Si Nantes est devenue un haut-lieu du football depuis plus d'un demi-siècle grâce aux exploits des Canaris, elle fut d'abord une terre d'ovalie. L'histoire du SNUC se fond alors avec celle du sport à Nantes.
La naissance du SNUC, au début du 20ème siècle, s'inscrit à une époque où le rugby, implanté depuis 1897 par des étudiants et des négociants anglais, est le sport collectif le plus populaire dans la cité ligérienne.

Les origines du SNUC
En 1903, un groupe de lycéens, d'étudiants et d'ouvriers décident de quitter le Racing Club Nantais pour fonder le Sporting Club Universitaire Nantais. La fusion 4 ans plus tard, du SCUN et du Rugby Club de Basse-Indre Couëron donne naissance au Stade Nantais Université Club.
En 1907, sous l'impulsion d'un Bordelais, Pascal Laporte, le rugby prend un tournant décisif à Nantes. Grand joueur de club, plusieurs fois champion de France, il est chargé par la compagnie de négoce anglaise pour laquelle il travaille de créer une succursale à Nantes, afin d'importer du charbon gallois. Fort de son expérience dans la cité girondine, il parvient à convaincre le Racing Club de Basse-Indre Couëron et le Sporting Club Universitaire Nantais, après les avoir arbitrés lors d'une rencontre, de fusionner pour former un grand club omnisports.
C'est ainsi que naît le SNUC, présidé par Claude Bernard, industriel et mécène couëronnais. Les couleurs " blanc-rouge-vert " sont adoptées. Le Phare, dans son édition du 1er Juin 1907, salue cette naissance : " Le SCUN et le RCBC sont morts, vive le Stade ! " L'international Percy Bush, considéré parmi les cinq meilleurs demis d'ouverture gallois du siècle, est recruté trois ans plus tard.
En 1910, Pascal Laporte est également à l'initiative de la création d'une équipe de vétérans. Elle évolue toujours depuis cette date et demeure dans sa catégorie l'une des plus anciennes en France. Avant la première guerre mondiale, le SNUC, dans les sports collectifs, joue un rôle de creuset social, mêlant de jeunes Nantais d'origines aristocrate, bourgeoise et ouvrière.
Le rugby l'illustre, même si le caractère huppé du club s'accentuera au fil du temps par le développement de la section tennis. Mais c'est bien le rugby qui permet au SNUC de briller.
Le sacre de 1917 : Champion de France
Le point d'orgue est atteint en 1917, le club nantais parvient à inscrire son nom sur le mythique bouclier de Brennus, le trophée attribué aux champions de France de rugby. À cause de la guerre, la compétition est réduite à douze équipes. Le SNUC atteint la finale, face au Stade Toulousain. À Bordeaux, les Nantais l'emportent par 8 à 3, signant là un réel exploit.
La restitution qu'en fait Le Phare est élogieuse : " C'est formidable ! (…) Bravo Nantes, vive les Nantais, vive le SNUC ! " Mais cette victoire a un gout amer… Quarante membres du SNUC sont emportés par la Grande Guerre !
RÉSUMÉ USB - STADE NANTAIS
L'entre-deux-guerres et les défis de l'après-guerre
Après-guerre, le rugby reste l'un des sports les plus populaires. Les rencontres attirent en moyenne trois mille personnes au Parc des sports municipal du Champ-de-Mars. En 1920, le SNUC inaugure ses nouvelles installations dans une ferme acquise à Malville. Sur ce site peu urbanisé et à la fois en lisière du boulevard des Anglais, sont construit un terrain de rugby, un terrain annexe d'entrainement, une piste d'athlétisme, une tribune, quatre courts de tennis et… un fronton de pelote basque, le seul ainsi élevé au nord de la Loire !
Le club-house est aménagé dans un bâtiment annexe de l'ancienne ferme, puis le siège social installé au 3, rue Santeuil, en centre-ville. Construit à quelques encablures du Champs-de-Mars, à Malakoff, il devient l'antre du rugby à Nantes. En 1939, le club nantais est alors 16ème club de rugby dans la hiérarchie nationale.
Comme d'autres, il paiera au prix fort les années de guerre, notamment au niveau de ses structures. Le siège et le stade sont dévastés lors des bombardements de septembre 1943. Son nom sera donné au stade du boulevard des Anglais en 1950.

L'ère moderne et l'évolution en Stade Nantais
Le SNUC doit également affronter la concurrence du FC Nantes, fondé en avril 1943, et en pleine ascension. Le SNUC parvient à jouer deux saisons en 1ère division de 1954 à 1956, et participe aussi au challenge national Yves du Manoir. La section tennis contribue au développement du club. En 1960 sont inaugurés les deux premiers courts couverts du club, en présence des " Mousquetaires " Borotra, Brugnon et Cochet.
L'équipe féminine est championne de France de 3ème division en 1969 et de 1ère division en 1980. Aujourd'hui, le SNUC, devenu Stade Nantais en 2008 peut s'appuyer sur des installations sportives au coeur de la ville. Son centre de formation, fait rare pour un club amateur, est labellisé par la FFR.
Dès sa première saison, le Stade Nantais a connu une accession en Fédérale 2, un titre de champion Grand-Ouest (seniors) et un titre de champion de France Cadet. Désormais le Stade Nantais évolue en Fédérale 1 et veut se donner un projet de club ambitieux avec en ligne de mire le plus haut niveau.
Évidemment, le Stade Nantais y tient une place particulière... "Il faut à tout prix démontrer que notre place en Fédérale n'a pas été usurpée". Ainsi, s'exprimait le Dr de FALLOIS en ouvrant l'assemblée générale du club. Le trésorier BUFFE annonce un déficit important mais pas "catastrophique". Et le président de conclure : "Oui, la tâche est immense pour tenir à côté des ténors. Mais elle est tellement belle que nous sommes convaincus que le Stade Nantais saura vaincre les obstacles."
Saison 1959-1960
Depuis plusieurs saisons, la F.F.R. a créé un challenge pour récompenser le club le plus complet en fonction de divers critères. Pour la saison 1959-1960, le trophée est remporté par le Racing Club de France et le Stade Nantais est 11e au niveau national.
La cellule recrutement, emmenée par Joseph MOYSE, s'est mise au travail. Plusieurs petits nouveaux viennent renforcer l'équipe :
- FERNANDEZ Christian 3e ligne Aviron Bayonnais
- SANZ Louis ¾ centre de Pau
- FERNANDEZ Jean-Pierre ¾ centre de Mazamet
- SANCHEZ Pierre demi d'ouverture d'Arudy
- FOUCHER ¾ aile du V.S.N.
- VISBECQ Jean pilier vient de la section athlétisme Entente S. N. U. C. St Pierre.
Seul Gaston LE BOURHIS a demandé sa mutation pour le Stade Toulousain. Plusieurs joueurs ayant terminé leur service militaire reviennent dans le groupe tels AUBRY et BOURREL. L'entraîneur Raymond FABRE va pouvoir jouer avec la cavalerie de ses lignes arrière et la puissance de sa mêlée.
Devant le nombre croissant d'adhésion à l'école de rugby, il est décidé de créer un bureau consacré à cette école dont le premier président est Albert BOUCAULT, vice-présidents LABARRE - PIQUET et MORIN, secrétaire MOUSSAUD et trésorier POULLAOUEC. Elle est encadrée par un éducateur agréé DANDREAU qui est assisté de MM. LERICHE - ETRILLARD - ESSEAU et LE MOULLEC
Si l'entraînement a commencé assez vite au mois d'août, l'effectif n'est pas au complet pour le premier match d'entraînement aux Sables, le 13 septembre. Sous un temps chaud et orageux, il est difficile de tirer les premiers enseignements. Ce match laisse des traces pour TUOT qui se fracture le cubitus et FOUCHER qui se luxe l'épaule, tous les deux en marquant un essai.
Après l'entraînement du jeudi soir, le Dr de FALLOIS a réuni les joueurs et les encadrants pour leur rappeler l'importance de l'enjeu de cette nouvelle saison.
On démarre la coupe de l'Espérance par un gros morceau, la réception du Stade Rochelais. Christian FERNANDEZ dispute son premier match en 3e ligne. Plus fort techniquement et en meilleures conditions, les maritimes n'ont aucune peine à battre un S.N.U.C en manque de cohésion par 17 à 5.
Le match à Bergerac, le 27 septembre, doit permettre de juger l'équipe dans ses déplacements. Jean-Pierre FERNANDEZ démarre au poste d'arrière et MAYSONNAVE reprend son poste de demi de mêlée. Favoris de la poule, les Bergeracois ne laissent pas le jeu se développer côté nantais et remportent une belle victoire 12 à 5.
L'équipe alignée contre le Stade Niortais à Malakoff a fière allure. Dès le coup d'envoi, les Nantais envahissent le camp niortais, mais sont malheureux dans les coups de pied. Ils sont inspirés, mais souvent en pareil cas deux contres vont faire basculer le match au profit des visiteurs 6 à 0. PIQUET, avec deux fractures des apophyses, sera éloigné des terrains pour au moins trois mois. L'infirmerie nantaise se remplit. Le Stade Niortais, ayant fait jouer des joueurs non qualifiés, perdra le gain du match et le S.N.U.C sera déclaré vainqueur.
Le déplacement à Limoges doit permettre à Raymond FABRE de composer son équipe pour le démarrage du championnat. Les Nantais développent un joli rugby surtout par leurs avants, mais techniquement et physiquement les Limougeauds sont plus forts dans les déplacements et très véloces dans leur ligne arrière. Les Nantais ne doivent pas rougir de cette nouvelle défaite 18 à 8.
Le 18 octobre, Malakoff est copieusement garni pour la réception de la VOULTE en championnat de France Fédéral. Cette équipe nous avait éliminé, en 1951, en demi-finale du championnat. Elle est entraînée par Robert CAMBERABERO dont deux de ses fils commencent à faire parler d'eux Lilian et Guy. La VOULTE développe un magnifique jeu d'attaque avec son maître à jouer le petit Guy CAMBERABERO qui occupe le poste de demi d'ouverture. Le public se réjouit des prestations des deux équipes et encourage bruyamment ses favoris. Le S.N.U.C, avec plus de chances, aurait pu prétendre à la victoire voire au match nul, mais il doit se contenter d'une défaite 8 à 0. Le championnat commence mal.
En cours de saison, le club enregistre la signature de François GRAU, 2e ou 3e ligne muté professionnellement à l'hôpital de Blain. Il arrive de l'USA Perpignan avec lequel il a été champion de France en 1952 et dont il était le capitaine. L'infirmerie ne se désemplit pas et les lignes arrières manquent d'équipiers. Pour recevoir les étudiants toulousains du T.O.E.C., Christian FERNANDEZ joue trois-quart aile. Nos SNUCistes n'ont pas à rougir de leurs prestations surtout pour le huit de devant. Par contre, notre ligne arrière n'est pas assez agressive sur les attaques toulousaines. Le résultat favorable au T.O.E.C. de 8 à 3 (pénalité de IBARRART) est normal.
Depuis 24 saisons, le S.N.U.C ne s'était jamais déplacé au Lyon O.U. Ces deux équipes sont de valeur égale avec toutefois un avantage pour Lyon qui reçoit. Pourtant, le S.N.U.C a mené une bonne partie du match grâce à un drop-goal de IBARRART. La fatigue du déplacement se fait sentir en fin de partie et Lyon finit par arracher le match nul 3 à 3.
Le bon résultat ramené de Lyon a redonné le moral à l'équipe avant d'affronter le Stade Rochelais chez eux. Si la ligne d'avants est la même que le dimanche précédant la ligne arrière est encore recomposée en fonction des blessures. Les Rochelais sont souvent acculés dans leur milieu de terrain, ce qui permet à TECHENE de passer deux beaux drop-goals. Les trois quarts sont plus rapides et crucifient le S.N.U.C, dans les ultimes minutes par un essai leur permettant de remporter le match 9 à 8.
Le 29 novembre, on est content de revenir à Malakoff après un mois en déplacement pour recevoir Souston. Les résultats des dimanches précédents doivent confirmer le retour en forme du S.N.U.C. La ligne arrière est en cours chamboulée, mais est valeureuse derrière le pack nantais dominateur. Ce travail est récompensé par un bel essai de SANS transformé par IBARRART, sur le coup d'envoi, et le S.N.U.C remporte sa première victoire en championnat 5 à 0.
Le match contre Vienne arrive à point nommé ce 6 décembre. Nos Nantais reprennent du poil de la bête, mais l'infirmerie ne désemplit pas, obligeant Raymond FABRE à prendre le poste de demi de mêlée. Le mauvais temps ne facilite pas le jeu et l'arbitre siffle le match sur un 0 à 0 ne permettant pas au S.N.U.C de sortir de la zone rouge.
On essaye de se motiver pour le difficile déplacement chez le leader Graulhet. PIQUET, après sa grave blessure, reprend sa place et un junior dispute son premier match Joël LEMAIRE en 3e ligne. Il n'y a pas de cadeau et le S.N.U.C s'incline 23 à 0.
Avant Noël, la réception de Bergerac en coupe de l'espérance se termine par une défaite 11 à 3 (drop-goal de SANS). L'intelligence du jeu et la mobilité sont du côté des visiteurs malgré la titularisation de GRAU en numéro 8 dans les avants nantais.
Le 27 décembre, pour dernier match de l'année, on se déplace à la Voulte. Malgré la bonne volonté de nos Nantais, il n'y a rien à faire contre les CAMBERABERO adeptes du jeu d'attaque. Toutefois, le S.N.U.C, malgré la défaite 17 à 8, réussit à marquer 8 points (2 essais de LEGOUX et ARMAND dont un transformé par TASTARD et une pénalité de GRAU). C'est une performance, car sur tout le championnat la Voulte n'encaissera que 25 points.
On démarre l'année 1960 par un match amical à Trignac où le S.N.U.C s'incline 6 à 3. Le 10 janvier, pour le déplacement à Niort, FABRE remanie encore ses lignes arrière. Les blessés ou malades tardent à reprendre. Sur un terrain gras causé par les pluies qui tombent abondamment depuis plusieurs semaines, Niort gagne 6 à 0.
Le 24 janvier, on se déplace chez les étudiants toulousains du T.O.E.C. TUOT, SANS et ARMAND sont toujours absents. Christian FERNANDEZ passe de 3e ligne à trois-quarts aile. Les trois quarts toulousains, plus rapides, se jouent de la défense nantaise et infligent une grosse défaite 19 à 3 (pénalité de IBARRART).
En recevant le L.O.U., le 31 janvier, c'est le maintien en première division qui est en jeu. SANS et ARMAND reviennent aux ailes. Malakoff est un peu désert, mais la partie fut très agréable avec des avants très rugueux et une attaque nantaise toujours en action. ARMAND et BEGAUD marquent chacun un essai et IBARRART y va de sa pénalité. La victoire nantaise est précieuse 9 à 3, mais est-ce suffisant pour le maintien.
Pour la réception d'Angoulême, l'équipe du S.N.U.C commence à avoir fière allure avec le retour de ses blessés. Les avants livrent encore une belle bataille. BEGAUD, derrière sa mêlée, conduit la partie de façon admirable récompensée par son essai. Le score est complété par l'essai d'ARMAND et une pénalité de IBARRART : 9 à 5.
Les deux déplacements laissent peu d'espoir de victoire. Le 14 février, Souston nous bat 13 à 0. Contrairement aux fois précédentes, ce sont les avants qui sont affaiblis par les absences dues à des blessures.
Pour le déplacement à Vienne, la commission rugby ne sait pas comment composer l'équipe, elle n'a plus de demi de mêlée. BEGAUD est blessé et MAYSONNAVE est en stage à Paris. BOURREL, un 3e ligne prend le poste. Il n'y a pas de miracle et le S.N.U.C s'incline 15 à 0.
Avant de disputer la dernière rencontre en championnat, notre vieux rival, le Stade Bordelais vient disputer un match en coupe de l'espérance, le 28 février. La partie est très agréable comme toujours avec les Bordelais. Malgré cette volonté de toujours attaquer et de faire vivre le ballon, le S.N.U.C est injustement récompensé et perd la partie 11 à 10 (essais de Ch FERNANDEZ et de LENEUF transformés par IBARRART).
Le 6 mars, le dernier match de championnat contre le leader de la poule Graulhet ne laisse plus d'espoirs. On aligne la même équipe que contre Bordeaux. Le S.N.U.C essaie de faire bonne figure en repoussant les assauts de cette belle équipe. Malgré le bel essai de TECHENE transformé par IBARRART, le S.N.U.C s'incline 11 à 5 et occupe la dernière place de sa poule, synonyme de rétrogradation en Excellence.
Le 20 mars, le S.N.U.C, privé de plusieurs titulaires, se rend à La Rochelle pour y disputer un match amical. La défaite est lourde : 36 à 0 et surtout DAUSSY est gravement blessé. Cognac. Lors du premier match chez les Charentais, le S.N.U.C ne s'incline que 11 à 10. Le match retour à Malakoff se traduit par une belle victoire du S.N.U.C 22 à 3.
La saison se termine, le 24 avril, par le match en retard de la coupe de l'espérance contre Limoges. Malgré l'essai volontaire de FRIOU, le S.N.U.C termine sa saison par une défaite 5 à 3.
Les juniors sont champions d'Anjou et sont éliminés en quart de finale par le P.U.C. 6 à 0.
Pour la première fois, l'école de rugby se déplace à Clermont-Ferrand pour disputer le Challenge Michelin, ne regroupant pas moins de 103 équipes de différents comités. Le SNUC fait bonne figure en se classant 11e dans la catégorie minime et 24e au classement général.
Le 1er mai, le stade Pascal LAPORTE est en ébullition. Le S.N.U.C organise son premier tournoi des écoles du comité. 20 équipes sont inscrites soit environ 200 jeunes vont s'affronter suivant un tableau organisé par BOUCAUD et BUFFE. Clisson gagne en benjamins devant le S.N.U.C, en minimes Trignac devant le S.N.U.C et idem pour les cadets.
Le Stade Nantais aujourd'hui
Quart-finaliste du Trophée Jean-Prat un an après s'être maintenu in-extremis, le Stade Nantais, club centenaire a franchi un cap. Sportif et structurel. Il vise désormais la montée en Pro D2 dans les quatre ans.
Ils étaient quelques centaines le 16 septembre pour la réception de Niort en lever de rideau de la saison 2017-2018. Neuf mois pour renverser le cliché : la souris a accouché... d'un éléphant, et la modestie enfanté une ambition. Les joueurs ont accéléré le processus de transformation du feu-SNUC.
Aux dirigeants d'inventer la « structuration raisonnée » (J.M. Allègre) qui doit porter le Stade Nantais en Pro-D2 à l'horizon 2022.
Révélation
La tardive prolongation de bail à la fin de la saison 2017 n'a pas sans poser des questions sur le projet 2018 du Stade Nantais. Leader surprise à la trêve, invincible dans son sanctuaire, l'équipe du trio Moison-Patte-Guilloux, connaît un hiver en pente dure (Kartvelishvili opéré), malgré l'arrivée du joker médical Pretorius.
Il faut attendre le printemps pour voir les pâturages nantais reverdir. Latuselu Vailea renaît, et le ciel qui tombe sur la tête de ses parents tongiens (la maison familiale, détruite par la tempête, est rebâtie grâce à l'élan de solidarité de ses partenaires) n'enraye pas « la machine » (12 essais). L'Argentin Négrillo signe des adieux fracassants et Belleteste (7 essais) s'impose comme un incroyable casseur de lignes.
Structuration
Le duo présidentiel Jean-Marc Allègre-Hervé Maura s'active en coulisses. Des partenariats innovants (suivi médical du CHU, encadrement scolaire, oeuvres caritatives) invitent le rugby dans la cité. Le Stade Nantais réussit à faire entendre sa petite musique dans le concert ultra-concurrentiel du sport pro nantais. Dans l'ombre, pour l'heure, de La Rochelle (Top 14) et Vannes (Pro D2), deux modèles assumés.
Le patient ligérien s'appuiera sur son ADN : « la formation, martèle le manager Pierric Moison, à nous de trouver l'alchimie avec des cadres en proportion raisonnable. » L'identité de la maison est aussi celle du jeu. « On a conjugué résultats et manière (2,5 essais/match). On a une éthique, une âme.
Lendemains chantant
À condition, résume le manager, de réaliser « la symbiose des forces sportives, économiques, populaires, politiques », le Stade trouvera durablement sa légitimité. « On mesure le travail accompli, mais aussi celui qu'il reste à faire. Quatre signatures ciblées (Kerdrain, Taulanga, Thouchkaieff, Tsukhishvili) et la prolongation actée de 80 % de l'effectif actuel, accusent réception du message.
Ce casting s'inscrit dans le cadre d'une montée en puissance (budget porté de 1,48 à 1,7 M €) fixant le professionnalisme dans 4 ans. Le retour à 4 poules de Fédérale 1 homogènes (les deux finalistes promus en Pro-D2) rebat les cartes.

Le rugby en Pays de la Loire
Bien que les Pays de la Loire ne soient pas traditionnellement une terre de rugby, la région possède quelques belles histoires et un nombre respectable de clubs. En 2015, la région comptait 11 821 licenciés et 53 clubs de rugby.
Aujourd'hui, un seul club de la région évolue en Fédérale 1, c'est le Saint-Nazaire Rugby. Le Stade nantais (SNUC) joue en Fédérale 2, et au niveau en dessous, deux clubs de la région jouent en Fédérale 3 : Trignac et La Roche-sur-Yon.
Le club de Saint-Nazaire évolue en Fédérale 1, c'est le troisième échelon du rugby français, et le meilleur niveau en Pays de la Loire. Un club bien ancré à l'Ouest, mais qui doit énormément aux hommes du sud de la France. C'est avec un homme venu de Béziers que le club né. Pierre Moureu, ancien joueur de Béziers, 17 fois international français avant la Première guerre mondiale, une référence comme entraîneur.
Il arrive à Saint-Nazaire en 1932, où il pose ses valises et achète l'Hotel Terminus près de la gare. Le rugbyman transforme le club et en fait l'un des plus redoutés de l'Ouest de la France. Après la Seconde guerre mondiale, ce sont les Basques, les Béarnais et les Bigourdans qui débarquent en force au Saint-Nazaire Rugby (SNR). Ils s'appellent Moulère, Escoulan et Thuo et sont maçons, peintres et commerçants.
Et viennent à Saint-Nazaire pour reconstruire la ville après les bombardements. La semaine, ils travaillent sur les chantiers et le dimanche, ils se retrouvent au stade autour du ballon ovale. Grâce à eux, l'école de rugby du SNR voit le jour à la fin des années 1950.
Aujourd'hui, l'école de rugby accueille 170 enfants, une véritable pépinière. D'ailleurs, plusieurs anciens évoluent désormais dans le championnat du Top 14, l'élite du rugby français. Parmi eux : Cédate Gomez au Racing Métro et Thomas Borde à Oyonnax. Et le président actuel, Jean-Luc Mérino est un Nazarien de coeur, mais un Tarbais d'origine !
| Club | Division |
|---|---|
| Saint-Nazaire Rugby | Fédérale 1 |
| Stade Nantais (SNUC) | Fédérale 2 |
| Trignac | Fédérale 3 |
| La Roche-sur-Yon | Fédérale 3 |