Le handball français a une histoire riche et passionnante, marquée par des générations de joueurs talentueux et des succès retentissants. Des "Bronzés" aux "Experts", en passant par les "Barjots" et les "Costauds", l'équipe de France a su se forger une identité unique et un palmarès exceptionnel. Cet article retrace l'épopée des Invincibles, ces handballeurs qui ont dominé la scène internationale et inspiré des générations de jeunes joueurs.

L'équipe de France de handball en action.
Les Pionniers et l'Émergence d'une Nation Handball
En France, le handball a longtemps cultivé l’image d’un sport amateur, particulièrement populaire dans les cours d’école. C’est dans ce contexte que Daniel Costantini prend les commandes de l’équipe de France en 1985. Dans le monde, la France pointe alors à la 19e place et évolue dans Mondial C (3e échelon international). Personne ne prend garde au discours ambitieux de cet ancien international (10 sélections) et surtout personne ne se bouscule pour lui envier son poste. Dix ans plus tard, le décor a changé et l’exigence du Marseillais a convaincu et rencontré le succès.
Avec Richardson, le handball français avait gagné sa première médaille internationale, du bronze aux Jeux olympiques de 1992. Alors, était née cette équipe, avec son tout premier surnom : « Les Bronzés » ! L'équipe de France a connu son premier sacre mondial en 1995. Ce titre a marqué le début d'une ère de succès pour le handball français, avec l'émergence de joueurs emblématiques qui ont marqué l'histoire de ce sport.
L’année suivant les jeux de Barcelone, la France dispute les Mondiaux en Suède et parvient à se hisser en finale. Elle se fait sévèrement corriger par la Russie en finale (19-28). Les hommes de Costantini marquent le pas et mesurent tout le chemin qui les sépare encore d’un titre.
En 1995, c’est un nouveau championnat du monde que disputent les Bleus. En Islande, l’équipe de France ne se loupe pas et obtient son premier sacre mondial face à la Croatie (23-19). Volle, Lathoud & Co se réveillent alors, font de nouveau parler la poudre et exhibent des coupes de cheveux étonnantes lors de la Marseillaise.
Les "Costauds" et l'Ère Onesta
En 2001, les Bleus décrochent un second titre mondial, qui plus est à domicile. Un sacre qui clôture l’ère Costantini qui va passer la main à Claude Onesta. Un journaliste interroge alors le sélectionneur en lui demandant de définir son équipe : « Costauds » lâchera-t-il. Les « Costauds », qui succèdent aux « Bronzés » et aux « Barjots », poursuivent leur œuvre après un Euro 2002 sans saveur où ils restent aux portes des demi-finales .
Fort heureusement, en 2003 lors du Mondial au Portugal, ses hommes s’invitent dans le dernier carré mais s’inclinent de peu face aux Allemands (23-22). Les « Costauds » fidèles à leur surnom décrochent le bronze face aux solides Espagnols (27-22). Le Mondial en Tunisie (2005) commence très mal (défaite contre la Grèce et match nul contre le pays hôte). Onesta, sous pression après ce départ catastrophique, sauve son poste de sélectionneur à la faveur d’une victoire contre le Danemark. Revigorés, les « Costauds » finiront le tournoi avec la médaille de bronze autour du cou.
Les « Costauds » perdent Jackson Richardson (retrait) à l’issue de ce Mondial et s’avancent dans l’inconnu. Sans le meilleur joueur tricolore du siècle, l’Euro 2006 s’annonce rude. Il va au contraire consacrer une nouvelle génération qui s’inscrit dans la droite lignée des glorieux aînés et va même les dépasser en s’imposant pour la première fois dans un championnat d’Europe. En disposant des champions du monde en titre espagnols en finale, le handball tricolore trône enfin au sommet du Vieux Continent, là où il est si difficile de s’imposer.
Le Mondial 2007 est moins abouti. La demi-finale complètement folle face à l’Allemagne (32-31, deux prolongations et une décision arbitrale litigieuse) laisse des traces et des frustrations dans les esprits.
Claude Onesta devient sélectionneur en 2001. Claude Onesta, le verbe haut perché, n’hésite pas à élever la voix quand la situation le nécessite. Il a su gérer de fortes personnalités devenues des icônes du sport français et international comme Nikola Karabatic en les intégrant dans un collectif performant. La preuve : sur 17 tournois disputés, 11 ont abouti à une médaille. Le sélectionneur a placé la barre très haut.
L'Ère des Invincibles : Domination et Triplés Historiques
Les Français se sont installés au sommet de l'histoire du handball en remportant le championnat d'Europe dans la foulée des Jeux olympiques et du Mondial : un triplé jamais réalisé, au terme d'une finale gagnée avec brio 25 à 21 contre la Croatie, hier, à Vienne. Historique ! Les Bleus ont réalisé le triplé JO - Mondial - Euro en remportant la finale du championnat d'Europe, hier, face à la Croatie.
Ce titre, le deuxième dans un Euro après 2006 et le sixième en quinze ans dans une compétition majeure, conforte la place éminente que tiennent les handballeurs dans la légende du sport français, aux côtés des footballeurs champions du monde et d'Europe en 1998 et 2000. Il offre une énième consécration à la génération exceptionnelle des Karabatic, Omeyer, Guigou, Fernandez, Dinart, Narcisse, Gille et Abalo, des joueurs couverts de tous les titres dont peut rêver un handballeur, en sélection comme en club, mais apparemment jamais rassasiés.
Thierry Omeyer, un des grands artisans du succès, a réagi : «On réalise ce fameux triplé dont on ne voulait pas trop parler pour rester concentrés sur notre sujet. Mais maintenant c'est fait, on marque l'histoire».
Les Experts : Une Génération Dorée
Quand il débarque chez les « Costauds », il a la redoutable tâche de faire oublier son prédécesseur Bruno Martini. L’Alsacien va se montrer à la hauteur du défi. Dès son premier tournoi en tant que titulaire, au championnat du monde 2001, il s’impose comme un rempart infranchissable en arrêtant 6 tirs en finale. Avec son club de Montpellier, il remporte absolument tous les titres dont la Ligue des Champions. L’Allemagne, le pays du handball, ne s’y trompe pas et attire le portier tricolore dans ses filets. Les Bleus bénéficient alors de l’expérience emmagasinée outre-Rhin. A Pékin en 2008 en finale des Jeux, il écoeure les artilleurs islandais qui voient 19 de leurs 39 tirs stoppés net. Omeyer aime décidément les grands événements. En 2009, en finale face à la Croatie, dans une salle incandescente entièrement acquise à la cause des locaux, il douche les espoirs de tout un peuple en arrêtant un tiers des tirs des coéquipiers de Balic.
Cette fois ce sont les journalistes qui se sont chargés de trouver un surnom aux joueurs de l’équipe de France. Et c’est Olivier Bischoff, directeur général de l’agence Carat Sport, qui a touché le gros lot : « Ils sont rigoureux, disciplinés, travailleurs, on a donc rebondi de manière opportune sur la série télévisée des « Experts ». C’était aussi d’une certaine manière en opposition aux inconstants et indisciplinés Barjots ».
Emmenée par le capitaine Olivier Girault qui prend sa retraite à l'issue de la compétition pour entraîner le Paris Handball, l'équipe de France est désignée favorite du tournoi olympique. Pour ces Jeux, les joueurs se sont donné comme surnom « Les Experts », en référence à la série télévisée du même nom.
Cette équipe décroche en 2008 face à l’Islande (28-23) sa première médaille olympique. Une séquence spectaculaire s’ouvre ensuite pour les Bleus, qu’aucune autre nation n’avait jamais fait : ils remportent le Mondial en 2009 et l’Euro en 2010, devenant la première équipe à détenir les trois grands titres simultanément. En remportant de nouveau le Mondial l’année suivante, les Experts deviennent la première équipe de handball de l’histoire à rafler quatre grandes compétitions d’affilée.
Cette cascade de victoires s’interrompt en 2012 avec un accident de parcours à l’Euro, mais les « Experts » trouvent encore le moyen d’entrer un peu plus dans la légende en décrochant la même année un nouveau titre olympique à Londres, devenant la première équipe de handball masculin à conserver son titre olympique !
Depuis lors, les Experts ont raté leur Mondial en 2013 mais remporté l’Euro en 2014, puis de nouveau le Mondial en 2015, date à laquelle ils ont de nouveau détenu les trois titres simultanément. S’ils ne peuvent plus s’en targuer depuis février dernier (ils ont terminé 5e de l’Euro), nul doute que les « Experts » vont attaquer les JO de Rio, avec une faim de loup. Avec 7 médailles d’or glanées en 10 compétitions internationales, ces Bleus là ont d’ailleurs la particularité d’avoir toujours « raté » l’Euro lors des années olympiques… pour mieux monter sur le toit du monde quelques mois plus tard.
Les médias les ont surnommés les experts, les invincibles… L’équipe de France Handball nous avait habitué à la victoire, à la réussite et à la gloire ; ils nous avaient fait oublier la défaite !!
MEILLEURS MOMENTS DU HANDBALL FRANÇAIS
Championnat du monde 2011 : Une victoire de plus au Palmarès
Après un titre olympique en 2008, un sacre planétaire en 2009 et un triomphe européen en 2010, les handballeurs français ont remis le couvert à la table des championnats du monde 2011. Mais comme en demi-finale, les couleurs adverses dominaient l'Arena de Malmö (extrême sud de la Suède) : le rouge et le blanc du Danemark, seulement distant d'une quinzaine de kilomètres de son voisin. Le bleu de quelques centaines de supporteurs parsemait toutefois cette enceinte transformée en chaudron durant les soixante-dix minutes de cette finale.

L'équipe de France de handball championne du monde en 2011.
Comme depuis le début de la compétition, la France a fait de la Suède son nouveau cocon. Menant de trois unités (15-12), les Tricolores peuvent être sereins. Nikola Karabatic, Jérôme Fernandez, Xavier Barachet et Mickaël Guigou, tous triples buteurs, permettent à la France de prendre l'avantage à la pause.
Moins imperméables en défense lors de la seconde période, les Bleus s'en remettent à Nikola Karabatic, véritable bourreau pour le gardien danois. Lors de cette finale, le meilleur joueur du tournoi (désigné «MVP» dimanche), a confirmé son statut de meilleur joueur de la planète avec ses neuf buts revigorants.
A dix secondes du terme, alors que l'atmosphère de l'Arena de Malmö est devenue irrespirable, la France mène d'un but et croît alors au paradis. C'est sans compter sur une égalisation de Spellerberg, sur le coup de sifflet final.
A la 64e minute, le Danemark passe même pour la première fois en tête au tableau d'affichage. Mais Thierry Omeyer, auteur de deux parades décisives, retrouve de sa superbe dans les cages. La libération vient de Jérôme Fernandez, par deux fois, et de Mickaël Guigou, pour le dernier des 37 buts français. Le clan français peut alors exploser de joie : le score final est de 37-35 en faveur des «Experts», maîtres du suspens.
Grâce à cette victoire, les Bleus conservent leur couronne conquise en terre croate il y a deux ans et décrochent leur quatrième titre planétaire, rejoignant la Suède et la Roumanie dans les livres de record. Il n'est pourtant pas insensé de dire que ces «Experts», successeurs des «Barjots» et des «Costauds», constituent la meilleure équipe de l'histoire du handball. Monopolisant les titres de meilleur joueur du tournoi (Nikola Karabatic), de meilleur gardien (Thierry Omeyer) et de meilleur pivot (Bertrand Gille), les Bleus ont tout écrasé sur leur passage.
La Relève : Les Jeunes Pousses et l'Avenir du Handball Français
En montant en puissance tout au long de l'Euro pour finir par pulvériser le pays hôte et tenant du titre chez lui (41-32), les Bleus ont retrouvé le niveau qui leur avait permis de dominer le monde de 2008 à 2011. Alors que les « Experts » s’apprêtent à aller défendre leur titre à Rio, Le Parisien propose un voyage dans le temps aux racines du succès du handball français. Depuis les Tricolores ont su inscrire leur pays sur la carte du hand international au point d’en faire LA référence loin devant des places fortes habituelles (Suède, Allemagne…). Quintuple champion du monde, double champion olympique et triple champion d’Europe, l’équipe de France collectionne les titres et s’est vue attribuée différentes étiquettes au fil de ses exploits. Les « Bronzés » ont cédé la place aux « Barjots » avant de devenir les « Experts ».
« Nous sommes la première génération de jeunes handballeurs français à remporter un titre européen », jubile le pivot de l'US Ivry, Sacha Bouchillou. Les glorieux aînés, les Invincibles, n'ont pas tardé à réagir. « Champions d'Europe ! Félicitations les jeunes ! » a twitté Nikola Karabatic. « Bravo ! Nos petits Bleus sont devenus grands », a renchéri Daniel Narcisse. Derrière eux, il y a des gamins prêts à prendre la relève. A l'image de Benoit Kounkoud, qui arrive de la Réunion pour intégrer le centre de formation du PSG.
Entre deux larmes, cet héritier serre fort sa médaille : « Notre devoir est de rester tous copains pour continuer à faire vivre cette équipe pour les générations futures. Et bientôt, arrivera Melvyn (20 ans, aujourd’hui !) : le fils de Jackson Richardson, la star des années 1990 !
Palmarès de l'Équipe de France de Handball
Voici un tableau récapitulatif des titres majeurs remportés par l'équipe de France de handball :
| Compétition | Années de victoire |
|---|---|
| Championnat du Monde | 1995, 2001, 2009, 2011, 2015, 2017 |
| Championnat d'Europe | 2006, 2010, 2014 |
| Jeux Olympiques | 2008, 2012 |
L'histoire de l'équipe de France de handball est une saga de passion, de talent et de succès. Des "Bronzés" aux "Experts", en passant par les "Barjots" et les "Costauds", les handballeurs français ont marqué l'histoire de ce sport et continuent d'inspirer des générations de jeunes joueurs.