Le rugby est l’une des rares disciplines à mettre en confrontation directe des joueurs aux profils divers et variés. Ainsi, si certains petits joueurs de rugby, agiles et rapides, ne tutoient même pas les 80 kg, en face d’eux, se dresse une défense adverse lourde, constituée de piliers très costauds dépassant allègrement le quintal voire plus.
Avec le passage au professionnalisme, le poids moyen des joueurs n’a cessé de progresser. Mais être lourd ne fait pas tout, et les staffs ont su, dans un souci de performance, faire dernièrement la chasse aux kilos.
Voici un classement des joueurs de rugby les plus lourds du Top 14. Spoiler alert : Il n’y a aucun trois-quarts dans ce Top 10.

À l’heure où va reprendre le championnat, voici le Top 10 des joueurs les plus lourds du championnat.
Le Top 10 des joueurs les plus lourds du Top 14
Sans grande surprise, le massif Ben Tameifuna se retrouve en tête de ce classement. Mais alors que le Samoan était souvent annoncé au-dessus des 150 kilos, l’UBB l’évalue aujourd’hui à 148 kilos. Soit le même poids que la recrue australienne du Racing 92 Taniela Tupou.
Voici donc le classement des 10 joueurs les plus lourds du Top 14 :
- Ben Tameifuna (Bordeaux-Bègles): 151 kilos
- Tevita Tatafu (Bayonne): 150 kilos
- Posolo Tuilagi (Perpignan): 149 kilos
- Uini Atonio (La Rochelle): 147 kilos
- Emmanuel Meafou (Toulouse): 145 kilos
- JJ Van der Mescht (Stade français): 145 kilos
- Will Skelton (La Rochelle): 145 kilos
- Toma’akino Taufa (Bordeaux-Bègles): 145 kilos
- George-Henri Colombe (La Rochelle): 142 kilos
- Phil Kité (Vannes): 140 kilos
Évolution du poids des joueurs de rugby
En 1964, les piliers du XV de France pesaient 100 kilos chacun en moyenne. Les piliers d’aujourd’hui sont plus proches des 120 kilos. 26 août 1995 : l’ovalie devenait professionnelle. Conséquence, les joueurs devaient désormais surveiller leur corps, c'était leur outil de travail.
Les rugbymen se transformaient, étaient plus costauds. Au départ, cette prise de poids était timide, mais se dessinait tout de même. En 1995, le poids moyen des joueurs du XV de France pendant la Coupe du monde était de 96 kilos. Quatre ans plus tard, en 1999, il était de 96,2 kilos.
Les joueurs sont plus imposants qu’avant car le jeu aussi avait changé selon ce chercheur. Jean-Paul Doutreloux, chercheur en biologie du sport : « Pour pouvoir se rentrer dedans et endurer cette nouvelle forme de jeu qui utilise beaucoup moins les espaces, on a besoin d’avoir des morphologies costaudes. »
Des gabarits de plus en plus musclés, car il fallait garder le niveau haut. Résultat, les séances à la salle de sport se multipliaient. Un programme taillé sur mesure qui faisait toujours grimper le poids des joueurs français. Lors de la Coupe du monde en 2003, il dépassait les 97 kilos de moyenne. Quatre ans plus tard, en 2007, les rugbymen tricolores pesaient en moyenne 98,4 kilos.
Et le poids moyen grimpait encore. En 2011, le quintal était dépassé : 101,5 kilos de moyenne par joueur français. Et même 104,6 kilos en 2015. En 20 ans, les tricolores avaient pris 8,6 kilos en plus.
En 2019, lors de la dernière Coupe du monde, les Français avaient perdu quelques centaines de grammes. Poids moyen : 102,8 kilos.
Plusieurs études ont montré que les rugbymen pèsent plus lourd et sont plus grands aujourd'hui qu'ils ne l'étaient lors des premières Coupes du monde.
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L'importance de l'expérience collective
Les chercheurs se sont également intéressés à l'«expérience collective» -l'habitude de jouer ensemble- des joueurs engagés dans les matches de Coupe du monde. Ils ont montré que les équipes gagnantes avaient une plus grande expérience collective - estimée à partir du pourcentage de joueurs ayant déjà joué précédemment en Coupe du monde.
Ce pourcentage atteignait près de 40% pour les équipes victorieuses, contre à peine 32% pour les autres. Pour Adrien Sedeaud, l'habitude de jouer ensemble est «essentielle, notamment pour le paquet d'avant. Le partage de l'effort est crucial dans toutes les actions: le déblayage dans le ruck, la synchronisation durant les touches ou encore le placement et les orientations collectives pendant les mauls et mêlées».
«Il faut déblayer sur les zones de plaquage le plus rapidement et proprement possible, et le fait de faire ça avec des partenaires qu'on côtoie depuis longtemps, permet de créer des automatismes», indique-t-il.
Le chercheur souligne que le nombre de plaquages, de rucks, de confrontations physiques, a notablement augmenté dans le rugby moderne (passant de 62,4 rucks par match durant le tournoi des Six Nations en 1988 à 134,4 en 2002). «C'est pour ça aussi qu'on va chercher les joueurs les plus lourds et les plus forts», explique-t-il.
