Samantha Davies : Une Biographie de Navigatrice d'Exception

Samantha Davies, née le 23 août 1974, est une navigatrice britannique de renom. Elle est connue pour ses performances exceptionnelles dans le monde de la course au large, notamment sa participation à des événements prestigieux tels que la Route du Rhum et le Vendée Globe. Cet article explore la biographie de cette athlète inspirante, son parcours, ses réalisations et son engagement pour promouvoir la mixité dans le sport de la voile.

Depuis cette date, plusieurs navigatrices ont marqué la course au large de leur empreinte, comme Isabelle Autissier, Ellen MacArthur, Catherine Chabaud, Tracy Edwards, Karine Fauconnier. Ces dernières années, on a pu suivre le parcours de Samantha Davies, Jeanne Grégoire, Anne Caseneuve, Servane Escoffier, Miranda Merron, Anne Liardet, Isabelle Joschke, Pip Hare, Clarisse Crémer...

Un Parcours Semé d'Embûches et de Succès

Samantha Davies a participé à de nombreuses courses au large de renom, démontrant sa détermination et son talent. En novembre 2018, elle a pris le départ de la Route du Rhum-Destination Guadeloupe sur Initiatives Cœur.

Après des premiers jours de navigation difficiles dans l’Atlantique Nord, la Britannique Samantha Davies (Initiatives Coeur) a refait une bonne partie de son retard sur l’avant de la flotte du 10e Vendée Globe.

« Aujourd’hui, je suis bien moins épuisée qu’au départ. Après quelques jours de vent très faible, cela revient doucement et je suis contente de retrouver de la brise. J’ai échappé aux gros grains qui ont secoué pas mal de concurrents... bon j’en ai traversé quelques-un, mais ce n’était pas l’enfer non plus.

« Cette période de temps calme m’a donné une petite pause bienvenue. J’en ai profité pour bricoler, faire un peu d’entretien et franchement me reposer. Le départ a été plus intense que d’habitude, entre l’émotion et le stress accumulé sur trois semaines de village.

« Il m’a fallu un peu de temps pour m’amariner et rentrer dans le rythme. Maintenant, je dors mieux, je mange bien et mon pilote automatique fait vraiment bien le job. Je peux le laisser barrer le bateau en toute confiance, ce qui est un gros soulagement.

« Le début de la course n’a pas été simple pour moi. Ce n’était pas vraiment un problème de vitesse, mais plutôt de positionnement. J’ai pas mal navigué +à l’envers+ par rapport aux forces de mon bateau. C’était frustrant, mais je m’en sors plutôt bien au final.

« J’ai opté pour une route moins extrême, ni à fond à l’ouest, ni à fond à l’est, peut-être un peu moins rapide. Mais au bout du compte, je n’ai pas fait tant de milles que ça et je crois que c’est la bonne stratégie pour ne pas me cramer et usé le bateau. Tout s’arrange.

« Ces derniers jours, j’ai beaucoup navigué à côté de Clarisse (Crémer). J’étais contente d’être juste à côté d’elle. C’est mieux que de se retrouver dans un groupe de cinq bateaux qui se tirent la bourre, c’est plus usant. Un seul, c’est parfait pour ne pas se sentir trop isolée. On a croisé deux fois. Une fois je passe derrière, une fois je passe devant.

Visite guidée du bateau Initiatives-Cœur par Samantha Davies

« Je n’ai pas vraiment d’appréhension »« J’arrive à dormir plutôt facilement en ce moment. Je dors par petites périodes de 40 à 60 minutes, selon les moments. La nuit, le corps récupère mieux, donc c’est là où j’essaye de maximiser mon temps de sommeil, même si c’est plus ou moins facile selon les conditions.

« Je n’ai pas vraiment d’appréhension par rapport au Pot-au-Noir, c’est un passage obligé, que je connais bien maintenant (elle en est à son 4e tour du monde, NDLR), donc je reste zen. Comme disait Jean-Yves Bernot (météorologue français spécialisé dans la course au large, NDLR), il ne faut pas essayer de gagner sur tes concurrents dans cette zone, il faut surtout tout faire pour ne pas perdre de terrain.

« Depuis plusieurs jours, je travaille mes trajectoires pour optimiser ce passage. Même ma trajectoire choisie depuis Madère a été influencée par le Pot-au-Noir. C’est une zone de prévisions assez incertaines, donc il faut faire attention aux orages qui se développent très rapidement. En fin de compte, on subit un peu.

L'Engagement de Samantha Davies pour la Mixité dans la Voile

Samantha Davies est une figure emblématique de la promotion de la mixité dans la course au large. Elle encourage les femmes à s'engager dans ce sport et à poursuivre leurs rêves. Son engagement est d'autant plus important que la voile reste un milieu où les hommes sont majoritaires.

Au départ de cette 12e édition, il y a sept femmes sur 138 partants, soit quelque 5 % : quatre en Imoca (les monocoques du Vendée Globe) - Joschke (45 ans, MACSF), Justine Mettraux (36 ans, Teamwork.net), Davies (48 ans, Initiatives-Coeur), Hare (48 ans, Medallia) -, deux en Class40 - Amelie Grassi (28 ans, La-Boulangère-Bio), Morgane Ursault-Poupon (36 ans, Médecins-du-monde) -, et une en catégorie Rhum mono avec Catherine Chabaud (59 ans, Formatives-ESI-Business-School-pour-Ocean-As-Common).

Plusieurs facteurs semblent expliquer cette disproportion qui perdure, du poids de la société à l'âge moyen du coureur au large (44 ans de moyenne sur le Rhum), en passant par l'engagement physique, le danger, les filières de sélection pas toujours adaptées, l'image d'une discipline d'hommes, d'aventuriers, et l'envie de mener une vie de famille. Et ce alors qu'en termes de licenciés pratiquant la voile en France, il y a environ deux tiers d'hommes pour un tiers de femmes. Et qu'en voile olympique, la parité est désormais la règle aux JO.

« Il y a quelques femmes, et quelques exceptions,mais c'est un peu l'histoire du serpent qui se mord la queue, réagit Joschke. Quand j'ai commencé en 2004, il y avait peu d'exemples féminins à l'exception de MacArthur. Le manque de présence ne participe pas à créer des vocations. Je pense aussi que la manière dont on communique autour de la course met en avant des valeurs masculines. Je crois que le côté physique, très exigeant sur ces bateaux, peut faire peur. »

Il faut aussi regarder du côté de la société, « qui contrairement aux apparences n'a pas tant évolué que ça. »« En France, de nombreuses femmes se disent qu'elles ne sont pas faites pour un métier où elles vont partir plusieurs mois par an, estime Joschke. Dans la classe Mini (monocoques de 6,50 m), où j'ai débuté, il y a plus de filles âgées entre 20 et 30 ans. Mais à un moment, beaucoup décident de fonder une famille et d'arrêter. La course au large étant un sport où la maturité est importante, je crois que l'âge est une des grandes raisons de la faible représentation. Au dernier Vendée Globe, sur six femmes, "Sam" Davies était la seule maman ! Il faut encourager les filles à revenir vers la compétition, à oser s'engager. »

Plusieurs filières de sélection ont été repensées, la présence de femmes à bord des équipages encouragée. Directrice du Pôle France course au large de Port-la-Forêt depuis juin 2021, Jeanne Grégoire espère que cela portera ses fruits.

Charlotte Yven (26 ans), la lauréate de la sélection Skipper Macif, se veut elle aussi optimiste. « Je ne me suis jamais trop posé la question d'être une fille ou un garçon car une fois sur l'eau, il n'y a pas de différence, lance-t-elle. C'est plus une question d'accessibilité aux filières. Ce que font la Macif et le CMB, ça ouvre la porte et je pense que ça va créer de l'engouement. »

Ce mouvement, la Fédération française de voile entend l'accompagner. « On participe aux sélections, j'entends certains s'interroger, mais je me dis au contraire que c'est très bien et que ce n'est pas discriminant, estime Guillaume Chiellino, le DTN. Ça montre qu'il y a de l'envie et des compétences. Peut-être qu'il y a une période de la vie où c'est un peu plus compliqué pour une femme que pour un homme. Je vois beaucoup de femmes entre 20 et 40 ans qui veulent mener des projets Figaro et participer au Vendée. C'est porteur de sens et je pense qu'elles n'auront pas trop de mal à trouver des partenaires. »

Davies qui étrenne son nouvel Imoca sur le Rhum. « C'est génial car depuis le départ d'Ellen (MacArthur), on était là pour raconter des histoires, glisse Davies. Ellen et Dee Caffari étaient les deux dernières femmes à avoir des bateaux neufs (Imoca). Avec Mettraux, Hare, Clarisse Crémer (qui doit récupérer l'actuel Apivia de Dalin) et même Joschke (son bateau est un peu plus ancien), on sera plusieurs à espérer devenir la première femme à gagner le Vendée ! Il faut donner les mêmes moyens aux femmes. En revanche, sur l'eau, il ne faut qu'un seul classement. Je suis une concurrente parmi les autres, il ne doit pas y avoir de différence homme-femme. »

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