Comprendre la Ligne NBA : Définition et Importance des Statistiques

Le basket-ball est un sport de statistiques, où les performances individuelles et collectives sont constamment analysées. Des points aux rebonds, en passant par les passes décisives, les chiffres sont omniprésents et influencent la perception du jeu. Mais comment mesurer l'efficacité au tir ?

Dimensions d'un terrain de basketball.

Les Bases des Pourcentages de Réussite au Tir

Tout d'abord, il faut distinguer les trois principaux pourcentages de réussite :

  • Réussite aux lancers-francs (FT%)
  • Réussite aux tirs (FG%)
  • Réussite à trois points (3P%)

Les trois marquent des points et contribuent à l’apport offensif du joueur. Ensuite, le pourcentage de réussite ne permet pas de comparer des joueurs à des positions très différentes, comme un arrière et un pivot. Pour un meneur ou un arrière, afficher plus de 55% de réussite au tir est tout simplement exceptionnel.

Dans l’histoire de la NBA, seuls 22 meneurs/arrières l’ont réussi sur une saison en jouant plus de 50 matchs. De la même manière, le style de jeu modifie la donne. La saison dernière, LeBron James avait une réussite au tir de 50,3%, contre 45,6% pour Kobe Bryant. Est-ce à dire que le second est moins bon shooteur que le premier ?

On voit donc que le simple pourcentage de réussite ne permet pas de mesurer de manière fiable l’efficacité au tir d’un joueur.

Pourcentage Effectif de Réussite (eFG%)

Le pourcentage effectif de réussite (ou effective FG%, eFG%) a pour objectif d’inclure les trois points dans la mesure de l’adresse. On le voit, les tirs à 3-points se voient bonifiés d’un “bonus” de 0,5, soit 50%. Soit dit en passant, on n’a davantage affaire à un pourcentage de tir au sens habituel, puisqu’il peut prendre une valeur supérieure à 100%.

Ainsi, si un joueur marque à 2 points 6 fois sur 13 tentatives, il marque 12 points à 46,1% de réussite au tir (6/13), identique à son pourcentage effectif de réussite. Si un autre joueur marque 4 fois à trois points sur 13 tentatives, il marque aussi 12 points.

On le voit, le pourcentage effectif ne relie pas simplement la réussite au tir, mais surtout le nombre de points marqués et le nombre de tirs.

C'est quoi ? EP. 4 - Les statistiques avancées au basketball

Pourcentage au Tir Réel (TS%)

Le pourcentage au tir réel (TS%), de son côté, vise à ajouter dans le calcul l’impact des lancers-francs. Il est directement relié au nombre de points marqués par possession où le joueur a tiré. Comme vu dans le deuxième volet de la série, Tirs tentés + 0,44 * Lancers tentés est une estimation de possessions se finissant par un tir pour le joueur.

Rappelons que lorsqu’il y a faute, aucune tentative de tir n’est enregistrée dans la box-score. Les tirs provoquant une faute sont donc comptabilisés via les lancers qu’ils génèrent. Généralement, un tir raté avec faute donne lieu à deux lancers, et on aurait attendu un coefficient de 0,5 au lieu de 0,44.

Un joueur tirant et réussissant beaucoup de lancers francs sera donc favorisé. Lors de la rencontre du 3 novembre contre Sacramento, Kobe Bryant a rentré 9 tirs sur 22 tentés, soit 40,9% de réussite. Néanmoins, il a réussi à provoquer un nombre important de fautes, et s’est retrouvé sur la ligne de réparation à 10 reprises, marquant 9 fois.

Au final ce sont toujours les intérieurs qui trustent les haut du classement si on en croit le True Shooting Percentage. C’est logique : à chaque fois qu’on donne la balle à un intérieur, la probabilité qu’on en ressorte avec des paniers marqués est plus importante qu’un arrière, que ce soit via des tirs ou des lancers.

En 2009-10, sur les 10 premiers au TS% (ayant joué plus de 20 minutes et 50 matchs), 7 sont des intérieurs.

On l’a vu, le pourcentage de réussite au tir n’est pas satisfaisant pour mesurer l’efficacité offensive d’un joueur. Les deux sont d’ailleurs complémentaires : le premier se concentre sur le tir dans le jeu, et s’attache à regarder les tirs réellement tentés.

Note aux lecteurs mathématiciens : je sais bien qu’un pourcentage peut dépasser la valeur de 100%. C’est juste que pour une pourcentage de réussite, cela pourrait sembler a priori contre-intuitif.

L'Importance des Statistiques Avancées et du Contexte

Les chiffres sont partout, tout le temps, exploitables et exploités. Pour autant, que doit-on penser cette « surstatistication » en NBA ? Abus ou conséquences logiques de notre époque de plus en plus connectée et numérisée ?

Avant toute chose, rétablissons d’abord une vérité : non, les statistiques, même celles avancées, ne sont pas exhaustives. Sur un terrain, analyser de manière détaillée ce que fait un joueur lorsqu’il a le ballon est possible, mais les chiffres sont moins efficaces pour mesurer la production concrète d’un joueur quand il n’a pas la gonfle, c’est-à-dire ses déplacements, sa lecture du jeu et plus globalement son « QI » basket, ce qui représente en réalité une écrasante majorité du temps.

Ensuite, face à une feuille de match plus ou moins bien remplie, vient la problématique de l’interprétation de ces statistiques. À chaud comme à froid, le maître-mot d’une bonne utilisation des statistiques réside dans la contextualisation : où ? Quand ? Quel scénario pour la rencontre ? Ces différentes statistiques ont-elles été réalisées face à des titulaires ou face à des remplaçants ?

Dans les faits, la performance d’un joueur dépend d’un grand nombre de paramètres : son état de forme le jour du match, sa nuit de sommeil, la qualité de son entraînement, ses éventuelles douleurs musculaires, le système mis en place par le coach, etc… Tous ces paramètres auxquels d’éventuels soucis familiaux, financiers, conjugaux (divorce, enfant en bas âge, etc.) peuvent s’ajouter, tout comme le quotidien.

Le fait d’être constamment entre deux avions, loin des proches, sont des paramètres importants dans la vie d’un joueur, ne sont pas pris en compte sur la feuille de statistiques. Dans le même ordre d’idée, isoler une statistique manque de pertinence puisqu’un mauvais match des coéquipiers, symbolisé par un manque d’intensité et/ou une adresse défaillante, ainsi qu’une spirale collective négative peuvent ruiner le match d’un autre joueur.

Un joueur ne joue jamais tout seul sur un terrain, il y a toujours un contexte global qui le dépasse.

Les statistiques avancées aident à mieux comprendre le jeu.

Le Player Efficiency Rating (PER)

Le PER, ou Player Efficiency Rating ( « taux d'efficacité d'un joueur » en français), est une statistique créée par John Hollinger au milieu des années 90 dont le but était de résumer d'un seul chiffre la totalité de la performance d'un joueur. Hollinger était à cette époque journaliste pour Oregon Live. Un rôle qu'il a occupé ensuite pour Sports Illustrated et ESPN puis qu'il a retrouvé en 2019 pour le site The Athletic.

Parmi les statistiques positives, on retrouve les paniers marqués, les lancers francs, les rebonds, les contres et les interceptions. Les points négatifs sont les pertes de balle, les fautes mais aussi les tirs manqués. Ces chiffres sont utilisés dans une longue et complexe formule qui prend en compte aussi les statistiques de l'équipe (passes décisives, tirs réussis), celles de la ligue en termes de réussite, de points, de tirs tentés... mais aussi de rythme de jeu de l'équipe comme de la ligue.

Une performance moyenne se situe à 15. Autour de 30, c'est un rendement de superstar. En dessous de 10, d'un joueur qui peinera à rester dans la ligue.

Le but est de niveler toutes les valeurs pour obtenir un chiffre unique qui ne favorise pas les joueurs dont les équipes jouent vite (et permettent donc de « gonfler » les statistiques). Hollinger a ensuite établi la formule pour qu'une performance moyenne soit un 15. Autour de trente, c'est un rendement de superstar. En dessous de 10 d'un joueur qui peinera à rester dans la ligue.

Le PER peut donc être calculé avec les seules feuilles de matches et statistiques générales d'une ligue. Mais pour la NBA, il ne peut pas être établi de façon complète pour les saisons d'avant 1978 voire 1979 puisque les pertes de balle n'apparaissaient pas sur les feuilles de stats jusqu'à la première date alors que la ligne à trois points est apparue lors de la seconde.

Tactiques Offensives et Défensives au Basketball

Au basketball la tactique joue un très grand rôle, car c'est elle, qui le plus souvent, détermine si une équipe gagne, ou perd le match. Au basketball, le concept de tactique regroupe l'ensemble des actions d'attaque ou de défense utilisées par les joueurs pour atteindre un but bien précis.

Pour vous aider à bien comprendre les différentes actions tactiques au basketball, déchiffrons d'abord les termes de bases. Découvrez ici ce qu'il est essentiel de connaître en matière de terrain, zone et positions des joueurs.

Le basketball se joue toujours sur un terrain rectangulaire avec une surface dure. Le terrain lui-même est divisé suivant différents cercles, lignes et zones, dont chacun a sa propre fonction. Un terrain de basketball est partagé en différentes zones, mais lorsque l'on parle de « zone », il s'agit en fait du périmètre situé sous le panier et qui est délimité par la ligne de lancer franc.

La zone joue un rôle essentiel en matière d'attaque et de défense. Les joueurs de l'équipe attaquante ne doivent pas s'attarder plus de trois secondes dans la zone. Pour bien comprendre les possibilités tactiques du basketball, il est essentiel de s'attarder dans un premier temps sur les différentes positions, appelées aussi postes des joueurs.

Positions des Joueurs

Il faut savoir qu'il n'existe pas de répartition fixe des rôles au basketball, comme c'est le cas au football ou au volley-ball. Les cinq joueurs présents sur le terrain doivent maîtriser à la fois l'attaque et la défense. Néanmoins chaque joueur est en règle générale prévu pour occuper un poste bien précis. Au basketball cinq joueurs se trouvent simultanément sur le terrain.

Chaque équipe a jusqu'à sept remplaçants à sa disposition qui peuvent être intégrés au jeu autant de fois que nécessaire. La constellation de joueurs en tout début de match est appellée le cinq majeur (ou cinq de base) . Les postes habituellement occupés par ces cinq joueurs sont : deux « guards » (meneur, arrière), un « center » et deux « forwards » (ailier, ailier fort).

Le poste de pivot (« center » en anglais) est souvent occupé par le joueur le plus grand et le plus fort de l'équipe. Il se positionne le plus souvent dos au panier et évolue dans la zone, donc directement sous le panier. Son rôle est de récupérer le plus de rebonds possibles - c'est à dire lorsque un joueur a manqué son tir après que le ballon a rebondit sur le panier et avant qu'il ne touche le sol, et ensuite de retenter un panier.

Les postes de « guards » sont généralement occupés par les joueurs les plus petits mais les plus rapides d'une équipe de basketball. Lorsque l'on parle de « guards », il s'agit des postes de « meneur » (« point guard » en anglais) et d'« arrière » (« shooting guard » en anglais). Les arrières sont principalement chargés de marquer des points en effectuant des tirs extérieurs (tirs à trois points).

Le meneur quant à lui est celui qui décide quand et comment le jeu doit continuer, ou plutôt quelle tactique va être ensuite appliquée. Pour cela, il doit avoir une excellente maîtrise du ballon et une très bonne vue d'ensemble du jeu. Le nom (« playmaker » en anglais) attribué à son rôle vient du fait que c'est lui qui oriente le jeu.

Deux positions différentes sont également regroupées sous le terme de « forwards » : l'ailier (« small forward » en anglais) et l'ailier fort (« power forward » en anglais). Les joueurs occupant ces deux postes jouent le rôle d'attaquants, qui, comme le pivot évoluent principalement dans la raquette et tentent de marquer le plus de points dans la zone restrictive.

L'ailier fort est plus grand par sa taille et évolue comme le pivot, à savoir, principalement dos au panier. Il est chargé de récupérer le plus de rebonds possibles, que ce soit en attaque ou en défense. L'ailier, quant à lui, est chargé principalement de monter au panier ou de tenter des tirs à mi-distance.

Tactiques Offensives et Défensives

Au basketball on différencie habituellement entre les les tactiques offensives et les tactiques défensives, toutefois on passe très rapidement d'une tactique à l'autre puisque la défense s'organise dans l'optique de pouvoir permettre à l'équipe de passer rapidement à son tour dans une phase d'attaque. Pour rappel, le but ultime au basketball est de marquer le plus de paniers possibles, et donc plus de points que son adversaire.

La stratégie défensive au basketball a pour objectif de reprendre possession du ballon avant un lancer ou suite à une action manquée de l'équipe adverse. Son rôle est d'empêcher l'adversaire de marquer des points. Il existe différents systèmes de défense au basketball.

Voici un tableau récapitulatif des principales tactiques défensives :

Tactique Défensive Description
Défense homme-à-homme Chaque défenseur est responsable d'un attaquant spécifique.
Défense de zone Les joueurs défendent une zone spécifique du terrain plutôt qu'un joueur.
Défense Box and One Quatre joueurs en défense de zone et un joueur en défense homme-à-homme sur le meneur adverse.

En matière d'attaque, il existe une multitude de tactiques de jeu pouvant être appliquées par les équipes de basketball. Le but d'une offensive est toujours de percer la défense adverse pour permettre à un coéquipier de tenter un lancer franc. Les techniques d'attaque principales sont le dribble, les passes et le lancer.

En contre-attaque, l'équipe tente directement à récupération du ballon de remonter le plus rapidement possible le terrain pour atteindre le panier adverse. Pendant la remontée, ni les attaquants, ni les défenseurs ne sont placés correctement. Le focus est mis sur des passes réussies et rapides.

A l'inverse, en attaque placée une équipe cherche à s'adapter collectivement face à la stratégie défensive adverse. Il existe beaucoup plus de tactiques au basketball, on parle aussi de systèmes, c'est à dire des variantes d'enchaînements, de déplacements bien rodées où chaque attaquant joue un rôle précis.

Le pick & roll est un enchaînement standard et très populaire au basketball. Cette tactique consiste pour un joueur de l'équipe en situation offensive et qui n'est pas en possession du ballon de « faire écran » ( « pick » en anglais) entre le porteur de balle et le défenseur qui essaie de contrer ce dernier. Pendant ce temps, les trois attaquants restants sont chargés de contrer les trois autres défenseurs.

Une autre stratégie offensive également très appréciée au basketball et l'offensive en triangle (« triangle offense » en anglais). Cette formation favorise les passes rapides et le déplacement des joueurs de sorte à ce que la défense adverse a du mal à contrer les attaquants.

Une autre tactique offensive moins connue mais tout aussi efficace est l’attaque « Princeton ». En situation d'attaque « Princeton », le positionnement des joueurs est différent : le pivot se place sur la ligne de lancer franc (poste haut) alors que les autres joueurs se placent en demi-cercle sur la ligne des trois points.

L'équipe adverse est ainsi obligée de défendre loin du panier et il en résulte un espace libre sous la ligne de lancer franc. Le but de ce système est de brouiller la défense en favorisant les passes et les déplacements rapides.

Analyse du FG% et Autres Statistiques Clés

Au basketball comme dans tous les sports de haut niveau, l'analyse statistique occupe une place cruciale dans la prise de décision des équipes. Elle permet de mieux comprendre le contexte et l'évolution d'un joueur afin de prendre des décisions plus éclairées à propos de l'alignement ou même de la draft.

Le FG% c'est le pourcentage de tirs réussis au total vs le nombre de tirs tentés. Ça peut vous sembler la seule statistique dont vous avez vraiment besoin, mais ne tombez pas dans ce piège. Aucune stat n'offre un reflet de la réalité adéquant par elle-même. La première chose à faire lorsqu'on est confrontés à un FG% très haut ou très bas, c'est de regarder le nombre de matchs joués et le nombre de tentatives.

Le pourcentage de réussite à deux points est une statistique mal-aimée et souvent ignorée par les geeks de basket. Pourtant, son importance varie toujours selon le contexte et le joueur. Par exemple, il s'agit de la stat offensive la plus importante pour un joueur d'intérieur de type screen-and-roll car elle illustre largement son pourcentage de réussit au panier. Elle est indicatrice de maturité physique, de contrôle du corps dans l'espace et de dominance athlétique.

Voici, le Saint-Graal des pauvres d'esprits. Oui, le pourcentage de réussite à trois points est plus important aujourd'hui qui'il ne l'a jamais été. C'est même de plus en plus important que chaque joueur drafté l'ait dans son arsenal jusqu'à un certain point. On voit tranquillement disparaître dans le processus de sélection tout comme dans le processus de formation, les joueurs qui ne le shootent pas.

Il faut toujours garder en tête qu'un joueur est 1) en apprentissage 2) en changement de contexte continuel et 3) dans un processus de croissance physique semi-continuel. Il se peut qu'un joueur soit complètement nul dans toutes les statistiques mentionnées plus haut, mais qu'il devienne quand même un excellent shooteur en NBA.

Comment on vérifie ça? Avec le pourcentage aux lancers francs. Il s'agit de l'unité de mesure la plus précise pour savoir si la mécanique de tir d'un joueur fonctionne. Le contexte de tir est toujours le même. Le joueur n'a personne dans le visage. Il n'est pas en mouvement. La seule variable qui compte c'est son niveau de concentration et sa confiance en sa mémoire musculaire.

Le true shooting peut être traitre parce que le nombre de points est calculé. L'usage qu'on fait d'un joueur est donc également très important.

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