s’est appuyé sur ses coéquipiers pour tenir la station debout pendant les hymnes, avant le coup d’envoi.
Une Découverte Révélatrice
Victime de moqueries pendant sa jeunesse, sa vie bascule lorsque le sélectionneur iranien Hadi Rezaeigarkani le repère, en 2011, dans un programme télévisé consacré aux personnes qui sortent de la norme.
Le flair de celui qui est impliqué dans la totalité des titres paralympiques de son pays (de 1988 à 2024, en tant que joueur et coach) change l’existence de Morteza Mehrzad.
Cinq après, il est médaillé d’or paralympique, à Rio.
« J’étais très déprimé, racontait-il il y a quelques années.
J’avais l’impression d’être en prison et j’avais peur de sortir à cause de mon apparence.
Le volley a changé ma vie. »
D’objets de raillerie, il passe à sportif de haut niveau et trouve une utilité à ce corps extraordinairement grand.
« Le physique que je considérais comme très mauvais m’a beaucoup aidé et j’ai su en faire bon usage », confiait-il en juillet à l’AFP.
A Paris, il a parfois été préservé, ne disputant par exemple qu’un set en ouverture contre l’Ukraine ou deux, en demi-finales, face à l’Egypte.
Fragile, il a été opéré du genou en 2023.
Au centre de l’attaque de sa sélection, Morteza Mehrzad est inarrêtable.
Cyrille Chahboune, joueur de l’équipe de France (qui a terminé à la dernière place du tournoi paralympique) a évoqué pour Le Monde le phénomène de son sport : « Il se positionne au filet, il prend les ballons et c’est l’arme fatale. »
Les Bleus avaient conçu un plan en cas de match face à l’Iran : « Cela ne sert à rien d’aller au bloc quand il attaque.
Il faut se mettre à l’arrière, en protection. »
Un Géant sur le Terrain et dans la Vie

À bientôt 37 ans, Mehrzadselakjani est aussi désormais beaucoup mieux dans sa peau.
Parce que le volley assis lui a permis « d'affirmer [s]a personnalité », dit-il.
Parce qu'il a donné un sens à sa vie, aujourd'hui rythmée par ses trois entraînements hebdomadaires et ses allers-retours à la salle de muscu (quand il n'est pas en stage avec sa sélection).
Mais surtout parce que les regards sur lui ont changé. Au moins en partie.
« Aujourd'hui, je lis aussi de la fierté dans les yeux des gens. Certains ignorent que je suis handicapé, dit l'Iranien, qui vit à Tchalous avec sa soeur et son frère.
Avant de découvrir le volley assis, j'étais une personne ordinaire.
On ne me connaissait que pour ma taille.
Tout a changé pour moi depuis : financièrement, socialement aussi.
On sait que je fais partie de l'équipe nationale, que j'ai participé aux Mondiaux, aux Jeux Paralympiques.
Ça représente beaucoup pour moi et je ne remercierai jamais assez Monsieur Hadi.
S'il n'avait pas cru en moi, je ne serais pas là aujourd'hui, et vous non plus. »
Palmarès de Morteza Mehrzad
| Compétition | Année | Médaille |
|---|---|---|
| Jeux Paralympiques | 2016 | Or |
| Jeux Paralympiques | 2020 | Or |
| Meilleur joueur du monde | 2019 | Or |
| Meilleur joueur du monde | 2021 | Or |
| Meilleur joueur du monde | 2022 | Or |