Le monde du hockey sur glace professionnel est un univers où la passion et le talent rencontrent des réalités économiques significatives. Parmi les ligues les plus attractives pour les joueurs, la Ligue Nationale de Hockey (LNH) se distingue non seulement par son niveau de compétition élevé mais aussi par les salaires qu'elle offre.
Cet article se penche sur le salaire moyen en LNH, en explorant les facteurs qui influencent ces chiffres et en comparant avec d'autres ligues, notamment en Suisse, où de jeunes talents français choisissent de se développer.

L'Attractivité de la Ligue Magnus
Longtemps considérée comme un championnat secondaire, la première division française, la Ligue Magnus, a gagné en attractivité, portée notamment par les performances européennes de certains de ses pensionnaires.
Quand Patrick Coulombe a eu l’occasion de venir jouer dans le championnat d’élite de hockey sur glace français, la Ligue Magnus, il a d’abord hésité. « J’ai eu ce moment où je me suis dit : “Bon, est-ce que j’y vais dès maintenant ?” », raconte l’ancien défenseur des Canucks de Vancouver, franchise de la NHL, la prestigieuse ligue nord-américaine (National Hockey League).
« J’avais 29 ans et il y avait encore d’autres options, comme le Danemark… », développe le natif de Saint-Fabien, au Québec, passé par la Norvège, la Slovénie et l’Autriche. A l’époque, justifie-t-il, l’élite française était « sous-estimée ». Comprendre : celle où l’on termine une carrière.
De fait, poursuit-il, la perception du championnat tricolore a beaucoup évolué ces dernières années. « De plus en plus de hockeyeurs veulent venir jouer ici. »
Les Performances Européennes comme Facteur d'Attractivité
Aux yeux du directeur général de la Fédération française de hockey sur glace (FFHG), Eric Ropert, la Ligue Magnus doit en partie son gain de « crédibilité » aux performances récentes de ses pensionnaires sur la scène européenne.
La saison dernière, les Dragons de Rouen se sont invités en quarts de finale de la Ligue des champions (CHL), la plus grande compétition continentale. Une première pour un club français et une prouesse au regard de son budget dérisoire face aux grosses écuries du Vieux Continent.
Alors que le 100e titre de champion de France sera décerné à l’issue de cet exercice 2022-2023, le patron du hockey tricolore en est convaincu : la première division française a enfin passé un cap.
La Formation Française Regarde vers la Suisse
Championnes du monde (2e Division) en moins de 18 ans, troisièmes à ce même niveau en moins de 20 ans, les équipes de France de jeunes ont connu d'excellents résultats cette saison.
Une génération qui s'appuie sur des hockeyeurs talentueux comme le centre grenoblois Alexandre Texier, sans doute de la draft en NHL en juin, ou le défenseur du Servette, Enzo Guebey.
Les salaires dans la LNH en 1990 étaient ridicules comparativement à aujourd’hui
La création d'une fédération de hockey indépendante, en 2006, a permis de repenser la formation des entraîneurs et des jeunes, avec une professionnalisation engagée pour son Championnat d'élite, la Ligue Magnus.
Les instances ont donc regardé ce qui se faisait en Suisse, avec un système dit de clubs-fermes. Chaque club d'élite s'associe avec un de la division inférieure, y envoie quelques jeunes se développer, jouer des matches pour revenir quelques mois ou quelques années plus tard renforcer le club d'origine.
En France, ce système n'est pas encore généralisé mais se met peu à peu en place. Par exemple, Caen est le club-ferme de Rouen.
L'Expatriation des Jeunes Talents Français en Suisse
À vingt-deux ans, Douay compte déjà plus de cent matches en Première Division suisse avec le Genève-Servette. Dès ses douze ans, le jeune Mégevan a fait un choix d'adulte : partir pour l'autre versant des Alpes.
Les deux Genevois d'adoption, Floran Douay et Enzo Guebey, ont obtenu un précieux sésame de leur formation : la licence suisse qui fait d'eux des joueurs non étrangers dans des Championnats où ceux-ci sont limités à quatre par effectif.
Arriver jeune en Suisse permet de ne pas être considéré comme un joueur étranger, un avantage considérable dans un championnat où le nombre de joueurs étrangers est limité.

Le Salaire Moyen en Ligue Nationale A Suisse
Avec un salaire moyen annuel en Ligue nationale A (1re Division) à 250 000 francs suisses (230 000 €), l'Helvétie ne déroge pas à sa réputation de bon payeur. Avec certes une aide au logement ou un appartement pris en charge, lâche Stéphane Baills, agent de joueurs.
Tableau Comparatif des Salaires et Budgets
Pour mieux comprendre les disparités économiques dans le monde du hockey, voici un tableau comparatif:
| Ligue | Salaire Moyen Annuel | Budget Moyen des Clubs |
|---|---|---|
| Ligue Nationale A Suisse | 230 000 € | Non disponible |
| Ligue Magnus (France) | Variable | 1,5 million d'euros (pour les clubs les plus importants) |
Les Défis du Hockey Français
Ce désir d'expatriation fait surtout écho aux limites actuelles du hockey français. S'il se professionnalise avec une Ligue Magnus à la qualité exponentielle et une politique de formation désormais efficiente, il ne peut pas encore lutter avec ses voisins.
Quatrième de la saison régulière l’an passé, Cergy-Pontoise n’affiche que le huitième budget des douze formations de l’élite, et malgré l’attractivité grandissante du championnat, ses dirigeants se sont heurtés au principe de réalité.
« Quand on recrute, je dois passer pour un marchand de tapis, déplore l’entraîneur francilien Jonathan Paredes. C’est sûr que l’on passe un peu derrière. D’autant que le contexte n’est pas favorable : le dollar équivaut maintenant à l’euro, l’inflation fait monter les salaires… Mais, moi, mon budget, il n’augmente pas. »
La discipline souffre toujours d’un déficit de visibilité. Sport en France, la chaîne du Comité national olympique et sportif français, propose, elle aussi, quelques rencontres de la Magnus, mais le coût pour la FFHG, encore marquée par la crise du Covid-19, est colossal : entre 10 000 et 15 000 euros par match.