Dix-huit ans après, l’Allemagne se présente dans le dernier carré d’une grande compétition. Les Françaises, championnes du monde en titre, veulent se donner le droit d’aller défendre leur titre en finale. Pour cela, il faudra passer par des Allemandes invaincues dans la compétition, qui n’ont toutefois plus gagné face aux Françaises depuis 20 ans. Mais les Bleues s'inclinent logiquement 29-23, 20 ans après leur dernière défaite face à l'Allemagne, et ne verront donc pas la finale du Mondial dimanche et ne pourront pas défendre leur titre. Elles pourront avoir des regrets compte tenu de leur niveau en 1/4 de finale face au Danemark.
Le 12/12 à 19:17, c’est terminé : l’équipe de France est éliminée par l’Allemagne ! Les Bleues ne conserveront pas leur titre. Deux ans après avoir remporté le Mondial, les Françaises n’ont pas réussi à reproduire pareille performance et ont été largement battues par l’Allemagne, ce vendredi, à Rotterdam (23-29). Menées du début à la fin de la partie, les joueuses de Sébastien Gardillou n’ont jamais réussi à renverser la tendance et devront se remobiliser pour aller chercher la médaille de bronze.
Sans idée offensivement et trop souvent en retard défensivement, l’équipe de France féminine a fort logiquement pris la porte (29-23), ce vendredi 12 décembre, en demi-finale du Mondial 2025. « On n’a pas été à la hauteur en défense et on a perdu trop de ballons en attaque. Un résultat somme toute logique au terme d’une rencontre que les Bleues n’ont jamais vraiment débutée. »
Les Bleues sont dans le dur et rentrent aux vestiaires avec un retard logique de trois unités ! C'est terminé aux Pays-Bas où les Bleues prennent très logiquement la porte face à une Allemagne supérieure ce vendredi !

Le Film du Match
Le début de match n’est pas aussi étincelant que face au Danemark, mais les Françaises sont bien organisées. Comme à l’accoutumée lors des derniers matchs, c’est Clarisse Mairot qui ouvre le score pour les Françaises. Côté allemand, Viola Leuchter est en feu et se crée des trous dans la défense française (3-3, 8’). Les Françaises, en supériorité numérique, trouvent les intervalles mais butent sur Katharina Filter, et l’Allemagne crée le break à une de moins (4-6, 11’).
Les Allemandes, nettement plus solides en défense, gagnent leurs duels et Lisa Antl vient donner quatre buts d’avance, obligeant Sébastien Gardillou à poser un temps mort (6-10, 15’). Le sélectionneur français change alors de registre, faisant entrer Florianne André et passant en 1-5, ce qui perturbe les Allemandes (8-10, 18’).
Les Allemandes sont agressives en défense, faisant grincer des dents les Françaises, qui réclament des deux minutes pour des coups au visage, mais c’est finalement Méline Nocandy qui se voit sanctionnée pour une mauvaise défense. La France se rend elle-même la fin de première mi-temps compliquée, en jouant à quatre pendant une trentaine de secondes à la suite de mauvais changements (11-13, 26’). Les arrières allemandes mettent la pression sur la défense française, souvent en retard sur de nombreux duels.
Pour débuter la seconde mi-temps, le sélectionneur tricolore décide de renouveler son option tactique de placer Pauletta Foppa sur le poste d'arrière droit comme face au Danemark en 1/4 de finale. Malgré cela, les allemandes enchaînent et obligent Sébastien Gardillou a posé un nouveau temps mort dès la 35ème minute alors que l'Allemagne mène 19-15. Malgré de belles tentatives de Léna Grandveau, la Mannschaft continue à creuser le score suite à un 2 min français et transforme le penalty pour mener les débats (20-16, 37').

Arrive la 45ème minute et l'expulsion directe de Oriane Ondono suite à un mauvais geste au visage sur l'arrière gauche allemande. La France perd son pilier défensif et une rotation au poste de pivot. L'équipe de France n'y arrive toujours pas et s'enfonce sur le mur allemand, toujours 4 buts de retard à la 47ème (22-18), on ne voit pas comment les Bleues vont renverser la situation à 15 min du terme d'un match dominé par l'Allemagne.
Aïe ! Phase offensive complètement ratée des Françaises avec la perte de balle de Horacek. C'est difficile pour les Françaises qui peinent à contenir les vagues allemandes. Les Allemandes se baladent en attaque tanids que les Bleues se manquent techniquement.
Les déclarations
« Je trouve qu’on a fait ce qu’on devait faire, a relevé à l’issue de la rencontre le sélectionneur des Bleues. Les filles ont été conquérantes, combattantes, et je pense qu’on tombe contre plus fort que nous. À titre personnel, perdre contre une équipe comme cela, il n’y a pas vraiment de regrets. On a bataillé, mais ça n’a pas suffi aujourd’hui. »
On est déçues parce qu’on aspirait à mieux en termes de qualité de jeu et surtout de résultat. On n’a pas réussi à stopper leur jeu. On n’a pas été à la hauteur en défense et on a perdu trop de ballons en attaque. Il a manqué dans tous les secteurs ce soir. On s’était préparées à une équipe très difficile, très rude. Je trouve qu’on a fait ce qu’on devait faire.
L’Allemagne est une équipe ultra-compétitive, avec une base arrière qui canarde en permanence et qu’on a essayé de gêner avec nos moyens. Il y a eu quelques échecs en début de match mais je trouve surtout qu’on n’a pas réussi à récupérer les ballons en défense. Les filles ont été conquérantes, combattantes, et je pense qu’on tombe contre plus fort que nous. Le score est un peu sévère, je pense qu’on aurait dû être en dessous des 25 buts encaissés. Néanmoins, c’est affiché et on va en tenir compte. Avec Antl qui a pu se montrer bien plus que ce à quoi on s’attendait, ça nous a freiné dans la prise de profondeur en défense.
À titre personnel, perdre contre une équipe comme cela, il n’y a pas vraiment de regrets. »Un coup d’arrêt tout de même pour l’équipe de France qui, comme à l’Euro l’an dernier, disputera la petite finale.
Allemagne-France : l'analyse
Les Bleus masculins face à l'Allemagne
Après un premier tour chaotique, l’équipe de France masculine a rejoint Lille pour disputer son quart de finale face à l’Allemagne. Champions olympiques et d’Europe en titre, les Bleus se présentent dans la posture du challenger au regard du parcours remarquable des Allemands depuis le début du tournoi olympique.
C’est un choc identique à celui qui attend l’équipe de France féminine 24h en amont du quart de finale des Bleus. Mais les positions sont inversées : Estelle Nze Minko et ses partenaires ont terminé premières de leur groupe et sont opposées aux Allemandes, 4e de l’autre côté tandis que les garçons, seulement 4e, vont défier l’Allemagne sortie victorieuse de l’autre côté.
Lors du dernier match entre les deux formations, à Dortmund le 13 juillet dernier, l’Allemagne s’est imposée 35 à 30. Trois joueurs, Yanis Lenne (malade), Nedim Remili et Dika Mem, blessés, n’avaient pas été alignés et forcément l’analyse de ce match est tronquée.
« Nous n’étions pas au même niveau de la préparation, nous avions fait plus de travail physique et eux plus de handball ; les compteurs sont remis à zéro », souligne Vincent Gérard qui a encore livré une prestation solide face aux Hongrois.
Luka Karabatic souligne aussi que « l’Allemagne est revenue dans le gotha qui a atteint les demi-finales du dernier Euro. Cette équipe est très talentueuse, avec un très bon gardien (NDLR : Andreas Wolff). Ils ont fait tomber tous les gros dans la poule A : ce quart opposera un premier contre un quatrième mais on les regardera dans les yeux.
Et le capitaine de poursuivre : on voit que l’on grandit de jour en jour. On était tellement dans le dur au début du tournoi qu’on n’a pas envie d’y retourner, on a juste envie de se battre ensemble et de profiter du public extraordinaire.
Les deux défaites subies d’entrée ont évidemment plombé le moral des troupes mais les Bleus sont restés unis et se sont remis, pas à pas, dans le tournoi avec d’abord un nul arraché aux Égyptiens puis une victoire logique sur l’Argentine avant l’intense combat avec les Hongrois. Le total de cinq points a finalement permis d’accéder aux quarts de finale.
Les joueurs et le coach l’affirment de concert : ils sont soudés et espèrent trouver le chemin qui les conduira au dernier carré, là où les médailles seront distribuées dimanche dans ce stade Pierre Mauroy qui va soutenir sans relâche ses favoris.
« Les garçons sont ensemble, s’engagent et veulent trouver des solutions. Ils sont à pied d’œuvre du matin au soir pour trouver le bon équilibre, la bonne carburation, rapporte Guillaume Gille. Ce quart est un nouvel épisode de cette aventure qui débute et où tout est remis à zéro.
On est solide sur nos bases défensives et on sent beaucoup de puissance et en même temps, il nous manque un peu de simplicité, un peu de relâchement. Ça reste encore un peu tendu, un peu crispé.
Renars Uscins est le meilleur buteur de la Mannschaft avec 28 buts à 78 % de réussite. Côté tricolore, Dika Mem est en tête des buteurs avec 27 buts, à 60 %. Dika Mem (03h45) et Ludovic Fabregas (03h39) sont les deux joueurs les plus utilisés.