Histoire et ambitions du club de rugby de Gradignan

Le Rugby Club Gradignan (RCG), ancré dans la commune de Gradignan, possède une histoire riche et des ambitions affirmées. Cet article explore le passé du club, ses défis, ses moments forts et ses projets d'avenir.

Les racines du rugby à Bordeaux

Une exposition photographique de La Mémoire de Bordeaux Métropole retrace l’implantation du rugby en terres bordelaises en quatre temps :

  • Des racines du rugby à la Première Guerre mondiale (1877-1919).
  • Un entre-deux-guerres à multiples rebondissements (1920-1940).
  • Le rugby de la Libération jusqu’au début des années 1990.

Près de 80 photographies issues des fonds d’archives publiques et privées (Archives La Mémoire de Bordeaux Métropole, Archives de Bordeaux Métropole, celles de Lormont, Gradignan, Bruges, Bègles, Mérignac, Pessac, Talence, Ambarès, les archives du journal Sud Ouest, et les collections privées) illustrent cette histoire. Une sélection de dessins de Michel Iturria et un montage audiovisuel d’interviews de joueurs et de dirigeants de clubs de rugby produits par La Mémoire de Bordeaux Métropole complètent l'exposition.

Les défis et la relance du RCG

Le club de Gradignan a vécu des années difficiles après sa relégation en Honneur. Malgré cela, les présidents Pierre Amouroux et Patrick Plottu ont maintenu le RCG à un niveau digne de la commune. Une volonté de changement est apparue, menée par deux nouveaux présidents, Cédric Chabot et Éric Auriol, tous deux enfants du club.

Un projet sportif ambitieux

La première étape de cette relance a été de confier à Patrick Bergez, un ancien joueur, le soin de définir un projet sportif et de constituer un staff performant. Patrick Bergez a accepté et a constitué un encadrement solide, lié affectivement au club. Richard Darrambide et Didier Bayle coacheront l’équipe première. Patrick Bergez a conservé Cédric Hautefaille associé à Bastien Simonpiétri auprès de la formation B. Le médecin Jérémy Volante, le kiné Romain Lala et le préparateur physique Mathieu Trufart apporteront leurs compétences. Patrice Renard sera en charge de la logistique, et Benjamin Pesteil assurera le développement de l’école de rugby.

Bergez insiste sur l'importance de construire des bases solides avant de viser la montée en Fédérale 3. Il souhaite recréer une identité et impliquer les anciens du club, « les Ruines de Cayac », dans le fonctionnement.

La création d'une cellule emploi-formation

Les présidents Auriol et Chabot ont créé une cellule emploi-formation pour offrir à cinq jeunes une formation en alternance. Ils affirment avoir les structures et le budget nécessaires pour soutenir le club et sentent un engouement autour du RCG.

#4 - Henry Broncan, Gersois en plein coeur - Le rugby comme chemin de vie

Éric Auriol promet que des efforts seront faits et que le club est soutenu par de nombreux partenaires. Le RCG est prêt à affronter les défis du championnat Honneur.

Le RCG et l'Union Bordeaux Bègles

Les cadets et cadettes du Rugby Club Gradignan ont participé à un match de l'Investec Champions Cup à Chaban, en tant que ramasseurs et ramasseuses de balles. Une poignée d'enfants gradignanais ont également accompagné les joueurs de l'UBB et des Saracens sur la pelouse.

Les valeurs humaines du RCG

Le Rugby Club Gradignanais a été invité par l’Union Bordeaux Bègles à confier à ses jeunes cadets le rôle essentiel de ramasseurs de balles. Le RCG a exposé ses valeurs humaines, notamment lors du recrutement en CDI d’un secrétaire général non-voyant, Michel Le Besnerais.

Julien Musseau, président de l’association, s’enthousiasme de cette opportunité pour les jeunes joueurs et joueuses d’être aux premières loges pour un match de prestige.

La formation et les infrastructures

En arrière-plan de cette présence visible, c’est toute la formation du RCG et de l’Entente des Graves (Gradignan, Cestas, Léognan) qui est mise en lumière. Les cadets sont qualifiés en championnat R1, et les juniors ont remporté deux boucliers en 2023. Les présidents souhaitent voir les seniors fréquenter le haut du classement et aspirent à améliorer les structures et les infrastructures du club.

L'association des anciens : Les Ruines de Cayac

Les anciens du Rugby-Club de Gradignan ont leur association, les Ruines de Cayac. En 2006, le club a été rebaptisé Les Ruines de Cayac Gradignan XV. Il s'agit d'un club de pratiquants du rugby âgés de 35 à 50 ans. Pour la saison 2011-2012, l'association comptait 94 adhérents, dont 52 joueurs. Les Ruines de Cayac participent à différents tournois, dont certains internationaux.

La vie associative

Tous les jeudis, une séance d'entraînement et de remise en forme se déroule au stade d'Ornon, suivie d'un repas convivial. L'association organise régulièrement des activités de jeux de cartes ou de pétanque, ainsi que des déplacements pour assister à un match du Tournoi des Six Nations. Le plaisir et la convivialité caractérisent le mieux l'association. Certains membres des Ruines de Cayac s'impliquent également dans le Rugby-Club.

Fusion du Stade Bordelais et du Bordeaux Université Club (BUC)

En 1901, le Stade Bordelais fusionne avec les étudiants du Bordeaux Université Club (fondé en 1897), sous l'appellation de Stade Bordelais Université Club. Les raisons de ce regroupement sont les problèmes financiers et la difficulté à disposer d'un terrain de jeu du B.U.C. Le Stade Bordelais avait résolu ces problèmes depuis quelques années.

Les raisons de l'alliance

La principale raison de l'alliance entre les deux clubs est que le Stade Bordelais était contesté par d'autres clubs locaux. Le Bordeaux Université Club est constitué en décembre 1898. Il prend la suite de l'Association Sportive des Etudiants de Bordeaux fondée l'année précédente. L'accroissement sensible des effectifs de jeunes sportifs à l'Université ainsi que dans les lycées et collèges de Bordeaux explique la structuration du « sport étudiant » dans la capitale girondine.

Les difficultés du BUC

Les débuts sportifs du B.U.C. sont marqués par les prouesses accomplies sur les terrains de jeu. Le public se déplace volontiers pour applaudir les exploits des "diables rouges" confrontés à d'autres clubs locaux. Par ailleurs, l'organisation matérielle du B.U.C. est assez inconfortable. Il n’a pas les moyens de louer un véritable terrain de sport. Il change souvent de lieu d'exercice, dans l'agglomération bordelaise, en fonction d'accords ponctuels... La pelouse de "Saint-Augustin" ne lui est pas attribuée de façon régulière. Ces locations, les cotisations et autres frais d'engagement des équipes, les frais de déplacement des équipes ou des athlètes sont autant d'obstacles au développement du club. Les difficultés s'accentuent au cours de la saison 1900-01.

L'accord de fusion

Les dirigeants de Stade Bordelais vont proposer aux Bucistes de rassembler les deux clubs au sein d’une nouvelle société sportive. Certains rugbymen étudiants sont favorables à cette solution. L’épisode est particulièrement délicat à "reconstruire" dans la mesure où peu d’éléments fermement établis peuvent être invoqués. Bien des récits passionnés livrés plus tardivement restent subjectifs et pour le moins imprécis.

Les arguments de la fusion

Quatre types d'argumentation se dégagent de l'ensemble des témoignages relatifs au "compromis" établi entre les deux clubs de Bordeaux :

  • Les difficultés financières et matérielles dans lesquelles se débat le B.U.C.
  • Le manque de soutien des « maîtres des Facultés et des Hôpitaux » à l'entreprise du B.U.C.
  • Un accord passé entre les deux sociétés est de nature à augmenter considérablement l'effectif et le potentiel sportif du « nouveau club » qui résultera de la fusion.
  • L’ambition sportive affichée par quelques athlètes fameux du club étudiant est à l'origine de l'accord promptement conclu avec le Stade Bordelais.

Les témoignages de l'époque

Le premier argument est pertinent. Le club étudiant, sans relation avec le monde économique local, connaît des difficultés financières chroniques. Il est sans le sou. Toutefois, ce sont les deux dernières raisons avancées qui méritent notre attention, d'autant plus qu'il est possible de confronter pareilles argumentations avec deux documents écrits. Le premier est un témoignage de l'international du Stade Bordelais : le docteur Jacques Dufourcq, évoquant la fusion entre le S.B. et le B.U.C. Le deuxième document est un ensemble de correspondances paru dans le journal Le Bec.

Le titre du S.B.U.C. est contesté…

En 1901, les équipes parisiennes tiennent toujours la vedette. Pourtant, en finale du championnat de France, la détermination des quinze représentants de la Garonne fait merveille.

L'équipe du S.B.U.C.

Le S.B.U.C. aligne l'équipe suivante :

  • arrière : M. Kürtz ;
  • trois-quarts : P. Laporte (capitaine), B. Cartwright, P. Moyzès, P. Cazala ;
  • Mazières (ouverture), Whelon (mêlée) ;
  • avants : L. Soulé, M. Giaccardy, J. Rachou, C. Deltour, J. Dufourcq, M. Laffitte, P. Terigi, L. Lannes.

L'équipe bordelaise bouscule toutes les tactiques... Le S.B.U.C. sort vainqueur, par 3 points à 0. L'Anglais Bertie Cartwright est l'auteur du bel essai qui donne la victoire aux provinciaux.

La disqualification

Le Stade Français battu invoque - à juste titre - le règlement. Les joueurs du B.U.C. ayant déjà disputé le championnat du Sud-Ouest contre le Stade Bordelais ne peuvent pas jouer ensemble la finale nationale contre un autre club. Logiquement, le S.B.U.C. est disqualifié au bénéfice du Stade Français déclaré champion de France. Le club bordelais ne devait pas tarder à remettre les choses au point, toujours avec le Stade Français, sur le terrain de jeu. en 1904, 1905, 1906 et 1907...

Les termes de l’accord passé entre les deux clubs

Le témoignage inédit de Jacques Dufourcq est utile car il apporte des données précises sur cet événement. En outre, il laisse à penser que le « protocole d'accord » n'a sûrement pas mobilisé une majorité d'étudiants sportifs mais seulement quelques excellents joueurs de l'équipe première de football (rugby). L'athlétisme ne paraît pas directement concerné et plusieurs bucistes vont d'ailleurs rejoindre les rangs du Sport Athlétique Bordelais, où les lycéens et étudiants sont déjà nombreux.

Les articles du journal Le Bec

Une série d'articles publiés dans le journal du Bordeaux-Etudiants-Club, une vingtaine d'années plus tard, fournit de précieuses informations à ce sujet.

Bordeaux : capitale du rugby !

D'un point de vue strictement sportif, la fusion entre le B.U.C. et le Stade Bordelais a des résultats positifs. Bordeaux s'impose comme un grand foyer sportif, immédiatement après Paris.

L'avis de René Cruchet

Le docteur René Cruchet, ancien lendiste, ancien membre de l'Association Générale des Etudiants de Bordeaux, Vice-Président du S.B.U.C., insiste sur ce point à l'occasion d'une causerie faite devant les étudiants en mars 1934. Il conclut en soulignant que, sans la fusion du B.U.C. avec le Stade Bordelais, « la renaissance des sports en France en aurait été retardée ». Le rugby, dit-il, a pu être ainsi « acclimaté » et, par la suite, il s'est imposé comme « un moyen de propagande admirable ».

En conclusion, l'histoire du Rugby Club Gradignan est un récit de passion, de défis et d'ambitions. Des racines du rugby à Bordeaux à la fusion du Stade Bordelais et du BUC, en passant par les efforts de relance du RCG et son implication dans la communauté, le club continue de jouer un rôle important dans le paysage sportif local.

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