Le Stade Briochin, c’est une histoire vieille de plus d’un siècle. Fondé il y a plus de 100 ans, le Stade Briochin a marqué la vie locale des mille et une aventures qui ont forgé son histoire. Histoire sportive aux heures inoubliables des grands matchs, histoire fraternelle de cet esprit de corps qui en fait aujourd’hui l’un des plus anciens stades costarmoricains… Et surtout, histoire humaine mêlant au talent des grands joueurs la passion de tous ces autres qui ont appris sans doute bien plus que les règles du football sur le terrain de cette école de la vie. Cette chronique se poursuit bien au delà du centenaire et écrira ses nouvelles pages des exploits, petits et grands, de tous les passionnés du football et du sport. De ce fait, nous invitons tous les amateurs du Stade Briochin à (re)découvrir son Histoire.

Les débuts du club
Le football, sport d'origine anglaise, est introduit à la fin du XIXe siècle en Bretagne par des sujets britanniques et relayé dans les milieux lycéens et étudiants. C'est ainsi sur l'initiative d'un groupe de jeunes briochins que le club de Saint-Brieuc est créé en 1904. Il a suffi d’une bande de jeunes copains avides de grand air et de sports. Joseph CONNAN eut le premier l’idée de constituer une société de football à Saint-Brieuc. Sa proposition fut acceptée d’emblée et, quelques jours plus tard, le 28 Mars 1904, Guillaume Le Lousse premier président du Stade Briochin, adressait à la Préfecture des Côtes-du-Nord (Côtes d’Armor) une déclaration. L’insertion au Journal Officiel donnait à la société une existence légale. De son nom de départ, le club prit celui de "Stade et Véloce Club Briochin", par suite de l’annexion de la section cycliste. Le nom du club prit ensuite celui de SBUC le 1er Mai 1912.
L'évolution du club et ses figures emblématiques
En 1929, Fred Aubert est élu président du club, après en avoir été joueur. Avocat, il meurt sur le front en 1940. Le stade actuel du club porte son nom. Bien avant la guerre de 1914-1918, la ville de Saint-Brieuc possédait un parc municipal des sports aux Villes Dorées, ayant autrefois fait partie de la pièce de terre dite » Le Champs Clos « . En 1921, d’autres disciplines sportives ont fait leur début dans la même structure : Le cross et l’athlétisme. L’activité du club a donc été relancée en 1941 avec l’arrivée à la présidence de Paul Neumager. C’est aussi à ce moment-là que l’association se développe. En effet, le nombre de disciplines sportives réunies au sein du Stade Briochin augmente. Au foot, au cross et à l’athlétisme, il faut désormais ajouter le basket féminin, le ping-pong et la boxe. Au début des années 1940, le club commence à se structurer. Auparavant, les entrainements se faisaient sans entraineur. Les joueurs expérimentés s’occupaient de la préparation de l’équipe. Il y eut donc évolution en 1945 lorsque Mr Le Begue, président, engagea le premier entraineur officiel du club en la personne de Louis Bodez.
Les années 1950-1960
Evoluant en Division d'Honneur (l'équivalent d'une 6e division) dans les années 1950-1960, le club briochin se fait remarquer à l'échelle régionale en 1959 en gagnant le titre de champion de D.H. Ouest. Tout d’abord, les entrainements avaient lieu deux soirs par semaine, avant de se fixer au Jeudi midi et parfois le soir. Sous la présidence de Pierre Mahéo (1946-1954), les entraineurs s’enchainent. Jules Dutilleul remplace Louis Bodez en 1946 après une année à la tête de l’équipe. En 1954, une nouvelle équipe arrive à la tête du club, Paul Taillanter comme président et Romuald Castellani comme entraineur. Le duo ne tarde pas à avoir des résultats rapidement puisque l’équipe fanion accède à la DH à l’issue de la saison 1954-1955. Lors de la première saison dans ce nouveau championnat, l’équipe termine à la seconde place et loupe de peu une seconde montée successive synonyme de CFA. De 1959 à 1962, le club évolue pendant 3 saisons en CFA et réalise un nouveau 32 ème de finale conte Le Havre (1 ère division) avec une défaite 7-2. Malheureusement, à l’issue de la saison 61-62 le club termine douzième du championnat et redescend en DH.

L'épopée de 1966 en Coupe de France
Toutefois c'est en 1966 que le club va se retrouver sous les feux des projecteurs. Suite à l'éclosion, un peu partout en France, de clubs de football, le Comité Français Inter-Fédéral (ancêtre de la Fédération française de football) crée en 1917 la Coupe de France. L’année 1965-66 sera le théâtre de deux épopées qui resteront à jamais gravées dans les annales du club. La première, réalisée par les juniors lors de la Coupe Gambardella. En effet, durant l'hiver 1966, il parvient en 1/16e de finale de la coupe de France après avoir battu 3 à 2 l'Union Clissons-Korrigans de Vannes. Tout s'accélère avec sa victoire inattendue 1 à 0 face à l'Olympique de Marseille en février 1966. En 16 ème de finale l’armada offensive est une nouvelle fois au rendez-vous avec une victoire 6-0 contre le Red Star. Pour les 8 èmes de finale les jeunes griffons sont opposés au Racing Club de Paris à Brest. Une nouvelle victoire vient couronner le magnifique parcours de notre jeune équipe. Les portes des quarts de finale lui sont ouvertes. Toutefois, le 8e de finale face au Racing Club de Strasbourg va être fatal au club briochin. En effet en mars 1966, le Racing bat facilement le petit club de DH par 5 buts contre 2. Pour l'anecdote, c'est d'ailleurs le Racing Club de Strasbourg qui va gagner la Coupe de France le 22 juin 1966 au Parc des Princes face au Football Club de Nantes 1 à 0, privant ainsi les Nantais d'un doublé Coupe-Championnat. Malheureusement la belle aventure s’est arrêtée au Parc des Princes contre Sedan. Ce jour-là, le Parc était acquis à la Bretagne (30000 personnes). Le match avait lieu en lever de rideau du grand Reims contre le Stade Rennais. Les bleus et jaunes avaient leur qualification en main, mais pas habitués à un échauffement trop poussé, ils avaient craqué avant la fin (2-3).
En 1973, le président Paul Le Hesran fait appel à un nouvel entraîneur, Pierre Garcia, qui, lors de sa première année, fait immédiatement remonter le Stade briochin dans ce qu’on appelle désormais la Division 3. Le club passe alors neuf saisons à ce niveau, frôlant même la montée en Division 2 par deux fois, en 1979 et en 1980 sous les ordres de Claude Petyt (les Briochins n’obtiennent respectivement que les 3 ème et 2 ème places).
L'accession en D2 et les difficultés financières
A l’aube de la saison 1988-1989, le Stade Briochin se présente en DSR (niveau le plus bas depuis la création du club). C’est à ce moment qu’arrive un nouvel entraîneur. Sous la présidence de Serge Rouxel, Denis Goavec fait regrimper les échelons au club breton : champion de DH en 1990, de D4 en 1991 (avec en prime un mémorable 32 ème de finale de Coupe de France contre le Stade Lavallois 2-2 et élimination des Griffons 4-5 aux tirs aux buts), et champion de D3 en 1993. Pour la première fois de son histoire, le Stade briochin accède à la D2. Désormais professionnel, le club prend le nom de Saint-Brieuc Côtes-d’Armor. La deuxième saison s’avère beaucoup plus difficile. Les Briochins doivent cette fois se passer de Yannick Le Saux, longtemps blessé. Parmi les adversaires du Saint-Brieuc Côtes-d’Armor cette saison-là : l’Olympique de Marseille et les voisins de l’En Avant de Guingamp, pour la seule confrontation entre les deux clubs costarmoricains dans le football professionnel. En fin de saison, les briochins sont devancés à la différence de buts par Angers et redescendent en National. Marc Collat prend alors place sur le banc briochin.
Le nouvel entraîneur peut compter sur Yannick Le Saux qui forme une doublette d’attaquants très efficace avec Didier Monczuk (32 buts à eux deux en championnat). Pour aller chercher le maintien, le club costarmoricain réalise alors un recrutement mêlant joueurs d’expérience (Pierre-Yves David et Joël Cloarec notamment) et jeunes espoirs (Robert Malm, Christophe Le Grix, Edvin Murati). Cette équipe obtient de bons résultats et à la fin de l’hiver, semble déjà proche de remplir son objectif. Malheureusement, le Saint-Brieuc Côtes-d’Armor ne peut terminer sa troisième saison à ce niveau. En raison d’un déficit de 7 millions de francs, le club est placé en liquidation judiciaire et est automatiquement disqualifié. Le football professionnel s’arrête brutalement à Saint-Brieuc le 24 Mars 1997.

Christophe Kerbrat retrouve les 1/8e de finale de la Coupe de France avec le Stade Briochin
Renaissance et parcours récent
À l’été 1997, le Stade Briochin reprend donc son histoire en CFA2. De 2002 à 2005, il parvient même à retrouver le CFA avec à sa tête Pierre-Yves David comme entraineur. Le néo président Guillaume Allanou fait alors appel à un nouvel entraîneur : Sylvain Didot. Il fait remonter le club en DH dès l’année suivante puis enchaîne sur une accession en CFA 2. Cela faisait cinq ans que le Stade briochin n’avait pas joué à ce niveau. Pourtant, les Costarmoricains parviennent à jouer le haut de tableau, terminant 3e en 2014, puis 5e en 2015. Lors de la saison suivante, le Stade briochin affronte, pour la première fois depuis 18 ans, un club professionnel en match officiel : le 5 décembre 2015, il élimine en effet le Stade brestois (Ligue 2) lors du huitième tour devant près de 5000 personnes (4397 entrées payantes), en l’emportant 2-0. Il s’inclinera par la suite sur le score de 2-0 en 32ème de finale contre Mantes-la-jolie. À l’issue de la saison 2015-2016 (au cours de laquelle le club termine 4e), le Stade briochin change de président puisque Jérôme Camard succède à Guillaume Allanou. Le 29 avril 2017, en dominant La Flèche 2-0, le Stade Briochin obtient le titre de champion de CFA 2 et remonte au quatrième niveau national, douze ans après l’avoir quitté. Pour la saison suivante, le club annonce un changement d’entraîneur : après six années sur le banc briochin, Sylvain Didot quitte le club et est remplacé par l’ancien président, Guillaume Allanou qui est assisté de Maxime d’Ornano.
Le club briochin obtient le statut professionnel, de la saison 1993/1994 au 22 mars 1997, date du dépôt de bilan du club. Actuellement en D.H., le stade tente, vaille que vaille, de retrouver une gloire passée. Ah ! Nous comptons entre 1000 et 1500... comment dirais-je ? Euh... Match nul ? En renversant Nice (Ligue 1) au terme d’un final absolument époustouflant, le Stade Briochin (N2) a réalisé un incroyable exploit qui semblait impossible à cinq minutes de la fin (2-1), et atteint les 1/4 de finale pour la première fois. Il a fallu un but. Celui de l’égalisation briochine, à la 88e minute, quand tout semblait perdu, pour réveiller un stade qui jusqu’alors s’était trop bien tenu. Les Bretons aiment le foot, tout le monde le sait. Tout le monde le dit. Jusqu’à en oublier parfois de faire énormément de bruit. De pousser. De hurler.
Il a fallu ce but, à la 88e, sur une frappe de Boubacar Diakhaby - qui venait de rentrer - déviée par Hugo Boudin, pour transformer le stade Fred-Aubert en chaudron incandescent. Jamais une victoire n’avait rendu Franck Allanou, l’entraîneur qui fait tout dans le club mais pas tout seul, aussi heureux : « C’est le plus grand moment de ma vie sportive » a-t-il confié devant les micros, après la qualification pour les 1/4 de finale (mercredi 26 février). Comme on le comprend ! La coupe c’est ça : de l’abnégation, du dépassement de soi, de l’entraide, de la souffrance et puis cette magie qui vous propulse dans une autre dimension. Comme si vous franchissiez le mur du son. Le Stade Briochin n’avait pas cadré un tir avant d’égaliser. Avant cela, l’équipe bretonne, où les entrants ont fait plus qu’apporter leur pierre à l’édifice, avait fait le dos et confirmé qu’elle était bien cette équipe difficile et « chiante » à jouer, la preuve, l’OGC Nice ne parvenait pas à trouver la faille (0-0 à la pause).
Après le but de Nice en début de deuxième période, le match s’est rééquilibré même si on n’a pas eu d’occasions franches. On n’a pas paniqué et nos changements ont apporté du dynamisme. En fait, leur but nous a permis de nous réveiller et de nous lâcher, parce que certains étaient un peu inhibés. Après, le scénario, cette dernière action, est extraordinaire ! Même dans les rêves les plus fous, on n’imagine pas ça. Quand j’ai vu ce dernier contre, où on a mis de l’énergie, j’ai pensé que l’on pouvait marquer, oui, mais je ne m’attendais pas à ce que ce soit Hugo (Boudin) qui le fasse, la surprise elle est là (rires) ! Ce soir, on est passé un peu par tous les états : au début, on espère, après, on se dit que c’est dur, puis que c’est foutu, après on revient… Ce sont ces émotions-là que les gens aiment. Que les journalistes aiment. J’avais dit aux joueurs que l’on avait 4,34 % de chance de se qualifier, et on les a joués à fond. C’est ma plus grosse émotion sportive de ma vie.
Ce 8 juin, les anciens du Stade Briochin fêtaient le trentième anniversaire de la montée de leur club en D2. Le 8 juin 1993, le Stade Briochin parachevait sa première grande aventure commencée en DSR. Il s’imposait en match de barrage à Aubervillers (1-0) et accédait pour la première fois de son histoire à la D2. L’anniversaire a été fêté jeudi soir, dans le bar Le Connemara. La plupart des protagonistes de l’époque étaient là. Avec une kyrielle d’anecdotes à raconter. S’y est même joint Dario Brose, l’unique buteur de ce 8 juin, joint par visio depuis sa Caroline du Nord aux États-Unis. Sur la photo souvenir, on reconnaît ici, accroupis (de gauche à droite) : Gaël Limon, Jean Visdeloup, Franck Royé, Denis Goavec et Éric Lagadeuc. Debout (de gauche à droite) : Carlos Amorin, Jean-Michel Eouzan, Serge Rouxel, Thierry Bernard, Christophe Rosello, Nicolas Carnec et Patrick Bellot.