Luis Enrique : L'Entraîneur du PSG à la Loupe

Luis Enrique est l'actuel entraîneur du Paris Saint-Germain (PSG). Son parcours, ses décisions tactiques et sa philosophie de jeu suscitent un grand intérêt, tant pour les supporters que pour les observateurs du football.

Parcours et Philosophie de Luis Enrique

Dès ses premiers pas d'entraîneur, l'actuel coach du PSG a planté le décor. De Rome à Paris en passant par le Barça ou la sélection, il a exposé les mêmes plans, présenté les mêmes exigences. Primo, dans la sphère technique, il n'y a qu'un boss : lui. Secundo, il n'y a qu'une philosophie de jeu envisageable et immuable : être « protagoniste » (possession maximale, pressing, jeu de position...). Deux conditions imposées pour signer dans la Ville Lumière, qui l'avaient conduit à ne pas donner suite aux avances de Chelsea et son envahissant patron Todd Boehly quelques semaines plus tôt.

Un Mot d'Ordre : Ne Jamais Subir

Ces deux axes rejoignent une même obsession, ne jamais subir. « Il voulait tout contrôler, sur le terrain ou en dehors. Et si ce n'est pas le cas, il est capable de claquer la porte sans problème », glisse un ancien du Barça, assurant que « Lucho » a quitté les Blaugranas en 2017 quand la direction a voulu s'immiscer sur son territoire et rappelant qu'il a toujours quitté ses clubs de son propre chef.

« Il n'est pas méfiant mais très soucieux de son rôle et de son travail, observe Walter Sabatini, ancien directeur sportif de l'AS Rome. Je ne dirais pas qu'il veut tout diriger, mais il est vigilant comme doit l'être un coach de grand club. » Pas de méprise : « Luis a une idée très claire de comment il faut jouer et s'entraîner pour gagner, mais il n'est pas un despote », coupe court un compagnon de longue date. Un collaborateur au PSG valide : « C'est un homme de convictions, il faut s'accrocher pour le faire changer d'avis. Mais il a confiance en son staff et s'appuie vraiment sur eux, il ne fait pas un one man show. »

« Personne ne l'a aidé, il s'est fait tout seul en se battant, encore et encore. Il est né avec cette mentalité de lutteur, il a besoin de combattre pour quelque chose, pour ses idées » témoigne Brito, ancien formateur au Xeitosa.

Cet impératif d'avoir la main, directe ou indirecte, est le fruit de plusieurs facteurs. Les fêlures de son propre parcours, déjà. Un gamin recalé deux fois par le centre de formation de Gijon puis - on le sait moins - à 18 ans par le Barça. Trop petit, trop maigre, pas assez doué, il a tout entendu mais rien accepté. « La grandeur de Luis est d'être parti de rien pour arriver au sommet, analyse Brito, qui l'a couvé au club amateur de Xeitosa. Personne ne l'a aidé, il s'est fait tout seul en se battant, encore et encore. Il est né avec cette mentalité de lutteur, il a besoin de combattre pour quelque chose, pour ses idées. Quand il atteint un objectif, il en cherche un autre. "J'ai tout conquis", ça n'existe pas pour lui. À ses yeux, il n'y a pas de limite. »

Il en a tiré une leçon essentielle : ne pas prendre le jugement des autres pour argent comptant et ne laisser personne décider pour lui. De là est née une défiance envers le monde extérieur, accrue par des épisodes marquants.

Mais les premières fissures sont antérieures. Quand il débarque au Real à 21 ans, il se fait petit dans un vestiaire où règne la « Quinta del Buitre » (*). Michel le prend sous son aile. Un soir, un radioreporter balance en direct que le jeune Asturien a demandé à son coiffeur la même coupe que l'icône madrilène. Moqué, humilié, Lucho encaisse, furieux. Développant une rancoeur tenace envers le système. « Luis a toujours été le "rebelle" de la bande, un anticonformiste, poursuit Brito. Il a deux mondes. Son monde intime, ses proches qu'il protège et en qui il a confiance, et l'autre monde. Difficile d'abattre le mur qu'il a bâti entre les deux. » Un fonctionnement clanique qui lui vaut de fortes inimitiés de la part d'ex-collaborateurs non intégrés au cercle.

Sur les pelouses et sur les bancs, il a passé sa vie à donner tort, non sans plaisir. Ce « self-made-man » a tiré de sa propre trajectoire une confiance en lui et une méthode qu'il projette aujourd'hui sur ses joueurs. Au coeur de son système : engagement total, discipline, mise sous pression. Mais aussi compositions d'équipe dévoilées au dernier moment, contrôle permanent du poids, respect des horaires (des cadres se retrouvent régulièrement sur le banc pour des retards sans qu'il en parle en public), consignes tactiques ultra-précises. Tout est pensé, préparé, et n'est pas sujet à discussion.

« Avec le temps, il est plus mûr et les événements de la vie l'ont un peu changé, mais il n'a pas changé d'un millimètre dans ce qu'il juge indispensable à la compétition, résume le témoin de longue date. C'est la clé de tout avec lui. Tout ce qu'il met en place, qui peut être perçu comme un désir de contrôle, ce n'est pas pour jouer au chef. Il a juste tellement BESOIN de gagner qu'il ne comprend pas, et ne tolère pas, que des joueurs pros ne mettent pas le même investissement. »

Revers de la médaille de ce socle immuable : pas de remise en cause, pas de plan de substitution. Un cadre aussi rigide n'est pas sans créer des tensions, récurrentes dans ses équipes. Celles-ci n'ont d'ailleurs pas connu que des succès, même si partout, on reconnaît sa force de travail : « Au bout d'un mois, des cadres comme De Rossi ou Totti sont venus me dire qu'ils avaient l'impression de n'avoir jamais joué au foot avant, vu les nouvelles choses qu'ils apprenaient », confie Sabatini.

L'effectif actuel du PSG, juvénile et délesté de stars, lui a fourni un terrain perméable. « Le grand succès de Luis Enrique est qu'il a rencontré d'autres Luis Enrique, glisse Brito. Pour que ça marche, il doit trouver des gens qui pensent comme lui ou qui se laissent infuser par ses idées. Quand il était jeune, l'idée de ne pas se battre lui était insupportable. Il allait sur le terrain prêt à mordre.

Les Défis et les Réactions de Luis Enrique

Luis Enrique, entraîneur du PSG, s’est exprimé après la victoire renversante à Monaco en barrage aller de Ligue des Champions. Ce mardi soir, le Paris-Saint-Germain se déplaçait effectivement sur le Rocher afin d’y affronter l’AS Monaco en barrages aller d’accession aux huitièmes de finale de la Ligue des Champions. Une rencontre qui a vu le club de la capitale s’imposer sur le score de trois buts à deux face à un adversaire qu’il a croisé à une reprise en Ligue 1 pour le moment (ndlr : pour une défaite 1-0).

Le champion d’Europe en titre a pourtant démarré son choc franco-français de la pire des manières en étant mené par deux buts, en plus d’un penalty manqué. « Normalement, quand une équipe commence le match de cette manière, le plus normal est de perdre. C'était catastrophique. C'est impossible de commencer le match de cette manière. Les deux premières fois qu'ils ont surmonté notre pression et sont entrés dans notre camp, ils ont marqué. Ils ont fait de très bonnes actions » a réagi Luis Enrique en conférence de presse d’après match.

« Après, c'est difficile d'avoir de la confiance. Ce sont des moments particuliers, mais on a montré notre niveau sur le plan mental. En plus, on a raté un penalty, c'était un moment pour reprendre de la confiance. Sur les six dernières fois où on a joué ici, c'est la deuxième fois qu'on l'emporte, cela montre combien c'est difficile » a poursuivi l’entraîneur du Paris-Saint-Germain dans des propos retranscrits par nos confrères de L’Équipe.

Le PSG a toutefois dû évoluer sans Ousmane Dembélé, sorti sur blessure dès la demi-heure de jeu et remplacé par Désiré Doué. « C'est le foot. On cherche à gérer chaque joueur de manière individuelle. On connaît l'aspect physique de chaque joueur. Aucun risque. Il a fait l'entraînement normal. Il faudra voir s'il y a une blessure. C'est un coup dans les 15 premières minutes, après il n'a pas pu courir, mais on cherche à gérer ça de la meilleure des manières. C’est vrai que dans le football, il y a des blessures et il y a des joueurs plus habitués à cela. »

Après avoir été mené par deux buts, puis manqué un penalty, le club de la capitale a donc totalement renversé la vapeur. À une semaine de la manche retour, Luis Enrique a prévenu Monaco : « Le match a changé après l’expulsion de Golovin (48e). Ils ont défendu dans un bloc bas ensuite. On a eu des occasions très claires, on a pu marquer. Vu comment le match a commencé, je suis content du résultat. Mais le match à Paris sera compliqué, ce sera une autre histoire. »

Mardi, l’entraîneur du Paris Saint-Germain s’est présenté devant les journalistes pour la traditionnelle conférence de presse à la veille du barrage retour de Ligue des champions contre l’AS Monaco. En arrivant dans la salle, l’Espagnol a remarqué un sac derrière l’estrade. Il a jeté un coup d’œil, est allé s’asseoir et, bien décidé à élucider le mystère, a directement interpellé l’assemblée : « A qui est ce sac ? C’est une bombe ou quoi ? » N’écoutant que son courage, le coach du PSG n’a pas hésité à quitter sa chaise afin de manipuler le sac en question et le montrer à tout le monde. Il a alors obtenu la réponse qu’il cherchait, puisque l’un des journalistes a reconnu son sac. Traduction : le PSG sera prêt pour Barcelone ou Chelsea. L'entraîneur parisien l'affirme d'ailleurs dans la foulée de son propos.

Au final, c'était moins une. Mais c'est passé. C'est ce que Luis Enrique veut retenir, et on ne va pas lui en vouloir, au sortir du nul entre le PSG et Monaco (2-2) qui a vu l'ASM se procurer une ultime occasion d'accrocher la prolongation dans le temps additionnel, Wout Faes manquant sa tête et le ballon échouant à quelques centimètres du poteau gauche de Matvey Safonov. Le coach espagnol a l'explication pour cette phase précise : "Sur un coup franc, on n'est pas en supériorité numérique. On ne peut pas prévoir. S'ils avaient marqué, ça aurait été un autre match..."

Mais comme il le réclamait presque alors que tout allait bien (mieux, en tout cas) il y a quelques semaines, Luis Enrique a eu son barrage et il n'a pas été de tout repos, tandis que Qarabag était l'autre adversaire possible et a été pulvérisé par Newcastle (deux défaites 1-6 et 3-2). "S'il y a une équipe en Ligue des champions qui a déjà eu les adversaires les plus difficiles à jouer, c'est nous. Bien sûr qu'on veut s'améliorer, mais il y a eu un adversaire de très haut niveau. Et s'il y a une équipe qui est prête pour la suite, c'est nous." Sur Canal+, il s'est aussi montré offensif en retournant les doutes : "Vous demanderez à nos adversaires ce qu'ils pensent de nous, ils vous répondront que c'est très dur !"

L'entraîneur des champions d'Europe n'a pas réussi à se prononcer sur une préférence en vue de son prochain opposant en huitièmes de finale (le Barça ou Chelsea), "ce sera facile" étant sa seule réponse évidemment ironique. Il avoue toutefois avoir été surpris par cette ASM très haute sur le terrain. "On a été plus précis après la pause et on mérite cette qualification.

Palmarès de Luis Enrique

Le tableau suivant récapitule les principaux succès de Luis Enrique en tant qu'entraîneur :

Compétition Années Club
Ligue des Champions 2015, 2025 FC Barcelone, Paris-SG
Championnat d'Espagne 2015, 2016 FC Barcelone
Championnat de France 2024 Paris-SG
Coupe d'Espagne 2015, 2016, 2017 FC Barcelone
Coupe de France 2024, 2025 Paris-SG
Super Coupe d'Europe 2015, 2025 FC Barcelone, Paris-SG
Trophée des champions 2023, 2024, 2025 Paris-SG

Ousmane Dembélé touché au mollet, Nuno Mendes victime d’une entorse au genou, Désiré Doué touché à la cuisse, Achraf Hakimi blessé à la cheville et possiblement à la CAN cet hiver… L’infirmerie parisienne ne désemplit pas. Depuis plusieurs jours maintenant, il se murmure que Paris souhaite se renforcer au poste de latéral droit, où Achraf Hakimi n’a pas de véritable doublure. Le nom d’Eric Garcia est souvent revenu, l’Espagnol remplissant le cahier des charges du profil ciblé par Paris, à savoir un défenseur polyvalent.

Présent en conférence de presse ce samedi à la veille du déplacement à Lyon, Luis Enrique a été invité à s’exprimer sur la possibilité de voir de nouveaux visages débarquer à Paris prochainement. Pas obsédé par cette idée, il s’est quand même dit "ouvert", une nouveauté jusqu’ici. «On est ouvert tout le temps au mercato et aux différentes possibilités, mais pas d’urgence, pas de préoccupation. «En ce moment il n’y a pas de problèmes à part les blessures, mais toutes les équipes ont des blessures, on est calme et tranquille, on est ouvert (pour le mercato) et serein.»

Concernant le poste de latéral droit, laissé vacant pour plusieurs semaines suite à la blessure d’Achraf Hakimi contre le Bayern Munich, Luis Enrique a déclaré qu’il allait faire appel à David Boly, joueur de 16 ans.

Luis Enrique a totalement étouffé le jeu allemand I Analyse Tactique (PSG 2 - 0 Borussia Dortmund)

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