Le hockey sur glace est un sport majeur en Russie, et Saint-Pétersbourg a une place importante dans son histoire. Bien que le football reste populaire, le hockey sur glace suscite une passion particulière dans certaines villes russes, et Saint-Pétersbourg ne fait pas exception.

Le SKA Saint-Pétersbourg : Un Club Historique
Le club de Saint-Pétersbourg, connu sous le nom de SKA (Sportivnij Klub Armii), a été créé en 1946. La ville elle-même a une histoire riche, ayant changé plusieurs fois de nom (Petrograd, Leningrad) avant de reprendre son nom actuel à la fin du régime communiste.
Saint-Pétersbourg, située au nord-ouest de Moscou, est la deuxième ville du pays en nombre d’habitants et fut autrefois la capitale de l’Empire Russe, où les Tsars résidaient dans le Palais d’hiver.
Malgré sa longue histoire et ses nombreuses participations aux championnats élite, le SKA n’a jamais remporté de titre avant les années 2010. Le club évolue au Ledovyj Dvorets.
Ambitions de Grandeur
Si la KHL a dû modérer ses ambitions et ne prétend plus rivaliser sportivement avec la NHL, elle peut cependant déplacer le point de comparaison. L’obsession du toujours plus grand n’existe pas qu’en Amérique.
Alors que son club a été étonnamment discret pendant l’été en matière de transferts de choc, le président du SKA Saint-Pétersbourg Gennadi Timchenko a quand même fait parler de lui par une grande annonce.
Il avait jusqu’ici été uniquement question d’une reconstruction de la patinoire actuelle, qui date de 1991. Il projette maintenant rien moins que la plus grande aréna du monde : 22 400 places, soit plus que le Centre Bell de Montréal (21 288).

L’idée est qu’elle soit prête pour le championnat du monde 2023, dont l’attribution à la Russie ne serait qu’une formalité avec un tel atout. Timchenko a évalué ce projet à 20 milliards de roubles (260 millions d’euros), plus qu’un stade de la récente coupe de monde de football - et Timchenko sait de quoi il parle en la matière puisque sa compagnie Stroytransgaz a construit ceux de Volgograd et Nijni Novgorod.
Certes le SKA a fait du bon travail pour populariser le hockey à Saint-Pétersbourg, mais il y a une marge avec l’adoration quasi-religieuse pour ce sport à Montréal. La salle ne se remplirait que pour les grandes occasions, alors que le Centre Bell est tout le temps plein.
La Saison et les Joueurs Clés
Quid, en attendant ce grand projet, de la saison qui commence ? Le SKA n’a pas recruté de nom de résonance équivalente. Sa recrue la plus célèbre est Naïl Yakupov, ancien n°1 de draft NHL qui y a toujours déçu, pas par manque d’envie mais par manque de résultats : s’il a appris à travailler défensivement en devenant un simple joueur de troisième ou quatrième ligne ces dernières années, il n’a plus guère exprimé son potentiel offensif avec un faible temps de jeu.
Ce joueur qui fonctionne à la confiance est « chouchouté » à Saint-Pétersbourg : il a tout de suite été placé dans des conditions idéales à l’aile droite de la première ligne avec Nikita Gusev et Pavel Datsyuk, deux joueurs subtils qui peuvent libérer par leur intelligence de jeu les espaces dans lesquels il peut s’engouffrer avec sa vitesse.
Yakupov a marqué sur son premier tir à sa première présence du premier match de préparation, mais il a parfois encore tendance à trop en faire, y compris dans le jeu sans palet en quittant sa position. C’est donc un joueur qui devra être coaché en permanence - ce qui n’a guère été le cas depuis sa première année NHL avec Ralph Krueger - par Ilya Vorobyov, qui a succédé à Znarok aux commandes de l’équipe de Russie et maintenant du SKA.
En finissant par convaincre le CSKA de l’échanger contre le plus polyvalent et défensif Sergei Kalinin, le SKA a offert à ce talent offensif ce que les Moscovites ne pouvaient pas lui offrir : une place en deuxième ligne aux côtés de Nikolaï Prokhorkin et de la révélation de la dernière saison en équipe de Russie, Aleksandr Barabanov. Saint-Pétersbourg semble avoir gagné dans cet échange, surtout à moyen terme.
S’il y a une faiblesse par rapport à ce grand rival, c’est qu’il semble y avoir moins de solutions et de polyvalence au centre : après la non-reconduction de Shipachyov, l’équipe de Saint-Pétersbourg est plus que jamais dépendante de la bonne santé du désormais quarantenaire Pavel Datsyuk. Mais aux ailes, en défense et même dans les cages (c’est maintenant Magnus Hellberg qui a remplacé Koskinen comme partenaire gênant du jeune gardien russe Igor Shestyorkin), la profondeur de banc reste forte.
Saison 2009-2010
Le SKA Saint-Petersbourg qui avait un peu peiné au démarrage l'an passé, avant de sombrer au premier tour des séries avait recruté du très lourd pour éviter de recommencer ce camoufflet. Le Sportivnij Klub Armii démarrait sur un bon rythme, les Pétersbourgeois se collaient aux basques du Spartak qui filait à toute allure. Au fur et à mesure le SKA maintenait la pression et le Club du Peuple régressait, Saint-Petersbourg en profitait pour prendre les commandes de la conférence occidentale, dans le courant du mois d'octobre.
Les joueurs de la capitale des Tsars se donnent à fond sur la glace, ils laminent les équipes les unes après les autres, personne ne peut suivre le rythme infernal qu'ils impulsent. Balashikha qui s'accroche à la deuxième place est très loin, le Dynamo Moscou qui est le concurrent le plus sérieux à l'Ouest semble à des années lumières du niveau des Pétersbourgeois.
Bien sur, certains soirs, Saint-Petersbourg doit s'avouer vaincu, bien sur, certaines fois le SKA est battu, et même bien battu, mais cela reste rare. L'équipe de Medvedev rebondit toujours dans la foulée. Barry Smith mène tranquillement son équipe en play off à la première place de la conférence, avec 122 points et une fiche incroyable de 36-4-10-6.
Le SKA affronte pour le premier tour des séries, les Lettons du Dynamo Riga, duel plus que disproportionné. Personne n'aurait misé un radis letton sur le Dynamo, pourtant au Ledovyj Dvorets, Riga remporte le premier match sur le score cinglant de 2-0. L'offensive pétersbourgeoise qui avait tout broyé cette saison, cale en play off contre le roc Masalskis.
Tout le monde pensait que Saint-Petersbourg allait se ressaisir et pulvériser son rival au match 2, mais non le petit poucet letton s'imposait de nouveau (1-3). Le colosse pétersbourgeois se retrouvait au bord du gouffre, contraint de remporter trois matchs consécutifs pour rester en vie.
Dans une patinoire lettone, noire de monde, le SKA se reprenait et emportait la troisième partie, mais le lendemain, le Dynamo survolté emportait les restes de la formation de St-Petersbourg et envoyait tout ce beau monde en vacances dans la consternation générale.
Cette année le SKA était aussi armé que le croiseur "Aurore" à Kronstadt, de grands noms se bousculaient dans la ville des Tsars. Tout d'abord la cage du SKA était défendue d'excellente manière, Robert Esche le portier américain a réalisé une saison de rêve, avec quasiment aucune faiblesse, il a été soutenu par Maksim Sokolov revenu d'outre-tombe, l'ancien international russe a été un back-up de grande qualité. La défense était efficace, même si on pouvait lui reprocher son manque d'agressivité récurant. Les canonniers étaient tout de même présents : Zubov, Zyuzin, Kwiatowsky ou Giroux.
L'offensive est une des meilleures de la ligue, les compteurs explosent du côté de Saint-Petersbourg, la première ligne Yashin (64 pts), Sushinsky (65 pts) et Cajanek (45 pts) a été la plus efficace de la KHL, et a fait trembler gardiens et défenses rivales. Ekman, Korolyuk et Anton But complètent la seconde ligne avec efficacité, mais celle-ci est trop dépendante du Suédois.
Le SKA se retrouve avec la plus grosse armada de l'histoire du club, mais les Lettons ont aisément passé ce roc, alors pour quelles raisons ? Tout d'abord, la trêve olympique a légèrement cassé le rythme, Nils Ekman qui revenait de blessure n'a pas pu retrouver son niveau de jeu du début de saison, du coup la seconde ligne a pris du plomb dans l'aile.
Saison 2010-2011
Saint-Petersbourg à eu l'intelligence de ne pas faire comme le veux la vieille expression de Marx "Du passé, faisons table rase". Au contraire le club à eu l'intelligence de conserver ses bons élements : en défense Zubov, Zyuzin sont restés, accompagnés par des nouveaux venus de grande qualité : Vishnevsky, Denisov, mais surtout le NHLer Denis Grebeshkov.
La défense de Saint-Petersbourg semble faite d'acier, derrière on a encore mieux qu'Esche parti chez les nouveaux riches de Minsk, c'est le gardien international russe débarqué directement de la Californie qui arrive. L'excellent Evgeni Nabokov sera le titulaire doublé par Jakub Stepanek international tchèque.
Le SKA nous offre d'excellente garantie défensive pour la saison qui débute. Pour l'attaque, les millions du géant du pétrole russe : Gazprom ont été investis pour la prolongation des contrats des meilleurs scoreurs de la saison passée : Maksim Sushinsky, Alekseï Yashin et Petr Cajanek restent donc dans la cité aux 400 ponts. On a aussi conservé Brylin, et But, Korolev, Klimenko et Trubachev.
Les valeurs sûres du SKA restent, on les alignera à côté des petits nouveaux. Il n'arrive que du beau linge: Tony Martensson, le prodigieux Weinhandl, Panov et Shitikov. Medvedev et Gazprom auraient bien fait venir Kovalchuk dans l'ex-Leningrad mais ce dernier préfère les démêlés avec la justice de l'état du New Jersey. Du coup, on l'a laissé pactiser avec le Diable sans plus se soucier de lui, et, on a engagé le tout aussi bon Maksim Afinogenov pour cinq ans.
Le SKA Saint-Petersbourg a fait chauffer les roubles cette année pour s'offrir une équipe encore plus solide que la saison dernière. Gazprom qui finance le club peut lâcher des paquets de pétro-roubles pour attirer des grands joueurs, Nabokov, Denisov, Vishnevsky, Martensson, Weinhandl, Panov, Afinogenov ont alors posé leur sac sur les bords de la Neva. L'équipe pétersbourgeoise devrait être redoutable pour cette édition 2010-2011, elle vise naturellement la Coupe Gagarine et peut parfaitement y arriver.
🇷🇺 4K ST PETERSBURG. The SKA Arena is the largest hockey stadium in the world. Open SKA training.
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