Le football à Liège est une histoire de passion, de rivalité et de gloire. Deux clubs, le Royal Standard Club Liégeois et le Football Club de Liège, ont marqué l'histoire du football belge. Découvrons ensemble leur parcours, leurs succès et les moments clés qui ont façonné leur identité.
Royal Standard Club Liégeois: Un Palmarès Élogieux
Le Royal Standard Club Liégeois a été fondé en 1898. Il s’agit d’un des clubs les plus titrés de Belgique. Le club liégeois possède un des meilleurs centre de formation du pays. Il compte dix titres de champion, huit Coupes de Belgique et quatre Supercoupes. Les «Rouches» tiennent leur surnom de la couleur de leur équipement (rouge et blanc) prononcé avec l’accent liégeois. Le Standard évolue au Stade Maurice Dufrasne, également appelé «stade de Sclessin» ou «l’enfer de Sclessin» situé en périphérie de Liège, en bord de Meuse.
Lors de la deuxième partie du XXe siècle, le Standard a vécu ses meilleures années, en particulier entre 1981 et 1983. Avec Raymond Goethals aux commandes, le Standard sera deux fois successivement champion de Belgique, double vainqueur de la supercoupe de Belgique et surtout finaliste de la Coupe d’Europe des vainqueurs de coupe où ils s’inclineront dans une défaite controversée face au FC Barcelone. Le titre de 1992-1993 sera le dernier titre du Standard avant 25 ans.
Durant cette période d’attente le Standard sera marqué par le scandale de l’affaire Waterschei, révélé en 1984. En fin de saison 1982, le club de Liège avait approché le capitaine de l’équipe de Waterschei pour qu’il laisse gagner les liégeois lors de la dernière journée de championnat et soient sacrés champions.
Le Standard entame la saison 2007-2008 avec Michel Preud’homme à sa tête, revenu pour un deuxième mandat la saison précédente. Saison qui a été une excellente préparation à celle de 2007-2008. Le Serbe Milan Jovanovic ainsi que le Brésilien Dante avaient été recruté. Plus important encore, le triangle d’or du Standard avait été formé : Marouane Fellaini, Steven Defour et Axel Witsel. Trois joueurs de 18 ans devenus un des meilleurs milieux de terrain du football belge au 21ème siècle.
Pour préparer cette nouvelle saison, les «Rouches» ont transféré Grégory Dufer et surtout Dieumerci Mbokani, leur futur meilleur buteur. Les Standardmen commencent la saison sur les chapeaux de roues mais ne maintiennent pas la série de victoire. Ils restent tout de même excellents et partagent la tête avec le Club de Bruges avant la trêve hivernale. Le club du bord de la Meuse recommence 2008 plus forts que jamais.
À l’issue de la 27ème journée, les hommes de Preud’homme sont premiers et comptent neuf points d’avance sur Anderlecht et dix sur le club de Bruges. Lors de la 31ème journée, les Brugeois ne parviennent pas à s’imposer sur le terrain de La Gantoise et offrent au Standard la chance de leur vie : s’ils battent Anderlecht lors du Clasico, ils seront champions. L’enfer de Sclessin, plus chaud que jamais accueille son rival historique et vont s’imposer 2-0 grâce à deux buts de l’inévitable Dieumerci Mbokani. Au terme d’une saison maitrisée, les «Rouches» retrouvent la gloire.
À l’aube de la saison 2008-2009, le Standard a vécu un gros changement. Leur entraineur Michel Preud’homme quitte le bercail en direction de La Gantoise et est remplacé par le Roumain László Bölöni. Un membre du triangle d’or : Marouane Fellaini s’envole en direction d’Everton dans un transfert record à cette époque. Les «Rouches» débutent avec une victoire en Supercoupe 3-1 face à Anderlecht. Ils réalisent une bonne première partie de saison en terminant deuxième à 4 points derrière Anderlecht.
Lors du mercato hivernal, Dante quitte les siens en direction du Borussia Mönchengladbach. L’arrivée la plus marquante sera celle d’un gardien qui marquera l’histoire en bord de Meuse : Sinan Bolat. Ce dernier gagnera sa place de titulaire et terminera la saison. Lors de l’ultime journée de championnat, le Standard se déplace sur le terrain de La Gantoise, équipe d’un certain Michel Preud’homme. La tâche est simple : la victoire sinon rien. S’ils s’imposent, les Liégeois rejoindront Anderlecht en tête du classement, autrement, le titre leur échappera.
La mission semblait accomplie à 0-1 et plus que quelques secondes à jouer lorsque l’arbitre désigne le point de penalty à la 91ème pour une faute d’Oguchi Onyewu. Bryan Ruiz, le tireur de La Gantoise qui n’a raté pratiquement aucun penalty de la saison s’élance face à Sinan Bolat qui a l’espoir de tout un peuple au bout de ses gants. Ruiz s’élance et son tir est arrêté par le portier turc qui devient le héros de la saison. Le Standard se dirige donc vers deux «test matchs» face à Anderlecht.
Il s’agit d’une double confrontation entre les deux équipes qui couronnera l’équipe championne. La première rencontre s’est déroulée à Bruxelles et s’est soldée sur un nul 1-1. Le match retour à Sclessin s’est terminé sur le score de 1-0 avec un but d’Axel Witsel sur penalty. Depuis ces deux saisons, le Standard est passé proche du titre à plusieurs reprises sans jamais le remporter. Il a néanmoins soulevé trois autres coupes de Belgique.
Onze ans nous séparent déjà du dernier sacre «Rouche» et les supporters se montrent de plus en plus impatient avec leur nouvelle direction. Après avoir fait fuir le successeur de Lucien D’Onofrio : Roland Duchâtelet pour manque de résultats sportifs, Bruno Venanzi pourrait subir le même traitement vu l’absence de gros résultats. Le peuple «Rouche» ne veut pas avoir à attendre 14 autres années pour retrouver la gloire et même l’actuel troisième mandat de Michel Preud’homme ne semble pas trouver de conclusion positive pour le moment.

Football Club de Liège: Pionnier du Football Belge
En 1892, des membres de la Liège Cyclist’s Union décident de créer un club pour pallier le manque d’activité vélocipédique pendant les rigoureux mois d’hiver. Le Football Club de Liège est né. Comme souvent à l’époque, les fondateurs ont un lien avec l’Angleterre et ceux-ci rapportent les couleurs de leur club de cœur, ici le rouge et le bleu de Dulwich Hamlet, une modeste équipe du Sud de Londres qui évolue aujourd’hui en D7.
Trois ans plus tard, les Sang et Marine participent à la création de la Fédération belge de football, et remportent dans la foulée le premier championnat de l’histoire. Quelques années plus tard, une scission a lieu entre membres laïcs et catholiques. Ces derniers partent fonder leur propre équipe : le Standard, dont le nom s’inspire, une fois n’est pas coutume, du Standard Athletic Club, une structure omnisport parisienne, dont la section football a disparu dans les années 1930. La couleur rouge restera, à l’image de la rivalité entre les deux clubs, bien que chacun ait connu une fortune différente au fil du temps.
« Les supporters restent viscéralement attachés à ce club, parce qu’il a une histoire riche, des histoires folles, des souvenirs européens et un des plus beaux palmarès du pays (le sixième parmi les clubs encore en activité, ndlr) ! Cinq titres, une coupe de Belgique et une Coupe de la Ligue, les deux tiers des clubs de Jupiler League ne peuvent qu’en rêver de loin. Cela ne donne aucune garantie d’avenir ou de passe-droit, mais ça force le respect.
Pendant des décennies, le FC Liège joue ses matchs dans le quartier de Rocourt, sur la pelouse d’un vélodrome qui a accueilli plusieurs éditions des championnats du monde de cyclisme sur piste. Jusqu’à sa destruction en 1997, pour laisser place au plus grand complexe cinématographique de Wallonie. Un exil qui force le club à disputer dès 1994 certaines rencontres dans des villes voisines et même au stade de Sclessin, chez le rival du Standard.
« Notre direction a bien vite changé d’avis tant le stade était désert. Je pense qu’on y a joué un Liège-Anderlecht devant 4000 personnes alors que la saison précédente il devait y en avoir 20 000 de plus » , se souvient David Ambrosio, supporter lui aussi depuis presque trente ans. En 2017, le club a fêté ses 125 ans avec un retour sur ses terres. De quoi regarder dans le rétro et constater qu’en dépit du joli palmarès glâné au fil du temps, le FC Liège a également connu la poisse, surtout au moment de fêter ses anniversaires : premier quart de siècle gâché par la Première Guerre mondiale, tandis que la seconde fait de même avec les cinquante ans. Les soixante-quinze ans, eux, sont marqués par le décès du secrétaire du club dans un accident de la route à quelques heures d’un match de gala face à l’Ajax Amsterdam. Quant au centenaire, il voit le président de l’époque, André Marchandise, démissionner et le club s’enfoncer dans une crise tant financière que sportive. Dès lors, les attentes étaient grandes pour fêter les 125 ans. D’autant que Liège était à un cheveu de la montée en D3. Mais la victoire finale passe sous le nez du « Great old wallon » et ce sont les Flamands d’Alost qui compostent le ticket gagnant.
« On devrait sortir des T-shirts avec un grand M sur l’épaule droite » , se marre David Ambrosio, cinéphile dans l’âme. En parallèle, le Standard, lui, a réussi à s’imposer comme un cador de l’élite belge. Bien que les deux formations liégeoises ne se soient plus affrontées en match officiel depuis 1995, la rivalité n’a pas complètement disparue.
« Avec notre chute dans les bas-fonds du football, les Standardmen sont de plus en plus souvent appelés « les Liégeois » par la presse et le match face au Sporting de Charleroi est devenu un derby alors qu’il y a plus de cent bornes entre les deux, déplore Raphaël Schmitz. Les plus belles rivalités sont souvent celles entre les clubs d’une même ville ! On se considère toujours comme les « vrais » Liégeois, le chant « Liège c’est nous » a beaucoup de succès. Pour être honnête, le Standard a le nombre pour lui, mais nous avons assurément le public le plus fidèle. Si nous remontons un jour les titiller, la rivalité refera son apparition aussitôt. »
David Ambrosio approuve : « Quand j’étais ado, je devais surveiller mes arrières à chaque fois que j’allais en ville tant la rivalité avec le noyau dur du Standard était vive. Maintenant, je suis serein. Car à défaut d’être sportivement au premier plan, le public du FC Liège a entre-temps développé une ligne politique marquée à gauche.
« Au début des années nonante, notre tribune était connotée de droite, après les agissements de quelques idiots noyautés par le groupuscule fasciste Agir, grince Raphaël Schmitz. Une scission a d’ailleurs eu lieu entre fascistes et antifascistes, mais il a été difficile de se défaire de cette étiquette. À force de réagir aux comportements inappropriés, la tendance s’est inversée. Des fans ont invité des réfugiés aux rencontres du FC Liège, nous sommes amis avec les supporters du Cercle de Bruges et de l’Union Saint-Gilloise qui comptent beaucoup d’antifas. Nous avons aussi des contacts avancés avec l’AEK Athènes. Le combat n’est pas fini, mais nos idées avancent.
En attendant la reprise du championnat, le FC Liège peut compter sur un public toujours plus nombreux à venir encourager le quatrième plus vieux club du royaume, que le temps n’a jamais réussi à terrasser. « Si nous sommes champion de Belgique une fois durant ce siècle - on peut rêver - nous serons le seul club à avoir gagné un championnat sur trois siècles différents, prophétise David Ambrosio, qui garde encore un goût amer de la montée ratée en D3. C’est une énorme frustration. Chaque année on a droit au supplice de la douche écossaise ou du coït interrompu. On aspire tous à ce que le RFCL retrouve la place qui est la sienne, en haut de la hiérarchie, même si je suis conscient que cette confrontation avec le football moderne va elle aussi amener une grande frustration. Vivre avec son temps sans laisser de côté son passé populaire, tel est le défi qui attend les Liégeois avant leur 150e anniversaire.
« Venir à Rocourt, c’est vivre une autre facette du foot, loin du business et des sociétés de paris sportifs. C’est un peu le Max Havelaar du ballon rond : ça sent la bière, les frites et la transpiration » , conclut Raphaël Schmitz, qui ira regarder passer le Tour dimanche.

Rivalités et Clasicos
Les «Rouches» entrainent une forte rivalité avec le plus grand club de Belgique : le Sporting d’Anderlecht. La rencontre de ces deux formations fait office de Clasico en Belgique. Deux autres grandes rivalités sont également à compter en bord de Meuse : une très actuelle ainsi qu’une un peu mise de côté. La première les oppose au Sporting de Charleroi. Ces deux équipes sont actuellement les deux meilleures équipes wallonnes et le «derby wallon» est un moment fort de chaque saison de Jupiler Pro League. La deuxième oppose les Liégeois à l’autre club de Liège : le RFC Liège. Il s’agit du premier club de la ville de Liège et également du premier club champion de Belgique de l’histoire. Fondé avant le Standard, le «Football Club Liégeois» a vu le Standard se créer et rapidement se développer. Au fil des années, une grande rivalité s’est développée entre les frères ennemis. Cette rivalité est actuellement moins à l’ordre du jour, le RFC Liège évoluant en troisième division.
Voici un tableau récapitulatif des principaux titres et distinctions des deux clubs:
| Club | Titres de Champion | Coupes de Belgique | Supercoupes | Autres Distinctions |
|---|---|---|---|---|
| Standard de Liège | 10 | 8 | 4 | Finaliste Coupe d'Europe des vainqueurs de coupe (1982) |
| FC Liège | 5 | 1 | 0 | Coupe de la Ligue |
Le Standard de Liège et le FC Liège incarnent l'histoire et la passion du football liégeois. Malgré des fortunes diverses au fil des années, les deux clubs continuent de faire vibrer les supporters et de marquer le paysage footballistique belge. La rivalité entre les deux clubs, bien que moins présente aujourd'hui, reste un élément important de l'identité liégeoise.