Sam Smith et l'Histoire Controversée de Michael Jordan en NBA

Si vous suivez la NBA depuis plus longtemps que le début de l'ère Golden State Warriors, vous ne pouvez pas rester insensible à l'évocation du nom de Derrick Rose. Voici enfin traduit en français le dernier volet de la trilogie que Sam Smith a consacré au légendaire Michael Jordan.

Sam Smith a suivi les Chicago Bulls pendant plusieurs décennies. Le livre « Jordan Rules » paru au début des années 90 a fait couler beaucoup d’encre. Si cet ouvrage a fait beaucoup causer, c’est parce que Smith décrit « Sa Majesté » sous un jour peu reluisant. Pour écrire ce livre à charge, l’auteur a évidemment suivi l’équipe chicagoane de près mais il a aussi, de toute évidence, bénéficié de certaines « complicités ».

En 1993, coup de tonnerre dans le monde du basket ! Michael Jordan, le meilleur joueur de tous les temps, décide de prendre sa retraite et de se consacrer désormais au baseball ! Après des débuts difficiles chez les White Sox, il progresse mais peine à atteindre un niveau suffisant si bien qu'il décide de revenir sur les parquets en réintégrant en 1995 son équipe mythique, les Chicago Bulls.

Dans Jordan, Résurrection, Sam Smith, auteur du best-seller phénoménal Jordan, la loi du plus fort (The Jordan Rules), revient sur la carrière exceptionnelle du champion et raconte la « vraie histoire derrière le retour » de Michael.

L’année dernière, les éditions Talent Sport ont fait paraître l’autobiographie de Phil Jackson (« Un coach, onze titres NBA »). Le 16 juin dernier est sortie la version française de la biographie de Jordan par Roland Lazenby (« Michael Jordan, The Life »), toujours chez le même éditeur.

Phil Jackson affirme qu’il n’y avait pas de « Gorge profonde ». Selon lui, Smith s’était tout simplement informé en interviewant les joueurs, le staff et le front office. Il ajoute que le GM Jerry Krause, également égratigné par le bouquin, considérait l’assistant coach Johnny Bach comme la taupe. C’est ce qui provoqua plus tard, selon lui, le renvoi de ce dernier. Problème : quand on lit le livre de Roland Lazenby, on « apprend » que les informations croustillantes auraient été livrées à Smith par… Phil Jackson lui-même !

Les Coulisses de "The Jordan Rules"

« Dès que l’incident de la Maison Blanche fut terminé, une autre controverse a éclaté avec un impact sur l’équipe bien plus important à long terme. Elle concerna le best-seller de Sam Smith « The Jordan Rules », un ouvrage sur la saison 1990-91 qui tentait de démythifier Michael et de montrer le monde secret des Chicago Bulls de l’intérieur. Smith, un journaliste sérieux et intelligent que j’appréciais, suivait les Bulls pour le « Chicago Tribune » et son livre s’appuyait sur cette couverture. Michael n’était pas content du livre mais il haussa les épaules et considéra, sans doute, qu’il n’aurait pas un gros impact sur son image publique. Krause, lui, fut beaucoup plus affecté.

Jerry se méfiait des journalistes depuis 1976 à cause d’un scandale qui lui avait coûté son poste de directeur chez les Bulls, trois mois seulement après sa prise de fonctions. Il était à la moitié du processus de nomination d’un nouveau coach pour l’équipe quand les journaux affirmèrent qu’il avait offert le poste à Ray Meyer, l’entraîneur de la fac de DePaul. Jerry démentit mais l’histoire ne s’arrêta pas là.

Les semaines passèrent et Jerry s’obstina à tenter de trouver la principale source utilisée par Sam pour son livre. Il y avait des douzaines de sources, bien évidemment. Sam discutait régulièrement avec quasiment toutes les personnes en lien avec l’équipe, y compris le propriétaire, Jerry Reinsdorf. Finalement, Jerry conclut que le principal coupable était l’assistant coach Johnny Bach. Ce fut le premier accroc dans mes relations avec Jerry qui avaient été, jusque-là, extrêmement productives. Je lui étais reconnaissant d’avoir cru en moi et de m’avoir offert l’opportunité de coacher les Bulls.

Pour traiter avec Jerry, j’appréhendais les choses avec simplicité. Je savais que cette réaction exagérée à la parution de « The Jordan Rules » tenait au sentiment de ne pas recevoir la reconnaissance qu’il estimait mériter pour avoir construit cette grande équipe. Je comprenais. Mais je n’étais pas en mesure d’y remédier, alors j’essayais de lui changer les idées avec une touche d’humour et de compassion. J’ai également tenté de garder à notre relation un caractère aussi professionnel que possible. À mesure que l’aura de l’équipe a grandi, la fissure entre Jerry et moi s’est élargie. Mais le professionnalisme sauvait notre collaboration. »

« J’ai dû laisser partir Johnny Bach. Les tensions entre Jerry Krause et Johnny avaient atteint le point de non-retour et il devenait difficile pour nous de travailler ensemble. Jerry, surnommé « le Détective » dans la presse à cause des manœuvres subreptices qu’on lui prêtait, voyait déjà Johnny d’un mauvais œil en raison de son rôle supposé d’informateur pour le livre de Sam Smith « The Jordan Rules ». Maintenant, Jerry soutenait que Johnny était responsable de la fuite d’informations au sujet de son intérêt pour Gheorghe Muresan, un pivot roumain de 2,31 mètres. C’était une accusation extravagante. Néanmoins, j’ai pensé qu’il était mieux pour le bien de tous, y compris celui de Johnny, qu’il s’en aille. Il trouva une place d’assistant coach chez les Charlotte Hornets. Le départ de Johnny eut un effet démoralisant sur mon staff et sur les joueurs et créa une faille dans ma relation avec Krause.

« Si le public ne sut rien de ces pertes au golf, le livre de Sam Smith « The Jordan Rules » allait faire l’effet d’une bombe dans la vie de Michael cet automne-là et mettre immédiatement toute l’organisation de Chicago sur les nerfs. Smith dressait un portrait extrêmement négatif de Jordan mais aussi du mal fagoté Krause, décrit avec un ego démesuré. Phil Jackson ferait remarquer plus tard que ce livre avait accompli quelque chose de très rare : il avait permis à Jordan et Krause d’être d’accord sur un point.

« Sam Smith a gagné de l’argent avec ce bouquin, déclara le general manager des Bulls plusieurs années après sa parution. Le livre était toutefois assez instructif sur le côté très dur du compétiteur Jordan. Il avait toujours été extrêmement sensible. Michael fut irrité et profondément blessé par la description que le livre faisait de lui. Le public, quant à lui, s’en délecta, fasciné par ce personnage animé d’une volonté aussi dure que le diamant et qui menait tous ceux qui l’entouraient vers un mélange étrange de grandeur et de misère. Au lieu de porter atteinte à l’image de Jordan, il nourrit encore plus l’adoration dont faisait l’objet le champion. L’impact de « The Jordan Rules » alimenta le sentiment qu’éprouvait Jordan - il avait l’impression d’être harcelé - et contribua à la formation de ce que Phil Jackson appela « la meute ».

Horace Grant avait été l’une des sources du livre, ce qui irrita Jordan. « Je savais que des gens allaient commencer à se lâcher sur moi, déclara Michael à Mark Vancil. Vous arrivez à un point où les gens se lassent de vous voir sur un piédestal, bien propre et poli. Ils se disent : “Voyons qui se cache derrière cette personne.” Mais je ne m’attendais pas à ce que les attaques viennent de l’intérieur. Sam a essayé de faire croire qu’il était un ami de la famille des Bulls pendant huit mois. Mais la famille a parlé de toute cette haine qu’elle éprouvait vis-à-vis de moi. Ce que je veux dire, c’est : s’ils éprouvaient tant de haine à mon encontre, comment ont-ils pu jouer avec moi ? Je ne sais pas comment nous avons pu gagner s’il y avait tellement de haine entre nous. Nous semblions tous nous entendre très bien.

Le même ressentiment refit surface quelques semaines plus tard, lorsque Jordan décida de ne pas se joindre à l’équipe pour la cérémonie traditionnelle à la Maison Blanche, avec le président américain George Bush. Au lieu de cela, il partit pour un séjour de golf avec un groupe de copains, parmi lesquels son ami d’enfance David Bridgers. »

« À cette époque ainsi qu’en diverses occasions ultérieures, plusieurs mois plus tard, Jackson dépeignit le licenciement de Bach comme la conséquence de la colère de Krause à propos du livre de Sam Smith « The Jordan Rules ». « C’était la relation de Krause avec Johnny Bach qui avait généré cette situation très inconfortable, affirma Jackson plusieurs mois plus tard à propos de ce licenciement. Cela faisait que cela devait arriver. Tout est parti de travers. C’était mauvais pour le staff d’avoir affaire à ce genre de choses car nous devions travailler ensemble. Jerry en voulait à Johnny Bach pour tout un tas de choses figurant dans « The Jordan Rules ». Johnny a livré ces informations, cela ne fait aucun doute. Pour Jerry, Johnny avait trop parlé. Et Johnny, en retour, avait ressenti l’animosité que Jerry éprouvait dorénavant pour lui, le manque de respect. Johnny a refusé de se soumettre à Jerry juste parce qu’il était le patron. Ça durait depuis bien trop longtemps. Je suppose que j’aurais pu les maintenir à l’écart l’un de l’autre un petit peu plus. Mais ce n’était pas du bon travail d’équipe et je n’aimais pas ça. C’était moi, le responsable du staff. C’était mon domaine. J’ai donné mon accord à ce licenciement. Je pensais que c’était une bonne opportunité car Johnny avait la possibilité de trouver rapidement un autre poste dans la Ligue. Ç’a bien marché pour lui, même si je n’avais bien sûr pas voulu le mettre dans l’embarras, ni souhaité en passer par la même situation moi-même.

Il se passerait plusieurs années avant que l’on sache que Jackson voulait masquer son propre rôle dans ce livre. Sam Smith révéla à Jerry Reinsdorf que c’était Jackson et non Bach qui faisait partie des sources du livre. Reinsdorf trahit la confidence de Smith en rapportant à Krause le rôle de Jackson dans le livre. Cette révélation rendit instantanément furieux le general manager qui clama que Jackson l’avait déçu en le laissant penser que Bach était la source anonyme de la plupart des détails personnels. Indépendamment, Smith confirma plus tard ces faits ainsi que le rôle de Jackson dans son livre. « Phil et les joueurs ont pris une part bien plus grande que Johnny Bach », assura Smith. « Phil m’a menti, répondit Krause, interrogé sur le sujet. C’est Phil qui a viré Johnny. »

« C’était l’idée de Phil de virer Bach, affirma également Jerry Reinsdorf. Phil m’a dit que la mauvaise relation entre Krause et Bach avait rendu les choses impossibles. C’était l’idée de Phil. Personne ne lui avait demandé de le faire. Une fois remis de son attaque cardiaque, Bach fut embauché par les Charlotte Hornets. C’était plusieurs années avant qu’il n’apprenne les vraies raisons de son licenciement : il était censé avoir livré des informations confidentielles à Smith. Bach confia qu’il avait relu le livre trois ou quatre fois, cherchant les informations dommageables qu’il aurait pu divulguer. Ses citations étaient pourtant officielles et n’avaient rien de scandaleux. « Je n’ai pas vu une seule citation dans ce livre qui soit déplacée, dit-il. Sam est de toute évidence un très bon journaliste d’investigation. Il y avait là-dedans un portrait que Michael n’aimait pas, peu importe qui a alimenté Sam. [Ce livre] était une représentation assez fidèle. Je ne pense pas que Sam a dépeint qui que ce soit tel qu’il n’était pas.

Krause déclara qu’il était bouleversé d’avoir été trompé au point de licencier un innocent. Au moment où ce mensonge fut révélé, quelques années plus tard, Bach travaillait à Detroit en tant que coach assistant. Un soir, alors que les Pistons étaient à Chicago pour jouer contre les Bulls, un responsable de Detroit, Rick Sund, dit à Bach que Krause souhaitait lui parler. Bach avait des sentiments mitigés mais il accepta de le rencontrer. Il en ressortit plus que surpris. « Quand Jerry m’a parlé, il était très ému et je l’étais aussi. J’avais toujours pensé que c’était l’organisation qui avait pris la décision, pas Phil. Je pensais que c’était une énorme concession de la part de Jerry de venir me parler. Je pense qu’il était sincère, affirma Bach à propos des excuses que lui présenta Jerry. Et j’ai accepté cela. Bach discuta plus tard du problème avec Jackson mais ce qu’ils se dirent resta entre eux. « Je préfère laisser les choses là où elles sont, ajouta Johnny. Il a bien évidemment su ce que j’en ai pensé. J’ai toujours pensé que nous avions une relation suffisamment forte. Nous avions partagé le même banc pendant cinq ans. Quand vous êtes coach assistant, vous n’êtes pas toujours au courant de ce genre de choses. C’était toujours stupide, c’était une sorte d’accusation dont je ne pouvais jamais me défendre. Maintenant, tout cela n’a plus d’importance. Cela en avait à l’époque.

Toutefois, cet incident révélait un élément étrange de la stratégie de Jackson avec Jordan. Pourquoi avait-il risqué le poste qu’il avait convoité et la relation forte qu’il avait avec la star la plus brillante du basket en livrant à un journaliste des informations sur son patron et sur Michael ? Un employé des Bulls de longue date qui travaillait avec Jackson au quotidien suggéra que le coach avait fait cela pour contrôler davantage son équipe. Après tout, le livre avait eu pour effet d’éloigner un peu plus Krause des joueurs, renforçant ainsi le rôle de leader de Jackson, déclara cet employé, en ajoutant : « C’était “Allons-y à fond avec Michael. Descendons ce gars en flammes et laissons-le en première ligne pour servir mes intérêts.” C’était sa façon de se mettre du côté de Michael en jetant Krause en pâture aux médias. Voilà pourquoi Phil utilisa les approches « nous-contre-les-médias » et « nous-contre-l’organisation ». Car en faisant ça, il pouvait être le chef de la bande. Pendant des années, le coach n’a pas répondu aux allégations de Reinsdorf et de Krause. Cependant, dans une interview de 2012, Phil Jackson souligna que « The Jordan Rules » avait été d’une grande importance dans l’évolution des Bulls parce qu’il avait ramené Michael à un niveau plus proche de ses coéquipiers.

Bien évidemment, Jackson était dans son droit de vouloir parler d’une voix unique à ses joueurs mais il avait usé pour cela d’un subterfuge, afin d’en prendre le contrôle. « Phil est un maître des jeux psychologiques », dit Jordan du coach en diverses occasions.

Les Critiques de Sam Smith envers "The Last Dance"

Auteur du célèbre livre "The Jordan Rules" en 1992, le journaliste Sam Smith a assuré sur une radio américaine que plusieurs passages de la série documentaire "The Last Dance" sur Michael Jordan et les Chicaco Bulls, ne correspondent pas à la réalité.

"The Last Dance" a peut-être rendu Michael Jordan plus populaire que jamais, mais la série-documentaire d'ESPN (sur Netflix en France) consacrée au célèbre numéro 23 et aux Chicago Bulls lui a également valu quelques critiques. De la part de ses anciens équipiers Horace Grant et Scottie Pippen, mais aussi du journaliste Sam Smith.

Ce dernier avait écrit en 1992 le célèbre livre "The Jordan Rules", le premier à décrire un Michael Jordan dur, obsédé par la victoire, tyrannique avec ses partenaires. Et il estime que "The Last Dance" s'arrange parfois avec la réalité…

"Le truc de la pizza, du poison, ça n'a aucun sens"

"Il y a plusieurs choses que j’ai vues dans le documentaire qui sont inventées ou sur lesquelles il a menti, a expliqué Smith à la radio américaine 95.7 The Game. Pas des choses énormes, mais c’est comme quand vous regardez un film ou une série et que ça dit: 'inspiré d’une histoire vraie'. C’est ça, c’est inspiré d’une histoire vraie. Tout ce qu’il s’est passé a bel et bien été couvert sur les points principaux, mais dans les détails..."

Pour Smith, plusieurs points posent problème, comme l'histoire du "Flu Game", le match des finales NBA 1997 où Jordan était malade et avait marqué 38 points. "Le truc de la pizza, du poison, ça n'a aucun sens", observe-t-il.

Mais la plus grosse erreur est selon lui dans la manière dont est raconté le départ de Jordan à la fin de la saison 1997-1998. "Il dit qu'ils l'ont poussé à partir, indique le journaliste. Mais qui a jamais forcé Michael Jordan à faire quoi que ce soit?

À travers la sortie de deux épisodes de « The Last Dance » tous les lundis jusqu’au 18 mai prochain, on va bouffer du taureau pendant un mois, et découvrir - ou redécouvrir - de nombreuses anecdotes ainsi que des histoires concernant les Bulls de Michael Jordan. Alors en plus du débrief dédié à chaque épisode, on a décidé de faire un zoom sur certains passages de ce docu-série qui nous paraissent particulièrement intéressants. Non, Michael Jordan n’est pas parfait.

Au cours du sixième épisode de « The Last Dance », les controverses autour de MJ avant sa première retraite en 1993 ont été le thème dominant. Et celui qui a véritablement ouvert la porte à toutes ces controverses, c’est Sam Smith, journaliste qui couvrait les Bulls pour le Chicago Tribune et auteur du bouquin « The Jordan Rules ».

Le titre est hyper bien choisi : « The Jordan Rules ». Habituellement, quand on pense aux Jordan Rules, on pense aux Bad Boys de Detroit et à leur manière de mener la vie dure à la superstar des Bulls. On avait d’ailleurs fait un zoom sur le sujet pour les épisodes 3 et 4. Mais ici, la signification est complètement différente. Au lieu de prendre les coups, c’est Jordan qui les inflige… à sa propre équipe.

Sorti en novembre 1991, le bouquin de Sam Smith racontait l’histoire du premier titre des Bulls lors de la campagne 1990-91. Et comme « The Last Dance » peut le faire aujourd’hui pour la dernière saison de la dynastie Chicago, « The Jordan Rules » était très axé sur les coulisses de l’équipe, n’hésitant pas à mettre en lumière les tensions au sein du groupe et surtout la dark side de Michael Jordan.

Pourtant, ce livre à succès a failli ne pas voir le jour. Lors d’une interview récente avec HoopsHype, Smith se rappelle avoir galéré pour trouver un éditeur car à la base, quand il a proposé son projet, Jordan et les Bulls n’étaient pas encore champions NBA : « J’ai eu 90% de refus. On me disait, ‘C’est un très bon joueur, mais il n’a rien gagné. Et toi ? Qui es-tu à part un pauvre reporter qui bosse pour un journal ?' »

Au cœur du bouquin, comme souvent, il y avait Michael Jordan. Ou plutôt la face cachée de Michael Jordan. Immensément populaire, au top de la NBA et véritable figure marketing, MJ était perçu comme le golden boy. « Il était l’Américain parfait. Il représentait les grandes marques, il y avait cette pub pour Coca-Cola dans laquelle il offre des canettes aux enfants. Les chaussures, son sourire, il était sur ‘Saturday Night Life’ avec Letterman. Il était vu comme cette personne magnifique, le gendre idéal.

Nombreux sont ceux qui ont immédiatement pris la défense de Michael Jordan, et les critiques concernant Sam Smith ont fusé. On apprend via le docu-série qu’il avait carrément reçu des menaces à l’époque et que le journal pour lequel il travaillait lui avait conseillé de rester chez lui pendant une semaine. Forcément, quand on s’attaque à la légende Jordan, il ne faut pas s’attendre à dormir tranquille.

« J’étais choqué de voir les ventes exploser. Mais le livre était populaire parce qu’il a montré publiquement que Michael Jordan n’était pas parfait. Cette phrase, signée Phil Jackson dans « The Last Dance », démontre bien l’impact du bouquin de Sam Smith.

Dans le docu-série, on voit que des questions ont commencé à se poser au sein de la franchise de Chicago et on peut imaginer le climat de méfiance qui pouvait régner dans l’équipe à ce moment-là, notamment pour Michael Jordan. « Ça le dérangeait. Il ne me l’a jamais dit, mais le connaissant, je savais que ça le gênait. […] Il gardait ça dans un coin de sa tête. Même si ce n’était pas l’objectif de Sam Smith, son livre a en quelque sorte ouvert la voie aux différentes controverses qui ont suivi, comme si le côté intouchable de Michael Jordan avait soudainement été brisé.

Les six premiers épisodes dans la boîte, on se retrouve la semaine prochaine pour de nouveaux débriefs et de nouveaux papiers zoom afin de revenir sur les grands tournants de la dynastie Bulls de Michael Jordan.

"C'est comme quand vous allez voir un film qui est inspiré d'une histoire réelle. Là, c'est pareil. C'est inspiré d'une histoire réelle, mais ce n'est pas l'histoire." Sur CBS, Sam Smith, auteur de "The Jordan Rules" n'a pas hésité à critiquer Michael Jordan, accusé d'avoir menti à de nombreuses reprises dans The Last Dance.

Ainsi selon Smith, les Bulls voulaient conserver Jordan pour viser un 7e titre lors de la saison 1998-1999, contrairement à ce qu'il a dit. "Il dit qu'ils l'ont poussé à partir. Mais qui a jamais forcé Michael Jordan à faire quoi que ce soit ? Bref, un mensonge flagrant", s'emporte le journaliste.

Très bon connaisseur des Bulls et de Michael Jordan, Smith explique avoir parfois bondi devant les propos de Jordan dans le documentaire produit par ESPN. "J'y étais, je sais ce qui s'est passé et il y a beaucoup de choses qu'il a inventées, des mensonges. Certains ne sont pas importants, mais d'autres sont flagrants", a-t-il conclu Smith qui n'est pas le premier à prendre la parole après la diffusion du 10e et dernier épisode. Horace Grant, coéquipier de Jordan aux Bulls, a aussi fustigé sur ESPN "les mensonges" racontés par la légende du basket.

« The Last Dance », la série documentaire disponible sur Netflix qui retrace la dernière année de Michael Jordan chez les Chicago Bulls, a fait parler bien avant sa diffusion. Elle a été un énorme succès d'audience qui a bien relancé, s'il était besoin, la légende Jordan. Et elle continue de faire parler.

Entièrement tournée autour de Michael Jordan, « The Last Dance » propose essentiellement la vision des événements selon le spectre et les souvenirs de « His Airness ». De quoi en faire bondir certains tels que Scottie Pippen ou Horace Grant. Dernièrement c'est le journaliste Sam Smith, que l'on retrouve dans « The Last Dance », qui monte au créneau chez CBS. « C'est comme quand vous allez voir un film qui est inspiré d'une histoire réelle. Là, c'est pareil. C'est inspiré d'une histoire réelle, mais ce n'est pas l'histoire. »

Grand connaisseur des Bulls et de Jordan, Smith a écrit le livre The Jordan Rules qui écornait quelque peu l'image parfaite de ce dernier en le décrivant comme tyrannique envers ses coéquipiers. Et il a bondi devant certains passages du show. « J'y étais, je sais ce qui s'est passé et il y a beaucoup de choses qu'il a inventées, des mensonges. Certains ne sont pas importants, mais d'autres sont flagrants. »

Smith évoque notamment le fait que Jordan aurait souhaité continuer une année de plus pour aller chercher un septième titre NBA, mais que les propriétaires de la franchise en avaient décidé autrement et avaient choisi de reconstruire l'équipe, le forçant à prendre sa retraite.

Jordan ne voulait plus jouer avec ses coéquipiers, selon Smith

Smith rappelle que le départ de Phil Jackson, le coach d'alors, était connu depuis longtemps puisqu'il avait lui même demandé à prendre un congé sabbatique après cette fameuse saison 1997-1998.

Jerry Reinsdorf, propriétaire des Bulls, aurait alors eu un rendez-vous avec Jordan juste avant le lock-out qui allait raccourcir la saison. Il aurait tenté de convaincre Jordan de prendre son temps et de ne pas décider tout de suite d'arrêter sa carrière.

Ce à quoi la star lui aurait répondu qu'il en avait assez de porter l'équipe à bout de bras. « Pippen n'a pas pu jouer le sixième match de la finale car il est blessé au dos. Il boite. Dennis (Rodman) est fou. Je ne veux plus être avec ces gars ». Reinsdorf avait fait remarquer qu'avec Kukoc, Harper ou l'arrivée de Brent Barry, l'équipe aurait encore fière allure, cela n'a pas été suffisant pour retenir Jordan. « Et il dit qu'ils l'ont poussé à partir. Mais qui a jamais forcé Michael Jordan à faire quoi que ce soit ? Bref, un mensonge flagrant », confie Smith.

Le journaliste explique également que le soi-disant empoisonnement à la pizza lors de la finale 1997 serait « une absurdité totale ».

OPOstories about the NBA - Sam Smith #1

tags: #sam #smith #nba