Avec plus de quatre millions de licenciés, le football occupe une place centrale en Italie et traverse toutes les classes sociales. Il peut autant unir les Italiens que révéler leurs divisions. Par ailleurs, son évolution accompagne celle du pays et met en lumière les grandes problématiques de la société italienne. Le football est un thème central et doit être absolument maîtrisé en vue des concours.
Le football s’est rapidement enraciné dans les grandes villes italiennes dès la fin du XIXe siècle. Le calcio devient un moyen de cohésion et de rencontre à une époque où l’Italie venait tout fraîchement d’être unifiée. Les victoires de la Squadra azzurra (l’équipe d’Italie) lors des Coupes du Monde de 1934 et 1938 renforcent la cohésion du peuple italien. Le football a longtemps contribué à construire et à maintenir un sentiment national en Italie.
En Italie, être tifoso d’une équipe est presque une appartenance identitaire. La rivalité entre le Nord et le Sud se retrouve sur et en dehors du terrain lorsque s’affrontent la Juventus et Naples. Dès sa création en 1899, l’AC Milan attire les classes populaires : artisans, immigrés venus du Sud… Les couleurs rouge et noir du club symbolisent la combativité de ces classes modestes. La scission en 1908 entre dirigeants de l’AC Milan entraîne la création de l’Inter Milan, un club plus bourgeois et plus international.
Le football est omniprésent dans la culture italienne. Les journaux sportifs comme il Corriere dello Sport rencontrent dès leur début un succès incomparable. Le cinéma italien s’empare lui aussi du football. Le football italien reflète aussi les transformations du Bel Paese face à la mondialisation. Par exemple, le football italien a récemment connu des affaires de racisme. Le gardien français de l’AC Milan, Mike Maignan, avait dénoncé sur Instagram les insultes racistes qu’il avait reçues lors d’un match en 2024.
Le football a permis à l’Italie de rayonner à l’international. De grands clubs, comme l’AC ou l’Inter Milan, la Juventus, la Lazio ou encore Napoli, ont fait rayonner le championnat italien (la Seria A) sur la scène internationale et en ont fait un des championnats les plus exigeants. Concernant son équipe nationale, la Squadra azzurra a fait rayonner l’Italie en gagnant quatre Coupes du Monde au cours de son histoire. La sélection italienne est ainsi une des trois sélections qui comptent le plus grand nombre de victoires en coupe du monde. Dans cette perspective, le football est devenu un outil de soft power pour l’Italie.
Le Football sous le Fascisme: Un Instrument de Propagande
Benito Mussolini comprend très tôt la puissance symbolique que peut avoir le football : rassembler les citoyens et exalter la virilité. Les victoires de l’équipe d’Italie lors des Coupes du Monde de 1934 et de 1938 sont mises en scène comme des triomphes du régime. Les clubs italiens sont placés sous le contrôle d’hommes proches du régime.
Scandales et Crises: Une Histoire Récurrente
Le football italien a été marqué par une série de scandales et de crises. Le football joue un rôle central dans l’identité italienne. Il a rassemblé les Italiens autour d’une équipe commune (La Squadra azzurra), mais il a été aussi révélateur des divisions et des tensions connues par le pays.
Au tournant des années 1970-1980 éclate le scandale du Totonero (matchs truqués) et les Azzurris remportent le Mondial 1982 en Espagne. Bis repetita quatorze ans plus tard. Cette fois, c'est l'affaire du Calciopoli (arbitres corrompus) qui secoue le foot transalpin. L'Italie se présente au Mondial allemand dans les pires conditions.
Cette année, c'est pire encore. Un énorme chat noir suit la Nazionale pas à pas. Car si le Totonero et le Calciopoli ont été des traumatismes, l'affaire du Calcioscommesse (matchs arrangés entre joueurs au profit de riches parieurs chinois) est un cauchemar sans fin. C'est bon signe.
Chaque jour apporte son lot de révélations et la course est déjà engagée entre les parquets qui enquêtent, la justice sportive qui sanctionne et les joueurs du nouvel entraîneur, Cesare Prandelli, qui serrent les fesses en espérant de pas finir à leur tour dans la liste des mis en examen.
Les Italiens sont réputés pour savoir se ressaisir d'un bloc au moment des grandes catastrophes et des grands défis. Les hommes de Prandelli sont servis, ils ont les deux à la fois.
Un scandale secoue le football italien. 5 personnes ont été placées en assignation à résidence dans le cadre de l’opération « Penalty », menée par la Guardia di Finanza (la police financière italienne) et les Carabiniers à Reggio de Calabre. Au centre de l’affaire : Luigi Catanoso, un arbitre de Primavera et de Serie C, accusé d’avoir corrompu plusieurs collègues avec des sommes allant jusqu’à 10 000 € pour manipuler les résultats de matchs et favoriser des paris truqués sur le nombre de buts.
Selon le procureur Giuseppe Borrelli, le réseau reposait sur un système de corruption bien organisé, soutenu par deux entrepreneurs toscans propriétaires d’un bureau de paris à Sesto Fiorentino, déjà arrêtés. Aucun joueur ne serait directement impliqué, mais les arbitres corrompus auraient distribué des pénaltys et cartons rouges injustifiés pour influencer les résultats d’après la Gazzetta dello Sport. Le parquet estime que Catanoso projetait d’étendre ses activités aux divisions professionnelles, après avoir déjà manipulé des matchs chez les jeunes.
L'Affaire des Paris Sportifs Illégaux: Un Nouveau Coup de Tonnerre
Imaginez qu’en plein rassemblement de l’équipe de France, la police déboule à Clairefontaine et demande à interroger, par exemple, Adrien Rabiot et Benjamin Pavard. L’équivalent est arrivé la semaine dernière en Italie. Alors que la Nazionale préparait une série de matchs qualificatifs et délicats pour l’Euro 2024, la Guardia di Finanza a débarqué au centre d’entraînement de l’équipe. Et deux stars, Sandro Tonali et Nicolo Zaniolo, ont dû quitter le groupe et laisser leurs téléphones portables à la police. Ils sont accusés d’avoir parié sur des matchs sur des sites clandestins. Mais pour la justice civile, leur cas est secondaire. Dans ce dossier ouvert de longue date, les enquêteurs cherchent surtout à mettre la main sur de gros bonnets de la Mafia.
Au plan sportif, l’affaire est sérieuse. Ils risquent trois ans de suspension. Les deux joueurs évoluent aujourd’hui en Angleterre mais ils étaient jusqu’à l’année dernière au Milan AC et à l’AS Rome.
À l'origine du scandale, un paparazzo qui alimente les réseaux sociaux en révélations plus ou moins fiables. Un homme peu recommandable, très bien introduit dans le milieu du foot et qui a fait quelques tours en prison. On se demande combien de noms vont émerger au fil des semaines...
Le premier qui soit sorti, c’est celui d’un joueur de la Juventus de Turin, Nicolo Fagioli. Il a reconnu les faits et sa collaboration avec la justice va lui permettre de voir sa peine de suspension réduite. On prend le même chemin pour Sandro Tonali, l’un des deux joueurs de l’équipe d’Italie.
La question qui vient à l’esprit est la suivante : que diable des joueurs qui gagnent des centaines de milliers d’euros vont-ils faire sur des sites de paris sportifs ? La réponse, c’est la dépendance aux jeux, "ludopatia" en italien. Fagioli a reconnu devant la justice avoir eu jusqu’à près de trois millions d’euros de dettes. Une fédération d’associations spécialisée dans l’action sociale alerte sur l’explosion de la pratique des jeux de hasard chez les jeunes. Elle prend l’exemple de l’année 2021 : près d’1,4 million de nouveaux comptes ont été ouverts par les 18-24 ans, selon cette fédération. Les pros du foot cumulent les facteurs de risque : jeunes, garçons, avec une éducation à la gestion de l’argent très lacunaire...
Un spécialiste du sujet, qui prend en charge l’un des footballeurs, rappelle dans la presse que les scientifiques placent la dépendance aux jeux de hasard dans la même catégorie que la drogue.
En pleine qualification pour l'Euro 2024, l'équipe d'Italie fait face à un scandale : deux joueurs sont suspendus en raison de paris sportifs sur des plateformes illégales alors même que le pari sportif est interdit en Italie pour les joueurs professionnels. Sandro Tonali, 24 ans, a reconnu souffrir d'une addiction au jeu. Un autre joueur, Nicolo Fagioli, a déclaré avoir accumulé une dette de 3 millions d'euros en raison des paris sportifs. Le sujet des paris sportifs est particulièrement sensible en Italie.
A la fin de la saison 1979-1980, le Milan AC et la Lazio Roma avaient été relegués en série B à cause de joueurs qui s'adonnaient aux paris sportifs, y compris sur leurs propres matchs, ce qui pose des questions de conflits d'intérêt évidents. Depuis, la pratique du pari sportif est interdite pour les footballeurs professionnels. En août 2023, la Fédération italienne de football a ouvert une procédure contre Nicolo Fagioli, 22 ans et sélectionné une fois en équipe nationale.
Alors que l'Italie joue actuellement sa qualification pour l'Euro 2024, c'est un nouveau scandale qui éclate. Deux joueurs sélectionnés, Tonali et Zaniolo, ont été entendus cette semaine par la police dans le cadre d'une enquête sur des paris sporifs illicites; l'un d'eux aurait même parié sur les matchs de la Nazionale.
Sandro Tonali, acheté cet été par le club de Newcastle pour 70 millions d'euros, a reconnu souffrir d'une addiction au jeu. Si l'on pourrait s'étonner que des sportifs professionnels risquent leur fortune au jeu, l'histoire est pleine d'exemples d'athlètes de haut niveau adeptes de jeux de hasard et d'argent. Les millions dépensés par le footballeur Neymar ou le basketteur Michaël Jordan dans les casinos sont de notoriété publique, Neymar jouant même à des sessions de casino en ligne diffusées en live sur la plateforme Twitch.
Pour le Dr Lorenzo Castelli, psychologue interviewé par La Gazzetta dello Sport, ce n'est pas étonnant : il relève que les sportifs professionnels sont souvent malheureux lorsque les projecteurs s'éteignent, qu'ils ont beaucoup de temps libre, sont souvent seuls, n'aiment pas la défaite et sont à la recherche d'adrénaline.
Nicolò Zaniolo et Sandro Tonali, interrogés par des enquêteurs au sujet de paris potentiellement illicites, ont été contraints de quitter le rassemblement de l’équipe d’Italie, en marge des éliminatoires pour l’Euro 2024. Nicolò Fagioli, grand espoir de la Juventus Turin, fait lui aussi l’objet d’une enquête.
Chaque référence aux paris sportifs illicites évoque les mêmes souvenirs pour les fans de football italien. Du Totonero, scandale de paris illicites ayant éclaté en 1980, au Calciopoli, et ses forts soupçons de corruption arbitrale ayant entraîné de lourdes condamnations en première instance à de grandes écuries transalpines, le Calcio (football) italien a très souvent été ébranlé par les affaires extra-sportives.
Tout est parti d’une information émanant du lanceur d’alertes italien Fabrizio Corona - à ne pas confondre avec le journaliste italien Fabrizio Romano, spécialisé dans les questions de transferts - le 2 août dernier. Cet ex-paparazzi, à la réputation sulfureuse, affirme alors que le grand espoir de la Juventus Turin Nicolò Fagioli (22 ans), possède « une dette de jeu de plus d’un million d’euros », sur son réseau Telegram, ainsi qu’une addiction aux paris.
L’article 24 du code de la justice sportive de la fédération italienne (FIGC) proscrit à un joueur professionnel de parier sur le football. Dans le même temps, La Repubblica affirme que les enquêteurs ont trouvé des discussions avec d’autres joueurs au sujet de paris, et avance que plusieurs dizaines d’autres joueurs seraient concernées par le scandale.
Alors que le quotidien italien évoque l’implication d’un autre joueur de la Juve, Fabrizio Corona dégaine deux nouveaux noms : les internationaux Nicolo Zaniolo (24 ans) et Sandro Tonali (23 ans), 15 sélections chacun avec la Nazionale.
Ce jeudi 12 octobre, en fin de journée, des enquêteurs missionnés par le parquet du Turin débarquent alors à Coverciano, équivalent du Clairefontaine italien, pour y interroger les deux joueurs pendant deux heures. À l’issue de l’interrogatoire, la FIGC indique que Zaniolo et Tonali quittent le rassemblement, n’étant pas « en état de faire face aux engagements des prochains jours ».
Pour le moment, rien n’indique que les joueurs concernés aient bien misé sur du football. Les membres de la sélection italienne ont fait corps avec leurs « deux champions », comme a qualifié le sélectionneur Luciano Spalletti.
« Toute l’équipe est proche de Tonali et de Zaniolo, s’est-il exprimé au micro de Sky Sports . Nous en sommes vraiment désolés. Le risque est de tomber dans ces tentations, il faut s’efforcer de trouver un moyen de leur faire comprendre les dangers qu’ils courent. […] Mais la justice doit faire son travail. Capitaine lors du dernier match contre l’Ukraine, Gianluigi Donnarumma évoque des « heures difficiles » pour la Nazionale.
« Nous sommes proches de Zaniolo et de Tonali d’un point de vue humain et sportif, a-t-il déclaré, lui aussi à Sky Sports. D’après le Corriere della Serra , les proches de Sandro Tonali lui auraient soumis l’idée de suivre une thérapie pour combattre sa dépendance au jeu, ce que le joueur aurait accepté.
Calciopoli: Le Scandale des Arbitres Corrompus
L'affaire Calciopoli est un scandale sportif secouant en 2006 le football professionnel italien (première et deuxième division) et impliquant divers clubs professionnels et de nombreux managers, tant des mêmes clubs que des principales instances du football italien (AIA , FIGC et LNP), ainsi que des arbitres et assistants.
La justice sportive a condamné les clubs de la Fiorentina, la Juventus, la Lazio et le Milan AC, en premier lieu, puis Arezzo et Reggina à la suite d'autres enquêtes. Au printemps 2006, peu avant le mondial en Allemagne, le scandale éclate à la suite de la publication dans la presse italienne (La Gazzetta dello Sport et Il Corriere della Sera) de comptes rendus d'écoutes téléphoniques ordonnés par la justice deux ans plus tôt.
Le public prend connaissance des conversations de Luciano Moggi, directeur général de la Juventus, et Pierluigi Pairetto, ancien arbitre, chargé par la fédération italienne de football de sélectionner les arbitres pour les rencontres de championnat entre 1999 et 2005. En septembre 2005, le parquet de Turin avait dans un premier temps classé l'affaire, les écoutes téléphoniques ne permettant pas d'établir de corruption ou d'achat de match.
À la suite des publications des conversations téléphoniques, la commission disciplinaire du football italien est saisie du dossier. Le scandale implique plusieurs clubs évoluant dans le championnat d'Italie de football : la Juventus FC, le Milan AC, la SS Lazio (du président Claudio Lotito), la Fiorentina (du président Diego Della Valle) et la Reggina (en Série B).
Les arbitres concernés et mis en accusation sont Massimo De Santis, Paolo Dondarini, Paolo Bertini, Domenico Messina, Gianluca Rocchi, Paolo Tagliavento et Pasquale Rodomonti. Les douze membres du Conseil d'administration de la Juventus, dont faisait partie Moggi ou encore l'administrateur délégué Antonio Giraudo, démissionnent le 11 mai 2006.
Le 14 juillet 2006, le tribunal sportif rend sa décision. La Juventus est déchue des titres acquis dans le Calcio lors des saisons 2004-2005 et 2005-2006 et ne pourra prendre part à l'édition 2006-2007 de la Ligue des champions. Elle est rétrogradée en Série B (2e division) avec 30 points de pénalité où elle retrouvera la Fiorentina et la Lazio reléguées avec respectivement 12, et 7 points de pénalité.
Les clubs italiens font appel. Ils mettent en avant le manque de témoignages les concernant. Le 25 juillet, contrairement à ce que demandait le procureur Stefano Palazzi qui souhaitait une aggravation des peines, la cour fédérale d'appel de la justice sportive les revoie à la baisse. La Juventus est finalement le seul club relégué et le Milan AC, pénalisé de 8 points, passe de la deuxième à la quatrième place et participera au tour préliminaire de la Ligue des champions.
Le 27 octobre 2006, suite de la décision de la Cour arbitrale du Comité national olympique italien, les clubs condamnés voient leurs pénalités réduites de façon importante, ainsi la Juventus passe de 17 à 9 points de retard, la Fiorentina de 19 à 15 et la Lazio de 11 à 3.
En 2011, le procureur Stefano Palazzi fait enfin son réquisitoire incriminant lourdement le club lombard (bénéficiaire du titre 2005/2006 "sur tapis vert"), malheureusement son réquisitoire tombe exactement un jour après que la date de prescription soit officiellement tombée.
En 1980, le Milan AC s'était vu rétrogradé en division inférieure pour avoir truqué un match avec la SS Lazio afin de lui éviter la relégation.

Coupe du Monde 2002 : Le plus gros scandale de l'histoire du football
Tableau Récapitulatif des Sanctions du Calciopoli
| Club | Sanction Initiale | Sanction Après Appel |
|---|---|---|
| Juventus | Relégation en Serie B avec -30 points, Déchéance des titres 2004-2005 et 2005-2006 | Relégation en Serie B avec -9 points, Déchéance des titres 2004-2005 et 2005-2006 |
| Milan AC | -15 points | -8 points, Participation au tour préliminaire de la Ligue des Champions |
| Fiorentina | Relégation en Serie B avec -12 points | Maintien en Serie A avec -15 points |
| Lazio | Relégation en Serie B avec -7 points | Maintien en Serie A avec -3 points |