Dans l’univers du rugby ariégeois, Saint-Girons, Lavelanet, Pamiers et Foix incarnent le carré d’As du département qui naguère s’était illustré au sein du plus haut niveau national. Aux portes de Toulouse et du Lauragais, il y a un club qui a également donné des couleurs, du relief à l’ovale ariégeoise c’est celui de l’union athlétique saverdunoise.
Le rugby à Saverdun, c’est toute une histoire. Et quelle histoire, plus que centenaire, dont les premières passes remonteraient à 1908. La pratique du rugby à Saverdun remonte à 1908 même si d’autres sources font penser qu’elle est plus ancienne et qu’on peut remonter aux dernières années du siècle précédent (1898).
Comme beaucoup de clubs, la 1ère guerre mondiale empêcha le développement du rugby et il fallut la fin des hostilités pour voir la balle ovale repartir sous la dénomination USS : Union Sportive Saverdinoise.
Mais le décès d’un joueur (complication suite à un plaquage) en 1929 pousse le bureau et le président de l’époque (Docteur Durin) à démissionner devant le chagrin d’une ville et de la famille de la victime. Pendant 2 saisons, il n’y a plus de rugby dans la commune.
En 1931 le rugby repart à Saverdun… Mais en cachette. Et ce n’est que l’année suivante (1932) que l’Union Athlétique Saverdunoise (UAS) voit le jour. Le choix d’une nouvelle appellation est lié à la crainte qu’il y a des poursuites suite au décès du joueur en 1929 si l’USS devait renaître de ces cendres.
Ancien joueur de l’entre deux guerres, Paul Fines en a fondé l’école de rugby avant d’en devenir le président après la libération. L’ex trois quart centre a été aussi à l’initiative de la création du terrain de rugby. Rien d’étonnant à ce que le stade porte ainsi le nom de cet illustre pionnier des Rouge et Noir.
Parmi les grandes dates de l'Union athlétique saverdunoise, il y a la création du club en 1908, sous le nom de l'US saverdunoise, association qui a légitimé une pratique locale de l'ovale qui daterait de 1898. Il y a aussi, cinquante ans plus tard, en 1958, la création de l'école de rugby, par un directeur d'école passé à la postérité, M. Paul Fines. Création presque fortuite, fruit d'une discussion avec un professeur de gymnastique couserannais, M. Roger Fonfréde. Ces deux amoureux du sport roi ont eu la volonté de faire se rencontrer deux équipes scolaires, de Saint-Girons et de Saverdun, puis de faire jouer les jeunes dans le cadre des clubs locaux, l'UAS et l'Eglantine, concurrente, aujourd'hui disparue, du Sporting à Saint-Girons.
Certes, les rouge et noir de la Basse Ariège n’ont jamais connu la joie de la révolue première division de l’époque. En revanche, le club qui a guidé les premiers pas d’Aldo Quaglio et Fabien Pelous peut se flatter d’être la structure la plus titrée du département.
Montant une par une les marches des Séries Régionales, Saverdun remporte un 1er titre de Champion de France de 3ème Division en 1969 contre Monein (12 à 8.). Retombé par la suite en Série Régionale, Saverdun devient, en 1984, Champion de France Honneur en dominant St Vallier (Drôme-Ardèche) 15 à 14 en Finale. Ce titre et sa dynamique va permettre à Saverdun de s’installer durablement en 3ème Division et de remporter au passage 3 titre de Champion de France d’Excellence B (équipe 2) 3 années de suite (de 1985 à 1987).
« Entre 1969 et 2014, nous comptons un total de huit titres nationaux dont deux avec l’équipe fanion, quatre avec la réserve en Fédérale 3 et deux avec les jeunes dont un avec les cadets et le dernier en 2014 avec l’équipe junior Phliponeau. Le plus émouvant, c’est le premier en 1969 en Troisième division où nous battons en finale, l’équipe de Monein où évoluait à l’époque l’international palois, Jean Piqué. Pour ma part, celui qui a marqué le plus ma mémoire de supporter. C’est celui de 1984 en Honneur. L’année avant, nous étions descendus. Un an après, nous sommes champions de France face à Saint-Vallier où jouait Elie Cester.
Troisième date «historique» de l'UAS, 1969 date du premier titre de champion de France de l'histoire du club, en troisième division. Les Aiégeois ont affronté Monein, village des Pyrénées Atlantique à… Objat, en Corrèze ! Pas vraiment idéal pour les déplacements. Une finale gagnée 12-8.
Le dimanche 21 avril prochain, lors du dernier match de poule contre Thuir, un hommage sera rendu aux glorieux anciens. Gilbert Eychenne, organisateur de l'événement au sein du bureau du club, est intarissable sur les anecdotes entourant ce titre. Il nous rappelle l'équipe type de la saison 1968 - 1969 : Rouja, Lazerges et Simorre en première ligne ; Pouilh et Bonadeï en deuxième ligne ; Flourac, Rau et Molteni en troisième ligne ; Rabet associé à Favaro à la charnière ; Cuffy et Metge au centre ; Bergés et Manau aux ailes ; Régalon à l'arrière.
Pour la finale, Robert Pouilh est suspendu, son «remplaçant», Gournac, ne peut jouer. L'entraîneur fait appel au jeune pensionnaire du Lycée professionnel, Pagés. À 17 ans, il devient champion de France en n'ayant disputé qu'un seul match dans la saison, la finale. Autre anecdote très rugby des années 1960, la «star» de Monein n'était autre que le centre Jean Piqué, international palois, ayant joué les Tournois en 1961 et 1962, ainsi que disputé les tournées en Australie, Nouvelle Zélande et Afrique du Sud. Pour lui, la finale n'a duré que dix minutes ; un double plaquage très «offensif» de Flourac et de «Maître Jean» Bonadeï, a eu raison de son physique pourtant rompu au combat. Monein jouera 70 minutes à quatorze, les remplacements n'étant pas autorisés à l'époque. De ça, et de bien d'autres choses, il sera question le 21 avril autour d'une bonne table d'avant-match.
En 2014, le club de rugby de Genève se restructure et “part de zéro” pour intégrer le championnat français. Lancé dans les dernières divisions, le Servette va toucher du doigt le professionnalisme, dès la saison prochaine.
Plus près de nous, En 2008, Saverdun est en Fédérale 3, quand Eric Mercadier (voir plus bas) arrive au club. La mayonnaise prend et l’UAS monte en la Fédérale 2, lors de la saison 2010/11 où il termina 9ème avec 48 points (11 victoires dont 4 acquises contre les qualifiés de la poule Nîmes, Agde, Lombez et l'Entente Catalane). Et sans la réforme fédérale (qui fit descendre les 4 derniers de chaque poule) Saverdun aurait dû figurer dans le contingent des maintenus !!!
Aussi, l’année suivante (2011/12) en Fédérale 3, l’UAS termine 4ème de sa poule ne s’inclinant qu’en 32ème de Finale contre Balma (28 à 37).
La saison dernière (2012/13) Saverdun fini 1er de sa poule (43 essais marqués… 11 encaissés) et atteint les 8ème de finale où il est éliminé par le futur ½ finaliste, Millau, 12 à 6. L’UAS battant Castelnaudary en 32ème (25 à 21) puis Casteljaloux en 16ème (51 à 44).
A noter que Saverdun est depuis + 3 ans INVAINCU à domicile !!! Que ce soit en Fédérale 2 ou 3, il n’y a que le RCBA qui a réussit à décrocher un match nul (12 à 12 lors de la saison 2011/12) de son déplacement en Ariège, les autres clubs repartant tous avec… Une défaite !!!
L’UAS est entraîné par une ancienne gloire du Castres Olympique : Eric Mercadier, un 2ème ligne guerrier et de devoir, qui fut Champion de France de Groupe B avec le CO en 1989 et qui porta les couleur d’Albi, Toulouse, Lyon et Villefranche de Lauragais dans l’Elite des années 80/90).
Il est l’entraîneur emblématique de ce club Ariègeois depuis la saison 2008, où il posa ses valises à l’UAS alors en Fédérale 3.

L'équipe de l'Union Athlétique Saverdunoise.
Dans une poule relevée avec des cadors tels que Villefranche-de Lauragais, Pamiers, Mazamet, Leucate, les Toulousains du FCTT, Millau, les Saverdunois ont le mérite d’exister et de participer. Ils ne comptent pas jouer les premiers rôles, mais de valider en fin de saison une cinquième participation consécutive à ce championnat du deuxième échelon fédéral.
« Le maintien est un objectif tout à fait raisonnable. Avec un budget de 300 000 euros, nous ne pouvons pas faire des miracles face à Pamiers, Leucate, Mazamet. Notre véritable championnat, nous le livrons face à des formations du calibre de Castelnaudary, Balma, la Salanque, des équipes qui sont vraiment à notre portée. Mais ce dont nous sommes fiers c’est d’aligner au sein des deux équipes seniors 80 % de joueurs originaires de Saverdun et des alentours. Nous possédons deux excellents entraîneurs Michel Rieu et Michel Lopez qui tirent vraiment le groupe vers le haut », résume le co-président Christian Bonadeï.
Un président flatté d’accueillir à chaque rencontre à domicile, un minimum de 1 000 spectateurs. « À Saverdun, le rugby appartient au patrimoine local. Dans la majorité des foyers saverdunois, il y a toujours, un membre de la famille qui a eu un lien avec l’UAS. Un match à Saverdun c’est toujours un moment de fête. », ajoute le co-président.
Dimanche prochain, ils seront présents et nombreux à Paul-Fines pour accueillir Millau, un match (déjà) capital pour le maintien. Mais, ce n’est pas pour autant que le corps dirigeant met la pression sur ses troupes. « Si nous descendons, il n’y aura pas de révolution. Certaines belles histoires sont parfois cruelles selon le point de vue que l’on adopte.
Celle qu’a écrite Clément Alasset le week-end dernier le serait si l’on se place du côté de son ancien club de Villefranche-de-Lauragais, une commune située de l’est du département de la Haute-Garonne qui est qualifiée pour les seizièmes de finale de Fédérale 2 jusqu’à… la semaine dernière, et ce match retour contre Saverdun où les Ariégeois se rendaient au FCV XV après avoir remporté le match aller de deux petits points (16-14). Un stade, nommé sobrement le Parc Municipal des Sports, que Clément Alasset connaissait comme sa poche : "J’ai toujours joué à Villef’… Je ne me souviens même plus de mes débuts, c’était en poussins. Vous l’aurez compris, l’ailier a toujours joué pour le FCV XV. Jusqu’à l’année dernière : "Je ne peux pas dire que j’ai quitté mon club en bons termes. Le discours de l’entraîneur ne m’avait pas vraiment plu, et mon frère avait déjà quitté le club l’année d’avant pour rejoindre Saverdun. Et moi, je voulais jouer avec mon frère avant qu’il arrête." Surtout qu’il avait, de loin, suivi la folle aventure de son frère Maxime (ailier lui aussi), sacré champion de France de Fédérale 3 avec Saverdun : "Ils avaient vécu une aventure de fou tous ensemble. J’y ai assisté de loin et en béquille car je m’étais rompu les ligaments du genou à la reprise en août 2023. Cela a meublé mon année blanche dans un sens.
Quand Alasset débarque à Saverdun, l’ambition du club tout fraîchement sacré champion de France de Fédérale 3 reste néanmoins mesurée : "Le club n’avait pas beaucoup recruté. Mais comme le disaient les dirigeants, la grande réussite du recrutement était d’avoir réussi à garder tout le monde. L’objectif était clairement le maintien, rien de plus." Assez rapidement, l’UA Saverdunoise s’est montrée dans le coup : après six journées, elle comptait déjà quatre victoires dont une à l’extérieur sur la pelouse de Pamiers. En suivant, elle s’est montrée solide à domicile et jamais très loin du compte à l’extérieur en engrangeant plusieurs points de bonus défensifs qui lui permirent de s’éloigner de la zone rouge au classement, réalisant au passage quelques coups comme à Castanet ainsi qu’à l’Étoile Sportive Catalane : "Au fur et à mesure, on a commencé à penser à la sixième place, puis à un match de barrage, puis à un barrage à domicile…" Ainsi se sont succédé Morlaàs en barrage, puis Pont-Long en seizièmes : "Pont-Long s’avançait avec l’étiquette de la très grosse équipe de Fédérale 2, et nous en outsiders.
Jusqu’à ce match contre Villefranche-de-Lauragais en huitième de finale et une victoire 16-14 au match aller : "Le match commence bien, on récupère le coup d’envoi et on marque dès la neuvième minute", raconte l’ailier. Enfin, il marque. Il marque le premier essai d’une série de quatre, inscrite entre la 9e et… la 31e minute. Soit un quadruplé inscrit en à peine plus de 20 minutes : "Tout est allé très vite, j’ai du mal à me souvenir de toutes les actions en détail. Mais à mon sens, le quatrième est le plus beau : après une touche sur les 50 mètres, ils percent notre défense au milieu du terrain et arrivent dans nos cinq mètres. On défend notre ligne et là, un pilier commet un en-avant, et je récupère le ballon. Je lève la tête, et je vois que j’ai du champ. Voilà comment l’ailier marqua son quatrième essai, qui fut capital dans le gain du match : "Si Villef’avait marqué, ils repassaient devant. Au lieu de cela, on tourne à 15-24 à la pause. Cela changeait tout."
Le FCV XV a bien réagi en marquant dès le retour des vestiaires, mais deux pénalités de l’arrière Alexi Denjean ont permis de les garder à distance. Victoire 25-30 pour les Ariégeois de Clément Alasset qui, bien qu’il ait toujours joué au FCV XV et qu’il vive encore juste à côté de Villef’ (à Vallègue précisément), l’ailier n’a eu que peu de remords à priver son ancien club d’une montée en Fédérale 1 : "Nous en avions parlé avec mon frère dans la semaine justement. Je lui avais posé la question. Il m’avait répondu que si je voulais être tranquille et me préserver des chambrages, il fallait que je marque et qu’on gagne. Avec son quadruplé qui porte son total à huit essais marqués en 20 rencontres, on imagine qu’Alasset pourra continuer de faire tranquillement ses courses à Villefranche-de-Lauragais… Et encore, la saison n’est pas finie. Elle se poursuit ce week-end contre les Isérois de Vinay. Pour un nouveau quadruplé ?
Sur les 5000 habitants de Saverdun, combien jouent ou ont joué pour l’Union Athlétique Saverdunoise ? Réponse : Beaucoup ! Si la réponse est certes peu précise, nous pouvons tout de même affirmer que dimanche dernier, pour la traditionnelle dernière à domicile, et pour son grand repas printanier, l’UAS a réuni plus de 700 personnes, jeunes, anciens, connus ou pas, tous passionnés et impliqués au sein du club de la basse Ariège. Il y avait encore plus de monde pour aller ensuite au Stade Paul Fines, assister aux nouveaux exploits des Rouge et Noir. Quand le rugby relie les gens entre eux, depuis des générations, et que la relève est assurée, c’est la vie de tout un village qui se porte bien. Reportage… (par Jonah Lomu)700 personnes, record battu!
La transmission, passage obligé bien sûr, et de témoins aussi, entre glorieux anciens, connus internationalement comme le pilier du siècle Aldo Quaglio, ou encore le recordman de sélections en équipe de France, Fabien Pelous. Ce dernier était d’ailleurs présent à ce gargantuesque repas d’avant match : « parce que c’est mon premier club, et que j’ai toujours plaisir à y revenir » s’exclame avec un large sourire l’ancien deuxième ligne qui aura commencé et terminé le rugby sous des couleurs rouges et noires.

Stade Paul Fines de Saverdun.
Jeunes et bénévoles à l’honneur et bien entourés sur cette photo de famille Convivialité, hommages et remerciements… Des couleurs portées haut par Jacques Miquel, ancien président, véritable monument local, et plus encore, personnage au grand coeur, qui l’a malheureusement lâché en juin 2023. Après une intense minute d’applaudissements, cette journée lui était également dédiée.
Pierre Sieurac, qui va raccrocher le crampons à la fin de cette saison, marche assurément sur les pas de ses illustres prédécesseurs. Exemplaire sur un terrain, le jeune co-président l’est aussi en dehors, le genre de bonhomme dont tous les clubs rêvent. Impliqué à tous les niveaux. Le troisième ligne a contribué largement à ce que cette journée soit réussie, tout comme le reste de la saison, où chaque voyage de fin d’année reste une aventure inoubliable.
Les bénévoles, les cadets et les juniors étaient mobilisés pour servir les 700 convives, parmi lesquels se mêlaient supporters, partenaires, et anciens du club. Eric Mercadier, entré dans la postérité pour ses discours endiablés d’avant match durant cinq belles saisons en fédérale 2, était présent. Frédéric Dedieu, président du Comité de l’Ariège aussi.
Et en invité très spécial pour couronner le tout, le président de la Fédération Française de Rugby, en personne, a fait le déplacement en basse Ariège. Florian Grill, en tournée occitane durant ce weekend, clamera toute son admiration pour l’UAS : « Dès mon arrivée ici, j’ai senti une véritable passion pour le rugby, avec des gens passionnés. C’est l’essence même de ce que le rugby amateur peut et doit représenter. Réunir les gens, les rassembler. Dans une période de division et de tension, je crois plus que jamais que le rugby joue un rôle essentiel dans un village, dans un canton. Saverdun le démontre plus que jamais aujourd’hui, et depuis toujours. »
Brochettes à table, et brochette présidentielle en cuisine Après l’apéro d’usage, rendu encore plus convivial par diverses animations, les plats sortent à une allure effrénée des cuisines, froids ou chauds. Ils sont posés sur de longues tables magnifiquement décorées sur lesquelles sont posés des flyers rappelant le respect et la bonne conduite à adopter envers les arbitres. Y trônent aussi des trophées au nom des partenaires. Personne n’est oublié, tout le monde a le sourire. C’est un dimanche pas comme les autres évidemment, mais l’on se dit tout de même que Saverdun a décidément l’art de banaliser l’exceptionnel.
« Sans doute la plus belle journée depuis que nous sommes au club… » Un peu comme les performances sportives. Les deux équipes de l’UAS victorieuses, confortaient ainsi leurs premières places à l’issue de la saison régulière. Et ce, pour la deuxième fois d’affilée. Tout sauf normal, et pourtant, chacun était conscient qu’il n’était qu’un rouage, certes essentiel, à la belle mécanique saverdunoise.
Après la douche, Kenjy Kaune, qui disputait son dernier match à Paul Fines, était également honoré. Lui qui avait quitté sa Nouvelle Calédonie natale et sa famille il y a plus de 12 ans déjà, avait trouvé en Ariège, une autre famille. Et c’est en présence de Yanita, sa maman, venue exprès depuis l’autre bout du monde, pour assister à ce moment particulier, que le joueur-éducateur, a pris le micro pour saluer à son tour ce club refuge si cher à son coeur.

Kenjy et sa maman.
Des sourires, de l’émotion, des chansons, de l’ambiance, plus de 20% de la population locale présente, le rugby à Saverdun reste indiscutablement incroyable de vie, et exemplaire de comportement. Pierre Sieurac résumera ainsi ce dimanche 7 avril, historique à bien des égards : « Des bénévoles exceptionnels, exemplaires, comme les joueurs. C’était sans doute la plus belle journée depuis que nous sommes au club. » En attendant la prochaine bien sûr.
Les regrets sont là. Immenses. Amers. L’UAS échoue d’un souffle à décrocher le plus beau bouclier national de son histoire. 18-11, sept petits points de malheur. Un essai transformé. Et quand on voit que le pied de Lopez a tremblé (8 points laissés en route ce dimanche après-midi), les supporters ariégeois pouvaient laisser couler quelques larmes. Mais Arnaud a tellement sauvé les Rouge et Noir par le passé. Si l’UAS en était là, à lutter pour le titre suprême, elle le lui doit aussi énormément. Ce coup-ci, la pièce est retombée du mauvais côté. Pourtant, les hommes du duo Bareilles-Bacquié ont encore une fois failli réussir une remontada comme ils en sont coutumiers.
Dès l’entame, c’est Gennevilliers qui met la main sur le ballon et sur le match. L’équipe des Hauts-de-Seine inscrit rapidement dix points (une pénalité et un essai) pour prendre un petit matelas d’avance qui, au final, fera toute la différence. Saverdun est condamné à la course-poursuite. Les partenaires du capitaine Mazières ont du mal à s’opposer à une solide équipe adverse. Menés 11-0, les Saverdunois reprennent espoir juste avant le repos grâce à la première pénalité convertie par Lopez (11-3).
L’UAS n’arrive pas à passer devant L’UAS y croit. Au retour des vestiaires, Lopez rapproche ses copains (11-6). Le suspense est total. D’autant plus que Gennevilliers écope d’un carton jaune. Trois attaques plus loin, Carvalho ramasse le ballon et s’en va marquer en bonne position. Malheureusement, Lopez rate la transformation et l’UAS ne passe pas devant (11-11, 62e). Le dernier quart d’heure est étouffant. La moindre erreur va coûter cher. Celui qui marque prendra une option importante. Et, malheureusement, c’est Gennevilliers qui trouve la faille. Une chandelle mal maîtrisée, un ballon récupéré et voilà l’essai assassin. La transformation change tout, il faut désormais que l’UAS marque un essai transformé pour croire en l’exploit (18-11, 70e). Dans une fin de match tendue, les Saverdunois n’y arriveront pas. Le rêve est passé. Mais s’incliner d’un souffle en finale de Fédérale 2B, pour un promu, est déjà un sacré exploit.
Kenji Caunes (UA Saverdun), dont c’était le dernier match : "On a été surpris sur les détails. En première mi-temps, on manque de lucidité. Il y avait aussi une très belle équipe en face mais on n’a rien lâché. Je suis déçu mais aussi content du parcours. Pour un promu, être vice-champion de France, c’est beau."
Mathieu Bareilles (coentraîneur de l’UA Saverdun) : "On va retenir l’aventure humaine même s’il n’y a pas la victoire. Il y a eu trop de petits détails qui nous ont échappé. On laisse des points au pied, on ne trouve pas les touches, on est défaillant en conquête. On a été pris sur nos points forts. On revient à 11-11 mais on se remet au trou tout seul. On perd notre lucidité et Gennevilliers a été plus constant que nous. Ils ont été plus propres. La saison est quand même belle. On va se reposer et repartir au boulot car, l’an prochain, ce sera autre chose."
Guillaume Soulet et Nicolas Charrié (coprésidents de l’UA Saverdun) : "On fait une première mi-temps catastrophique, on court après le score. À la mi-temps, il n’y a que 11-3 alors qu’il y aurait pu y avoir bien plus. Ensuite, notre banc nous fait du bien mais on lâche sur la fin. La saison a quand même été belle."
Alors que le Top 14 lance les hostilités, les phases finales du rugby amateur arrivent à leur terme. TOP 14. UBB. Le challenge était grand et une finale reste une finale. Face aux Suisses, le SA Mauléon avait donc à cœur de repartir avec les mains pleines. C’est un titre qui conclut 10 ans de travail.
RUGBY. Pour accéder au dernier carré de Fédérale 2, les résultats ont quasiment tous été relativement serrés. Entre Lourdes et Gujan-Mestras, la bataille a été rude pour un match qui sonnait historique pour les deux formations. Face au valeureux club girondin, Lourdes a profité de deux essais en cinq minutes pour renverser la tendance.
AMATEUR. Dans le dernier niveau fédéral, de belles épopées continuent de s’écrire. Ce dimanche, Saverdun s’est imposé après un match spectaculaire face à Saint-Jean-de-Bournay (33-45), avec pas moins de huit essais inscrits en seconde période. Par ailleurs, l’UA Saverdunoise en a profité pour inscrire 4 essais sur les 12 dernières minutes ! En parallèle, Servian Boujan Rugby a dominé son quart de finale face à Léguevin.
AMATEUR. RUGBY.
Voici un tableau récapitulatif des titres nationaux remportés par l'Union Athlétique Saverdunoise :
| Compétition | Nombre de Titres | Années |
|---|---|---|
| Équipe Fanion | 2 | 1969, 1984 |
| Réserve en Fédérale 3 | 4 | 1985, 1986, 1987, [Année] |
| Jeunes (Cadets) | 1 | [Année] |
| Jeunes (Junior Phliponeau) | 1 | 2014 |
| Total | 8 |
Ce tableau met en évidence la richesse du palmarès de l'UAS à différents niveaux de compétition.