Stade Français Vaucresson Football : Histoire, Engagement et Héritage

Le Stade Français continue son année de commémoration en l’honneur des 140 ans de la structure. Deux sections sont mises en avant durant le mois de mars : la danse et le football. Les commémorations se poursuivent pour la structure sportive historique de la capitale. Fondée en 1900 par Etienne Delavault, la section football du Stade Français s’installe dès 1906 à la Faisanderie, dans le domaine de Saint-Cloud, où elle connaîtra ses premiers succès avec un titre de Champion de France des amateurs en 1928.

Aujourd’hui, sur deux terrains en gazon, un groupe d’éducateurs expérimentés encadre les équipes de l’Ecole du football, qui représente 300 enfants. Depuis les années 90, le club joue à Vaucresson sur le site du Haras Lupin et se concentre désormais sur la formation des jeunes.

Sollicitée de toutes parts, la section passe professionnelle en 1942. L’aventure du professionnalisme au Stade Français est riche de 22 saisons au plus haut niveau (L1 et L2), ce qui en fait le 4ème club parisien de l’histoire en nombre de matchs joués et par rapport à son palmarès.

Le décor est bucolique. Les initiales SF sur fond bleu et rouge s'affichent en majuscules. C'est là, sur le joli site du haras Lupin à Vaucresson, en lisière de la forêt de la Malmaison, que les joueurs de la section football du Stade Français répètent leurs gammes.

Jouxtant le terrain synthétique moderne du hockey sur gazon, les installations font pâle figure en comparaison de celles des rugbymen, logés à la Faisanderie dans le parc de Saint-Cloud. Les murs sont défraîchis, les projecteurs diffusent une lumière orangeâtre sur une pelouse bosselée et jaunie.

« On dispose des installations comme on veut », précise toutefois Erik Thomas, le directeur sportif. Des conditions de travail qui ne semblent pas non plus gêner outre mesure Léopold Dandjoa et ses partenaires. « On fait abstraction des problèmes d'infrastructures. Notre plaisir, c'est de jouer ensemble », glisse le capitaine qui, sous la bénédiction d'une nouvelle équipe dirigeante élue en 2007, a permis la renaissance de la catégorie seniors en 2009 après une tentative éphémère à la fin des années 1990 (les seniors avaient disparu du club en 1987, deux ans après la fin du professionnalisme).

Avec deux montées d'affilée, la renaissance du Stade Français a été couronnée de succès. Demain, opposés au Paris 15 AC (3e Divivion de District) pour le 3e tour de la Coupe de France, les Stadistes, modestes pensionnaires de 4e Division de District des Hauts-de-Seine (le 15e échelon national!), tenteront de renouer avec la riche histoire de leur club, demi-finaliste de l'épreuve en 1949 sous la houlette du duo mythique Larbi Ben Barek (la Perle noire du Maroc)-Helenio Herrera (l'entraîneur franco-argentin à l'origine du catenaccio).

« On est tous conscients du grand passé du Stade Français, mais aujourd'hui on en est très loinâ?¦ soupire l'entraîneur Joseph Cruaud. On a la renommée du club sans disposer des structures. »

Partagé entre le haras Lupin à Vaucresson, le parc des sports du Pré-Saint-Jean à Saint-Cloud et le stade de la porte de la Muette à Paris (XVIe), le club jouit d'une « image bourgeoise », mais ne dispose que « de très peu de moyens », précise son président, Jean-Pierre Pochon.

« A notre niveau, trouver des sponsors est difficile, poursuit cet ancien haut gradé des renseignements français. Nos ressources sont liées aux cotisations des licenciés (NDLR : environ 75% du budget). »

Des obstacles qui n'empêchent pas les dirigeants de vouloir redorer le blason du club en lui redonnant « une place honorable au sein du football francilien », selon le manageur général, Bernard Goudard. « On sait que le chemin est long. Quand on a repris le club il y a cinq ans, la priorité était de commencer par la base : l'école de foot (deux tiers des 360 licenciés aujourd'hui). Ã?a commence à porter ses fruits, puisqu'elle s'est vu décerner le label qualité par la Ligue Paris-Ile-de-France. Mais on sait qu'un club doit aussi avoir un objectif de compétition, notamment en seniors pour une question de visibilité. »

Une qualification demain en Coupe de France constituerait un premier (petit) pas dans la bonne direction.

Les commémorations se poursuivent pour la structure sportive historique de la capitale. Balletitia. Un retour en grâce pour la section danse du Stade, après quatre ans sans représentation en raison de la crise sanitaire. Pour l’occasion, deux représentations du ballet “Nostalgie”, seront présentées au public. Le spectacle a été imaginé par Laetitia Pozzo, qui forme des danseurs de danseuses de tous les âges depuis plus de 30 ans : « Mes élèves et le Stade représentent pour moi une grande famille. Tout au long de ces années, nous avons créé un lien et construit une très belle relation. […] Je suis très fière et particulièrement touchée.

La section football est également mise en avant durant ce mois de mars 2023. Avec le soutien du Lions Clubs, le Stade Français pérennise l’action « Foot pour tous » en offrant du matériel adapté aux enfants de l’hôpital de Garches. Cette remise d’équipement aura lieu mercredi 22 mars à 14h sur le site du Stade Français Haras Lupin (Vaucresson). Seront présents sur place des personnalités du Stade Français et du milieu sportif, des membres du Lions Clubs et de l’EREA Jacques Brel de l’hôpital de Garches.

Il faut dire que le Stade est engagé depuis plus de 13 ans sur les questions liées à l’inclusion dans le football. La section accueille chaque année des enfants malades qui séjournent à l’hôpital de Garches. Avec cette initiative, entraîneurs du Stade et personnel soignant de l’EREA Jacques Brel offrent à des jeunes un moment de plaisir et de partage, loin des problèmes liés à leur pathologie.

Tarek Nassereddine, le directeur sportif de la section football, propose également des cours mixtes avec les enfants valides du Stade Français : « Les entraînements sont salutaires. C’est incroyable de constater l’évolution de ces enfants entre les premiers cours de septembre et ceux de juin.

Histoire Ovale-Stade Français

Les Territoires du Football de l’Entre-Deux-Guerres : Appropriation Durable et Construction Identitaire

Dans la Seine des années 1920, le succès du sport se traduit par une demande croissante de terrains de jeux par les associations sportives dont le nombre de footballeurs ne cesse de croître après-guerre. Ce succès a pour conséquence la multiplication des terrains de football dans de nombreux espaces parisiens comme le domaine de Bagatelle, le Parc des sports de La Courneuve, ainsi que dans les stades municipaux.

Les maires de nombreuses municipalités telles que celles de Boulogne et d’Alfortville et les administrateurs du département de la Seine sont dans les années 1920 submergés de demandes associatives qui confirment le dynamisme du football. Le terrain de football siège alors au milieu des infrastructures sportives, le rugby n’étant que très rarement mentionné dans les préoccupations des édiles et dirigeants des associations pourtant multisports.

Les territoires du football deviennent donc pérennes. Parmi les acteurs qui œuvrent à son ancrage spatial, se trouvent les patrons d’entreprise qui offrent par là un cadre pour les loisirs de leurs employés. De même, les associations sportives doivent aménager l’espace de manière durable pour satisfaire aux règlements de la FFFA de plus en plus contraignants.

La croissance du nombre de sportifs et la légitimité acquise pendant la guerre incitent également les élus locaux à intégrer la construction d’équipements sportifs dans leurs programmes ou mandats électoraux au cours de l’entre-deux-guerres. Ces implications multiples s’accompagnent d’une profonde transformation de la relation que le football avait pu établir avec les espaces urbain et périurbain.

On constate en effet que les divers aménagements effectués font émerger un rapport affectif à l’espace. Les territoires du football se chargent alors d’une forte dimension identitaire qu’il s’agit de défendre, de conquérir et de célébrer au cours des nombreuses manifestations qu’ils accueillent. À ce titre, la communauté composée des footballeurs et des dirigeants de football attribue à l’espace occupé une valeur patrimoniale alors que les élus municipaux de Seine instrumentalisent la pratique et ses espaces pour renforcer leur emprise sur le territoire communal et affirmer l’autonomie des communes de banlieue.

La pérennité des installations sportives et la charge affective qui leur est allouée traduisent la disposition, exposée par Maurice Halbwachs, de tout groupe social à introduire dans l’espace, ici sportif, des éléments d’individualisation et d’identification. Mais nous verrons également que si le ressort identitaire contribue à l’édification ou à la préservation des terrains et stades de football, les stratégies sociales des dirigeants de clubs, d’entreprises ou des édiles municipaux, instrumentalisent en retour l’espace investi qui devient alors un territoire sous contrôle.

La Patrimonialisation des Terrains de Football et l’Avènement d’un Territoire Communautaire

À partir des années 1910, certaines associations sont, comme nous l’avons évoqué, obligées d’aménager durablement un terrain afin de le rendre praticable et de permettre son homologation institutionnelle. De nombreux sites, par leur forme, leur dimension ou encore leur topographie, sont peu adaptés à la pratique du football. C’est pourquoi l’association sportive doit bien souvent viabiliser son terrain après en avoir fait l’acquisition.

Par exemple, à Suresnes, le Football Club Suresnois, chassé du Haras par la construction d’une cité ouvrière, trouve un « vaste champ de pommes de terre » qu’il loue sur la commune de Rueil grâce aux deniers personnels de son président. La mobilisation des membres actifs comme main d’œuvre est un recours fréquent pour ces associations aux ressources souvent congrues.

L’aménagement du sol et la pose du grillage du terrain du patronage des Épinettes sont dus « aux nombreuses initiatives de nos sportsmen aidés par tous et surtout par les jeunes qui voulaient apporter leur petit effort au grand travail commun », alors que l’ancienne carrière aménagée par le Club Sportif Ouvrier de Gennevilliers, mobilisa tous les camarades qui « mirent la main à la pelle pour avoir un terrain convenable ».

La pénibilité des travaux d’aménagements est, dans bien des cas, compensée par la détermination de tous les membres de l’association, même lorsque le terrain réserve de mauvaises surprises comme à Puteaux :

« Certaines herbes, aux profondes racines, atteignaient deux et trois mètres de hauteur. Lorsque celles-ci furent enlevées, et que le sol fut mis à nu, il fallut constater que le travail restant à faire était surhumain. En effet, les bosses et les creux mis de côté, certains endroits étaient comblés par des voies de gravois, chiffons, ferrailles, huile [...]. Nous fîmes une demande d’outil, et armés qui de pelles, qui de pioches, les seniors entreprenant de creuser et tamiser les terres, les juniors et les minimes d’enlever les pierres, tout le monde travailla avec ardeur.

L’aménagement du terrain est à bien des égards un rite d’appropriation de l’espace par les membres de l’association sportive. Les travaux nécessitent la mobilisation de toutes les énergies disponibles et de tous les savoirs-faire. Cette épreuve difficile mais collective explique en partie l’attachement affectif qui se joue, à ce moment-là, entre les membres de l’association et leur terrain. C’est ainsi que, pour faire face aux rumeurs selon lesquelles la mairie de Saint-Maur devait racheter leur terrain, les dirigeants de l’Étoile Sportive rappellent après guerre que « le mal que nous nous y sommes donné, sans le concours de personne, fait que ce terrain est bien le nôtre.

Plus encore que l’aménagement du terrain en tant qu’action collective, on mesure l’importance de cette prise de possession territoriale par la place que son récit occupe dans la mémoire associative. En effet, les articles qui couvrent cet épisode, et dont les extraits nous ont permis de décrire ce rite d’appropriation, représentent souvent le point de départ d’un récit sur l’histoire de l’association, que ce soit dans le cadre d’un seul article, comme pour le Club Sportif Ouvrier de Gennevilliers dans Le travailleur de la Banlieue Ouest ou d’une série d’articles comme celui de la Jeunesse Sportive de Puteaux dans le Bulletin municipal de Puteaux.

L’aménagement du terrain constitue par conséquent une étape importante dans l’histoire de l’association dans la mesure où il tient lieu d’amorce de la vie collective. C’est même, par cette place fondamentale que lui donnent systématiquement les récits étudiés, un acte de naissance qui se substitue au dépôt des statuts en Préfecture, acte pourtant officiel et légal de la création de l’association. C’est ainsi que le terrain donne vie à l’association parce qu’il est avant tout un enjeu de sa survie. En tant qu’expérience collective, mettant en scène la solidarité des membres et leur attachement au bien-être matériel de l’association, ce rite d’appropriation est le véritable acte de naissance de l’association qui se pense, au-delà du cadre légal, comme une somme d’individus dévoués. L’espace acquis devient alors, par le travail collectif et surtout sa mise en récit, un espace conquis : le terrain fait office de point d’ancrage à la mémoire associative à travers la mise en scène de ces aménagements.

L’émergence de la dimension affective de l’espace du football parisien est aussi liée à la prolifération dans l’entre-deux-guerres de récits qui peuplent la presse et la littérature sportives. Ils contribuent à l’avènement d’une mémoire collective bien plus large que celle de l’association stricto sensu puisqu’ils s’adressent à tous les lecteurs de la presse sportive. En effet, les récits autobiographiques des débuts, antérieurs à la Première Guerre mondiale, des vedettes du football français comme Paul Nicolas, Pierre Chayriguès ou de dirigeants fédéraux comme Géo Duhamel, représentent une étape cruciale de la constitution d’une mémoire sportive dans le département de la Seine. Ces récits attribuent une place prépondérante aux sites où ils ont accompli leurs premiers pas de footballeurs.

Ce sont les espaces des premiers temps du football que nous avons évoqués, comme le talus des fortifications de Paul Nicolas, alors joueur de Saint-Mandé, le terrain vague de Pierre Chayriguès à Levallois, la clairière de Lucien Gamblin du Bois de Vincennes ou encore le Bois de Boulogne et les terrains de Bécon et Levallois évoqués par Géo Duhamel. Ils témoignent de l’ancienneté de la pratique du football dans l’espace parisien et se construisent autour de la mobilisation d’un rapport affectif à l’espace. C’est, chez Paul Nicolas, la complicité sportive d’un site souvent décrié :

« Sur notre terrain, nos adversaires n’étaient pas très à l’aise. Ils devaient subir notre loi. Le terrain était petit, bordé des murs et des talus des fortifications. Or, nous jouions, avec les talus et les murs, un football par bande déconcertant pour ceux qui ne l’avaient pas pratiqué. Nous nous en tirions avec une certaine habileté [...]. On évoquait la complicité de ces murs et de ces talus dont nous nous étions faits de précieux auxiliaires.

Pour sa part, Pierre Chayriguès souligne les similitudes potentielles de son ancien terrain de Levallois avec Bagatelle, espace de jeu intensément fréquenté au moment de son récit :

« À ce moment-là, le vaste terrain vague compris entre les abattoirs et le cimetière servait de champ de jeu à des clubs tels que Levallois, Clichy, l’Union Sportive Parisienne et le Racing, avant qu’il n’aille à Bécon-les-Bruyères. Un Bagatelle en miniature avec le décor en moins ! »

Enfin, Géo Duhamel, dans son ouvrage, recense avec une grande précision l’emplacement des terrains majoritairement disparus, tout comme bon nombre de clubs auxquels il fait allusion. Ainsi, les White Rovers commencent sur « un terrain de Bécon, en face de la gare de ce nom », le club des frères Wynn investit « le terrain des Francs Coureurs, club d’athlétisme boulevard Lannes, en face de la gare de la porte Dauphine, sur le bastion 45 », alors que le Club Français a son terrain « de l’autre côté du Tir aux Pigeons, à l’emplacement de l’ancienne Ligue de l’Éducation Physique ».

Ces évocations sont alors l’occasion d’insister sur la disparition de ces espaces pionniers dans la pratique du football, à l’image du site de Bécon, « le centre du football » des années 1890, occupé depuis par des maisons de rapport, ou le Vélodrome de Seine, remplacé par les usines de la parfumerie Lubin.

En premier lieu, la recension systématique des premiers lieux de pratique exhume les espaces gagnés par l’urbanisation, ou reconvertis au profit d’autres usages, que seuls les plus vieux pratiquants peuvent connaître et se remémorer. Dès lors, elle ressuscite un espace disparu et gagné par l’oubli collectif au moment où le football des stades et des vedettes s’impose. Ne pouvant prendre comme point d’appui un espace sportif enseveli, la mémoire sportive se fonde sur les productions journalistiques de ces acteurs reconnus comme légitimes dans le champ sportif de l’entre-deux-guerres. Par ailleurs, ces récits participent à la patrimonialisation des résidus de ces temps décrits comme héroïques. Ils représentent les derniers témoins de l’ancienneté de la pratique et d’un monde associatif révolu. Les Bois de Vincennes et de Boulogne s’ancrent dans ces récits comme de véritables espaces patrimoniaux de la pratique ayant survécu aux vicissitudes du temps. Il n’est peut-être pas anodin que ces récits soient contemporains de la rationalisation de l’usage de Bagatelle et du champ de Manœuvres ainsi que de l’émergence de nombreuses revendications pour améliorer le confort de leurs installations.

Si, comme le montrent les travaux de Maurice Halbwachs, la mémoire sociale d’un groupe est un élément indispensable à la constitution de son identité, elle s’appuie dans le cas de la communauté sportive de l’entre-deux-guerres sur la valeur patrimoniale que les récits confèrent aux espaces de la pratique. Cette capacité de l’espace à cristalliser la mémoire collective d’un groupe social est tout aussi prégnante dans l’érection de monuments ou plaques commémoratives à partir des années 1920.

En effet, la participation des associations sportives à la Première Guerre mondiale et la mort au combat d’une partie de leurs membres contribuent à l’ancrage spatial du monde sportif. L’enjeu de l’après-guerre est la reconnaissance de leur contribution à l’effort de guerre par les pouvoirs publics. Elles souhaitent alors l’attribution de subventions mais aussi l’aménagement de terrains de jeux. Les clubs sportifs vont, comme de nombreuses associations, entreprendre une politique de mémoire centrée sur leur participation à la Grande Guerre. Ainsi, de nombreuses manifestations et rencontres de l’entre-deux-guerres sont imprégnées d’une mémoire de guerre, à l’image de la rencontre entre Arsenal et le Racing Club de Paris dans les années 1930. Mais cette politique de mémoire sportive s’appuie surtout sur l’érection de stèles et monuments commémoratifs au cours des années 1920, puissant ressort affectif qui contribue à sceller l’existence et la légitimité d’un territoire sportif. Le Racing Club de France, le Club Athlétique du XIVe arrondissement, ou le patronage de l’Étoile des Deux Lacs érigent un tel monument à l’entrée de leurs installations sportives.

L’érection de monuments célèbre la participation des sportifs à la Première Guerre mondiale et a pour effet d’inscrire ce sacrifice dans l’espace occupé voire acquis par les associations. Les inaugurations renforcent la légitimité des associations sportives surtout qu’elles fournissent l’opportunité d’inviter des personnalités qui donnent un crédit supplémentaire à la contribution associative et dont la présence consacre le processus de légitimation morale. Inscrite dans la stèle commémorative aux abords du stade ou sur sa porte d’entrée, la mémoire sportive combattante scelle l’ancrage de l’association sur l’espace qu’elle a aménagé ou acquis.

Ce n’est peut-être pas un hasard si les inaugurations attestées concernent en premier lieu des associations étrangères à leur commune d’implantation sportive. On trouve en effet parmi les associations préoccupées par la mémoire de leurs athlètes le Stade Français à Saint-Cloud et le Racing Club de France à Colombes, clubs au recrutement plutôt parisien au lendemain de la Première Guerre mondiale, le Club Athlétique du XIVe arrondissement à Montrouge, dont le siège se trouve dans l’arrondissement d’origine et enfin l’Étoile des Deux Lacs à Vaucresson, patronage rattaché à la paroisse de Saint-Honoré d’Eylau dans le XVIe arrondissement. La dimension nationale de la mémoire de la Première Guerre mondiale et de sa célébration a pu contribuer un temps au dépassement du caractère « expansionniste » de ces socié...

tags: #stade #francais #vaucresson #football